Visa Vie

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samedi, juin 27 2009

Quand la réalité nécessite d'etre déformée pour etre contée sans mensonges

Après ces aventures qui m’ont un petit peu poussé dans mes retranchements, je prends le temps de faire le point, de réfléchir, le temps de l’introspection.
En feuilletant mon carnet, je me dis que ca calligraphie est un peu la marque des contraintes qui sont les miennes lorsque j’écris : large et gros lorsque je n’ai pas encore réalise la rareté de mon support ; écorché lorsque je le fais dans les transports, sur des routes plus ou moins accordées au rythme de ma plume ; de plus en plus serre lorsque je complète un blanc dans une page avec une idée qui se développe, développe … ; tout tordu ou avec des sursauts lorsque j’évite l’existant ; tout en contraste, en liés et déliés lorsque la bille de mon stylo s’enrage ; avec un peu plus de ratures lorsque je suis fatigué et, quelques fois, des astérisques qui prolifèrent a foison…
Je suis vraiment très attaché a mon carnet parce qu’il est une partie de moi, de ce voyage qui me fait. Je préfèrerais perdre ou me faire voler mon passeport, pour sur ! Que ferrai-je sans mon confident ? Ce fidèle compagnon toujours a l’écoute et qui des fois me répond en faisant émerger une idée dans ma petite tête. Écrire n’est pas pour moi un simple récit des faits, c’est un moment de complicité avec mon projet. Et lorsque l’inspiration vient, c’est un moment décisif. C’est comme développer une photo : il s’agit de révéler, de mettre en mouvement, de faire vibrer. Ça ne marche pas toujours, mais le jeu en vaut la chandelle. Comment peut-on couper une fleur sans en reveler son parfum !?
Le voyage c’est aussi celui des idées, des sentiments, des humeurs. L’écriture du voyage, comme le mouvement et l’attitude de voyage requiert la patience, ce moment ou le temps continue a défiler alors que la trotteuse de l’horloge est arrêtée. Mon carnet me sert moins a graver mes aventures dans l’histoire qu’a vivre la part cachée du voyage, de la vie, invisible au présent. Écrire c’est créer et recréer pour révéler le fantastique dans l’ordinaire. Raconter n’est pas suffisant, pas satisfaisant. Il faut défaire la réalité pour pouvoir la conter et que s’immisce en elle des poussières d’insouscience, que le temps et la raison se mettent a flotter. Il ne s’agit pas de mentir ou d’enjoliver car dans des faits défaits, des faux doivent faire défaut. C’est une question d’œil, de point de vue qui permet de redonner ses dimensions au temps et son gout a l’atmosphère. Sa distorsion a l’objectivité.

jeudi, juin 11 2009

De la peur du voyage solitaire

Souvent on me demande si je n’ai pas peur de voyager seul, si ce n’est pas trop dur, si ce n’est pas trop risqué. Non, tout va bien ! Et même mieux, je me sens bien plus présent à moi même et disponible pour les autres dans ce mode de voyage solitaire. La seule chose qui me fait vraiment peur dans la vie, c’est de ne pas la vivre pleinement.
La mort de mon cousin a été ma plus grande leçon de vie. Certainement la plus belle. Le plus grand encouragement à la vie que l’on ne m’ait jamais donné jusqu’à aujourd’hui. Une éclosion, une révélation, et peut-être même une deuxième naissance. Je ne peux avoir peur d’elle tant elle apporte si on arrive a bien la regarder. Comme une bouffée de chaleur qui parcours toutes les veines de votre corps à une vitesse fulgurante, jusqu’à la plus infime et que vous sentez se propager. Je trouve beaucoup d’energie dans ce moment, qui, loin d’être une extinction, est une présence au monde la plus complète que je connaisse, la plus universelle, la plus immuable, peut-être le saint Graal. Que ce soit pour mon cousin ou pour mon grand-père, je la reçois comme un hymne à la vie, comme le présent le plus précieux que l’on puisse me faire. Une braise éternellement chaude que l’on me confie, dont je dois prendre soin et que je dois utiliser pour insufler la prochaine flamme. Pour être, il faut frictionner, entre-choquer ces bois rougeoyants et rebutants car c’est de l’étincelle que nait la lumière et la vie.
La mort est apaisante mais pas de tout repos. Elle consiste à sublimer la vie et produit un ether qu’il faut savoir capter. Certainement ce que cherche a faire Grenouille dans ce livre, Le Parfum, que je n’ai jamais lu. C’est avec la mort dans le coeur que l’on rayonne à la vie.

mercredi, juin 10 2009

Le voyage, un reve d'enfant, une altération du conscient

Souvent Lena se moque de ma crédulité, mais moi, dans ce voyage galactique, en bon rêveur, en être qui tends à se rendre présent et disponible aux éléments, je crois que tout est possible. Dans ma quête, j’attends qu’un corbeau vienne me parler, que le trottoir devienne pareil à de la guimauve sous mes pas, que le tramway fasse un looping dans une saute d’humeur, que les montagnes éprises de voyage ou fâchées de leur situation se mettent à marcher… Tout est possible et la plus folle des extravangences est pour moi un sourire à la vie. D’ailleurs, j’attends en lutant contre le vent que la licorne-mobile hebdomadaire dédaigne apparaitre et, que de sa crinière dans le vent elle me fouette le cou et m’amène de lampadaire en lampadaire, de lueur de sodium en lueur de sodium, dans les entrailles de la case Ailleurs.

Du pouvoir de l'ecriture

Ecrire mon carnet me prends beaucoup de temps. Toutes les humeurs ne sont pas propices à l’écriture. C’est une bataille entre mon esprit qui divague et mon stylo qui doit dire des mots, justes. Seul le temps autorise ces coquinneries a ralentir un petit peu pour laisser une trace palpable sur le papier, bien que la musique soit mon principal support. C’est lorsqu’elle me pénètre que ces mots qui jouent à l’ombre commencent à basculer dans la lumière. Elle m’échauffe, me tanscende et, dans une ascenssion folle de sons accordés à mon humeur, brise la coquille de la partie la plus lucide de mon esprit, et, dans un éclat d’une élouissante douceur libère cette atmosphère, cet état d’esprit, substance cotonneuse, légère, teintant la réalité comme une brume fine et succrée par un jour de bruine (certainement de la poussière de perlinpinpin), pour que les émotions glissent sur la cornée de mes yeux, telles des gouttes sur les vitres d’une véranda. Je ressents alors une éternité, une plénitude de jouvance. Je ne sais plus tout à fait si je suis a moi même tant le temps est sporadique, mais je suis tout à l’opposé d’être absent. Je suis évéillé dans cet état de transe qui anésthésie le petit André Descartes qui sommeille en moi. Je suis comme un vaisseau de scilicone : au contact, sans tout à fait l’être, du monde réel. J’avance dans cette bulle, du bout des doigts décroche une goutte de la vitre et dépouille l’arc-en-ciel de ses couleurs pour peindre cette joie et ce bonheur.
C’est comme ça que s’exprime chez moi ce qu’on a l’habitude de décrire en un mot : l’inspiration. Mais toutes ces merveilles sont précédées par quelques tourments, lançinants, pour un aprè-midi ou une journée souvent, comme pour être en équilibre.