Voila, il est temps de rattraper le retard, de vous raconter ma vie de voyageur. Vous êtes tout juste arrives a Irkoutsk, alors que moi, 2 mois plus tard, j’en suis déjà parti. Je suis presque au Japon… Comment ne pas oublier tout les petits détails de la vie pour vous raconter les anecdotes ? J’ai mes notes dans mon carnet et ma joie de voyageur qui me rend bien plus présent a la vie : ca aide la mémoire.
Qu’il est dur de résumer 2 mois de vie, il y a tant a dire … et a ne pas révéler ! Pour une fois, passons les anecdotes : il y a eu 2 évènements majeurs dans ma vie. Une vieille plaie a été soignée et a cicatrisée. Je le sens. Je me vois regarder en arrière et voir la page tournée. L’arc en ciel est de nouveau coloré dans mes yeux. C’est un présent inestimable. Merci. Et puis, il y a eu ma petite virée en solitaire et en autonomie pendant 4 jours dans les Saillants. La aussi, j’ai appris et réappris beaucoup de choses sur moi. Il ne restera plus qu’a savoir ce que le temps ferra de ces changements majeurs. Lui qui comme moi, trotte…
Me voila donc a Irkoutsk. Lena, ma correspondante russe francophone m’attend a la gare. Je ne la connais que très peu finalement. Et la dernière photo que j’ai eu d’elle date de 2 ans, il va falloir que je la reconnaisse… Et puis je reconnais ce sourire… Tanya chez qui je vais être logé est la aussi. Je parle anglais, pour que Tanya comprenne, mais Lena me répond toujours en français. Je met un peu de temps a comprendre que Lena écris mais parle très peu l’anglais. Je parle donc français, ce qui me fait bizarre : je ne reconnais plus ma langue maternelle, je la trouve étrangère a moi même. Déjà !? Des lors, c’est un jeu de traduction et de mélange de langues qui commence…
Arrivé a l’appart, la première chose dont j’ai envie, c’est de me laver. Je file sous la douche, me savonne et puis … plus d’eau ! La blague… J’attends 5 min, mais toujours pas d’eau. J’appelle Tanya, mais elle dort : impossible donc de savoir ce qu’il se passe. Je prends donc mon termos et ma gourde, puise de l’eau a la cuisine et fait dans la salle de bain comme en camping nature. Ça promet pour la suite me dis-je… Au moins, la routine pourra toujours aller frapper a une autre porte !
Le soir, il est temps d’aller fêter l’anni de Lena. C’est d’ailleurs pour ca que j’ai tenu a arriver le 9 mars et pas après… Mais une fois sur place, je ressens un décalage culturel. J’ai l’impression de faire les choses de travers. J’ai du mal a voir et a savoir ce que pensent mes interlocutrices. Je fais quelques blagues, mais le langage familier n’est pas bien vu. Je ravale ma salive et décide de me taire, d’observer. Lena semble pourtant contente de la boite de chocolat que je lui offre. Elle me fait même une blague en me faisant lire “blédina” sur l’étiquette d’un pot de bébé. Je ne le sais pas encore, mais je viens de dire une belle insulte ! Je manque de repères. C’est trop diffèrent, c’est usant. Impossible de faire le pitre, ma défense. Je suis bien mal a l’aise… En 2 heures, une petite bouffe assis autour de la table de la cuisine, la fête d’anniversaire est pliée. Je trouve ca bien bizarre et me demande si ca se passe toujours comme ca. Toutes ces contraintes dans mon voyage pour être complètement paumé, pour seulement 2 heures ?…Pourtant, je ne regrette pas.
Après cet épisode, je ne veux pas vraiment reprendre contact avec Lena, je ne veux pas l’importuner. Mais elle, elle attend mon coup de fil pour en savoir plus sur ma motivation a donner des cours. Tant d’incompréhension… En attendant, je passe du temps avec mes nouveaux colocs Tanya, Kostya et Victor que je vois se changer de la tête aux pieds des la porte d’entrée passée. Surprenant. Surprenant aussi que les garçons ne cuisinent pas. Je trouve ca un peu matcho…
Je ne retrouve Lena que 3 jours après mon arrivée. C’est a dire la dernière limite pour faire mon enregistrement auprès des autorités russes… J’ai le temps de l’observer, de papoter et de faire l’andouille parce que pour s’enregistrer en Russie il faut 5 heures au bureau d’immigration, 4 bureaux de poste, 1 détour par l’université, 6 formulaires et un nombre incalculables de fou-rires… Avec Lena, je ne sens plus ce malaise de l’autre soir. Au point que je suis taquin et que je l’embête en ne retenant qu’a moitié mon coté tactile. En des sourires, elle se fâche. Elle est très marrante, elle a un petit air coquin. Elle est a la fois timide et très sure d’elle, avec un fort caractère. Tout est dans le contraste entre l’apparence et la force des actions, des décisions… Il y a de la ténacité, de la fierté et de la profondeur chez cette fille. Si l’administration russe savait que le défit de sa paperasse pouvait rapprocher autant 2 êtres humains, je crois qu’elle nous demanderait de revenir chaque jour…
Je tente ensuite de comprendre un peu plus la ville. Ça commence par l’expérience de ces bus qui ne s’arrentent que lorsqu’ils ont de la place. Et puis, il y a les marchrutka, ces taxis collectifs, qui changent d’itinéraire en un mot. Un seul mot. Celui qui vous fait louper votre arrêt… Ne pensez même pas l’apprendre, il change a chaque fois ! Et puis si jamais vous finissiez par vous en sortir, sachez que l’on peut les prendre tant que les chauffeurs n’ont pas envie de rentrer chez eux. Alors, imaginez-moi, moi qui suis perdu dans cette culture russe, en train de sonder les humeurs pour savoir si je vais pouvoir rentrer chez moi…
Coté boulot, je suis plutôt chanceux, parce qu’après notre discussion dans le bus, Tanya me laisse tout juste le temps de passer la porte de l’appart avant de me proposer de venir donner des cours d’anglais, dans son institut. La demoiselle est prof d’anglais… Avec Lena, je file a l’Alliance Française pour voir si je peux y donner des cours. J’y rencontre Marjolaine qui me propose de présenter dès le lendemain un concours de chant avec Katya, une russe qui parle encore mieux français que moi… RDV est aussi prit aussi avec le directeur du département d’architecture de l’université technique. A peine le temps d’écrire un petit scenario qu’il faut qu’on se jette a l’eau. Je m’éclate comme un petit fou a faire ce show, d’autant qu’avec Katya on a pas oublié de caser quelques blagues… Il parait qu’on a été bien meilleurs que Nagui aux victoires de la musique…
Directrice, jury et présentateurs filent fêter ca dans un bar, ce qui prend bien de 16h a 22h. Je me sens dans une ambiance d’expat’ étrange, moi qui ai la tête au voyage, a la sobriété de la vie de voyageur. Enfin, tout ca est spontané, alors je passe un bon moment.
Le lendemain, rdv avec Katya (encore une…) et Masha qui m’ont abordé a l’université alors que je lonely-planetais : elles étudient l’anglais et le parlent bien mieux que moi, ce qui leur permet de me faire tourner en bourrique en utilisant en creux les paroles que j’ai dites 10 minutes avant… on rigole bien !
A défaut de pouvoir rencontrer un shaman, on fille se balader au Baïkal avec Marjo, Véro, Marco, Sveta, Vlad, … et Lena. Ça fait une bonne troupe de français et de russes… qui parlent français ;-). Jeux de fous avec les enfants puis on se fait la belle avec Lena pour aller marcher. Entre temps, on a fait une pause dans un café ou la réceptionniste d’environ 50 ans lit ni vu ni connu un journal bien osé. Rempli d’étoiles… En petit démon, je le fais remarquer a Lena…
On voit le fond a travers la glace. Elle est étonnement transparente. Il y a aussi beaucoup de fissures, témoins des forces qui agitent ce mastodonte. Lena est taquine. Elle me pousse pour me déséquilibrer alors que j’enjambe une petite zone de compression de glace. Je pose le pied, me retourne pour la narguer, … chhhhhhhhrrrrrrrrrraaaaaaaakkkk la glace rompt, juste sous mon pied… Heureusement, c’est juste le dessus d’une flaque qui s’est resolidifiée, mais elle fait tout de même 20 bon cm de profondeur. Juste assez pour que ma chaussure soit totalement immergée. Comme j’ai pris mon petit sac a dos en version secours minimum (couteau, corde, mousquetons, thé chaud, raisins secs, couverture de survie, mouchoir et … un sachet plastique), je compte transformer mon mouchoir en chaussette, mais Lena en a une paire de rab dans son sac : quelle équipe de choc ! Le sac en plastique en guise de 2eme chaussette et nous voila reparti, les pieds sur la glace ferme. Moi, toujours en tshirt et coupe vent, ce qui pour un 14 mars tue Lena.
Au programme du samedi suivant : visite de magasins d’articles de sport. Petite incompréhension avec mes colocs qui ne font que me promener sans se soucier de ce que je souhaite. Et il se trouve que je souhaite regarder quelques trucs, histoire de compléter mon matériel… Je mets ca sur le compte du choc culturel et profite du repérage des magasins pour une autre fois.
Les jours passent et au milieu de cette grande Russie, a des milliers de kilomètres de la France, je me sens coupé de l’actualité française. J’ai la tête au voyage, a la découverte. Je baigne dans une quasi insouciance. C’est agréable et a la fois dérangeant, inconfortable. Je réalise que mon pays pourrait être submergé par les eaux, disparaitre et qu’il est presque sur que je n’en serais pas au courant. J’expérimente le pouvoir des médias. Et soudain, je ressent le besoin de garder un contact, un simple fil d’ariane avec mon pays, avec son actualité. Ais-je abandonné mon pays ? Je ne l’aime donc pas tant que ca, il ne m’est pas si indispensable ? Est-ce que je me sens encore citoyen français ? Est-ce compatible avec mon statut de voyageur ? Moi qui d’habitude suis plutôt engagé dans les débats politiques, je me demande comment cela ne m’a pas manqué avant.
23 mars : balade avec Lena sur les rives de l’Angara. On se réchauffe dans l’entrée d’un musée sans le visiter, ce qui n’a rien d’anormal en Russie, puis dans un café. Puis dans un autre. La, on discute famille. Comme d’habitude, je parle beaucoup. Elle, elle m’écoute. Ma voie vacille un peu. Je me surprends moi-même. On tente d’aller acheter des plats a gâteaux mais la demoiselle a toujours froid (est-ce une vraie russe ? :-p), alors on s’arrête dans un super petit café décoré avec gout. Passer la porte, c’est changer de monde : il y règne une ambiance de printemps. Il y a même un fleuriste a l’intérieur. Dans cette bulle bucolique, nous poursuivons nos discussions personnelles : après la famille, nous discutons amours. Par ses paroles, j’apprends qu’elle est seule, … et timide. Je la sens sur le point de craquer, mais mon cœur bat trop fort dans ma poitrine pour que je puisse faire quelque chose. Je suis pourtant non pas a 2 mais a 1 doigt de ce que mon cœur a décidé de faire quelques jours auparavant. Mais voila que Katya, ma collègue de présentation du concours arrive avec son copain juste au moment ou nous finissons nos chocolats chauds. C’est a la fois un soulagement et une déception. Katya, elle, parle de Lena et moi comme si nous étions ensemble… J’ai un sourire en coin et joue le jeu pour voir si cela met mal a l’aise Lena. Finalement c’est elle qui me perd un peu par son aisance.
Décision est prise d’aller voir un film chez moi. Je choisi Cash back
parce que c’est une manière pour moi d’expliquer a Lena qui je suis. L’esthétique de ce film est tellement… tellement !? Il parle d’une belle manière du partage des émotions et de la construction personnelle, sur fond d’une histoire d’amour. Sans que celle-ci soit envahissante : il est bien loin de la tarte a la crème américaine. Pendant le film j’ai un peu l’impression que Lena déjoue mes tentatives de rapprochement, mais nos quelques paroles ne s’accordent pas avec cette idée. Je sais que nous sommes en train de voir les 2 dernières minutes du film : je n’ai qu’une envie, lui prendre la main, mais je redoute la brutalité de ce geste impulsif. Les regards sont on ne peut plus malicieux pendant notre discussion a propos du film. Elle me dit d’ailleurs ne pas être habituée a dire son ressenti. Je décide donc de nous donner un coup de main en baissant la lumière… La langue est fatale a la première tentative qui est avortée par un quiproquo. La deuxième, je m’approche, m’approche… nos nez se touchent, nos lèvres vont s’effleurer… Elle recule. Non
. Je n’y pige rien. Quelques mots d’explication sont nécessaires, bien qu’ils brisent pour un temps le charme du moment. Je sens que j’ai affaire a une oui mais … non
(c’est mon domaine d’expertise ;-))… mais oui. Les gestes sont finalement de meilleures armes même si le domaine de ses lèvres me reste presque totalement interdit. Mon cœur bat la chamade avec tous ces défits. Je lui fais sentir pour remplacer tous ces mots mal venu. Sa main est libre avec la mienne, mais tout le reste ne se déverrouille qu’en de rares occasions qui sont d’autant plus chères. Dans ces instants, nos différences s’estompent, s’évaporent et la spontanéité reprend le dessus. J’ai l’impression qu’elle va me croquer tout cru ! C’est un moment on ne peut plus simple, mais tellement intense !
Je la raccompagne au bus, monte avec elle en lui disant que je la raccompagne jusqu’à chez elle. Par un signe des yeux, elle me dit que je devrais descendre. Ses regards sont souvent ses paroles. Les portes se ferment. Elle est toute rouge lorsque je l’embrasse dans le cou. Je saute du bus en marche a 2 arrêts du mien et rentre a pied, la tête dans les nuages. Cette fille est un défit permanent, rien n’est jamais gagné !
Plus tard, avec Lena, on rediscutera de ce moment particulier. Elle me dira avoir bien compris mes intentions mais trouver que tout ca allait un peu vite.
lundi, mai 18 2009
A 66km du Baikal, se jeter a l'eau
Par Nicolas MANDIL le lundi, mai 18 2009, 15:45 - Conte
vendredi, mai 15 2009
Vous Ser-ge ?
Par Nicolas MANDIL le vendredi, mai 15 2009, 14:03 - Transsibérien
Ce 8 mars 2009, je prends donc le train pour la 4eme fois, dont la 3eme en transsibérien. Je constate rapidement que la qualité des trains varie bel et bien, ce qui ne fait que confirmer la partie humaine… Ici pas d’aspirateur rafistolé au sotch, non, un bon vieux balais de paille ferra largement l’affaire. Dans le couloir, au sol, point de tapis mangeur de poussières qui évite de se sentir a la plage une fois assis sur la banquette. Celle-ci justement, est bien plus rustique. Pas question de multiplier les coutures. Pas non plus de petits moulages pour esquisser un semblant d’appui-tête. Non, un bon rectangle de mousse, fine et fatiguée, recouverte d’un cuir marron un peu terne. Fini aussi les rayures sur les draps…
Pour les rencontres par contre, ca marche toujours ! Sergey, 50 ans, en face de moi m’offre un verre de bière. Ce n’est pas la meilleure, mais tant qu’elle a le gout de l’hospitalité ! Je finis tout de même péniblement mon verre, quand Sergey vient a mon secours pour remettre a niveau mon verre… C’est passé une fois, ca devrait bien passer deux, mais il ne faudra pas compter voir la dernière goute descendre par mon gosier !
Ça y est, je suis tout neuf de l’intérieur, mais Sergey inquiet de ne plus voir évoluer le niveau de liquide de mon verre en déduit que j’ai ma dose de bière et dégaine une bouteille de vodka. Pas besoin de lire le russe pour comprendre a l’étiquette le mal de crane qui m’attends. Même un aveugle aurait l’aurait vu ! La joute verbale est serrée. Mon adversaire est au moins autant têtu qu’il ne se souvent pas de son anglais… Il saisi le bouchon, je kidnappe mon verre. Il remplit son grand verre (a sirop) a raz bord : j’attends de voir a quoi j’ai échappé ! Il vide son verre comme si c’était de la grenadine, tout juste s’il ne sirote pas sa vodka !
Après ca, Sergey n’est plus avec nous, il est dans le vague. Comme un pantin qu’un marionnettiste aurait posé sur la banquette le temps de prendre un café. Il s’abandonne, je vois la vie le quitter… Ce spectacle dramatique est d’un silence désolant. Je dis nous, parce que mes deux autres voisins assistent avec moi a l’administration de ce poison apaisant. Ils ne savent plus ou se mettre tant ils ont honte de l’image des russes que j’ai sous les yeux. Désolés, ils naviguent d’excuses en dénigrement et bâtissent a l’emportée des artifices pour combler ma plaie supposée. Moi, je ne sais plus si je vois sa détresse ou son apaisement. Comment en vouloir a un homme ? Pourquoi devrais-je le juger sur le champ ? Pourquoi appuyer sur sa tête déjà immergée ? En de brefs instants, il reprend le dessus et pose une question étrangère au sujet de conversation. Je m’interromps, lance une réponse comme une ligne de vie, mais la lueur s’est déjà dissipée.
La nuit, impossible de fermer l’œil car ma couchette est a l’entrée du wagon, près des cabines des provodnitsa qui se sont retrouvées a 3 et fait du barrouf pour 15. Rien d’anormal, juste très russe et très contraste avec la froideur et la rigueur de cette culture. D’autres règles sociales.
Dans mon éveil nocturne, j’entends le chuintement d’un bouchon métallique sur le goulot de verre. Suit le chant du liquide que l’on verse dans le verre. Une gorgée. Le verre claque sur la table… Mon étonnement ne peut s’échapper. La violence de ce geste qui sort mon voisin d’un profond sommeil est bien plus forte.
mercredi, mai 13 2009
Un ticket pour le paradis svp
Par Nicolas MANDIL le mercredi, mai 13 2009, 13:35 - Conte
-3°C par une journée ensoleillée. J’ai l’impression qu’il fait +10°C… Un peu plus et je devient gourou solaire et demande le titre de météorologue honoraire vu qu’hier il faisait pourri ! Heureusement que je n’ai pas oublié mes bagages… (Chris, elle est pour toi celle la) Je sais tout de même que le froid on ne le sens pas venir, alors je met pour la première fois mon pantalon doublé. Jusque la, j’ai fais du T-shirt, jean et coupe vent. Jusqu’à -10°C ca passe. Un petit degré de moins ou un petit coup de vent et je commence a rêver de la polaire qui est dans mon sac…
Je découvre une ville qui vit et dont le pouls est rapide. Krasnoyarsk s’agite. Rien ne traine ici. C’est vraiment impressionnant, ca envoie du bois ! Quelqu’un a du appuyer sur la touche 2x… Je me demande si c’est je dois mettre ce dynamisme sur le compte de l’économie dans cette ville qui était fermée aux étrangers pendant l’époque communiste ? Pour se rendre compte du rythme effréné de cette ville, le mieux est encore d’aller attendre un bus a l’arrêt, a la sortie du pont principal : un bus y arrive toutes les 15 secondes et il n’est pas rare d’en voir 4 en même temps ! Vu le défilé que c’est , je les déguiserai bien moi ces bus, ce serait marrant…
J’en prends un pour filer faire un tour au zoo, histoire de faire connaissance avec les bestioles que je pourrais rencontrer pendant mes petites expés… Mais avant les grandes émotions, faut-il encore le trouver le zoo ! Je baragouine quelques mots a ma voisine, sans grand succès, alors je vais demander a la vendeuse de ticket qui est dans mon bus, le 50. J’ai de la chance : un, parce qu’elle est mignonne et deux parce qu’elle parle entre 3 et 4 mots d’anglais. Tiens, cette ville se serait-elle laissée aller pendant quelques minutes pour ne pas me faire de salle coup ?
D’habitude, je ne suis pas bien fan de zoo, et la, ca se confirme. Les animaux semblent complètement fous et apeurés. Les ours polaires marchent inlassablement d’un coin a un autre en balançant leur tête. Ils ne sont pas les seuls, les tigres ne font pas mieux. Je suis pour le moins mal-a-l’aise… Cet Homme qui croit dominer le monde…
Je fini par aller au musée régional, a deux pas de mon hôtel tant il est conseille par mon Lonely. J’entre et me fait hurler dessus par une grand mère qui prend des airs exaspérée. Décidément, ici, lorsque on passe une porte d’entrée et qu’on se présente au guichet, l’accueil est très particulier ! Certainement une coutume locale… Je vais donc a la caisse qui est dehors et bien que ce soit dans les horaires d’ouverture, il n’y a personne. 5 minutes passent et toujours pas le moindre signe de vie. Une nuée de voitures arrive devant le musée. Les portières s’ouvrent et libèrent des jeunes gens qui sautillent de plaisir. L’une d’entre eux porte une belle robe crème. Aller au musée pour un mariage, tiens, en voila une idée !? J’explique a un petit groupe de 4 personne qui s’est agglutiné dans un coin mon soucis. Le jeune gars qui m’aide n’est pas plus chanceux que moi a la caisse : on retourne s’expliquer avec l’orage a l’intérieur. Alors qu’elle nous dit qu’elle ne veut rien entendre, que la caisse c’est la caisse, le marié qui voit la situation lui fait un pied de nez en me tendant un billet qui lui reste… L’orage tente de résister, mais son monologue est déjà obsolète. Elle perd tout pouvoir lorsque je lui tends mon ticket et exécute la seule tache a sa charge : déchirer mon ticket. La règle, c’est la règle ! Mais ca n’empêche pas les petits tours de passe-passe pour la respecter… ;-) Enfin, alors que je visite le musée depuis quelques temps, une dame qui me voit en passant me pose une question pour laquelle je ne comprends que l’intonation. Elle me demande de venir avec elle, et, en moins d’une minute on me fait passer une porte de sortie dérobée. Je suis surpris, mais amusé. Ça me fais tellement rire que je n’oppose aucune résistance, ni verbale ni physique. Je rigole juste de l’étrangeté de la situation. Il est 17h30 et le panneau a l’entrée indique bien que le musée ferme a 18h. C’est aussi bien, si ce n’est mieux que de visiter le musée. C’est un peu comme si toute une troupe de théâtre s’était cassée la tête pour trouver comment me faire une bonne blague, une imposture, juste pour moi. Tant d’attention, c’est touchant !
Le lendemain, alors que je reprends le bus 50 pour aller me balader, je retrouve par hasard ma ticketeuse préférée. Les sourires pleuvent et l’amusement est de la partie. Je lui explique ou je vais et elle m’arrête pile poil au bon endroit, ce qui est une chance vu qu’ici les arrêts sont matérialisés par un reste de poteau…
Le contraste entre la ville et ce petit bout de nature est tel qu’il est un peu envoutant bien que ce soit le lieu de balade du dimanche de toute la ville. C’est un vrai bol d’air frais, une vraie coupure, une bonne respiration. On croirait avoir passé la porte magique d’un autre monde. Je me laisse guider par la petite vallée et fini par trouver un panneau avec la carte des столбы (stolby) : tant mieux, parce que je n’en ais pas ! Enfin, ce n’est qu’un schéma, sans échelle, sans nord, … J’ai décidé de me mettre a l’épreuve, alors je marche en Tshirt et coupe vent. A la fois pour me tester et tester mon matériel. Dans mon coupe vent en goretex, je sens ma transpiration saisie par le froid me glacer la peau. En haut du sommet, je quitte le chemin principal. Plus j’avance et plus le chemin se rétrécie pour n’être plus qu’un sillon dans la neige. Et puis les sillons se multiplient partant chacun dans autant de directions qu’il en faut pour faire un bon labyrinthe. J’active ma mémoire visuelle et me laisse guider par mon instinct (C’est vraiment stupide d’avoir oublie la boussole. Je ne la rangerais plus a part, dans la poche de sécurité…). La lumière est magnifique : a la fois perçante et douce. Certainement un peu maléfique. Je passe un premier stolby que je ne peux pas escalader et arrive a un deuxième qui se conquière en passant dans un petit tunnel. Au sommet, j’ai une belle vue panoramique sur les environs et je vois pointer les autres stolby comme des géants dont la tête dépasserait de la foret. Me voila dans leur monde. C’est un peu ventu, mais bien ensoleillé alors je décide d’y faire ma pause repas. D’habitude, je ne fais qu’un repas par jour avec de petits extras pour le plaisir. La, je compte sur lui pour me donner un coup de pouce pour les galères du retour. J’enlève ma veste et me retrouve en Tshirt manches courtes par -10 C. J’en profite pour faire une photo. Juste pour la provoc’. C’est un peu la galère pour manger parce que tous mes aliments sont durcis par le froid. Et puis, peu a peu, les mouvements de mes mains deviennent difficiles et lents. Couper du pain est dur parce que je ne sens pas ma force. Étaler du fromage a l’ail revient a déposer de petits amas sur une tranche de pain. Je file, il est temps, car en ayant mangé j’ai coupé l’effort de la machine qui me tenait au chaud. J’ai d’ailleurs beaucoup de mal a me réchauffer. Même en marchant. Même en buvant du thé. Même en mettant ma polaire. Elle suffit juste a ce que mon corps maintienne cette température glaciale. Première hypothermie : j’ai atteins ma limite. Expérience réussie. Jalonné au froid sibérien, je me sens maintenant bien plus apte a juger du risque, plus tard, pour mes expés de plusieurs jours. Je préfère être en danger par choix qu’être surpris par le danger. Je passe devant les premières isbas de toute ma vie et rentre en mettant le turbo pour éviter de rester dehors par une nuit glaciale. Ce n’est que la chaleur du lit qui me ferra retrouver le bout de mes doigts.
mercredi, avril 29 2009
Vous parlez anglais ? ... Bienvenue aux autres !
Par Nicolas MANDIL le mercredi, avril 29 2009, 17:45 - Conte
Arrivé a Krasnoyarsk, j’ai droit au célèbre “Taxi ?” sur la place devant la gare. Qu’ils sont serviables… Je me sens libre, je respire a pleins poumons. Je suis prêt a me jetter à l’aventure dans cette ville. Je me demande quand va m’arriver ma première galère, celle qui change le cours des choses. Je l’attends, impatient. Les rues sont mon terrain de jeu où se déroule la partie de cache-cache. Un petit détour par ici, un petit détour par là, juste parce que “je le sens bien”. Juste pour appater le destin.
Me voilà dans des quartiers assez délabrés. C’est comme si j’étais dans une zone industrielle avec des immeubles de 15 étages. Un peu comme dans les films de fantaisie, lorsque l’on retourne dans la vieille ville, dans cette partie abandonnee parce que trop obsolete. Ces restes urbain d’un autre temps ou on a l’impression que la ville tiend encore debout alors qu’elle a subit une douche d’acide. Tout est corrodé et effrité. Pourtant la ville parait solide, forte. La prochaine tempete venue du ciel, le prochain souffle n’en viendront pas a bout. Les bourasques de vent repartiront bredouille.
Je me dis que c’est une bonne situation pour que quelque chose se passe. J’avance, j’avance, mais rien d’extraordinnaire ne se passe. Au centre ville, place Lenine, je passe devant la premiere manifestation russe de mon sejour. Ils sont 20, mais ils ont du courage me semble-t-il. A l’hotel sympa et pas trop cher que le Lonely Planet me conseille, il n’y a plus de place, alors je demande conseil au receptioniste. Un petit tour dans le botin pour avoir une carte de la ville plus precise et j’apprends que l’autre que j’avais reperé n’est pas ouvert. Et puis l’homme me conseille mon 3eme choix. Mais c’est loin en arriere - vers la gare - et un peu cher. Je me lance donc a la recherche de l’hotel pouilleux qui figure en bonne place sur mon guide. Je suis en plein centre et un petit coup d’oeil a ma montre me fait dire que j’en ai pour une plombe. Mais comme ma petite balade urbaine m’a donné une bonne idée du plan de circulation de la ville qui me semble simple, je decide de sauter dans le premier bus qui voudra bien de moi. Il demarre et je me questionne “Alors, raison ou pas raison de penser que tout est organisé sur les deux arteres principales ?”. Il accelere, ralenti, s’arrete et redemarre. Les portes s’ouvrent. Tout s’est passe selon mon plan. Ou plutot celui de la ville… Jusque la tout roule (si j’ose dire)… “La meme pour le prochain arret svp ;-)”. Et puis, quand la voie commence a prendre un caractere un peu trop routier et que je vois, face a moi les montagnes, je me dis que j’ai pousse la chance un peu trop loin … et qu’elle aussi. Je saute du bus avant que je ne perde autant de temps que ce qu’il m’en a fait gagné. Je retombe sur mes pates et en un brin de temps je suis la ou mon lonely me propose de dormir. Mais pas la moindre trace d’un hotel. Je consulte de nouveau ma bible et retourne vers le centre. Non loin des berges de la riviere, je trouve la cantine etudiante que j’ai repréré. Il est temps de recharger les bateries. J’avale un premier plateau et bien que ce ne soit pas fameux, un deuxieme trouve de la place sans probleme dans mon estomac. A 60 roubles le repas, je ne suis pas trop regardant sur la gastronomie ! Le ventre plein, je me sens bien plus vaillant pour aller a l’assaut d’un lieu pour dormir. Je profite d’avoir des jeunes sous la main pour demander conseil. Pour l’anglais, je repasserai. Pour l’hotel, c’est de la ou je viens… Je fais pivoter mes talons et mets mes jambes en mouvement. 5 min plus tard, le garcon me retrappe et m’explique que ca y est, il a compris, je cherche un hotel pas cher : alors, il faut que je fasse demi-tour… Ils se sont donnés le mot ou quoi ? Ou est la caméra, hein ?… Je ne sentais pas bien son premier plan, alors je m’execute. Mais j’irai a un hotel repere sur le lonely.
Si j’en crois mon plan, je suis arrivé. Si j’en crois mes yeux, je suis paumé. Heureusement pour moi, un homme de passage dans la rue comprend la mésentente que j’ai avec mon tas de papier imprimé. Un coup de fil plus tard, il me guide jusqu’a mon nieme hotel. C’est une péniche, ca devrait etre sympa ! Je rentre. Au premier mot d’anglais que je prononce, le visage de la réceptionniste se ferme et je subit une salve de mots russes. Je patiente avec un sourire. L’attaque ne cesse pas, je continue d’etre assailli. C’est quasiment le grand défoulloir. J’évite quelques mots aux lettres un peu trop saillantes. Ca se termine par “angliski nyet” et l’on me montre la porte de sortie. Radical. Un son n’a meme pas le temps de sortir de ma bouche que l’ogresse devant moi me repete “англисски нет”. Quel accueil ! Quel sens du commerce… Je n’ai pas la moindre envie de laisser un kopec ici, je me tire et me dis que décidément, trouver une piaule ici, c’est du sport ! J’hésite a y retourner et lui faire un monologue. J’ai moi aussi pas mal de choses a lui/re dire ;-) : c’est peut-etre son mode de communication ? Et puis je me dis que je ne suis meme pas sur d’en rire alors je remet mes pieds en marche… Par hasard, je retrouve l’homme qui m’a guidé jusqu’au bateau de malheur. Etonné il me demande pourquoi je ne suis pas resté a la péniche. Je lui explique et il m’embarque, quasiment en me prenant sous le bras, vers un autre hotel qui se trouve etre celui que le garcon m’avait conseillé en dessinant un plan sur mon carnet de voyage. A l’interieur, il s’occupe de tout et sa femme me traduit en anglais. Je les remercie milles fois… La gérante arrive et dans un anglais parfait me dit “Voici vos clés, il y a une piece de service a tous les etages, … et, ah oui, la douche n’est pas gratuite, vous devez payer un supplément”… Tiens ben voila, apres avoir payé et fait mon enregistrement aupres des autorites russes… Je me console en me disant que 2 personnes m’ont conseillées ce lieu et que vu mes déboires, j’ai déja un lit pour ce soir !
Le soir justement, comme il y a des jeunes a la reception, j’en profite pour leur demander de me conseiller un endroit sympa. Mais leur anglais est une catastrophe ! De l’ordre de 2 mots a la minute… Je ne lache pas pour autant le morceau parce que la galere met une bonne ambiance. Avant de sortir, et apres avoir demandé si je pouvais, je vais faire un petit tour sur internet qui se transforme en une bonne heure. La faute a Yannick ;-). Le lendemain, la gérante me dit qu’il faut que je paye pour internet, que l’acces n’est pas compris dans le prix de la chambre ! Je la fusille des yeux et me demande a quelle sauce je vais me la faire. C’est mal me connaitre que croire que l’on peut m’arnaquer si simplement. C’est mal me connaitre que de jouer a ce jeu. Vraiment. Dans une joute verbale je lui explique que le moindre des respects c’est de prevenir et que je suis sur qu’ici tout le monde connait parfaitement le mot “money”. Elle n’a pas d’excuses et, pourtant, elle m’en fait a demi-mot. 4h30 pour trouver un lit pouilleux et inconfortable dans un hotel ou si je pose un peid au sol, je ne peux effacer la trace qu’avec un petit billet. Je sors voir ce que le reste de la ville me réserve… Que va-elle m’inventer maintenant ?
mardi, mars 31 2009
Briser la glace ne dure qu'un temps
Par Nicolas MANDIL le mardi, mars 31 2009, 22:16 - Conte
En achetant mes billets de train, j’ai toujours calculé pour y passer la nuit et arriver tôt le matin : ma journée n’est pas perdue. Je file faire le tour des quelques rues que je n’ai pas encore visité… il y a une rayon de soleil, ce n’est pas le moment d’aller faire un tour au musée de l’oppression.
Arrivé au bord du fleuve, je vois des pêcheurs sur la glace : il est temps d’en savoir un peu plus sur cet art. Je squatte avec un pêcheur, la conversation s’engage en russe. Je fais toujours subir a mes papoteurs de multiples répétitions, mais cette fois lorsqu’il me demande mon nom, je comprends de suite ! Le bain russe commencerait-il a porter ses fruits ? Une changement d’emplacement, 10 secondes et hop ! une prise. Je n’en crois pas mes yeux.. L’équipement n’est pourtant pas très sophistique, voyez donc : un bon siège en polystyrène, un bâton pour récupérer les cristaux de glace en suspension ainsi qu’une canne a pêche - qu’un playmobil ayant mange trop de soupe (j’y crois encore…) trouverait toute a sa taille - formée d’un fil qui, après être passé dans 2 anneaux fixés sur une languette souple, vient s’enrouler sur un bloc de polystyrène. Pas la moindre trace plomb sur le fil. Le tout tiendrait dans la plus petite poche de la plus fashion des filles russes. Ah si ! J’oubliais… pensez a prendre de bons gants, avec de la fourrure… c’est très pratique pour ajuster l’équilibre de tout ce petit équipement ! De toutes façons, des doigts on en a 10 ou 20 en fonction de comment on compte, alors bon… Ceci dit, cet équipement sommaire marche du tonnerre : mon pêcheur me montre un panier avec une cinquantaine de poissons.
Je poursuit mes visites et la nuit me rattrape : le soir tombe très vite ici me semble-t-il.
Un bon dodo me permet de découvrir le lendemain le premier arrêt de bus de toute la Russie qui soit plus que des traces de roues au sol, un poteau ou un panneau ! J’ai aussi droit au premier accident russe en live : les russes ne sont pas très disciplines pour la conduite, c’est un peu Tu y vas ? Ah bon tant pis parce que moi aussi
. La voiture, ici, c’est vraiment l’émancipation. Pas question de laisser quiconque grignoter ce gâteau. J’imagine les conducteurs en train de s’autopersuader dans leur bolides, sur la ligne de départ de ce jeu de joutes, le regard fixe, l’humeur féroce, l’esprit déterminé…
En pleine ville, je trouve un parc transformé en piste de ski de fond. La Sibérie n’a vraiment rien a envier a Grenoble… ou inversement ;-) En arrivant, Olga me répète un conseil que l’on m’avait déjà donné a St Petersbourg : ne pas marcher trop près des maisons au risque de prendre une douche de neige et de glace venue des toitures. Ma visite n’aurait pas été complète si j’avais manqué ca : il faut donc que ca m’arrive au moment ou je passe devant une maison, ce qui me donne l’occasion de battre le record de la ville de saut sans élan… Un kangourou (peu frileux) en aurait été jaloux ;-) Deuxième effet kiss cool, je marche maintenant la tête dans les nuages, le menton haut et les yeux rivés dans les étoiles…
Je profite tout de même de la propagande pour l’armée russe aux symboles paternalistes. Ce langage fait pour moi référence a Vichy… Après un petit tour sur les hauteurs pour avoir un meilleur aperçu de la ville (que je ne trouve pas aussi bien que mon ami Lonely le dit, même s’il y a peu de grands immeubles, de grandes barres) je retourner manger dans le même café qu’hier tellement cela avait été cocasse : 1,2 puis 3 serveuses se sont mises a m’aider pour briser la barrière de la langue et que tout fonctionne. De la bonne volonté a l’état pur. Les mimes acquièrent le grade de phrase et les sourires ou froncements de sourcils dépassent celui de simple ponctuation. Les plats défilent devant mes yeux, un véritable manège, presque une danse… de comptoir ;-). L’ambiance est a la rigolade, a la bonne humeur et a l’autodérision tant il est comique de ne pas se comprendre. Alors, pour ma deuxième, je suis tout de suite grillé ! Même pas le temps de poser un pied de l’autre cote du seuil de la porte que Natacha me regarde d’un œil complice et amusé : les mots sont souvent d’un grand secours, mais certaines fois aussi la plus lourde des tares. Tout le monde est en place, il ne reste plus qu’a claquer des doigts pour que les acteurs sortent de leur état figé et que le balais commence… Libérez donc ces tendres attentions, ces privilèges qui font décocher des sourires pincés a la personne qui vous suit dans la queue. Ce café est le seul endroit ou je sens une ambiance étudiante. Tres bizarre pour une ville ou un habitant sur trois est étudiant.
Je file prendre mon train pour Krasnoyarsk le ventre plein, saute dans un tram pour gagner quelques minutes et arrive avec 20 min d’avance. Tant mieux, parce que pour le coup, la provodnitsa est bien moins cool : comme elle n’a pas ses repères habituels sur mon passeport français, elle pousse un grognement et refile le petit livret a son collègue de gauche. Tiens, le voyage risque d’avoir une autre couleur…
Finalement, de Tomsk, je retiendrais que c’est la ville ou habite super-Olga, mais que c’est une ville sale ou peu de gens parlent anglais. D’ailleurs, curieusement, je les trouve moins chaleureux qu’a Moscou ou St Petersbourg qui sont pourtant de très grandes villes.
Coté urbanisme, Tomsk m’a en tout cas révélé une de ses particularités : en première frange d’une rue, il y a toujours, toujours des maisons a 2 étages, puis, assez en retrait, les immeubles. Enfin, il me reste une question sur le bout de la langue : pourquoi plus de 50% des voitures ont le volant a droite alors que tout le monde roule a droite ?
mardi, mars 17 2009
Place a la magie du Transsibérien, completement Dourak !
Par Nicolas MANDIL le mardi, mars 17 2009, 10:30 - Transsibérien
Je fais ensuite mes emplettes de secours pour mes 3 jours de train : un paquet de bonbons, 1,5 L d’eau, une soupe en sachet, une tablette de chocolat, 2 paquets de biscuits, … et une petite bouteille de vodka … pour l’auto-défense ! Si si, je vous jure, ça fait plusieurs fois qu’on me dit qu’en cas d’embrouille, la petite phrase la vodka d’abord
pourrait me sauver… J’y crois moyen, mais admettons : ce n’est pas ma culture, alors…
J’ai 30 min d’avance a la gare et heureusement parce que je me plante de bâtiment : il y a deux gare cote a cote. Je monte dans le train 20 min avant le départ. En entrant, mon regard croise celui d’Olga (prononcer Olia
) qui me fait un large sourire. Je lui expliquerai plus tard que lorsque je rentre dans un lieu ou je veux rencontrer des gens ou dans un lieu ou je veux évaluer le niveau de sécurité, je chausse mon costume de comédien : mieux vaut passer pour un paume quand on ne l’est pas. En l’occurrence, peut m’importe ou est ma place, même s’il semble que je la cherche : je sonde les gens, l’ambiance et tente d’estimer la confiance que je peux leur accorder, les atomes crochus que nous pourrions avoir, avec mon instinct, mon empathie.
Je suis en Plantzcart, c’es ta dire en 3eme, avec wagon lit. Dans mon boxe de 6 places sans porte : une petite fille qui apprends a lire (quelle aubaine pour moi !) et sa mamie ainsi qu’un gars. La discussion s’engage : le gars n’articule pas trop, ce qui rend ma compréhension d’autant plus difficile. Mamie, habituée a articuler avec sa petite fille traduit. La compréhension est difficile : je leur dis que je vais rendre visite a une amie a иркутск (Irkoutsk) mais eux comprennent que c’est ma copine… Démêler un quiproquo prends rapidement une bonne heure… Le coupable est finalement mon guide de conversation, qui ne distingue pas copine et copine, ou tout du moins la gymnastique qu’il faut faire pour faire la différence. Tous ces échanges sont très naturels bien que très saccadés. Mamie n’a pas beaucoup envie de parler et mon “coloc” se fait royalement ch… : je lui propose de tuer une partie des 3 jours de temps qu’il a devant lui avec de la musique française.
Après le repas, je regarde avec Olga, Chistina et … (oups j’ai oublie) le Walt Disney des animaux qui s’échappent du zoo de NYC en russe, en guise d’apprentissage. Olga est ma traductrice attitrée. Elle est vraiment très très sympa et fais attention a ce que je me sente bien a tout moment. La magie du transsibérien est en train (si j’ose dire) d’opérer. Il me semble que tout ce beau monde forme une famille, mais non, c’est juste que les russes sont très chaleureux, même quand ils ne se connaissent pas. A cela, il faut ajouter que Olga est une fille de 31 ans (elle ne les fait pas, je lui donne 26-27, a tout casser !) très naturelle et communicative : il est absolument impossible de ne pas être a l’aise avec elle !
Je consulte la table des arrêts du train (que je déchiffre grâce aux horaires sur mes billets, merci mon Lonely ;-). Le train va s’arrêter 15 min : c’est la bonne occaz pour aller acheter un peu de bouffe sur le quai, puisque telle est la tradition … ou le défit. Pour la première fois, i y a des charriot-stands. J’y vais a tâtons, bien que j’ai spécialement préparé mon guide de conversation avec des marques-pages pour les nombres, les prix, … Il faut d’ailleurs que j’apprenne les chiffres jusqu’à 10 dans un premier temps, ce sera plus facile. C’est chose faite pour l’arrêt du repas du soir ou mon voisin me donne un coup de main. Le train est un peu une bulle hors temps qui se déplace dans les grands espaces de la Sibérie : je me fais d’ailleurs avoir a une des pause ou je m’habille (a l’intérieur, je suis en pyjama, détendu comme un vrai russe), je pose un pied dehors, me dirige vers le kiosque de bouffe … les filles me cirent николя (Nicolyia)
, je saute dans le train ! J’achèterai mon repas a la provodnitsa… Le temps est tellement étranger, étiré dans ce voyage que j’en oublie même d’aller voir le wagon restaurant : mais le bon temps que je passe avec cette ribambelle de nanas le vaut bien ! Cette parenthèse temporelle n’est pourtant pas tout de suite évidente pour moi lorsque j’entre dans le train (bien que prendre le train pour 3 Jours soit un vrai choix). Je suis habitué a le prendre pour 5h au pire, pour me rendre a Paris. Je ne réalise ma liberté que lorsque je tends mon carnet et mon Lonely pour qu’Olga m’indique les bons plans de Tomsk et qu’elle me réponds du plus naturellement on a le temps
. Ça lui semble évident et pourtant, c’est un tel changement pour moi. Ça ne m’empêche pas d’oublier rapidement que je suis dans le train. Certainement plus que mes amis qui ne font que se déplacer a leurs dires, alors que moi je voyage. Lorsque je réalise cet oubli, je me dis que j’ai fais le bon choix quand, en planifiant mes arrêts je m’étais questionne sur la supportabilite (mettre ce terme sur le dos de mon apprentissage de nouvelles langues) d’un enfermement si long dans un espace si restreint avec si peu de ma culture, si peu de choses connues… Je suis un peu comme en colo’, un peu comme dans une auberge sur roulette, avec une famille d’adoption : je me sens très libre. Déjà qu’en France je suis un adepte du train pour les discussions, les regards, les jeux qu’il autorise, ainsi que pour les espaces spatial et temporel qu’il dégage, mais la, c’est tout comme une apogée ! Je m’y sens tellement bien que les conseils du Lonely de mettre mon sac dans le compartiment sous la couchette du bas me semble superflus. Vraiment.
Ce long fil temporel qui s’étire sans jamais mincir est une bonne occasion pour plonger un peu plus dans la culture russe : je propose aux filles de m’apprendre un jeu de carte russe : elles sont étonnées qu’un voyageur au long cours comme moi se surcharge de ce poids non vital. Mais pour moi, c’est un outil simple et universel de rencontre, de partage et d’échange qui me semble bien valoir ces 200g… L’apprentissage est un véritable calvaire (mais un des plus agréable dans ce moment en suspends) tellement la logique du jeu est éloignée de tout ce que je connais : nous avons en tout et pour tout en commun la victoire individuelle et la rotation dans le sens des aiguilles d’une montre. Et encore… Je me sens un peu comme le nom du jeu дурак (dourak), qui signifie quelque chose de très proche de trou du cul
ou de couillon
a ce que je pige. Pour me l’expliquer, les filles emploient le mot débile
, qui n’est qu’une classification clinique en russe. Finalement, ce mot nous suivra tout au long de cette interminable partie et nous provoquera nombre fou-rires (débile-rires ?) Après cet épisode, il y a une vrai harmonie dans le groupe. Olga et moi avons même développé une complicité taquine ! On se chambre a tout va en anglais (en toute sérénité, puisque nous avons mis les choses au clair des le début ; Nonold, celle la, elle est pour toi, espèce de mauvaise langue ! ;-).
Je ne jette que rarement un œil dehors de manière volontaire, mais lorsque c’est le cas c’est souvent très beau et apaisant avec cette neige qui s’étend a perte de vue. C’est magique, un peu comme quand gamin, on visite du dessous un aquarium et que l’on voit évoluer les poissons a travers les vitres. A quelques centimètres de notre petite bouille…
Dans le train, de temps en temps, un marchand ambulant passe : corbeille a fruits, châle, gants, … L’aventure prends fin trop rapidement a mon gout : je me dis que faire le trajet de 6,5 jours d’une traite doit être magique. quitte a faire des arrêts au retour. Enfin, je suis tout de même content d’arriver a Tomsk, ville etudiante
me dit mon Lonely. Christina est en tongues sur le quai enneige, quoi de plus banal ?
En sortant du train ce lundi 2 mars 2009, je ne réalise pas tout de suite que je change d’univers. Tout du moins, je ne le comprends pas et ressent un mélange de malaise et de joie : cela vient-il du fait que je sois maintenant en Asie ? En Sibérie ? Peut-être est-ce tout simplement le décalage horaire de +3h par rapport a Moscou, soit +5h avec la France. A mon habitude, pendant ces premières semaines de voyage, je n’ai pas été des plus actif le matin et n’ai pas vraiment ressenti le décalage horaire. Mais la, je crois que je le prends en pleine poire : je suis un peu désorienté. Enfin un peu … Je tourne quand même 3h en rond dans la ville pour trouver mon hôtel ! A ma décharge tout de même, cette habitude qu’ont les russes d’indiquer l’adresse de la façade principale sur toutes les façades (ce qui me fait d’abord penser que les rues peuvent être courbes, avoir des angles droits, … je suis prêts a toutes les excentricités avec le décalage culturel). Ajoutez a cela que certains bâtiment très en retrait (paraissant appartenir a une autre rue, entrée de cours intérieure) portent la plaque de la rue alors qu’en France nous leurs aurions attribue un nom de rue spécifique… Cerise sur le gâteau, le peu de panneaux et plaques d’indication, quand celles-ci ne sont pas a moitié effacées ou qu’elle mélangent le les alphabet majuscule et minuscule pour le a (А) et le d (Д), ce qui n’arrange pas mes affaires ! Bref, je fini par arriver a l’hôtel ou je m’écroule et dors une heure. Mon corps ne sait plus ou il en est avec tout ces fuseaux horaires. Je viens d’ailleurs d’ajouter une heure supplémentaire a mon compteur : FR+5h. J’aurais tout de même bien profite du soleil et des jolies maisons en bois de Tomsk, ce qui est toujours ça de pris.
lundi, mars 16 2009
Bataille pour des cartes de Moscou...
Par Nicolas MANDIL le lundi, mars 16 2009, 14:27 - Conte
La suite de mes aventures moscovites est moins chanceuse : les musées se sont apparemment donnes le mot pour être exceptionnellement fermes, je tente des cafés au pied levé qui se révèlent plus que chers (un gâteau plus un café pour le prix d’un repas pas cher), …
Ma chance tourne quand je tombe (enfin) sur de magnifiques stations de métro. Pourtant, je ne sais pas pourquoi, mais je ne leur trouve pas d’âme. Je les trouve froides, bien que ce soit l’endroit le plus chaud de Moscou… Celui ou l’on se refugie instinctivement lorsque les frissons se font trop nombreux. La différence est telle, que garder mon bonnet et mes gants est impossible !
Au musée de l’histoire de la ville de Moscou, il y a un gros autocollant avec un icône signifiant “photos interdites”. Moi qui voudrait bien mettre de cote quelques représentations historiques et actuelles des villes que je visite, c’est pas de chance ! Je décide donc de la forcer un peu cette chance… Armé de mon guide de conversation et d’un sourire qui fait 3 fois le tour de ma tête, je sur-joue l’étranger qui met toute sa bonne volonté pour baragouiner quelques mots de russe, comprendre et se faire comprendre. Mon petit jeu de séduction marche du tonnerre : j’ai un laisser-passer photos
. Enfin, je dois le renégocier a chaque salle, avec chaque surveillante… Au RdC, pas un brin de résistance a mes pouvoirs charmeurs, mais au 1er, c’est un нет ferme ! La, je continue mon baratin et m’efforce de ne pas comprendre les réponses (je crois bien avoir inauguré le QI négatif ;-), pour jouer la montre. C’est que c’est les 4 cartes de planif de Moscou, les seules ! Juste ce qui m’intéresse le plus… Finalement, la surveillante, épuisée, décide d’aller chercher du renfort. 10 secondes le dos tourne et je vole 4 photos ! Ah ! ces français… Je fini tout de même par acheter 2 livres russe-only avec toutes les cartes sauf les 4 dernières : je suis bien content de mon petit coup, D’autant que l’épisode du haut est oublié avec mes sourires et approximations russes qui amadouent ma mamie vendeuse. Le téléphone russe marche a plein régime et en un éclair tout le monde sais que je suis français et urbaniste. Dans ma paparazziade, j’ai pris en photo de vieux permis de conduire et une vieille carte du réseau de tram que je ne retrouve nulle part…
Je retrouve mes pots du studio, pour la soirée. Elle se finie chez Sam (l’Anglais), après un petit tour de taxi russe. Cette bande de gugus est vraiment trop sympa ! Moscou, ce sera eux pour moi !!
Réveil matinal pour ce samedi 28 février pour aller visiter a l’ouverture le musée Andrei Sakharov. Il y a des plaquettes en anglais, du coup, j’y passe la matinée ! Je suis assis sur une chaise, ce qui fait penser a certains visiteurs que je suis le surveillant : on me demande de garder et surveiller des sac, ce que je fais, on chuchote du plus doucement possible quand on est proche de moi, … Je garde la façade, mais je j’éclate de rire intérieurement ! J’hésite même a croiser les mains dans mon dos et aller faire un petit tour du propriétaire, d’un pas lent…
Dehors, je croise le premier bus russe accessible aux handicapes : c’est collector ! Cette ville est truffée de passages souterrains, d’escaliers dans le métro, de trottoirs encombres par des voitures ou recouverts de glace (les mamies ont une petite pointe au bout de leur canne qu’elles plantent dans la glace a chacun de leurs pas, lents), … et puis les traversées se font au pas de course : si l’on ne démarre pas des que le piéton est vert, il vaut mieux attendre le suivant, parce que les bolides qui ronronnent derrière cette méprisante loupiote rouge seront sans pitié. Je n’ose pas imaginer la vie avec des béquilles ou en fauteuil, par contre, celle avec une armure, je ne dis pas…
Le hasard veut que je passe devant l’église St Georges au moment ou elle se met a sonner : 5 minutes d’une mélodie vraiment créative et toute en finesse pour des cloches, ou rythmes, sons et intensité varient dans une harmonie surprenante. Un véritable morceau (joyau ?) de musique (Mamé, je t’ai fais un petit film de tout ça, il ne reste plus qu’a pouvoir te l’envoyer ;-).
dimanche, mars 15 2009
Moscou² : L'homme qui parlait au papier relié
Par Nicolas MANDIL le dimanche, mars 15 2009, 13:06 - Faits d'hiver
Mon très cher Lonely,
Merci pour tes précieuses explications qui m’ont permis décrypter le charabia écrit sur mon billet de train, mais encore plus pour la chambre que tu m’as indiqué dans un appartement privé, au cœur de Moscou pour 400R (9 euros, 1 patate et 2 bananes) la nuit dans la ville la plus chère du monde ! Je prévois de n’y rester tout de même que 4 jours, juste le temps d’acheter mes billets de train, d’y picorer un peu de vie puis de partir…
Tu ne m’as pas dit que j’y serais tout seul, malgré les 5 lits, mais comment t’en vouloir avec les cafés, restos et bars que tu m’a dégotte : du non-commercial, de l’anti-conformisme, du vrai underground ! Quasiment de l’anti-touriste primaire… Tes indications étaient un peu floues, mais je me suis laissé guider par les pas de 4 jeunes de la rue que tu m’avais murmuré, dans une cours intérieure, au fond, derrière une nième porte métallique style cave
.
Tu ne m’avais pas non plus dit que, parce que le club (bar dansant, bar musical en Russie, bien que certaines fois, ça dérape en discothèque et me fasse prendre mes jambes a mon coup) serait bondé, je passerai pour un andouille planté au milieu de la salle pendant une bonne minute. Mais tu n’aurais certainement pas pu prévoir que cela ferrait tellement rire Dmitny – a qui je demande s’il parle anglais – que ce garçon allait m’adopter, avec Sergey, des mon premier mot…
Les verres de bière défilent, le concert live d’un groupe vieux de 20 ans a la sonorité résolument pop et aux danses embarrassées est une piètre prestation, mais, mon cher Lonely, je suis le plus heureux des hommes dans ce bain qu’on ne peut plus russe. Même lorsque la prestation artistique se termine par le (trop !) célèbre Tum dum dum de Windows (vive le pingouin de Linux et longue vie au logiciel libre ; ça vient du cœur… ; j’ai l’habitude de dire Windaube ;-)), ce qui confirme nos impressions de playback. Quelle bande de farceurs ces pseudo-artistes dont la prestation a au moins le mérite de pouvoir remplir leurs assiettes.
Je ne t’ai pas abandonné une seconde les jours suivants : tes frères (Dmitny et Sergey) pourvus de jambes et de bras ne t’ont pas éclipsé. Avec eux, pendant 2 jours, je fais le tour du Kremlin, de la place Rouge, du km 0 de toute la Russie, … Ils m’ont même proposé de faire le mur d’un des 7 joyaux architecturaux Staliniens : l’Université de l’État de Moscou, fermée a ceux qui ne peuvent présenter un carte d’étudiant de la dite université. Pas de risque pour mon visa, il n’y a pas de police, juste un service de sécurité m’assurent mes 2 futurs complices… On ne tentera finalement pas l’escalade des grilles d’au moins 5 mètres de haut le lendemain, mais amis n’étant plus très chauds une fois sur place, mais le détour en valait la chandelle ! Le bâtiment est imposant, monumental et magnifique : une vraie réussite de l’Art nouveau. De loin, on ne mesure pas son ampleur, mais une fois a son pied les mètres deviennent une unité de mesure a reléguer aux oubliettes. D’un coté, l’horloge, de l’autre un thermomètre a aiguilles. Au sommet, des laboratoires secrets… Tout comme cette butte grillagée ou des soldats armés tiennent la garde : c’est une des entrées du réseau du métro secret de Moscou, réalisé pendant la guerre froide. Ni toi ni eux ne pourront m’en dire plus sur le sujet… A croire que le secret est vraiment bien gardé ! Je remercie mes amis et plonge dans tes entrailles pour trouver un nouveau lieu anti-touristes a explorer pour ma fin de soirée : j’ai un appétit de rencontre insatiable ces derniers jours !
J’atterris au « Bilingua » avec une envie de tester un gâteau russe. Je choisi ma table en suivant mon intuition après avoir sondé d’un coup d’œil les gens présents dans la salle. Je sais déjà que je vais choisir la stratégie du voyageur qui a besoin d’un coup de main pour ma prochaine rencontre. Je vais jusqu’à choisir ma chaise… puis demande conseil aux deux filles de la table d’a coté, un gars de la table d’après arrive : on fini tous a la même table en moins de 3 minutes. Moi, avec une bière plutôt qu’un gâteau… Le houblon, ça nourrit bien, c’est ça ? La tablée de 10 personnes est une vrai version internationale : russes, ukrainiens, américains, anglais, … tous devenus moscovites pour un temps. Les discussions s’enchainent, se croisent, s’entremêlent. Les rires ponctuent ce brouhaha, patchwork sonore de langues bricolées, mélangées, réinventées. Un détour par un magasin, une main tendue vers le bas pour sauter dans un taxi improvisé (ici, tout le monde vous prend en taxi pour quelques roubles de plus… ; ;-) aux cinéphiles) et me voilà dans un studio de photo et d’enregistrement de musique ! Je décide de prolonger mon séjour a Moscou pour le porter a une semaine… Convaincu depuis que l’idée de ce voyage a germé dans ma tête qu’il ne pouvait qu’être basé sur l’adaptabilité en fonction des opportunités, au jour le jour, a la minute, … je sens que je vais finir complètement accroc !
Je chausse pour la 1ere fois une шапка (chapka), ce qui me donne l’envie de m’en acheter une quand je serai en Sibérie. Le lendemain, j’ai juste le temps de repasser a l’hôtel avant d’aller retrouver Sonya, la fille du Bilingua d’hier soir, pour se joindre, comme convenu, a sa fête d’anniversaire : nous avons pile poil 2 ans d’écart, quelle coïncidence ! Elle est pas belle la vie ? Au programme de notre fête d’anniversaire commune, le concert par le grand frère. Malheureusement pour moi, c’est du métal… Ceux qui connaissent mon amour pour le métal doivent se douter de mon état a la fin du concert. La soirée se termine dans un café (l’équivalent d’un bar brasserie) ou je mange des sortes de raviolis a la confiture de mure (et pas a la compote de POIRE ; ;-) a tata gnégnégné Faby). C’est vraiment très bon ! Mais ça ne me fait pas oublier qu’a l’entrée les filles ont du prouver qu’elles étaient majeures, car, si ce n’est pas le cas et qu’il leur arrive quelque chose sur le retour, ce sera le café qui sera responsable (dans mon carnet manuscrit, je trouve ici mon 1er lapsus d’anglicisme “reponsible”. A force de changer de langue toutes les 10 minutes, j’écris dans une et pense dans l’autre pendant que je bredouille la 3eme. Forcément, il faillait que ça fasse des désastres a un moment…).
Le lendemain matin, impossible de visiter le moindre musée : ils sont tous exceptionnellement fermes. Le métro est joli, mais bon… Je retrouve Dasha, l’autre fille du Bilingua, comme prévu pour aller manger des sushi (сушы en russe, ce qui est pour mes petits yeux une écriture encore contre-intuitive), puis aller visiter une galerie d’art. Mais Sonya n’arrive qu’a 15h30 et veut manger… A 17h, toujours au sushi, je leur propose d’aller faire du patin a glace. Après 30 minutes de papotage décisionnel intensif, elles me disent qu’elles vont finalement rentrer, elles ont du travail… Entre les musées fermes et ma visite on ne peut plus complète du suhi, quelle journée ! Je me dis qu’elles ont fait comme d’habitude et n’ont pas réalisées que ça ne pouvait pas être satisfaisant pour moi. Ça ne peut pas toujours tourner rond mon gars ! Il faut bien quelques cafouillages, surtout quand ils sont sans conséquence ! Je passe donc 1 heure avec une de leur copain, indien ! Je prends un peu d’avance sur mon parcours et lui pose tout un tas de questions. Il finit par m’offrir… halala, voila quelque chose qui me dépayse : j’ai refusé plusieurs fois qu’il paye, mais devant sa tête que je voyais virer a la vexation, j’ai cédé. Ici, c’est comme ça qu’on accueille bien un étranger. Il faut que je me laisse porter, abreuver et nourrir m’a-t-on expliqué… Il finit donc par m’offrir une patate avec du gruyère et 4 sauces dessus plus une boisson au gout de bière sans en être une, dans un snack d’une chaine russe. C’est typique me dit-on. Et c’est aussi très bon ! Ça a vraiment beaucoup de gout ! Mon cher Lonely, tu aurais du me le conseiller !
samedi, mars 14 2009
En Transe-Sibérien, pour la premiere fois
Par Nicolas MANDIL le samedi, mars 14 2009, 13:40 - Transsibérien
Je traine toujours ce retard pour la tenue de mon blog : entre mes journées bien remplies, l’imprévu qui bouscule assez souvent mes plans, les ordinateurs qui tournent sous windows 95 ou ceux qui mettent 10 minutes a lancer un navigateur, sans oublier l’accès internet qui est comme il y a 10 ans en France (un bon vieux 56k théorique, donc un 20k ou 40k quand je suis chanceux) ou alors qui est payé en fonction du flux d’échange de données et du temps de connexion, … bref, pas toujours facile de prendre le temps de faire plus que de laisser un message d’une ligne a ma famille du genre « Je suis encore en vie, je vais de la a la-bas ». Si j’arrive a caser des bisous a la fin, c’est que je suis en train d’utiliser une bête de course ;-)
Mais revenons en a nos poupées, russes…
Le voyage vous change un homme dit-on ! J’arrive a la gare avec une heure d’avance, en ayant repère dans l’aprem le tableau des départs et les positions des quais : un véritable miracle dirait ma chère maman…
Sur le quai, je plonge dans une atmosphère de conte pour enfants : l’odeur de charbon chaud m’enivre avec une telle douceur que je m’y abandonne quelques minutes. Je la savoure, je peux presque la palper. Elle est tellement douce, ronde, que je pourrais penser que c’est du sucre qui va permettre a la locomotive d’arracher au convois les grincements du départ…
Le temps n’est plus perceptible quand la provodnitsa (l’hôtesse du rail :-) ouvre la porte du wagon 7. Je présente mon ticket et mon passeport, comme tout le monde, puis passe le seuil de ce nouveau monde sur roulettes. En entrant, je trouve la place 40. La mienne est la n 4 : je me lance dans la traversée de ce couloir ou il n’est plus possible de savoir a qui appartient ce pied, cette jambe, ce bras. Au milieu de ce 15 m haie humaine, quasiment du biathlon tellement je nage dans une marrée humaine, j’entre aperçois le n 28 en face du 42 : j’en déduis rapidement que j’ai loupé la ligne d’arrivé et enclenche la marche arrière. Tout un challenge ! Bien mieux que les 12 travaux d’Asterix et Obelix… Ma place 4 est en fait a l’entrée du wagon dans un carre de 4 places (1 a 4), en face des places doubles 53-54… J’arrive a ma place entier, sans qu’un seul de mes bras ou un de mes pieds ne se soit perdu en route par une soudaine envie de permuter avec une de ses rencontres ! Je suis accueilli par ma mamie n 1254 du nom ;-). Je fais un peu mon timide dans cet environnement dont je ne connais pas les règles d’usage : mamie 1254 me prends en charge avec son sourire creusé par de belles rides. La provodnitsa distribue les draps, emballés dans un plastique a usage unique : vive la modernité ! J’attends, j’observe : ma couchette est en haut tandis que le lit du bas est aussi une banquette partagée lorsque l’on roule le matelas et qu’on le range tout, mais alors tout tout en haut.
C’est a mon tour de faire mon lit. Je regrette de na pas avoir mis des échasses dans mon sac a dos et d’être parti avec 2 mains gauches pour border ces draps tout bizarres… Je ne sais pas bien ou mettre mes pieds pour escalader ce nouvel appartement et pouvoir faire dépasser un œil par dessus mon matelas. Je ne voudrais pas passer pour un européen sans gêne… et puis il faudrait que vous puissiez passer après moi ! En un clin d’œil, j’enfile mon costume d’ethnologue pour relever comment cette peuplade se débrouille avec ce linge de maison. Par mimétisme malhabile je sors vainqueur de ce combat, ou les ingénieuses rayures des draps m’ont porté secours.
Au réveil, je descend de mes appartements et mamie 1254 m’explique que je peux même aller me faire un brin de toilette aux toilettes : moi qui était parti pour faire découvrir a mes convives le fromage et les rillettes françaises… Je n’en suis pas mécontent, voilà de quoi bien commencer une journée ! Le wagon de 3eme classe qui ressemble a un grand dortoir roulant s’agite. Il bouillonne de vie, tout comme le samovar qui fournit a tout moment de l’eau a 100 C, a volonté !
Je sors de la gare sous un soleil éclatant : je ne peux qu’aller dans mon nouveau chez moi a pieds dans ces conditions !
vendredi, mars 6 2009
Anniversaire a St Pertersbourg : mes 24 ans russes
Par Nicolas MANDIL le vendredi, mars 6 2009, 09:52 - Conte
Pour pouvoir profiter de la journée de mes 24 ans, je me repose et épluche le Lonely Planet. Il faut bien qu’il y ait des inconvénients au voyage base sur les opportunités… J’aimerai passer cette soirée avec des gens sympa, mais l’hôtel dans lequel je suis est totalement mort bien que présentant des prix étudiants : je ne peux donc que compter sur les cafés et les bars que je vais dégotter. La carte de la ville sur le Lonely est en 6 ou 7 pages : je décide d’améliorer ma bible du voyageur par un code de signe que je reporte sur la double page centrale. J’ai maintenant un tout en un qui va me permettre d’adapter mes choix en fonction du cours des évènements. Je file manger dans une chaine de restauration rapide nommée тегемок (Tyegyemok) que m’a conseillé la réceptionniste et visite la ville.
J’ai droit a un beau rayon de soleil. Avec le plan du Lonely et mon apprentissage de l’alphabet russe, je me repère assez facilement dans la ville. Dans la rue, il y a beaucoup de vie. Dans les petites rues, on dirait des fourmis passant la serpillère. Tout le monde traine des pieds, y va a tâtons sur les trottoirs gelés. Les gens ne sont pas vraiment plus habilles que nous : les chaussures vont des ballerines aux bottes avec fourrure. J’hallucine quand je vois pour la première fois des filles en jupe ! Moi qui veut m’immerger dans les cultures des pays ou je voyage, heureusement que par ce froid je suis en Russie et pas en Écosse !
En ville, il n’y a pas d’horodateur, mais une personne tout les 200 m avec un chasuble. Quelle que soit l’heure ou la température de la journée… J’en ai froid pour eux, même si cela présente l’avantage du travail et du salaire. Une dame sympathique me conseille d’aller voir une très belle église : je ne rentre pas dedans, il fait bien trop beau ;-). Comme a mon habitude par la suite, ma visite ce termine vers minuit. Lors de ma traversée de la Pologne a l’Estonie, on m’a conseillé de ne pas marcher seul la nuit en Russie. Mais ces personnes m’ont paru bien trop prudentes pour que l’imprévu soient une vague sur laquelle ils surfent et construisent leur voyage. Et puis, je me sens en sécurité, même si je reste sur mes gardes en permanence.
Je ne trouve pas d’endroit aux ondes positives pour ma soirée d’anniversaire. Je file manger Grec malgré moi : dans le froid, j’ai fais trop vite pour regarder les bonnes adresses du Lonely… Le lendemain, je décide de rattraper cette boulette en allant au café Izmir
. En effet, c’est très joli et je mange une bonne soupe de betteraves (ьорш), puis une sorte de macédoine au poisson (салат оливье с лососем).
Je suis moins chanceux par la suite : tous les endroits que je veux visiter sont exceptionnellement fermes. J’y perds mon après midi, dans les transports en commun. Alors que je galère avec le plan de métro surchargé (les deux alphabets) et les différents niveaux des stations, je suis agréablement surpris qu’un papy m’aide a trouver le bon quai. Et en anglais s’il vous plais ! Malheureusement la station ou je veux m’arrêter est en travaux, bien que ce ne soit indique sur aucun plan ou panneau. Le métro ralenti, mais ne s’arrête pas, c’est tout. Je suis surpris, pour une grande ville ! Je retourne d’où je viens et fais le trajet a pied.
Pendant ma visite nocturne de la ville, je tombe par hasard sur un café (ce sont des cafés ou des cafétérias en Russie) étudiant. Rahhh, c’est le top ça ! Petit budget et rencontres possibles. Comme dans tous les pays de l’Est que j’ai visité, il faut faufiler a l’intérieur de l’ilot dont on dirait une arrière cours, passer quelques portes, monter quelques étages et puis tout roule ! La, je rencontre des étudiants en management, mais ces petits jeunes ;-) ne parlent pas assez bien anglais pour que la discussion soit fluide et devienne intéressante. Je continue ma visite nocturne avant de me rendre a 22h a la place des décembristes ou je dois retrouver Tatiana. J’attends 30 min, mais elle ne vient pas. Tant pis ! Je vais aller au café jazz que j’ai repéré : ferme dans 30 min me dit-on… Comme il fait tout de même -10 C dehors, je décide de entrer. Demain, je ne compterai que sur moi…
J’ai un programme d’enfer pour ce samedi 21 février 2009. Je commence par le musée de l’arctique et de l’antarctique (J’ai d’ailleurs lu des trucs intéressants a propos de son directeur dans le dernier livre de Mike Horn), juste pour me donner un avant gout de ce qui pourrait m’attendre lors de mes trecks en Sibérie. Je fais passer ma carte d’assuré a la MAIF pour ma carte d’étudiant. Pour le sérieux et en gage de ma bonne fois, je sors mon passeport pour permettre de comparer les noms… Ça marche a merveille ;-). Le musée est tenu par des mamies, ça donne une ambiance de culture tricot. Une d’entre-elle remarque mon intérêt soutenu pour ces choses exotiques et me fait une visite guidée personalisée en russe ! Avec les gestes, les quelques mots de français que la langue russe a adoptée et le contexte, je me surprends a presque tout comprendre du sens général de ces explications. Il faut dire qu’elle est patiente et qu’elle répète au mois 10 fois quand je lui fais signe que je ne comprends pas… L’ambiance est très chaleureuse.
Je regarde les vêtements et me dit que je devrai faire quelques emplettes, si je décide de mener a bout ce projet de treck. Ma super mamie me montre une photo et les instruments d’un chirurgien qui s’est opéré lui même de l’appendicite au pôle nord ! J’ai bien fais de demander a ma sœur qu’elle m’apprenne a faire des points de suture, je vois qu’il en a d’autres a qui ça a servi… Plus loin, je trouve une machine solaire servant a faire fondre la glace en eau, 2 biscuits d’une expédition de 1910…
Je file vers le musée de l’histoire politique de la Russie : je suis curieux de savoir comment ils se voient de l’intérieur, comment nos médias nous transmettent l’info. Je le trouve en lisant pour la première fois le mot музеи
. A l’intérieur, quasiment rien n’est en anglais, mais je profite des illustrations. Ma lecture du russe en est encore trop a ses balbutiements : lire une page A4 me prend bien 20 minutes… Je trouve un tract de Poutine, le bureau de Lénine reconstitue, le lien entre la mode et la politique (Il semblerait que les russes y soient très sensibles ; ce fut un levier important pour illustrer et afficher les idéologies).
Après un festin pour une bouchée de pain au café étudiant (que je rajoute sur mon Lonely Planet), je vais vers le sud quand je passe devant un bloc très glauque. On dirait des décors de western abandonnes. Pourtant, il y a de la lumière et de la vie, furtive…
Je rentre a l’auberge pour attendre mon train pour Moscou qui part a 1h10, soit le 22 février 2009. Je profite de l’accès internet, pour votre plaisir (et le mien ! ;-)
jeudi, mars 5 2009
St Pertersbourg : sprint... heu, marathon final
Par Nicolas MANDIL le jeudi, mars 5 2009, 18:46 - Road un p'tit pneu
Wouah ! Ça fait longtemps que je n’ai pas mis a jour mon carnet de bord… Ma vie est trop remplie !
Le lendemain matin, le mercredi 18 février 2009, jour ou mon visa russe commence, je me lève tard pour récupérer au cas ou de l’autre coté de la frontière la terre soit plus hostile. Après une séance de papotage, je voudrais bien y aller, mais Ludo et Kate sont occupés. Je commence a être un peu tendu parce que je ne voudrais pas faire du stop la nuit en Russie, qu’il est 15h30 et qu’a 17h30 il ferra nuit noire…
17h30 : j’offre a mes hôtes mon reste de monnaie estonienne en gardant de quoi échanger quelques EEK contres 100 roubles. 5 minutes plus tard la douanière estonienne épluche mon passeport. C’est plus long que prévu, mais je passe sans encombre.
Beaucoup de gens vont en sens inverse du mien. Ils rentrent du boulot m’a-t-on dit. Lors de la soirée précédente, j’ai appris que certains résidents estoniens avaient un passeport gris : suite a l’indépendance de l’Estonie, ils ne sont reconnus ni par celle-ci ni par la Russie. Ce sont des citoyens de nulle part. Je pense a la chance que j’ai avec mon passeport marron aux lettres RF
. Seule la Russie accepte de les faire travailler, ce qui explique le flux de personne en sens inverse du mien.
Je passe le pont totalement grillagé. Quelques flocons me tombent sur le bout du nez. Au poste frontière, une douanière parle anglais. Je rempli ma carte d’émigration, sorte de laisser-passer permettant de scruter mes moindres déplacements dans le pays. Dans le stress, je trouve le moyen d’oublier mes sous-gants et mon guide de conversation russe sur la table, de l’autre cote du tourniquet frontière… Très fort pour un début !
Dehors, je ne retrouve pas toutes les voitures qui faisaient la queue. Je marche jusqu’au premier croisement. Je ne me risque pas tout de suite aux phrases en russe, bien que les premières personnes que je rencontre, elle n’en soient pas du tout avares. S’il y a un truc que je comprend bien dans ce qu’il me racontent, c’est leur visage qui me dit que je suis fou de vouloir faire du stop et que je devrai prendre un bus, pour 100 roubles, soit environ 2,10 euros. Mais je suis têtu, puisque je ne me sens pas en insécurité. A la station de bus, je trouve une fille qui parle très bien anglais, Lyna : elle me confirme que je suis fou… Elle essaye de comprendre mes motivations, d’où je viens, … Comme elle tremble de froid, je la gronde et lui propose de faire les 20 pas qui nous séparent de la station de bus. Seul, je ne serais jamais rentré la : le bâtiment me parait abandonne, mort pour l’européen que je suis. Au chaud, elle écrit un petit mot dans mon carnet expliquant en russe que je veux faire du stop jusqu’à St Petersbourg. Elle m’indique la route, puis on se quitte. J’ai quelques regrets de ne pas avoir 2 ou 3 heures a lui consacrer parce qu’elle est vraiment sympa !
A la station essence suivante, tout le monde se met en branle pour m’aider. Cette générosité me touche. Le pompiste fais le tour des clients avec moi pour en trouver un qui parle anglais. Je suis dans une voiture prêt a faire 20 km pour sortir de la ville quand un camion arrive. Je flaire le bon coup : il va directement a St Petersbourg ! mais dans 15 minutes. Mon futur ex-chauffeur insiste pour attendre avec moi. Sur mon guide, je n’ai pas de ville entre la frontière et mon point d’arrivée : la Russie est bien trop vaste et l’échelle de ma carte ne le permet pas, ce qui n’est pas le plus facile pour faire du stop dans un pays ou je ne parle pas la langue et ou je découvre l’alphabet… Ce gars a la quarantaine passée me montre la région sur une carte de la station service et fini par l’acheter pour me l’offrir : ma première expérience avec un policier (en civil, puisqu’il ne bosse pas) est plutôt encourageante…
Je saute dans le camion et profite du fait que nous ne parlions aucune langue commune pour apprendre l’alphabet et les sonorités cyrilliques correspondantes. En 2 heures, c’est fait : j’arrive a lire comme un enfant de CP ;-). La situation est drôle. L’ambiance particulière : ça me re-projette dans mon enfance. Je repense à mes pitreries, mon tampon de papillon qui valait signature lorsque je ne savais pas encore écrire… Mais toutes ces rêveries sont secouées par une route faite plus de trous que de bitume. Pire qu’en Albanie : la route est un patchwork cabosse de pièces de 40 cm ! J’apprécie l’amorti du siège du camion en pensant qu’une fois de plus je loupe un superbe paysage : ce que je peux en voir correspond a mon imaginaire de la Norvège avec des sapins a perte de vue, de la neige en abondance, l’humilité présumée de l’homme qui tente tout de même d’aménager l’espace. Une sorte de négociation que la nature gagne chaque jour…
Pas de maisons dispersées sur la route cette fois, mais lorsque on arrive en ville, on en a pas l’impression. Il semble juste que c’est une grande aire de repos : tout est très espace, il y a peu d’harmonie et encore moins de mobilier urbain. Il ne faut pas non plus compter sur la signalisation et donc sur les passages piétons…
Ce 18 février 2009, a 21h35, je suis sur la bande d’arrêt d’urgence de la rocade de St Petersbourg. Un coup d’œil rapide sur le plan du chauffeur (la police arrive, mon chauffeur est contraint de repartir rapido) et je conduit avec prudence tout mon barda sur la bretelle d’autoroute. Je me rouille de trouver un trottoir : je ne la sens pas cette bretelle ! Chose faite, je croise une jeune femme de très bonne humeur qui me fait un grand sourire quand elle voit mon matos harnaché sur mon dos. Heureux de cet accueil, je lui rend son sourire et continue mon chemin, puis me retourne. Elle aussi. Je peux presque voir passer dans l’air ce mélange de complicité, de simplicité et de joie. Mais je suis dans une grande ville, il est tard, et je dois trouver ou se situe l’appart de Tatiana dont j’ai eu le contact a Narva. Je savoure l’instant et file. C’est le début de la galère…
Après quelques arrêts pour vérifier mon chemin, je comprend que la ville est vraiment gigantesque. Je devais en avoir pour 5 minutes a pied selon Tatiana, mais en 1 heure de marche a pied, je n’ai a peine fait que la moitié du trajet… et encore faut-il que ce soit le bon ! Les quartiers ou je suis, complètement a la périphérie de la ville, ne me semblent pas sécurs : je mets les bouchées doubles. Je fais un détour pour éviter une bande de gars qui a visiblement envie de cogner (après un caillassage, le chauffeur de bus n’y passe pas loin). On m’a prévenu de na pas me mêler des affaires qui ne sont pas les miennes ici : cet anti-civisme me pince le cœur, mais je tiens a ma peau !
Je redemande mon chemin a 3 jeunes gars , mais visiblement je sais mieux ou je vais qu’eux. Il est 0h30, j’en ai marre de ce calvaire dont je ne vois pas la fin ! Je suis pourtant presque arrive, mais je ne le sais pas… Je grimpe dans une caisse sur le parking d’un supermarché 24h/24h. Le gars me dépose devant l’entrée mais ni a l’interphone ni au téléphone Tatiana ne répond. Je demande a mon chauffeur s’il peut me déposer en plein centre dans l’hôtel que Vicinus (le brésilien de Tallinn) m’a conseillé. Il me demande 500 roubles pour la course, vu ma tronche d’européen. Je tente le coup de la french touch, mais rien. Je lui explique que je n’ai que 50R, pas de CB et insiste par mon silence pour qu’il ne me laisse pas la a pareille heure. Il fini par accepter et me demande de mettre mon sac dans le coffre. Je ne suis pas en totale confiance et refuse. Mon chauffeur insiste, mais gentiment. Ne voulant pas rester sur le carreau, j’applique. Il me rassure ensuite, tout en me demandant de rester méfiant comme ça a l’avenir en Russie. La traversée de la ville me familiarise avec la conduite toute en glissade contrôlée dans les rues enneigées et le sport automobile urbain façon russe. Ces bougres conduisent vraiment bien et ont surtout une capacité d’adaptation impressionnante a la qualité de la chausse. Finalement le trajet est gratos et je suis a l’hôtel a 1h du matin : MISSION ACCOMPLISHED
je suis pour mon anniversaire en Russie, a St Petersbourg, en auto-stop. Je dors heureux…
De la cafouillade a l'imprévu, il n'y a que du bon pour mon arrivée a la frontière Russe
Par Nicolas MANDIL le jeudi, mars 5 2009, 09:46 - Road un p'tit pneu
La suite du précèdent, bien que sur un blog, cela précède la suite ;-)
A Tallinn donc, nous nous levons vraiment a 8h30 et allons tenter le petit dej’ a l’estonienne propose en bas : sucré et sale sont proposés, fromage blanc aux fruits rouges, corn flakes, charcuterie, pain blanc, pain noir, fromage (genre Hollandais), sirop de fruits rouges (dans le genre a l’anglaise), thé, café, … On se fait un véritable festin ! J’envoie ensuite un petit mail a un hébergeur pas cher du tout de Moscou et décide que je partirai après le repas. Après la visite du centre ancien de cette ville aux allures de village médiéval, on va manger au Eesti Maja
, resto repéré par mes soins sur le lonely planet : il y a un buffet ;-)
Rassasies, on se dit au revoir (il est bien 17h), j’achète un ticket de tram et saute dans le n 2 jusqu’au terminus. 100 m plus loin je trouve une station essence. La première personne a qui je demande me dit que c’est ok et me dépose près de Viitna, dans un endroit désert, mais réputé selon lui pour le stop. Je n’ai que d’autre choix que de le croire… 20 secondes plus tard, je suis en train de mettre mon sac a dos dans la voiture d’un russe vivant a Narva, la ville frontière, qui fait d’ailleurs face a Novgorog en Russie.
La voiture est au top : GPS, téléphone bluetooth, néon de lumière rouge pour les CD, … et même des sièges chauffants ! Je tente de prendre un paysage routier quand mon chauffeur qui ne parle que russe s’arrête. Je me dis que j’ai fais une connerie et qu’il va me mettre a la porte… Non, il veut juste que ma photo soit réussie ! Pendant le trajet, je vois pour la deuxième fois depuis mon départ des éoliennes.
Arrives a Narva, il me fait un tour spécial pour moi pour que je prenne en photo toutes les églises illuminées, les monuments, … Puis, il entre l’adresse de l’hôtel pas cher que j’ai repéré sur le lonely planet : il est a 13 km plus au nord, au bord de la mer, a Narva Joesuu. Nous y filons, je me trouve bien chanceux ! Pourtant, impossible de le trouver ce fichu hôtel. Et puis si, mais il a fait faillite… Un petit dessin me permet de proposer a mon chauffeur de retourner a Narva, ou il habite, et de me laisser dans un bar. Je vois que mon chauffeur commence a s’échauffer : je suis tout désolé, et bien embarrassé.
De retour dans cette ville, il me laisse au premier bar, soit pas du tout celui sympa qui ne coute pas cher et disparais en un instant. Une voiture est garée juste a coté, je leur demande de me donner un coup de pouce : j’ai l’adresse de 2 bars, mais pas de plan de Narva dans le Lonely… Ils ne parlent pas anglais et vont chercher le gérant du premier bar. Lui comprend et tente de me faire payer un taxi en me pressant. Je m’en moque, je sais ou est la frontière au pire, et vu qu’il doit être environ 22h… Je fais donc la moue, la femme (de la voiture) insiste et le gérant cède : il leur donne les indications et eux me conduisent devant le premier bar de ma liste.
Le Modern bar, c’est une porte métallique rouge style cave, avec de longs escaliers abruptes, le tout dans une cité a l’architecture “Art Nouveau”. J’entre, pose mon sac dans un coin, près des toilettes. Une dame a la cinquantaine ou un peu plus me regarde, j’ai tout de suite confiance et lui demande de jeter un œil sur mon sac 1 minute. Quand je reviens, nous tentons de discuter en anglais, a propos de la taille de mon sac, de mon pays d’origine… Nous sommes tout de suite complices, et comme son anglais est assez limité, elle me propose de me conduire a un autre bar ou des amis boivent une bière. Il y aurait même un français dans le tas… J’accepte et me dit que tout ce goupille pas mal.
Arrives sur place, elle m’introduit puis repars. Je fais le tour des prénoms de cette tablée de jeunes, je leur explique comment j’ai atterri a Narva, puis l’un d’eux me dit cash que je suis invite a dormir. Comme ça ! On se connait depuis 2 minutes… Je me sens tout de suite a l’aise et fait le pitre face a ces 3 garçons et 2 filles. Je décide d’utiliser l’argent prévu pour le dodo pour leur payer un coup a boire. Je sors mon carnet et joue le serveur. On se marre bien tous ensemble. Les filles semblent intéressées. L’une d’elle me demande d’ailleurs si j’aime les filles estoniennes… Je lui explique mon point de vu sur le sujet en étant taquin. Elle me demande de lui apprendre une phrase en français. Je vois bien qu’elle est intéressée et décide d’honorer ma réputation de français… Je lui apprends une phrase qu’elle pourra réutiliser une fois que je serais parti et qui pourra servir son entreprise je vous trouve très beau
. Arrives a l’appart ou est le français, Ludo, je dois absolument m’asseoir entre elles deux. Elles me demandent si je suis timide, ce qui me fait bien rire. Mais il est temps de mettre un terme a tout ca !
Je raconte a mes convives mes aventures du départ, puis on me propose un plan dodo gratos pour St Petersbourg. Puis pour Moscou. Pour les suivant, je dois juste demander a Tatiana… En 2h de temps, tout ce que j’attends de l’imprévisible s’est produit. Mes histoires de voyageur partant a l’aventure sont un gage que mes amis prennent pour estimer ma valeur humaine : suis-je au paradis ?
Il est 2h du mat’ quand j’apprends par Kate (la copine de Ludo, le français) que les russes sont a fond dans l’élevage et le commerce de poulet et de porcs. Dans ce pays froid et neigeux, cela me semble improbable…
Mes logeurs étant dans une situation financière difficile, nous trouvons une idée juteuse pour les remettre a flot : vendre a Mcdo - qui possède un réseau formidable - une franchise de sandwich au dinosaure, ce qui nous permettra d’avoir peu de bêtes, mais une bonne quantité de viande… Notre préférence ce tourne vers le brachiosaure, dont la meilleure pièce est importante, puisque c’est son long cou. Juste de quoi en faire une centaine de parts pour faire fortune… L’Estonie est un pays créatif
puis-je lire dans les premières lignes du Lonely Planet…
samedi, février 21 2009
Quand tu vas a Rigaaaaa, ... ça te fais agiR ;-)
Par Nicolas MANDIL le samedi, février 21 2009, 17:34 - Road un p'tit pneu
Oula la, ça fait looooooooooongtemps que je n’ai pas donne de mes nouvelles ! Mais je suis bien en vie…
Il s’est passé pleins de trucs dans ma petite vie de baroudeur depuis mon dernier billet : voici de quoi rattraper le retard, mais certainement pas de quoi vous mettre totalement a jour…
Je me suis donc arrêté a Riga, sur un coup de tête, ce matin du Dimanche 15 février 2009. Je me pointe au old house hostel, ou je trouve le réceptionniste sur le bar… ça promet ! J’en profite pour filer faire un petit tour en ville, et découvrir les petites rues du centre ancien. Riga est un véritable labyrinthe : les rues sont agencées de telles manière que l’on doit toujours faire des détours, puis des détours au détours… Je tombe finalement sur un parc marquant la limite entre la vieille ville est celle de l’art nouveau. La nuit tombe très rapidement, juste a temps pour que je trouve des maisons abandonnées, aux façades d’un autre temps. Je suis un peu épuisé.
Après un gros dodo, je réponds a quelques e-mails et quitte Riga par le tram n 6. J’ai tellement bien calculé l’argent qu’il me fallait, qu’il ne me reste plus que 0,75 EEK (soit 5 centimes d’euros…). Je ne pense pas qu’un billet de tram peut être moins cher et je ne suis pas fier de frauder alors que je viens d’un pays plus riche. Vraiment pas fier. Pas de chance, je me fais contrôler au bout de 3 arrêts, du coup, je ne sais alors que parler français… Je gagne un arrêt, puis un coup de pied au cul ! Je suis encore loin de la sortie de la ville pour faire du stop. Je repense enfin aux broutilles que j’ai en poche et demande le prix d’un billet : 0,40 EEK. Je me moque bien de moi, puis remonte dans le tram suivant… bien plus détendu. La je vois en moins de 3 minutes 2 coursiers a vélo, sans avoir le temps de dégainer mon appareil photo. Baaaah, il ne fait que -6 C !
A la station essence ou le tram me dépose, je sens qu’il va n’y avoir que des locaux. Un jeune couple s’arrête sans que j’ai a tendre le pouce, mais ils vont en ville. Je rencontre un russe avec qui je commence mes leçons d’Allemand, moi qui n’en parle pas un mot. Finalement, je décide me faire prendre sur les 4 km qui me séparent du croisement d’autoroute. Mon chauffeur sort, me dépose, puis re rentre. Je marche derrière la barrière de sécurité, dans les 30 cm laisses libres. A un arrêt de bus, je retrouve un autre auto-stoppeur, pas très sympa. Lui a un panneau et tends le pouce en pleine ligne droite. Moi j’y vais a ma méthode : je vais voir les gens, leur explique en anglais même s’ils me disent ne pas le parler, puis leur demande si je peux monter dans leur voiture. Un gars accepte de me déposer a la prochaine station service. Par le fenêtre, je crie ‘good luck
a mon camarade de hitch hiking, qui tire une tête de 3 mètres de long. La station est toute petite, je décide d’aller au croisement que je vois a 100 m. La place n’est vraiment pas idéale : j’hésite toutes les 10 minutes entre la route et la “bretelle” d’accès depuis le village.
Une dame a la quarantaine me prend : on ne parle aucune langue commune. Je dessine pour la première fois dans mon carnet pour lui expliquer de m’arrêter a une station service. Raté ! Elle me dépose au croisement d’une si petite route qu’elle n’est pas déneigée. Je suis au beau milieu d’une ligne droite d’au moins 5-6 km. Parfait ! Pas moyen de marcher : d’un coté la barrière de sécurité, de l’autre, les rails… Je tends le pouce en me disant que je vais devoir planter ma tente dans la foret. 20 secondes plus tard, un camion lituanien s’arrête a l’arrache ! Je me refait un 100 m sac a dos…
Le chauffeur parle couramment le lit-allemand, langues dans laquelle nous avons de longues discussions puisque je parle maintenant couramment allemand ! Non, vraiment, on papote comme des pipelettes ! Par la fenêtre, je vois pendant une minute et pour la première fois la mer gelée. Le chauffeur me dépose a Salacgrivà, soit 15 km de la frontière Estonienne. La, je prospecte. Je pense bien trouver quelqu’un pour aller jusqu’à la frontière. Je me fais finalement embarquer par Roberto, avec qui je parle français au bout de 5 min ! En plus il va directement a Tallinn (pour une mission pour l’UE) et plein centre s’il vous plait ! Pendant la route, j’apprends que mon chauffeur est consul honoraire de Suisse en Lituanie, rien que ça ! Il n’y a pas a dire, ce genre de trucs ne peut arriver qu’en stop… Ah ! que je ne regrette pas de m’être lancé ce défit ! C’est vraiment quelqu’un qui ne se prends pas la tête. D’ailleurs, nous sommes tous les deux ok pour s’arrêter voir la mer gelée. Nous pensons d’abord nous être plantes, que c’est un lac, mais non, c’est bien elle. Pendant la suite du trajet, je questionne Roberto pour savoir comment il est devenu consul honoraire. Tout cela m’intrigue… Le poste était vacant, je me suis tout simplement proposé.
Je suis a Tallinn a 20h. Enfin, c’est ce que je crois… Je pose mes sacs a l’auberge et file pour trouver un resto. Tous me refusent en me disant que la cuisine est fermée… Je réalise alors en passant devant une église que j’ai passé un fuseau horaire : il est donc 21h30 ! Après avoir demandé conseil pour manger a cette heure tardive (dans ces pays, on mange entre 17h et 19h, 20h au pire), je fini par manger une soupe de crevettes a la crème au top ! (suivant l’expression de mon pays cévenol ;-). Le temps de bouquiner un peu et je suis raide mort.
Direction la chambre et le lit ou je retrouve Vinicius, mon colocataire brésilien : il revient de 2 mois en Russie et me donne pleins de conseils. Il est 3h du mat’ quand on se couche avec un levé prévu pour 8h30 : visite de la vieille ville a deux.
dimanche, février 15 2009
Bon, ben finalement, la Siberie c'est fait !
Par Nicolas MANDIL le dimanche, février 15 2009, 20:19 - Road un p'tit pneu
Mon périple a une suite et quelle suite !
Au menu, ma journée de dimanche, soit la suite de ma partie de stop ;-)
Je décolle de l’auberge a pile poil 11h. D’après le réceptionniste, je dois prendre le bus 173 et sortir au 11eme arrêt pour me rapprocher de la banlieue et faire du stop. Je sors en trombe du bus après en avoir compte 5… Mettons ça sur le compte de la neige, puisqu’elle ne m’a pas quittée depuis le début.
A la station essence, je monte une dream team avec un anglophone qui va en ville et un conducteur qui va dans ma direction. Il me dépose 3 km plus loin a une meilleure place, un arrêt de bus, et m’indique avec le pouce vers le bas que je peux y faire du stop. Je m’exécute en trouvant qu’on tétanise plus vite le pouce vers le bas… 30 minutes plus tard, un jeune soldat me propose de me conduire a Varsovie et me dit que pour le pouce, c’est comme en France, vers le haut ;-) Je tente d’apprendre une recette de cuisine polonaise, mais traduire les ingrédient est un peu dur, alors pour les gestes… Nous discutons de la période communiste pour en conclure que le plein emploi et les bar mleczney (sorte de resto-cantines) sont tout ce qu’il y avait de bon a cette époque. Mon chauffeur allant au boulot, il n’est pas très presse, il fait donc un détour pour me déposer sur la bonne route, dans la bonne direction.
La, je croise une femme seule qui est désolée de ne pas aller dans la même direction que moi, soit vers Bialystok. Une jeune famille me propose finalement de me poser 5 km plus loin parce que je suis juste avant un embranchement que je n’ai pas sur ma carte. Finalement, la station essence suivante est fermée… ils décident donc en polonais de faire 30 km pour me poser a la suivante ou ils tentent de me négocier un billet direct pour la Lituanie, mais en vain.
J’attrape assez rapidement une autre voiture pour Bialystok. Pas le temps de me demander mon prénom une fois a l’intérieur, que la voiture qui parle coupe la parole a mon interlocutrice : le téléphone est tout bonnement intègre a la caisse. Mes chauffeurs téléphonent comme si je n’étais pas la, du coup, je me demande s’il ne sont pas friqués au point de m’ignorer… Friqués, oui, mais super sympa, ce qui me laisse 3 heures pour réviser mon humour anglais… Je m’éclate comme un petit fou ! On est entre amis. 100 m avant un resto, ils me disent qu’il vont prendre un repas. N’ayant pas de faim invincible et de beaucoup d’argent avec moi, je propose de les attendre. Mon œil ! Ils m’offrent le repas complet ; soupe de tripes, omelette aux champignons, gâteau au fromage blanc, le tout avec un petit verre. Seule la femme parle. Je réalise alors que les hommes qui aiment faire les durs ne sont pas une légende… Ils me déposent comme prévu a une station service ou il n’y a pas un chat, sauf 2 ivrognes qui ne tardent pas a arriver.
Je me pose au croisement avec ma frontale alors qu’il est 21h30. Quand deux gars a la cinquantaine arrivent, je me dit que je vais avoir mon barjo du jour. Finalement, un part de suite et l’autre veut m’aider, mais vraiment il y tiens ! Il me fait une pancarte “LT” avec de la peinture rouge sur un morceau de bois, puis recule sa voiture au bord de la route et met ses warnings. Il me regarde d’un air complice et me dit de faire du cinéma aux camions. Il m’apporte aussi a manger et a boire. On rigole bien sans se comprendre…
Finalement, son fils et sa fille arrivent de la ville et nous papotons. Le père dit a la fille de rester seule avec moi pour faire du stop, ce qui n’est pas pour me déplaire… 5 minutes plus tard, une voiture me propose en polonais de me déposer a 30 km de la frontière, a Sumalki. L’anglais de ce couple est chaotique, mais avec beaucoup d’efforts, nous nous comprenons. Nous passons devant la porte de l’Europe puis a Sumalki a 0h30. La station essence est vide et personne ne répond aux appels passes a la cibie. Nous allons a la suivante, mais personne ne va en Lithuanie. Vu qu’il fait un froid de canard (j’aurai tendance a dire d’autruche étant donne que ça fait plusieurs canards), ils décident de faire 30 km (maintenant, vous savez quel chiffre jouer au loto ;-) pour me déposer a la frontière. Sur place, je leur offre mon reste d’argent polonais pour participer au financement de leur futur appart puis demande a des routiers s’ils peuvent me prendre. J’essuie une tripotée de “Ne, Nei, …” peux amicaux, ce qui me donne le privilège d’être bloque a une frontière ouverte…
Les -10°C de cet endroit surnomme “la petite Siberie” m’obligent a me réfugier dans la banque du poste frontière depuis lequel je cours sur la route pour tendre le pouce. En attrapant mon appareil photo, je vois mon billet de tram de Cracovie voler. Il n’y aura pas de jaloux entre Mireille et Gaël…
Après 2h de galère, je trouve un papy routier Lituanien. Il est 3h du mat. Nous ne parlons aucune langue commune, mais je fini par lui faire comprendre que je vais en direction de Kaunas et non pas a Kaunas même. Finalement, nos itinéraires sont même identiques sur un itinéraire plus long, jusqu’à Panevèzys, ce qui fait 100 km de gagnes. Je profite de l’absence de langue commune pour me faire un petit roupillon de 3h, car a 6h il me réveille en éclairant la cabine et mimant un bâillement et des étirements. La il me dit que je suis arrive a Panevèzys. Le camion est arrête sur la bande d’arrêt d’urgence et en fqce de moi, se trouve un panneau indiquant Riga sur la droite. Lui va tout droit… Il m’explique que ce n’est pas complique, il suffi qu’a pied je prenne la bretelle d’échangeur descendante et je serai sur la bonne … autoroute !
L’autoroute en question est vide, mais je vois ne aire de repos avec un grand bâtiment. Je me marre bien et file a l’aventure a la frontale : heureusement que j’ai mon code de la route ;-) La situation est tellement inattendue que je décide d’en profiter pour marcher un peu histoire de tester mon sac a dos et ses 20+9 kg actuels. Ca pourrait bien leur faire faire un régime… Vu qu’il n’y a quasiment pas un chat et que je veux être a Riga a 11h, je commence rapidement a faire du stop. 2 heures plus tard et 8 km a pied plus 2 en voiture, un chauffeur Leton s’arrête ; je tente et réussi un 100m sac a dos, départ dos a l’arrivée. Meilleur que la SNCF, il me dépose pile poil a 11h a Riga, avec les bonnes infos en prime pour aller a Tallin. En marchant dans la vielle ville, je la trouve charmante et enivrante : Tallin sera pour demain…
vendredi, février 6 2009
J0 : C'est parti ... ou pas ?
Par Nicolas MANDIL le vendredi, février 6 2009, 22:26 - Road un p'tit pneu
mardi, février 3 2009
Derniers préparatifs pour le sac et pour la tête
Par Nicolas MANDIL le mardi, février 3 2009, 21:24 - Conte
J’ai un peu le dos en compote “grâce” aux réactions secondaires de mes vaccins : tout ça doit peser un peu aussi. J’ai tout de même plutôt la pêche en ce moment. C’était plus difficile il y a quelques jours : c’était les temps charnière où tous les petits éléments te ramènent à ton projet et t’en font mesurer l’ampleur. J’étais assez tendu bien qu’enthousiaste. Et puis j’ai enfin acheté mon sac à dos et là tout allait mieux parce que cela veut dire que j’ai mis un cadre général à a peu près tout. A partir de là, c’est un peu comme si j’étais déjà parti, presque un intouchable :-). Je mène des jours heureux bien qu’ils soient chargés à souhait. Ma tête est déjà sur le chemin. En ces temps de départ, je pense à pas mal de choses et en même temps j’ai l’impression que tout m’effleure, que rien ne peut m’arrêter. Rien n’est grave, tout à une solution. Je pense à faire un tcho à mes copains et ma famille et puis j’essaye de me projeter en train de faire du stop, à la débrouille complète. Je souris déjà de la baffe que je vais me prendre à la première galère, aux petites pointes d’angoisse d’un éloignement et d’une liberté encore trop fraîche. Je pense à ce que je pourrais faire pour les autres, ceux qui ne partent pas à qui j’ai envie de donner d’une manière simple un coup de pouce à leurs projets. Je suis un petit peu sur un nuage flottant, un entre deux. Je pense à tout ce que j’ai choisi de ne pas faire et me dit que ce sera sympa de le réaliser sur place avec mes 3 mots de russe. Mais rien ne m’arrête. Plus je pense à ces obstacles plus je me sens prêt. Je partirai presque au réveil en pyjama. Pour résumer, ce qui est important pour ces derniers jours avant mon départ c’est de me sentir bien. Prendre soin de soi et des autres, de ceux qui me sont chers. Bien avec ceux que je vais quitter, bien dans mon projet. Tout le reste qui est hors des instants, hors du partage d’un moment, hors de la relation humaine, tout cela peut bien être rattrapé après. Alors que le temps inscrit au registre du passé ne peut être changé…
A quelques jours du départ, je suis entre électrique et hystérique, avec quelques pointes d’inverse. Il est donc bien temps que je vous passe une illustration de mon parcours imaginé depuis la France :

lundi, février 2 2009
Comment utiliser ce blog ?
Par Nicolas MANDIL le lundi, février 2 2009, 20:49 - Meta visa vie
Le voici, le voilà, il est LA !
Bien, mais heu… ça marche comment ?
Il n’y a rien de sorcier ni de compliqué. Concernant le blog lui-même :
- Un blog ??? : Un blog est un type spécifique de site web, un espace personnel où l’on publie des billets. Visa Vie est dédié à mon périple au doux nom de tour du monde. C’est un peu le carrefour des copains, des collègues, de la famille, … pour savoir où en est mon entreprise. Les connaisseurs se douteront que Dotclear, le moteur de blog que j’utilise, est un logiciel libre ;-)
- Les commentaires : A la fin de chaque article, chacun peut laisser un commentaire qui sera visible par tous. Pour les communications privées croustillantes, il y a le mail (qu’il est possible de retrouver dans la colonne de droite dans “me contacter”).
- Les flux RSS : Sous ce nom à vous écorcher les yeux ou les oreilles, se cache en fait une petite astuce pour être
toujours à la page. Le flux RSS permet d’être prévenu de la publication d’un nouveau billet sans visiter le site, ce qui est énorme
selon l’expression Faustinniene appropriée. Du côté technique, il y a deux façons différentes de les utiliser :
- Dans un navigateur moderne, type Firefox : Pour utiliser cette solution (cumulable avec la suivante, et
inversement ;-) il vous faut cliquer sur l’icône
se trouvant à la toute fin de la barre d’adresse, et valider en créant un marques-page dynamique, que je vous conseille de créer dans
la “Barre personnelle”. En cliquant sur le nouveau dossier dynamique, vous retrouverez les article de “Visa Vie” selon leurs titres du
plus récent au plus ancien. - Dans un courrielleur, type Thunderbird :Si votre logiciel de messagerie pro permet de gérer les flux RSS,
considérez-vous comme gatés ! Dans le cas de Thunderbird, il faut ajouter un compte “Nouvelles et Blogs” à partir du menu
Fichier/Nouveau/Compte. Cliquer ensuite sur “Nouvelles et Blogs” tout en bas de l’arborescence des dossiers du panneau de gauche, pour
ajouter un abonnement. Pour entrer l’URL, il faut la copier depuis Firefox après avoir cliqué sur l’icône

se trouvant à la toute fin de la barre d’adresse. Tout ça, parce que cette solution vous
permet de “recevoir” mes billets, ceux-ci étant comptabilisés comme “non-lus” tant que vous n’avez pas fait vos devoirs… Pratique donc
pour s’organiser et être alerté d’un nouveau billet. - J’y arrive pas… : Vous pouvez m’envoyer un petit mail afin que j’améliore l’aide décrite au dessus, et consulter “à l’ancienne” le blog.
- Dans un navigateur moderne, type Firefox : Pour utiliser cette solution (cumulable avec la suivante, et
inversement ;-) il vous faut cliquer sur l’icône
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