Ce n’est jamais le 21 mars, jamais exactement. Jamais pour de bon. Ce 16 avril, le printemps arrive. Il fait beau, la neige et la glace se sont retirées. Les gens sortent le soir. La ville s’anime d’une pulsation qui s’agite dans tous les sens le jour, que seule la nuit est capable de calmer, de débrouiller. Dedans comme dehors, on s’active. Des vieilleries et des produits de la consommation n’ayant pas résisté a l’hiver s’entassent devant les montées d’escalier. Le balai des camion rend a la terre son droit a respirer. Calmement, les feuilles mortes sont balayées et ensachées. Les balançoires et les tourniquets reprennent de l’activité. Les fenêtres des marchrutka s’ouvrent. Dans les rues, les balayeuses de toutes tailles ont finies leur hibernation pour que, pour le printemps encore, l’urbain ne s’efface pas sous les petits monticules de terre laissés par le vent et ne fige peu a peu la vie.
Et puis l’Histoire fait un sursaut, le ciel change d’avis. L’hiver, insidieux, reprend ses droits. Ce printemps impétueux n’était qu’une tempête. Annonciatrice. Un avertissement a l’hiver : Ton temps est passé, mon tour est venu. Je n’ai pas gagné cette fois, mais au détour d’un couché de soleil, je te vaincrai. Dans un dernier souffle, la tête baissée, tu ferra ton baluchon et passera ton chemin, résigné. Ce n’est qu’une question de temps.
Un printemps en Russie, c’est le 1er mars, soit disant…
Faits d'hiver
dimanche, juillet 5 2009
Caprice, dispute ou toussotement ?
Par Nicolas MANDIL le dimanche, juillet 5 2009, 08:34
mardi, juin 9 2009
Retour dans le monde de l'argent et de l'eau thermale : tic-tac, tic-tac, tique-paf
Par Nicolas MANDIL le mardi, juin 9 2009, 17:55
lundi, juin 8 2009
Quand la douleur s'installe et que le mode secours est enclanche, le soleil brille toujours
Par Nicolas MANDIL le lundi, juin 8 2009, 16:45
dimanche, juin 7 2009
Chemin par bribes pour une partie de cache-cache
Par Nicolas MANDIL le dimanche, juin 7 2009, 10:33
samedi, juin 6 2009
Au milieu des geants, la chance ne se convoque pas
Par Nicolas MANDIL le samedi, juin 6 2009, 14:45
dimanche, mars 15 2009
Moscou² : L'homme qui parlait au papier relié
Par Nicolas MANDIL le dimanche, mars 15 2009, 13:06
Mon très cher Lonely,
Merci pour tes précieuses explications qui m’ont permis décrypter le charabia écrit sur mon billet de train, mais encore plus pour la chambre que tu m’as indiqué dans un appartement privé, au cœur de Moscou pour 400R (9 euros, 1 patate et 2 bananes) la nuit dans la ville la plus chère du monde ! Je prévois de n’y rester tout de même que 4 jours, juste le temps d’acheter mes billets de train, d’y picorer un peu de vie puis de partir…
Tu ne m’as pas dit que j’y serais tout seul, malgré les 5 lits, mais comment t’en vouloir avec les cafés, restos et bars que tu m’a dégotte : du non-commercial, de l’anti-conformisme, du vrai underground ! Quasiment de l’anti-touriste primaire… Tes indications étaient un peu floues, mais je me suis laissé guider par les pas de 4 jeunes de la rue que tu m’avais murmuré, dans une cours intérieure, au fond, derrière une nième porte métallique style cave
.
Tu ne m’avais pas non plus dit que, parce que le club (bar dansant, bar musical en Russie, bien que certaines fois, ça dérape en discothèque et me fasse prendre mes jambes a mon coup) serait bondé, je passerai pour un andouille planté au milieu de la salle pendant une bonne minute. Mais tu n’aurais certainement pas pu prévoir que cela ferrait tellement rire Dmitny – a qui je demande s’il parle anglais – que ce garçon allait m’adopter, avec Sergey, des mon premier mot…
Les verres de bière défilent, le concert live d’un groupe vieux de 20 ans a la sonorité résolument pop et aux danses embarrassées est une piètre prestation, mais, mon cher Lonely, je suis le plus heureux des hommes dans ce bain qu’on ne peut plus russe. Même lorsque la prestation artistique se termine par le (trop !) célèbre Tum dum dum de Windows (vive le pingouin de Linux et longue vie au logiciel libre ; ça vient du cœur… ; j’ai l’habitude de dire Windaube ;-)), ce qui confirme nos impressions de playback. Quelle bande de farceurs ces pseudo-artistes dont la prestation a au moins le mérite de pouvoir remplir leurs assiettes.
Je ne t’ai pas abandonné une seconde les jours suivants : tes frères (Dmitny et Sergey) pourvus de jambes et de bras ne t’ont pas éclipsé. Avec eux, pendant 2 jours, je fais le tour du Kremlin, de la place Rouge, du km 0 de toute la Russie, … Ils m’ont même proposé de faire le mur d’un des 7 joyaux architecturaux Staliniens : l’Université de l’État de Moscou, fermée a ceux qui ne peuvent présenter un carte d’étudiant de la dite université. Pas de risque pour mon visa, il n’y a pas de police, juste un service de sécurité m’assurent mes 2 futurs complices… On ne tentera finalement pas l’escalade des grilles d’au moins 5 mètres de haut le lendemain, mais amis n’étant plus très chauds une fois sur place, mais le détour en valait la chandelle ! Le bâtiment est imposant, monumental et magnifique : une vraie réussite de l’Art nouveau. De loin, on ne mesure pas son ampleur, mais une fois a son pied les mètres deviennent une unité de mesure a reléguer aux oubliettes. D’un coté, l’horloge, de l’autre un thermomètre a aiguilles. Au sommet, des laboratoires secrets… Tout comme cette butte grillagée ou des soldats armés tiennent la garde : c’est une des entrées du réseau du métro secret de Moscou, réalisé pendant la guerre froide. Ni toi ni eux ne pourront m’en dire plus sur le sujet… A croire que le secret est vraiment bien gardé ! Je remercie mes amis et plonge dans tes entrailles pour trouver un nouveau lieu anti-touristes a explorer pour ma fin de soirée : j’ai un appétit de rencontre insatiable ces derniers jours !
J’atterris au « Bilingua » avec une envie de tester un gâteau russe. Je choisi ma table en suivant mon intuition après avoir sondé d’un coup d’œil les gens présents dans la salle. Je sais déjà que je vais choisir la stratégie du voyageur qui a besoin d’un coup de main pour ma prochaine rencontre. Je vais jusqu’à choisir ma chaise… puis demande conseil aux deux filles de la table d’a coté, un gars de la table d’après arrive : on fini tous a la même table en moins de 3 minutes. Moi, avec une bière plutôt qu’un gâteau… Le houblon, ça nourrit bien, c’est ça ? La tablée de 10 personnes est une vrai version internationale : russes, ukrainiens, américains, anglais, … tous devenus moscovites pour un temps. Les discussions s’enchainent, se croisent, s’entremêlent. Les rires ponctuent ce brouhaha, patchwork sonore de langues bricolées, mélangées, réinventées. Un détour par un magasin, une main tendue vers le bas pour sauter dans un taxi improvisé (ici, tout le monde vous prend en taxi pour quelques roubles de plus… ; ;-) aux cinéphiles) et me voilà dans un studio de photo et d’enregistrement de musique ! Je décide de prolonger mon séjour a Moscou pour le porter a une semaine… Convaincu depuis que l’idée de ce voyage a germé dans ma tête qu’il ne pouvait qu’être basé sur l’adaptabilité en fonction des opportunités, au jour le jour, a la minute, … je sens que je vais finir complètement accroc !
Je chausse pour la 1ere fois une шапка (chapka), ce qui me donne l’envie de m’en acheter une quand je serai en Sibérie. Le lendemain, j’ai juste le temps de repasser a l’hôtel avant d’aller retrouver Sonya, la fille du Bilingua d’hier soir, pour se joindre, comme convenu, a sa fête d’anniversaire : nous avons pile poil 2 ans d’écart, quelle coïncidence ! Elle est pas belle la vie ? Au programme de notre fête d’anniversaire commune, le concert par le grand frère. Malheureusement pour moi, c’est du métal… Ceux qui connaissent mon amour pour le métal doivent se douter de mon état a la fin du concert. La soirée se termine dans un café (l’équivalent d’un bar brasserie) ou je mange des sortes de raviolis a la confiture de mure (et pas a la compote de POIRE ; ;-) a tata gnégnégné Faby). C’est vraiment très bon ! Mais ça ne me fait pas oublier qu’a l’entrée les filles ont du prouver qu’elles étaient majeures, car, si ce n’est pas le cas et qu’il leur arrive quelque chose sur le retour, ce sera le café qui sera responsable (dans mon carnet manuscrit, je trouve ici mon 1er lapsus d’anglicisme “reponsible”. A force de changer de langue toutes les 10 minutes, j’écris dans une et pense dans l’autre pendant que je bredouille la 3eme. Forcément, il faillait que ça fasse des désastres a un moment…).
Le lendemain matin, impossible de visiter le moindre musée : ils sont tous exceptionnellement fermes. Le métro est joli, mais bon… Je retrouve Dasha, l’autre fille du Bilingua, comme prévu pour aller manger des sushi (сушы en russe, ce qui est pour mes petits yeux une écriture encore contre-intuitive), puis aller visiter une galerie d’art. Mais Sonya n’arrive qu’a 15h30 et veut manger… A 17h, toujours au sushi, je leur propose d’aller faire du patin a glace. Après 30 minutes de papotage décisionnel intensif, elles me disent qu’elles vont finalement rentrer, elles ont du travail… Entre les musées fermes et ma visite on ne peut plus complète du suhi, quelle journée ! Je me dis qu’elles ont fait comme d’habitude et n’ont pas réalisées que ça ne pouvait pas être satisfaisant pour moi. Ça ne peut pas toujours tourner rond mon gars ! Il faut bien quelques cafouillages, surtout quand ils sont sans conséquence ! Je passe donc 1 heure avec une de leur copain, indien ! Je prends un peu d’avance sur mon parcours et lui pose tout un tas de questions. Il finit par m’offrir… halala, voila quelque chose qui me dépayse : j’ai refusé plusieurs fois qu’il paye, mais devant sa tête que je voyais virer a la vexation, j’ai cédé. Ici, c’est comme ça qu’on accueille bien un étranger. Il faut que je me laisse porter, abreuver et nourrir m’a-t-on expliqué… Il finit donc par m’offrir une patate avec du gruyère et 4 sauces dessus plus une boisson au gout de bière sans en être une, dans un snack d’une chaine russe. C’est typique me dit-on. Et c’est aussi très bon ! Ça a vraiment beaucoup de gout ! Mon cher Lonely, tu aurais du me le conseiller !










