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samedi, septembre 26 2009

Entre extase et déception, le Japon a la baguette

Le grand plon­geon ! Ou plu­tôt le grand saut puis­que je prends l’avion après n’avoir trouve que des sui­tes de luxes exor­bi­tan­tes dans les car­gos. Pour le départ, je me fais un petit ral­lye avec un retour express a l’appart de la famille qui m’héberge. Je fais mon sac en 15 min, un record ! C’est métho­di­que et il n’y a pas de place pour l’hési­ta­tion. Les adieux faits, je cours pren­dre mon bus, le 48. La chance me sou­ris, je n’attends pas trop. Je retrouve Jenya a son arrêt, le bon bus pour l’aéro­port n’est pas la. La pres­sion monte. On saute dans un autre, achète un nou­veau billet a la gare rou­tière pour l’aéro­port. Je me dis que je suis vrai­ment un andouille de me met­tre dans des situa­tions pareilles… A l’aéro­port, je pèse mon sac a dos : oula, bien trop lourd mon petit ! Dans le hall de l’aéro­port, je change de stra­té­gie. J’éven­tre mon sac et récu­père tout ce qui est lourd pour mon bagage a main, qui du coup se trouve rem­plit d’un tas de cho­ses des plus inu­ti­les. Le pas­sage chez les doua­niers est trop facile par rap­port a tou­tes les con­train­tes que je me suis tape pen­dant mon voyage, mais je ne vais pas râler qu’ils ne me deman­dent aucun des reçus d’enre­gis­tre­ments de cha­cun de mes héber­ge­ments. de Sur la balance du check in, je pose mon gros sac, pile poil 20 kg ! Si ça c’est pas de l’œil…
Dans l’avion, je suis assis a cote de deux hom­mes d’affaire japon­nais, je n’ai tou­jours pas de plan pour le Japon, je ne sais pas ce que je vais y faire une fois le pied pose sur le tar­mac. Je sors mon lonely pla­net de ran­don­nées et en fait un éplu­chage rapide et métho­di­que (il n’y en a même pas une au départ de l’aéro­port !). La dis­cus­sion avec mes voi­sins s’engage… Me voici déjà a Nii­gata, sur la cote ouest japo­naise, tou­jours sans aucune idée d’où je vais aller. Les hôtes­ses de l’air se sont embrouillées les pin­ceaux avec les fiches de ren­sei­gne­ment con­tre la mala­die qui se déve­loppe au Mexi­que et redis­tri­buent les fiches dans un cafouillage iro­ni­que­ment plai­sant a regar­der lors­que l’on a du temps devant soi. Me voila dans le hall de l’aéro­port. Qui dit aéro­port, dit loin de la ville et donc navette de trans­fert. Mais encore faut-il que je me pro­cure des yens pour payer… Je trouve la ban­que fer­mée et au gui­chet d’infor­ma­tion, l’hôtesse gênée m’expli­que que le dis­tri­bu­teur est dans la ban­que qui rou­vre demain matin a 9h. Un temps, je me dis que faire de l’aéro­port mon QG pour une nuit pour­rait être une idée aty­pi­que. S’arrê­ter dans un lieu ou d’habi­tude on ne fait que pas­ser… mais voila, je croise un gars russe dans la même situa­tion que moi, qui fait du change a la russe, c’est a dire avec deux autres rus­ses assis sur un banc de l’aéro­port.. Et hop, me voila dans le bus au milieu de cette ville qui res­sem­ble a un grand pla­teau de jeu play­mo­bil tant l’orga­ni­sa­tion de l’espace sem­ble répon­dre a des règles et tant il est sur­charge de tout pleins de petits gad­gets. Je ne sais tou­jours pas ou je vais. Je ne le déci­de­rai que sur un coup de tête, en fonc­tion des billets de trains dis­po­ni­bles…

Akita 08/06/2009 : Petit cafouillage puis­que ni moi, ni mon chauf­feur qui m’a pris en stop en train de déval­ler la route de mon­ta­gne ne trouve le superbe onsen (source ther­male) au bord de la mer, pres­que les pieds sur les vagues… Il me dépose donc a un grand SPA asso­cie a ma gare de départ de demain. Il ne me reste plus qu’a trou­ver un repas et un lieu de dodo. Je suis juste au milieu de nulle part, dans un cen­tre de loi­sir. Fais le tour des bâti­ments pour voir ce qui se pré­sente a moi. Après avoir acheté un paquet de bis­cuit qui pour­rait com­plé­ter ma boite de thon a la tomate, je me mets a la recher­che d’un lieu de cam­pe­ment. Der­rière un bâti­ment, je trouve un petit che­min qui part dans une nature un peu moins domp­tée. Sur la droite, après quel­ques explo­ra­tions, je trouve une pinède a peu près plate. Mais la vue sur la mer m’est bou­chée et je me fer­rai bien cette petite com­pen­sa­tion vu que je n’ai pas eu droit a l’onsen. Je reviens au SPA et fait un tour d’ins­pec­tion des bâti­ments et de leurs alen­tours. Comme dans l’un d’eux je en pige pas ce que c’est, j’entre et cons­tate que c’est un onsen ! La récep­tion­niste m’accueille et me pro­pose un bain chaud pour 500 yens, soit pas cher. Je suis bien tente, alors je tente de lui dire que ej reviens dans 20 min. Elle ne parle que japon­nais et ne com­prends pas bien . Elle me demande si je dois retour­ner a ma voi­ture ou a ma cham­bre. Je lui expli­que donc que je suis venu en train et que je vais cam­per un peu plus loin. Ah bon ! vous êtes venu en train, alors pour vous l’onsen, c’est moi­tie prix.. Ça c’est une bonne sur­prise, mais je vou­drais plan­ter ma tente avant qu’il ne fasse nuit. Je lui dit que ej reviens, mais elle ne com­prend pas pour­quoi je pars. Et c’est la qu’appa­rais­sent mira­cu­leu­se­ment 2 ran­don­neurs que j’ai croise a midi. Ils par­lent bien anglais et font inter­prè­tes. Sauf que per­sonne ne com­prend ou je vais dor­mir, alors je change mon fusil d’épaule et demande ou je peux dor­mir. J’appelle le patron pour savoir si vous pou­vez dor­mir la, devant. Je me vois déjà en train de me faire bot­ter les fes­ses… Non pas pos­si­ble par con­tre sur le par­king en con­tre bas, pas de pro­blème. Sauf que plan­ter des sar­di­nes dans du gou­dron, ça ne va pas être facile affaire. Mes com­pè­res me disent qu’ils con­nais­sent un endroit ou je peux cam­per. Je monte dans leur voi­ture, on fait 400m, oui 400m et en plein milieu du SPA, ils me disent voila, la c’est OK !. Je n’aurais même pas ose deman­der… Je pré­texte de la pente pour me met­tre un peu a l’écart, plante la tente et file a l’onsen.
Je suis seul, alors j’y reste une heure. En sor­tant, je vais me poser dans le salon pour boire quel­ques ver­res d’eau fraî­che. Un jeune gars arrive. Je vois bien qu’il me regarde avec curio­sité, qu’il vou­drait bien par­ta­ger quel­ques mots, mais comme il ne fait rien, j’engage la con­ver­sa­tion. Il parle très bien anglais, c’est mon jour de chance ! Il fait tou­jours son timide, je lui dis de s’asseoir avec moi. You­hei, 27 ans, souf­fleur de verre au stu­dio du SPA vient tous les soirs après le bou­lot a l’onsen. Comme il y a des plats pas cher a l’onsen, je lui demande s’ils sont bon. Il ne sait pas, mais lui aussi n’a pas mange. Comme c’est le cas de cer­tains de ces col­lè­gues aussi, on tente de s’orga­ni­ser une petite bouffe, mais ça tombe a l’eau. Du coup You­hei me pro­pose de venir bouf­fer chez lui. Seul hic, c’est que c’est a 15 min de moto et que moi, j’ai ma tente au SPA. Eh bien, c’est pas com­pli­que, il m’invite a man­ger et dor­mir. Je démonte ma tente sans avoir dormi dedans… Et moi qui n’avait ni repas ni lieu de cou­chage. Ça a du bon la galère…

Sur la route de Sap­poro 11/06/2009 : Levé 7h30, il pleut des cor­des ! ca tombe bien, je dois plier le camp… Je viens de dor­mir sur une petite aire de route, dans ma tente mate­las­sée par une herbe grasse et bien verte. Kou­chan, que j’ai ren­con­tre dans le ferry et qui m’a pris en stop dors lui dans son van. 13h, arri­vée a Sap­poro. 14h Kou­chan qui n’a pas mange de petit dej’ et con­duit toute la mati­née n’est plus très lucide : il nous amène exac­te­ment a l’oppose de la ou il veut aller, le tem­ple a l’ouest. Je décide d’aider cet homme a mon tour. Je prends la carte ou la ville de Sap­poro tiens deux fois dans la pomme de ma main et décode. Je le guide et lui me tra­duit les pan­neaux pour que je puisse ajus­ter. A 14h30 on est au tem­ple, ou une céré­mo­nie de mariage a lieu…

Sap­poro 16/06/2009 : Sur­pre­nant ! Pour le fes­ti­val du tem­ple de Muriyama, une pro­ces­sion dans les rues est orga­ni­sée, mais plu­tôt que de mette ce défilé aux cos­tu­mes tra­di­tion­nels en valeur, il est traite comme une ano­ma­lie de la vie nor­male (de la rou­tine ?). On ne parade pas en plein cen­tre de la rue, mais sur le cote, bien serre. Lors­que le feu passe au rouge on s’arrête, même si cela scinde le cor­tège en petit mor­ceaux. Les bus dont la voie est occu­pée klaxon­nent de bon droit. On se hâte de se pous­ser, on s’excuse, entas­ses sur le trot­toir. La parade en perd toute sa majes­tuo­site. Déci­dé­ment la cul­ture Japo­naise n’accepte pas l’excep­tion ! C’est dom­mage parce qu’il y aurait tel­le­ment de cho­ses a met­tre en valeur. Mais le rap­port des japo­nais a leur his­toire, leur cul­ture est tel­le­ment dif­fé­rent du notre. Tou­jours en con­traste, les bro­chu­res décri­vent le moin­dre objet comme le plus ci ou le plus ça, uni­que, excep­tion­nel. Il nous fau­drait comme par enchan­te­ment tom­ber en extase devant une nature morte, sans plus d’expli­ca­tions que ça. Sur com­mande. Mais dans la vie de tous les jours, la cul­ture n’est pas vécue comme un élé­ment struc­tu­rant, mais plu­tôt comme un pro­duit de l’His­toire. Tourné vers le passe, sim­ple résul­tat ou obli­ga­tion a accom­plir par devoir. Pour les japon­nais, leur cul­ture ne com­porte pas beau­coup de sens. Ils ne l’appren­nent d’ailleurs que très peu a l’école ou le roman­tisme fran­çais et les con­quê­tes, l’assu­rance Amé­ri­caine ont bonne place. Je me demande bien ce qui les fait se sen­tir nation, mais poser la ques­tion demande une intros­pec­tion a laquelle les japon­nais ne sont habi­tues. Elle reste donc sans réponse, a moins que l’on ne me souf­fle que c’est un peu­ple insu­laire… Dans ce con­texte, l’excep­tion cul­tu­relle fran­çaise prend tout son sens. Il y a pour­tant tant de cho­ses qui me bous­cu­lent ici qu’il est impos­si­ble qu’il n’y ait pas de cul­ture japo­naise bien ancrée dans la vie de tous les jours au point de la ren­dre spé­ci­fi­que. Mais la cul­ture japo­naise est cer­tai­ne­ment moins his­to­ri­que que faite d’un con­trôle, d’une peur et d’une sou­mis­sion au saint sys­tème social. Ne pas expé­ri­men­ter est ici cul­tu­rel. La règle apporte l’assu­rance du savoir. Mais les règles sont bien dif­fé­ren­tes de cel­les de la France…

A Sap­poro, je suis bien décidé a aller faire un tour chez le coif­feur : ma der­nière coupe com­mence a dater et puis je me fer­rai bien met­tre un petit coup de pro­pre a ma barbe pour la lais­ser pous­ser. Ça tombe bien, ici il y a des bar­biers de tous les cotes. Je rêve déjà de me faire dor­lo­ter la barbe…
Avant de par­tir, David, le texan qui m’héberge, m’apprend a deman­der une coupe che­veux et barbe, avec juste un rafraî­chis­se­ment pour cette der­nière. Chez le bar­bier d’à cote des hal­les, je fais donc usage d’un peu de japon­nais. Le bar­bier, lui, me regarde pla­cide, comme si ce que je venais de pro­non­cer n’était qu’une infâme bouillie de sons. Il se remet a balayer comme si de rien n’était. Étrange manière de faire du com­merce !
Je repends ma petite comp­tine une deuxième fois en m’effor­çant d’arti­cu­ler et d’éli­mi­ner tous les sons qui me parais­sent trop fran­çais. Rien n’y fait : j’ai l’impres­sion de deman­der une baguette de pain a un char­cu­tier. Même une troi­sième fois avec la lan­gue des signe ne me per­met pas de me faire com­pren­dre, alors David vient a mon secours, en me regar­dant étonné. Je fini par être invite a m’asseoir sur le siège devant moi.
Une ser­viette ren­trée dans le col de mon tshirt, le bar­bier pose un sim­ple drap sans man­ches sur moi. Il s’absente 5 min pen­dant les­quel­les j’entends pleu­rer une lame que l’on aiguise. Il pré­pare ensuite une mix­ture qu’il fait mous­ser avec son blai­reau : nous voila prêts ! Il humi­di­fie mes che­veux avec un spray et le voila qui s’affère avec ses ciseaux. 1er pas­sage, 2eme, 3eme, 4eme, … Mais com­bien compte-il en faire ? Moi je ne vois pas la dif­fé­rence hor­mis qu’un coup, c’est le cote droit qui est plus touffu que le gau­che et puis inver­se­ment, ou alors que la coupe de la nuque est en arrondi au lieu d’être en carre… Bref, ça prend des heu­res avant qu’il ne passe a la barbe.
Étrange méthode parce qu’il com­mence par me raser : la lame affû­tée comme un sabre glisse toute seule sur ma peau, puis il dépose sur la petite ser­viette qu’il a mise sur mon épaule cette mousse encom­brée de poils. Les ciseaux repren­nent du métier pour aller tailler dans cette masse qui con­traste main­te­nant avec la finesse du grain de la peau. J’aime bien ma tête comme ça, j’ai pres­que envie de lui dire de en pas tou­cher a cette barbe proé­mi­nente, mais le plai­sir d’une barbe bien taillée me fait renon­cer a cette idée.
Les 3 pre­miers coups de ciseaux me per­met­tent de soup­çon­ner l’ampleur de la catas­tro­phe qui va sui­vre : trop court, bien trop court, manie­ment des ins­tru­ments peu habile et coupe approxi­ma­tive. Je tente de me con­vain­cre que ce n’est pas mon métier, que je n’y con­nais rien, mais je vois de plus en plus de trous se des­si­ner, d’angles appa­raî­tre après des coups de ciseaux aussi long que la lame. Il s’y reprend a 10 fois pour cor­ri­ger, mais a cha­que fois le résul­tat empire. Le clou du spec­ta­cle c’est pour la gorge. Le tête légè­re­ment incli­née vers l’arrière je le vois sor­tir la ton­deuse. Il coupe une pre­mière fois très bien a mon goût hor­mis pour l’arrondi de la mâchoire a droite. Il le voit et le cor­rige. Trop. D’ajus­te­ment en ajus­te­ment je vois ma barbe réduire et crains qu’elle ne se réduise plus qu’a un fin filet. Je vou­drais lui faci­li­ter la tache, alors je me fais le plus détendu que je peux et me rend le plus pas­sif pos­si­ble pour qu’il puisse faire comme bon lui entende. J’attends qu’il m’incline la tête, qu’il me la relève, mais non, rien de tout cela. A cha­que fois qu’il sem­ble avoir ter­mine, il se remet tout de suite au tra­vail et coupe un peu plus.
Ce n’est qu’après être sorti, en mar­chant dans la rue que je com­prends ce qui s’est passe et prends la mesure du qui­pro­quo : j’attends et me remet a lui pour qu’il soit con­for­ta­ble, mais lui com­prend que je en suis pas satis­fait puis­que j’attends, alors il coupe un peu plus et un peu plus en atten­dant que je relève la tête pour expri­mer ma satis­fac­tion. Je com­prends pour­quoi le son est rapi­de­ment arrive dans les films muets ! Ah ! cette cul­ture japo­naise du non-dit me sur­pren­dra tou­jours par les lieux et les cir­cons­tan­ces dans les­quel­les elle frappe. Dire que tout les deux nous vou­lions bien faire…
Et c’est sans comp­ter la valeur de la faute qui est intes­ti­na­le­ment inad­mis­si­ble au Japon. Je com­prends main­te­nant l’atti­tude du bar­bier lors­que je suis entre. Les japon­nais n’ont pas assez de barbe, alors on ne taille pas, on rase. Lui avait très bien com­pris ma phrase mais fei­gnait de na pas enten­dre ma requête parce qu’il ne savais pas com­ment la réa­li­ser. Se pro­té­ger de l’inconnu plu­tôt que d’aller vers l’avant. Se retran­cher der­rière la lan­gue plu­tôt que d’expli­quer son incom­pé­tence en la matière. Qui aurait cru qu’aller chez le coif­feur pour­rait etre si ins­truc­tif !? Il faut tout de même, une fois arrive chez soi pren­dre les ciseaux et se met­tre devant la glace…

En arri­vant au Japon, mal­mené par le choc des cul­tu­res et par mon coeur, je m’étais accro­che a mon pro­jet ini­tial, faire le pays du nord au sud (les japon­nais diraient d’est en ouest) telle une excuse pour lais­ser du temps au temps. La greffe a pris et l’imprévu est bien venu se mêler de cette his­toire. Il a fait la majo­rité du con­tenu de ce pro­jet en forme de coquille vide. Mais, s’il a bien ali­mente ma curio­site, il n’a pas pour autant change le cours des cho­ses, souf­frant tou­jours de cette cul­ture japo­naise trop cali­brée, trop super­fi­cielle et tota­le­ment arti­fi­cielle lorsqu’il s’agit de rela­tions humai­nes. Je ne me suis pas fait au Japon, ou le Japon ne s’est pas fait a moi, mais dans tous les cas, je me sens prêt a pro­non­cer le divorce. Hok­kaido est cer­tai­ne­ment tres pro­met­teur, mais je sens deja la trom­pe­rie de la cul­ture japo­naise me rat­tra­per, ces bar­reaux de me sui­vre meme au plus pro­fond de la nature. Peu a peu, tôt ou tard, je pres­sent que le charme tom­bera et que j’aurais sous les yeux et sous mes pas la mul­ti­tude de con­train­tes que les japon­nais s’impo­sent a eux meme et qui ron­gent ma liberte, qui bouf­fent mon pro­jet. Je met dans la balance le temps, l’argent et mon desir de liberte : il est temps de par­tir. Par­tir ce n’est pas fuir et je compte bien aller faire un petit tour dans l’ouest.
La pre­miere etape de la liberte, c’est de le faire avec ma methode : une carte, une sta­tion ser­vice et un pouce. Et la pluie, ne pas oublier la pluie. Je regarde a gau­che, je regarde a droite : des cons­truc­tions a perte de vue, je suis bien loin d’etre sorti de la ville. Mais c’est ca ou.. Ou quoi d’ailleurs ? Quelle est mon alter­na­tive avec ma carte qui cou­vre le quar­tier ? A la sta­tion ser­vice, le pom­piste hal­lu­cine au point qu’il me regarde fixe­ment affale sur sa chaise.

Tokyo 23/06/2009 : Retrouve Tonya la soeur de Sasha ren­con­tree a Vla­di­vos­tok. RDV est donne a Shi­buya, a la sta­tue du chien. C’est 17h30, c’est bonde, mais je suis sur de recon­naî­tre une russe parmi tout ces gens effa­cés. Elle arrive avec le corps tiré comme si toute la chair devait etre ten­due. Ses deux petits seins sont deux obus ronds qui sem­blent aussi dur que du rock. Cet effet de corps toni­que et la grace de la lon­gé­vité asso­ciée au jeux des cour­bes : c’est elle.
On file dans le sud, sur une ile arti­fi­cielle cons­truite de tou­tes pie­ces avec des dechets. C’est bizarre de retrou­ver quelqu’un qu’on n’a jamais vu. On change de metro pour une ligne pri­vee aerienne. Sur place, on decide juste de mar­cher.
On a tous les deux une vision bien dif­fe­rente du Japon : elle y trouve plus de liberte et moins de rudesse. Tout l’oppose de moi ! Ce n’est pas comme en Rus­sie me dit-elle, ici on a la secu­rite que ce soit pour nos affai­res ou pour nous. Je peux mar­che seule le soir, croi­ser la rue, … et les gens ont du res­pect. Ils ne sont pas indi­vi­dua­lis­tes au point d’exa­cer­ber leur super­io­rite.. Par con­tre, avec son look d’etran­gere, elle est la cible d’un defou­loir mas­cu­lin. Defou­loir ou fan­tasme, je ne sais pas bien, mais sou­vent on la prend par la main en lui disant vient avec moi par la. Quelqu’un d’hors sys­teme : une oppor­tu­nité de ne pas res­pec­ter la règle sans per­tur­ber la machine, sans réper­cus­sion et donc sans faute.
Enfin, chose inte­res­sante, les gens peu­vent se diver­tir ici. Le poids de l’his­toire est dans les yeux, le regard. Dans ce sys­teme réglé comme une mon­tre, infan­ti­li­sant, elle trouve plus de liberte que dans cette Rus­sie encore mar­quee par les tra­ces du com­mu­nisme… ou de sa néga­tion tres rapide.

Tokyo 24/06/2009 : … His­toire de bou­cler la par­tie tra­di­tion­nelle, on va faire un tour a la cite inter­dite : ce n’est plus qu’une large espla­nade de gra­vier gris, entou­ree de ver­dure, avec 2 gar­des qui doi­vent etre tota­le­ment las­ses, un petit pont qui passe par des­sus les dou­ves et une large porte, fer­mee. A bien y regar­der, la muraille, le pont et les dou­ves for­ment un ensem­ble roman­ti­que, et apres ? Je ques­tionne Yuta (qui m’heberge a Tokyo) sur qui exac­te­ment vit a l’inte­rieur ? L’empe­reur, avec sa famille, des invi­tes ? Sont-ils tou­jours la, vrai­ment la, assi­gnes a resi­dence sans pou­voir sor­tir ? Quel est leur role ? Il est inca­pa­ble de repon­dre parce qu’il n’en a pas la moin­dre idee. J’ai du mal a com­pren­dre ces gens qui vivent sans raci­nes, qui igno­rent tout de leur his­toire et vous font l’apo­lo­gie du der­nier pull machin a la mode ou de l’impor­tance d’accor­der sa mon­tre a la cou­leur de la coque de son por­ta­ble. Tant de super­fi­ciel…

On se retrouve donc a Shi­buya a l’heure de pointe : c’est juste le car­re­four le plus fre­quente de Tokyo. A cha­que extre­mite des pas­sa­ges pie­tons, des bras et des jam­bes s’agglo­me­rent. Les voi­tu­res pas­sent, cir­du­lent, mais ce n’est que lors­que les feux pie­tons bas­cu­lent au vert que l’on rea­lise le nom­bre de per­son­nes. Peu a peu, le bitume se fait gri­gno­ter par les pas des pie­tons qui affluent de tous les coins et vont dans tou­tes les direc­tions. Le bitume dis­pa­rait, c’est l’apo­gee, mais cela dure une bonne minute, au point que l’on se demande d’ou peu­vent bien sor­tir tout ces gens, si on n’est pas en train de nous faire une mau­vaise bla­gue. L’espace est tota­le­ment envahi. Et puis les lumie­res bas­cu­lent. Deja des retar­da­tai­res atten­dent et s’amas­sent, cein­tu­rant les der­niers de la four­née qui s’épar­pillent, s’effi­lo­chent sur la chaus­see. Comme s’ils avaient ete sur­pris, ils rede­vien­nent indi­vi­dus. Les pas s’acce­le­rent, les regards fixent l’autre rive avec déter­mi­na­tion, avec des cous mon­tes sur res­sort qui font le yoyo. La voie n’est pas tota­le­ment dega­gee que deja les voi­tu­res rede­mar­rent. Le tout sous le feu des ecrans geants qui pro­dui­sent un mono­lo­gue inter­mi­na­ble que cha­cun sem­ble igno­rer. Ils sont un peu dans leur monde : ils se par­lent sans dis­cu­ter. Ce sont des cages de lumiere et de sons qui vou­draient bien vous atti­rer, vous hap­per. Ils n’auraient cer­tai­ne­ment aucun mal a vous dige­rer dans un large sou­rire inno­cent. Le spec­ta­cle offert est pour­tant des plus triste, acca­blant. Cha­que pan­neau lumi­neux redou­ble d’inge­nio­site et d’effet d’ani­ma­tion, mais ce que je vois, ce sont des lar­mes de lumière. Et ces cris qui sor­tent de ces fene­tres ou des geants aux allu­res de prin­ces­ses et de heros sau­vant le monde avec un nou­veau mas­cara ou le der­nier tele­phone son­nent comme un appel au secours que ces glou­tons de lumiere me font. Ils n’ont d’autre choix que de vous char­mer et de vous atti­rer pour leur pro­pre sur­vie, mais l’on peut lire sur leur dio­des cette triste joie, le poids de ce maquillage qui une fois en cou­lisse les acca­blent. Je me sens tant désolé pour eux, vic­time de leur exis­tence, con­si­gnée a l’absurde. Acca­bles d’ennui, con­traints de ven­dre du rêve.

Tokyo 25/06/2009 : Sur­prise dans le train quand je trouve une pan­carte disant que le wagon est réservé aux fem­mes pen­dant les heu­res de pointe. Je ques­tionne Yuta. Cela lui sem­ble tout natu­rel : Tu sais, on ne sait jamais, il y a des per­vers, mais il n’a jamais vu pareille situa­tion se pro­duire… C’est bien japo­nais ca de se pro­te­ger d’une pos­si­ble even­tua­lite au point de se per­sua­der qu’elle est mon­naie cou­rante. Et si cela devait etre vrai, a quoi bon soi­gner les maux si l’on ne fait rien pour les cau­ses : ils ne se ren­dent meme plus compte qu’ils sont res­pon­sa­ble avec leur sys­teme ou l’on ne peut rien dire, rien lais­ser parai­tre, qui pousse a la psy­chose.
Pour Yuta, s’il n’y avait pas ce pan­neau, ce serait un scan­dal. Pour moi, il est scan­da­leux. Il me prend pour un fou et mon point de vue lui parait bien arro­gant, impoli. Il est scan­da­lise que je ne veuille pas aider, que je ne vienne pas au secours de ce qui est pour moi une derive du sys­teme social japo­nais. Une incom­pre­hen­sion de plus.

Je demande plus d’infos sur la cul­ture zen que je mécon­nais pour com­pren­dre le but, la methode, les croyan­ces, les pra­ti­ques, … mais la seule reponse que j’obtient, c’est que pra­ti­quer le zen, c’est se poser et faire le vide en soi : impos­si­ble d’en savoir plus sur la methode, le liens avec les dieux, la place du rituel et du prê­tre, les pra­ti­ques socia­les. Mes ques­tions se heur­tent a la seule reponse du vide inte­rieur : mais pour­quoi faut-il un tem­ple alors ? Yuta en fait n’essaye pas de repon­dre a mes ques­tions qu’il ecoute a peine et ne tente pas de com­pren­dre : il a une idee en tete, une reponse toute faite. Il est imper­méa­ble. Cer­tai­ne­ment par une meco­nais­sance de sa pro­pre cul­ture, par un désin­té­rêt arro­gant a com­pren­dre ses raci­nes. Pour­quoi cher­cher du sens ? Du sens, il en trouve d’ailleurs plus lorsqu’il entre dans une bou­ti­que et s’achete un pull.

Tokyo 27/06/2009 : Jour­nee d’ecri­ture. Jour­née d’incom­pré­hen­sion avec ma famille d’accueil qui trouve que je perds mon temps. Ils me vou­draient occupe a cha­que ins­tant a visi­ter ceci, a visi­ter cela. Ils ne con­çoi­vent pas que je trouve mon comte dans la vie cou­rante. Pour eux, je n’expé­ri­mente pas, je suis en train de glan­der et c’est insup­por­ta­ble au point qu’ils m’en par­lent et se met­tent a vou­loir m’orga­ni­ser quel­ques bon­nes dis­trac­tions. Ils veu­lent me sau­ver de cet imprevu et de cet absence de regles que je recher­che jus­te­ment… Je leur fais la preuve que je ne man­que pas pour­tant pas d’idees, mais rien de bien con­ven­tion­nel, de bien qua­li­bré. Je fuis ce qui est fait pour les tou­ris­tes et eux croient que je rejet­tent leur cul­ture. Je prends le temps de mes affai­res cou­ran­tes et eux vou­draient me voir cou­rir par­tout. Noter dia­lo­gue est sourd parce que nos objec­tifs dif­fe­rent : pour eux c’est quan­tite, pour moi c’est qua­lite. Pour eux c’est les endroits ou il faut pou­voir dire j’y ai ete, pour moi c’est les petits recoins ou j’espere voir ce qui est cache.
Il y a peur eux dans mon atti­tude de l’irres­pect parce que je ne suis pas inte­resse par tout ce qui se donne a voir et qu’il faut avoir vu. Je dis bien vu, parce que pas besoin de s’attar­der, ni de se ques­tion­ner pour rem­plir un peu plus sa check-liste. Nous ne par­ta­geons pas les memes valeurs, les memes con­cep­tions et en pre­mier lieu, celle de la qua­lite. Si le bati­ment est beau, tota­le­ment inonde de tou­ris­tes et sura­me­nagé, c’est parce que c’est le meilleur, donc il faut y aller, quitte a ne pas pro­fi­ter de ce qui fait son ame, de ce qui le fait vibre, de ce qui pourra vous tou­cher. Le soir ils m’embar­quent au resto, comme ca ils pour­ront sau­ver ma pitoya­ble jour­nee.
Voya­ger dans le royaume de la con­som­ma­tion et de la con­ven­tion n’est pas chose facile. Sor­tir du sys­teme, c’est pren­dre la pres­sion en pleine poire de ceux qui veu­lent vous y aire re-ren­ter.

Tokyo 01/07/2009 : Hier soir, je me suis pris la tete avec Yuta qui avait decide pour moi que je devais aller man­ger des sushis frais dans tel petit res­tau a cote du mar­che. Inter­dic­tion d’aller un peu plus loin, inter­dic­tion de ne pas le faire. Mon refus modere que j’exprime par une hési­ta­tion (tiens ! je me suis fait au pays…) est resenti comme une agres­sion. Il n’est pas ques­tion de ter­gi­ver­ser, je dois man­ger des sushi frais la-bas un point c’est tout. Le gar­con s’enerve et devient tout rouge en me disant que par mon refus, je mets sa parole en doute et que c’est un pro­fond irres­pect. Il n’est pas hys­té­ri­que, juste bien japo­nais. il affirme que je ne pour­rais jamais de ma vie en man­ger d’aussi bon, sauf que le gar­con n’y a jamais ete et qu’il tient l’infor­ma­tion d’inter­net… Il n’en est pas moins que je dise que je n’ai pas besoin du supreme exquis de la per­fec­tion est une irri­ta­tion a l’inte­grite de sa cul­ture, de ce qui le com­pose. un veri­ta­ble affront seu­le­ment parce qu’encore une fois cela fait parti des cho­ses qu’il faut avoir fai­tes juste pour pou­voir dire que l’on y a ete. Le gar­con n’ima­gine pas que dans ma vadrouille je puisse trou­ver un autre port de pois­son frais. Il ne com­prend pas non plus ma réti­cence a me faire plu­mer comme un tou­riste, sim­ple­ment parce qu’il n’arrive pas a ima­gi­ner avec quel oeil regarde le voya­geur. D’ailleurs com­ment peut-il voir si on ne le guide pas par la main pour lui mon­trer, si on ne l’assiste pas avec un par­cours tout pret.
Je me decide tout de meme a le faire ce resto, au moins en con­ci­lia­tion avec cette famille gene­reuse qui m’offre l’hos­pi­ta­lite.

Et puis a Tokyo, j’en ai marre, je me dis que je me suis trop range, trop plie a ces regles japo­nai­ses qui font que tout fonc­tionne en un clin d’oeil, mais sans le moin­dre gout. Il me faut plus d’aven­ture, alors je decide de me met­tre en dif­fi­culte : en plus de faire du stop n’importe ou je me mets a evi­ter les heu­res d’affluence et com­mence a ten­dre le pouce apres l’heure du repas, quand tout le monde est bien ren­tre a la mai­son pour le repas. Ca ajoute lar­ge­ment du piment, parce qu’en plus, il fait nuit.

Kyoto 03/07/2009 : … Pour patien­ter on va faire un tour dans une librai­rie. Tou­jours ins­truc­tif de savoir avec quoi un peu­ple se cul­tive. Au milieu des pho­tos-repor­ta­ges, sans com­pren­dre le titre, je tombe sur un guide inti­tule Ce que veu­lent les hom­mes : leur plaire. Un vrai manuel de petite boni­che dont on aurait blo­que la crois­sance cere­brale. Celui d’a cote n’est pas mieux, il s’adresse aux hom­mes. Tous deux ne font que repe­ter des sté­réo­ty­pes et des lieux com­muns dont cha­cun sait qu’ils ne font plus recette depuis bien long­temps. Mais au moins les mots lais­sent-il de la place a l’ima­gi­na­tion, ce qui n’est pas le cas de cet autre maga­sine ou l’on y apprend com­ment abor­der une femme, l’ame­ner dans son lit, lui faire l’amour et eja­cu­ler. Car oui mes chers mes­sieurs, il ne fau­dra pas oublier d’eja­cu­ler, telle est la regle ! Je vois bien mon petit japo­nais en pleine action en train de jet­ter un oeil a sa check liste pour savoir com­ment faire et que faire apres. Si peu de spon­ta­néité, tant de nevrose que je com­prends main­te­nant que l’on dise des fran­cais qu’ils soient roman­ti­ques. Je rigole de la chose avec Mai (une amie du gar­con qui m’heberge, Yasu­nari), mais je suis atterré, acca­blé. Pau­vres petits qui ne peu­vent meme pas pro­fi­ter de la decou­verte de la sexua­lite sans devoir se rat­ta­cher a des regles. Tant de frus­tra­tion, de cul­ture de la frus­tra­tion.

Kyoto 08/07/2009 : Parti en bus en sui­vant les con­seils du lonely : il y aurait un bon endroit pour faire du stop. Sur place, impos­si­ble de savoir quelle est la bonne direc­tion. Je demande a un groupe de mecano qui veu­lent me rame­ner a la gare puis a un vieil homme a velo qui pani­que et demande assi­tance a une voi­ture. Eux veu­lent me faire pren­dre la natio­nale, pas l’auto­route. Tou­tes ces nego­cia­tions, poli­tese oblige, me font per­dre une bonne heure. Cumule avec la dis­cus­sion avec Yasu­nari, je ne suis pas en avance ! Je les quitte et me poste sur la bre­telle d’auto­route, a la sor­tie d’un pont et trop courte, vrai­ment trop courte. Moins de 50m. Il faut dire que le pays a eu ses éco­les de kami­ka­zes… Du coup je passe le pan­neau que je ne peux rater inter­dit aux pie­tons avec l’espoir d’avoir un peu plus d’espace devant le peage. En moins de 5 minu­tes, je me fais pecher par la police qui me rac­com­pa­gne sur ma bre­telle trop trop trop courte. Du coup j’y fais du stop, mais les voi­tu­res pas­sent vrai­ment trop vite, je doute qu’elles aient le temps de me voir. Et lorsqu’il y a un camion, je me recule ! Alors que je me demande, deja fache con­tre moi-meme, com­bien de temps je vais bien pou­voir res­ter plante la, deux jeu­nes revien­nent me cher­cher a pied. La fille a dit a son copain de me pren­dre. J’aime les filles, même maquées… (il n’est pas des­cend de mar­quer ici qu’en plus elle est mignonne dans son joli pan­ta­lon noir a bre­tel­les) Ils ont pour sim­ple plan d’aller man­ger le repas de midi a l’exte­rieur et pro­po­sent de m’accom­pa­gner jusqu’au cha­teau d’Himeji que je veux aller visi­ter. Si c’est pas de la chance ca, c’est que c’est de la bonté !? Le gar­con a voyage en Nou­velle Zelande et y a fait une par­tie de ses etu­des. Il trouve que les gens la bas sont bien plus cha­leu­reux, parce que spon­ta­nés. Mais il se refait bien tout de meme au sys­teme japo­nais. 17h11 : on visite le cha­teau de l’exte­rieur, parce qu’on arrive trop tard. Je decide de pour­sui­vre mon tra­jet. Ils me depo­sent sur une toute petite entree d’auto­route. Ca donne l’impres­sion que l’inge­nieur a fait une bou­lette et a des­servi avec une auto­route un vil­lage minus­cule. J’y attends 1h20 et me jette une fois dans le fosse a la vue d’une voi­ture jaune des patrouilleurs. Fina­le­ment, je suis pris par une jeune et sa mère, mais elles ne vont pas assez loin, alors elles me lais­sent a la Ser­vice Area sui­vante, une carte rou­tiere dans les mains : juste ce qu’il me man­quait. Je me poste devant la sta­tion essence parce que c’est la que les gens qui pour­sui­vent un voyage pas­sent. Tra­jet pour­suivi avec un con­duc­teur fou qui roule a 140 (alors que les gens sont plu­tot a 80). Il me fait rat­tra­per ma galere de 1h20 mais me depose dans une Par­king Area toute petite parce que je n’arrive pas a lui faire com­pren­dre que je vou­drais quel­que chose de plus grand. Je tente ma chance en jouant du pouce, puis decide de pas­ser du mode pas­sif au mode actif : je vais demar­cher. Au 2eme coup, la dis­cus­sion s’engage avec un homme autour des 45 ans. Il esquive ma ques­tion sur le stop, mais je le sens bien, alors on parle d’autre chose, assis sur le petit bout de trot­toir devant les toi­let­tes. Un lam­pa­daire nous dou­che de lumiere. Sa femme, qui parle mieux anglais, rap­pli­que et demande direc­te­ment ou je dors ce soir. Comme la reponse c’est dans la tente, sur la route, elle me pro­pose de venir dor­mir chez eux, dans une petite ville, sur une petite ville. Pro­po­si­tion accep­tee dans la seconde, bien que ca me fasse sor­tir de mon iti­ne­raire prin­cial. Pen­dant tout le tra­jet, on rigole bien, on se cham­bre meme. Ils m’appel­lent mon­sieur Nico­las, avec beau­coup d’iro­nie. Eux, ils ramè­nent leur belle-fille a la mai­son, que l’on atteint a 9h30. Ils m’ouvrent la cham­bre, dres­sent le lit, me font pren­dre la dou­che en 1er, m’offrent a boire et avant d’aller me cou­cher rem­plis­sent le frigo avec une canette de cha­que bois­son qu’ils pos­se­dent, au cas ou, pour la nuit. Mal­heu­reu­se­ment, per­sonne ne vient me racon­ter d’his­toire pour que je m’endorme. De tou­tes façons, en japo­nais…
Le matin, avant 7h, je me leve avec un petit dej’ deja tout pret sur la table : cafe, oeuf au plat, toast avec du miel, … tout y est ! Ils m’ame­nent au maga­sin de golf qu’il gerent. La bas, je tente de taper dans me pre­mie­res bal­les. La chance du debu­tant me sou­ris au debut, puis, il est con­firme qu’il y a du tra­vail ! Ils met­tent a ma dis­po­si­tion un ordi, pour que je puisse don­ner quel­ques nou­vel­les a ma famille et je con­verti leur ordi­na­teurs a Fire­fox. Un ser­vice en vaut bien un autre. La dis­cus­sion va bon train avec eux et leur employee. Avec goo­gle maps, je leur mon­tre mon chez moi et l’urba­nisme a la fran­caise. Comme tout ca prend du temps, ils m’offrent un curry et une pas­te­que con­coc­tée par le grand-père, dans son jar­din, son petit pota­ger. Dans notre dis­cus­sion, je leur ai dit que je n’avais pas de ton­nes d’affai­res dans mon sac, mais que deja il pesait lourd. Et voila qu’ils se disent qu’ils peu­vent encore me filer un petit coup de main : ils m’offrent 3 nou­veaux tshirt et 3 pai­res de chaus­set­tes. Ca va me faire du poids sup­plé­men­taire, mais je sais que je ne peux pas refu­ser. C’est comme ce billet de bus pour Hiro­shima que l’on me glisse dans la main : il n’est plus temps de refu­ser. Comme s’il man­quait encore quel­que chose, au moment ou je monte dans le bus, le mari me glisse 3000 yens dans la main. Je tente de les refu­ser, c’est trop, mais en vain. Il y a des fois, comme ca ou l’on fait de bon­nes ren­con­tres et je me dis que ma mise en dif­fi­culte en fai­sant du stop apres les heu­res de repas n’y est pas pour rien. Bien­ve­nue dans mon Japon, celui que l’on prend a la dure et qui se révèle tout doux…

On ne visite pas le Japon, on le per­turbe. Car ici, le sys­teme social et d’inte­rac­tions socia­les n’est ni impro­vise, ni pris a la légère. Visi­ter le Japon revient pour les japon­nais a accep­ter qu’un intrus face irrup­tion dans le sys­tème bien réglé qui assure leur bon­heur, leur bien-être. Car ici tout est régit, il y a le ying et le yang, ce que l’on peut faire et ce que l’on ne doit pas faire. Il n’est pas ques­tion de sor­tir des clous. L’ori­gi­na­lité repre­sente une excen­tri­cité qui n’est autre qu’un ris­que majeur de voir s’effon­drer tout le sys­teme. L’etran­ger, pau­vre naif, est para­chute dans ce sys­teme dont il ne con­nais pas les regles. Il ne peut que le per­tur­ber et de ce fait repre­sente un dan­ger, dont il vaut mieux se pro­te­ger. Et voila la bou­cle bou­clee, le sys­teme qui se referme, la peur qui se cul­tive. Au Japon, on vous regarde et l’on change de trot­toir 20m devant vous pour evi­ter la pani­que d’une situa­tion dont on ne con­nais pas la regle. La meilleure solu­tion, c’est la fuite, l’evi­te­ment.
Le Japon fait encore la chasse aux sor­cie­res. C’est cer­tai­ne­ment le pays le plus sur du monde, mais tout y es tel­le­ment regit par des regles, un code de con­duite rigide et sans fon­de­ment que l’on puisse vous expli­quer, qu’il y est impos­si­ble d’y avoir une inde­pen­dence. D’action. D’esprit. Le plus sur est encore de sui­vre la regle, parce qu’elle per­met de pre­dire. Du moment qu’elle existe… Parce que, ce que ne voient pas les japo­nais, c’est que c’est aussi la solu­tion la plus ris­quee parce qu’elle leur hote toute capa­cite d’adap­ta­bi­lite pour faire face a toute sorte de situa­tion. Fina­le­ment, le pays qui se veut etre le plus sur du monde en pro­té­geant ses citoyens en est peut etre le moins sur. C’est le para­doxe japo­nais.
Du Japon, j’atten­dais un pays a la cul­ture pro­fonde et a la spi­ri­tua­lite deve­lop­pee. Mais une fois au Japon, je rea­lise qu’un de mes pro­bleme c’est que je en reve pas. Les regles qui regis­sent ce pays et ce peu­ple sont trop stric­tes pour moi qui aie besoin de liberte. Je ne retrouve pas tout le mys­ti­que de l’uni­vers de Mya­zaki, ni celui de Gul­li­ver de mon enfance. Leur cote méti­cu­leux et cette rigueur cas­tra­trice me cou­pent l’ima­gi­na­tion. Je me sens pri­son­nier d’une boite. Je n’ai plus d’espace d’expres­sion, ni d’espace per­son­nel tant tout est range, cali­bre, mil­li­mè­tre. Adieu les grands espa­ces rus­ses… Enferme dans ma tete, je patine dans mes réflexions per­son­nel­les, phi­lo­so­phi­ques. Je perds un peu le fil de mon voyage et puis me res­saisi : je veux voir ce qu’on ne peut pas mon­trer : la cul­ture clan­des­tine.
La plu­part de la cul­ture moderne est légère, super­fi­cielle et fausse Mya­zaki : Bien­ve­nue au Japon ;-)

Pour l'apéro, de quoi picorer dans 4 mois de voyage

Il y a tant a dire, que je vous donne des bri­bes, des brou­tilles de ce qui s’est passe dans ma vie de voya­geur pen­dant ce long moment de silence. Juste de quoi vous met­tre au jus (un p’tit jaune ? :-p). Vous étiez encore avec moi en Rus­sie…

Après la Rus­sie, j’ai passe 2 mois a tour­ni­co­ter au Japon et puis un mois a val­din­guer a Taï­wan avant de sau­ter dans un avion pour le Viet­nam ou je suis depuis un peu plus d’un mois. J’ai com­mence par le sud et suis en train de remon­ter vers le nord. Je ne vois tou­jours pas le temps pas­ser, mais il faut dire qu’avec tou­tes mes idées far­fe­lues pour sor­tir des entiers bat­tus, des aven­tu­res, il m’en arrive ! Tiens la der­nière, je me suis acheté une moto, comme ça je suis bien plus indé­pen­dant, sauf des sou­cis méca­ni­ques. Tel­le­ment indé­pen­dant que je suis a 2 doigts de plan­ter la tente et d’ouvrir mes rations de sur­vie a 9h du soir sur un che­min fores­tier défoncé par les pluies tor­ren­tiel­les des der­niers jours, en pleine jun­gle. La suite devrait être un teck dans la jun­gle, mais je galère a orga­ni­ser ça ici a cause du con­trôle de l’armée que j’ai déjà un peu trop croi­sée au goût de mes parents… Vous voyez bien que je tente de m’assa­gir, je vous l’avais dit !

mercredi, mai 20 2009

SMS life, vie essaimée

A Irkoutsk, j’achète une carte SIM et reprend cette vie moderne ou l’on blablate par le biais d’une prothèse, ce prolongement du moi dans les ondes…

Mots crus pour qui lit* cru. Des messages a lire en creux, avec quelques accros… a-ddictés, sans plume ni crayon.
*Pour les grenoblois l’y

Nico, sois sage !… Lena

15-03-2009 20h29 De Lena

Et si tu viens chez moi demain? Tu viens qd tu veux. Ca te va?

16-03-2009 20h30 De Lena

Si tu veux, tu peux venir vers 11:30 demain, si j’ai qqch d’urgent a faire, ce ne prendra pas beaucoup de temps, juste le temps que tu seras en retard ;-)

16-03-2009 20h49 A Lena

Ok, com ca, ca te laissera le temps de dormir sur ton burO… :-/ Ces profs payé a ri1 foutre

16-03-2009 20h54 De Lena

Encore des gros mots, Nicolas ! ;-(

16-03-2009 21h06 A Lena

Ca fé plézir ke tu voi tou lé éfor ke je fé pr amélioré ton fr… (don ta gramR é ton ortograf) :-p

16-03-2009 21h40 De Lena

;-) et le lexik! Je vais t’apprendre à mon tour des gros mots russes.

17-03-2009 11h32 A Lena

Je suis en train 2 tenT mon record 2 retard, vu ke maintenan tu T faite a mon 1/4h habituL :-p! Chui la ds 20 min, si le chauffeur retrouve la pédale d’accélérateur…

18-03-2009 11h32 A Marjolaine

Ok pa 2 soucis ki pose de pb ;-), on voit ca ce soir! Traduisez, mangez, dormez, pour un BonR PARFAIT! ;-) Attention ce sms comporte un agent de motivation et de courage extremement puissant… A utiliser à vos risques et périls :-p

18-03-2009 15h32 A Lena

Coucou ma pitchounette, ta journée é T L osi radieuse ke le soleil? je fé D course, ms G bi1 envie de te voir, dis moi si T dispo… Bisous

19-03-2009 09h43 A Lena

Je pense venir t’empecher de travailler, fer le débile dans les couloirs, te fer D chatouilles et t’app madame le professeur* d’ici 1h : dis moi si ca te va? (ca peut etre bien plus tard si t’as besoin) :-*

“*Elle m’a repris quelques jours auparavant madame LA professeur. J’avais fais une de ces gaffe…”

19-03-2009 20h50 De Lena

Je voudrais bien t’apelé Nico, ms vu ke tu es ac les filles,je n’ose pas ;-) Je te passe un bisou :-*

21-03-2009 13h09 A Lena

Ah ben je ne sais pas prkoi, ms la nuit derniR G U bcp moins cho ke la précédente… Mon boulot a été dur, ms C bi1 paC. Contente 2 retrouV ta maman qui fé D confitures délicieuses? Pr ma surprise, tu pe me redire T soirs 2 libre 2 la semN prochN. Pl1 D bisous!

23-03-2009 09h33 A Lena

Ah! Ben enfin… ;-) :-p si tu me donne ton h d’arriV, je dois mm pouvoir venir te chercher a la gare… et te fer le + gros bisous du monde, au milieu de la place, juste pour etre bien sage ;-). Sinon, je te le ferrai ds la soirée… (devant T colocs?)

23-03-2009 09h50 De Lena

Ah non! Pas devant mes colocs! Si je continue com ca, elles trouveront une autre plus sage… On pourrait se voir ds la ville…

23-03-2009 09h55 A Lena

Ok, je préviens la tv alors! A qL h? Si t’as besoin de bosser, moi aussi, ms on pourrait le fer ensembl, que je poz ma main sur ton genou tt lé 3 min*…

“*Je me fais gronder régulièrement pour ca. Satane cote tactile ;-)”

23-03-2009 14h47 A Lena

Bien sur ke je bosse! Ne crois pas ke tu va arriV a m’éviter ;-)! On se voit tous les jours de la vie, tant ke le coeur nous en dit…

23-03-2009 22h04 De Lena

Tu me fais savoir si tu arrives chez toi sans histoires douratchok* :-)

“*Andouille. Il faut dire que je l’appelle régulièrement mon andouille… Le suffixe tchok ou tchka au féminin adoucit le sens, c’est un peu notre ette

23-03-2009 22h07 A Masha

I’ve prayed all the day long the sky, the 4 elements, trees, birds, rainbows, the moon … and Shrek for your success in today exam : did it work ? On wednesday I plan to be with you…

23-03-2009 22h18 De Masha

Shrek and his donkey helped us :-) So great! We have the same plan! We will have a party at Kate’s flat.

24-03-2009 11h54 De Lena

Coucou, ca va ? Tu bosses ? Je peux venir chez toi pour te déranger ?

“Il faut bien que je garde des preuves…”

24-03-2009 23h07 A Lena

Alors, le siege t’as devorée, le chauffeur a tenté 2 t’assassiner, ou de t’ouvrir T colocs ont refusées? Tu C, il y a tjs mon canaP…

24-03-2009 23h46 De Lena

Je prefere passer la nuit dehors ou ds le bus ac un chauffeur maniac* ;-) Faut ke tu trouv une autr copine ds ce cas…

“*Les russes emploient maniaque pour dire obsédé

25-03-2009 00h21 A Lena

J’SpR kil y a D soldes en ce moment… Pcq ma dourtchka m’aV couT cher! J’en choisirai 1 ki ne me vol pas mon chocola, ki na pa pl1 2 regles bidon, ms ki soit osi malicieuse ke toi! ;-) Si tu dors dehors, tu ve ma polaire?* ;-) (la prochN foi, je te ligotte et creve lé pneus du bus) Profite bi1 de notre lit :-p

“*Question d’une récurrente récurrence, la demoiselle ayant toujours froid…”

26-03-2009 00h08 De Lena

Tu ne m’as pas fait de bisous en partant…

26-03-2009 00h23 A Lena

Tu C bi1 kil ne fo pa kil se passe qqch entre 1 garcon é 1 fille pdt la nuit…

26-03-2009 00h26 De Lena

Et si j’ai envie ? …d’avoir un tt petit bisous…

26-03-2009 00h31 A Lena

Tu C bi1 kon a pa ce kon demande… Et pui je ne fé pa 2 bisous par téléphone…

26-03-2009 00h36 De Lena

Nico, j’aimerais bien d’avoir ton bisous réel… Merci de la soirée.

26-03-2009 00h54 A Lena

Pa ce soir… Si je saute ds 1 taxi pr te le fer, T “colocs” ne vont pas apprécier*… Il te fo dormir pr tenir debout 2m1. GT vraim1 conten ke tu viN ce soir, ma douratchka!

“*Je ne peut jamais aller chez Lena. Mon pied passé la porte pourrait déranger ses colocs. Et elle, elle pourrait prendre un coup de pied au derrière. Enfin, c’est ce qu’elle suppose…”

26-03-2009 10h04 A Lena

G retrouvé le soulier d’une très jolie fille que j’ai rencontré IR soir et ki é parti un peu trop vite a mon gout… Je voudrais la retrouver et qu’elle me fasse encor D baisers…

26-03-2009 10h12 De Lena

Vous devez vous mettre en 4 pr la retrouver et avoir ce ke vous voulez.

26-03-2009 10h20 A Lena

Heureusement ke je sui 1 hom averti, com ca j’en vaut déjà 2! Et pui bon j’m bi1 l’origami… 11h ca te va? On fé D courses pui on pe regarD 1 film fr ;-) par ex

26-03-2009 01h52 De Marjolaine

Hello! Je pense que tu dors mais nous, on bosse pour toi et on t’a récupéré un joli souvenir! Sur ce, bonne nuit!

26-03-2009 14h33 A Katya

Yes I’ve seen that this morning. Do you have it with you or can we meet tomorrow, Mermade?

26-03-2009 14h39 De Katya

Ostin I think tomorrow will be better. Write and I will try to meet you :-)

26-03-2009 23h24 De Lena

Les fleurs sont tres jolies :-) Merci Nico.

26-03-2009 23h58 A Lena

C pcq L poussent O soleil kel réchauffent le coeur. C pcq L st parfumées kel peuvent t’enivrer. C pcq leur coeur te sens ke C 1 peu le mien…

26-03-2009 11h26 De Marjolaine

Non, ca peut attendre! Bon voyage officiel/cieux!*

*L’officiel c’est a Olkhon, ou la traversée sur le lac gelé commence a être dangereux, l’officieux a Oulan-Oudé. Lena ne le sais pas encore…

27-03-2009 14h43 A Marjolaine

Finalement, on va mourir ds 1 bus… on en a tt le 2 envie. Tu peux me filer le num et le nom du village 2 Valentin* stp, on va pe etre y fer étape ;-)

*Shaman

27-03-2009 14h46 De Marjolaine

Valentin 8-914-… village de Elantsy. Appelle le avant de débarquer !

27-03-2009 14h53 A Marjolaine

Oh ben il devrait bien pouvoir lire ds qqch kon arrive… :-p au pire, je lui donnerai 1 cou 2 main* : :-p

*Valentin lit ds les mains…

30-03-2009 22h39 A Lena

Ok, ms interdiction 2 me toucher alors*.. :-p Ca ne m’arrange pas av 14h (mm si C possibl). Pr le reste (=sinon), dis moi, je m’adapte ;-)

“*Se souvenir que je n’ai même pas le droit de poser une main sur son épaule, son genoux, …”

30-03-2009 23h02 A Lena

Vendu ! On pianote 2m1 sur nos bidules sans fil pr organiser 7 instant 2 bonEr… Douce nuit, rêves sucrés

01-04-2009 15h54 A Katya Blond

Hi! How are you ? My feet wish to bring me out of Irkutsk for a few days. I should be back on wed next week, so lets meet after this short trip, except if you’re in the G20 with Obama ;-)

01-04-2009 15h57 De Katya Blond

Hi, ok, it will be fine. Where are your feet now taking to go ? :-) and what is G20 ? :-)

01-04-2009 16h02 A Katya Blond

My shoes are going to Arshan, but my feet… ? G20 is a big meeting with 20 most influent countries in the world : they can decide things for all the earth, and maybe the moon ;-)

01-04-2009 17h14 De Katya Blond

Ha-ha, I see :-) hope you’ll like Arshan, you should visit waterfalls there, have fun and I hope to heard from you soon! ;-)

07-04-2009 00h08 De Lena

Je sui ds le taxi moskvitch ac 2 hommes turkmens ou tadjik*… Si je dors chez moi cette nuit, je suis bien chanceuse ;-) Bisous mon chéri

*Ces hommes sont réputés pour leur sang chaud en Russie

07-04-2009 01h12 A Lena

Soit chanceuse alors, C 1 ordre! ;-) Bonne nuit ma chérie…

07-04-2009 13h24 A Lena

Je te retrouve a l’univ vers 3h, com ca, on pourra aller chercher ton cousin ensembl… Ca fé lgts ke je suis pa allé a l’école :-p

07-04-2009 15h34 A Lena

Je prends juste le marchrutka, dsl, fo ke je m’entraine pr fer la lessive* plu vit… ;-)

“*A la main…”

10-04-2009 11h44 De Katya Blond

Hi Nicolas! How are you doing ? Have you come back from Arshan ?

10-04-2009 12h23 A Katya Blond

Yuhu! Yes, after some fresh bath for my feet, I’ve now them on the city ground. However I don’t know where is my head ? ;-) Maybe I’ll abandonn the rest of my body to anything you’ll propose, at any time, any place, just for the fun ;-)

10-04-2009 12h28 De Katya Blond

Ok, how about going to a night club tomorrow or the day after tomorow ? ;-)

10-04-2009 12h40 A Katya Blond

Only 1 ? :-p pfff. Ok! it will be a new challenge for my feet ;-). I’ll stay tuned with you to know witch night will be the more vibrant for ours bodies ;-)

10-04-2009 12h51 De Katya Blond

Ha-ha :-| you’re funny : yeah, usually we go to 1 night club, so I’ll tell you time and place soon, ok ?

10-04-2009 13h00 A Katya Blond

Ok! In the waiting I’ll try to get some freedom from my slave status with my feet ;-)

10-04-2009 13h15 De Katya Blond

How long are you gonna stay in ours city ?

10-04-2009 13h40 A Katya Blond

I don’t know exactly, 2 weeks or a little bit more. But once a morning my shoes will perfectly fet to my feet, and my bag will be as light as clouds that I’ll have to leave. Let’s have a coffe, share an afternoon, visit the city, discover the moon, speak about your dark side or anything that make sens to you. No rules, everything spontaneous, unbelievables wishes. Everyday life. True life.

11-04-2009 16h51 A Lena

Samedi, le jour D chérie! Sa-me-dis kon se retrouve en 7 fin d’apm. Si je m’écoute, j’accours car G 1 faim de loup. Ms je ne voudrais pas te fer louP la fin de ton cours. ;-) Sa-te-dis ? :-p

14-04-2009 21h54 A Tanya

I won’t sleep at home tonight ;-). Have a good night* :-)

“*C’est que réveiller les colocs a 2h du mat quand je rentre parce qu’il ont mis la sécu, ca le fait moyen…”

14-04-2009 21h58 De Tanya

Ok. :-) тебе тоже спокойной нотчи! :-) can you read it ?

14-04-2009 23h01 A Tanya

I can even feel it ;-). See you tomorrow 8-)

16-04-2009 08h37 De Lena

Je profite… Je fais le menage. C’est “Jeudi propre” avant Paques… On se voit apres midi si tu ve ;-)

16-04-2009 10h25 A Lena

Oh non, j’en ai marre de te voir… ]-) :-/ ;-) :-p Je ne C pas encore qd, je ve écrire encore 1 peu. Ta cours de kL eur a kel Er finalement ?

16-04-2009 09h37 De Lena

Ok, tu me previens alors quand tu pars. Le jour de ton depart je t’enverrai un message pr te dire au revoir. Je suis gentille :-)

17-04-2009 17h18 A Lena

J’écris, j’écris… Ms je ferrai bi1 autre ch ce soir ;-). Et toi ma chérie, comment se passe ton marathon ? Il se termine tard ?

17-04-2009 17h59 De Lena

Je suis contente que tu ais bien remplis ton temps;-) Moi, je pense que jamais mon marathon ne finira…

17-04-2009 18h09 A Lena

Ma pauvre B-)! Je V fer 1 peu de cuisine, com ca t’Ora qqch a te métr ss la dent O stand 2 ravitaillement ;-), pr tenir jusK la fin de la course 8-). A - ke tu prefeR ke je viN te soV av ? :-p

17-04-2009 17h16 De Lena

Comme ton coeur te dit…

17-04-2009 18h23 A Lena

Il me dit de fer 1 petit truc pdt 1 bonne heure et 2 te rejoindr… La ou tu sera ;-)

17-04-2009 17h31 De Lena

On se voit sur la lune alors, dans ton bonne-heure*? :-*

“*La, je suis jaloux de ce jeu de mot ! ; Vu que j’ai toujours une heure de retard…”

20-04-2009 14h29 A Lena

Ouai! Je suis en train 2 cuisiner. J’en ai bi1 pr 1h30…

21-04-2009 21h49 De Lena

Toi fais des reves avec des belles filles japonaises ;-)))) Bisous sur ton nez :-*

21-04-2009 21h56 De Lena

Non, en fait, je change d’avis. Tu auras D reves ke ac Lena et peut etre aussi un éléphant rose :-*

21-04-2009 22h59 A Lena

Japonnais l’éléphant rose ? :-p

22-04-2009 22h45 A Lena

D bisous tout doux pcq je suis fou. D reves tout sucré pcq ca me plai. D calins 1 peu cokin juste pr attendre 2m1…

22-04-2009 22h51 De Lena

Nico, t’es vraiment fou… Je viens de me coucher et je pensais a toi en t’imaginant ds mes bras… Merci mon chéri, dors bien… Je t’embrasse fort :-*

23-04-2009 08h34 A Lena

Coucou ma chérie! Tu viens qd ce matin (horaire russe, pas FR* :-p)? Tu pourrai m’apporter 1 boite de thon, stp. ;-) Bisous

“*retard compris donc…”

23-04-2009 08h38 De Lena

Coucou Nico, je serai chez toi ds 40min envir. Meme plutot :-) Bisous…

23-04-2009 09h43 A Lena

Tu veux ke je viN te chercher a l’arret, ma douratchka ?

23-04-2009 10h08 De Lena

J’ai pris le 10, si tu veux pas que je me trompe de direction… viens me chercher :-)

23-04-2009 10h20 A Lena

Je t’attends a l’arret. Incroyable, je suis largement en avance… ;-)

23-04-2009 10h26 De Lena

Ho-ho, c’est moi ki sui en retard… J’arrive :-*

23-04-2009 12h54 A Tanya

Hi Tanya! Did you dream about linux* :-p ? Please, remember my 15-20 min phone card ;-). See you very late to night B-)

“*J’ai installe Linux sur les ordi de mes colocs, en leur expliquant que sous Linux, il n’y avait pas de virus…”

23-04-2009 13h00 A Tanya

There are many kinds of cards. For exemple, сивирь телеком. Also, you have to ask a shop assistant. Linux is mine ! ;-)

23-04-2009 17h27 De +790866…

Hi Nicolas! This is Kate. What are you doing?

23-04-2009 17h46 A +790866…

I’m buying a phone card to call in fr and go to university bus stop. Ours meeting is planned at 18 : don’t say me I’m wrong… :-z

23-04-2009 17h47 De +790866…

meeting with whom ?

23-04-2009 17h50 A +790866…

With you… Are you playing with me ? ;-)

23-04-2009 17h52 De +790866…

No, I’m not. But we didn’t plan to meet today, I was just going to offer it!*

*La, je n’y crois pas, je sais que Katya est tres joueuse…

23-04-2009 17h55 A +790866…

So, I’ll be in university bus stop in 5 min ;-)

23-04-2009 17h57 De +790866…

It’s great, but I’m at home now and I think I’ll be at the center in 45 min. How about going to the embankment ?

23-04-2009 18h12* A +790866…

Hum, I’ve understood, there is a ‘KATE’ missunderstood, sorry. I’ll be busy now. Lets meet later ;-)

*Le temps de retrouver les filles et de s’expliquer…

23-04-2009 18h14 De +790866…

ok, let me know when you’re not busy :-)

26-04-2009 00h41 De Lena

Vous avez volé mon bisou, vous devez etre puni!*

“*Mon quota est soit-disant épuise”…

26-04-2009 00h46 A Lena

Moi, G rien fé! Vous m’en avez juste donné 1 de plus : celui qui débordait de votre coeur ? ;-)

27-04-2009 00h34 A Lena

Je ne trouve pa 2 petit bonhomme ki serre fort ds lé bras ;-), alors a défaut : :-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*

27-04-2009 14h15 A Tanya

Tanya, could you buy a big new internet card to update your antivirus ? ;-)

27-04-2009 14h20 De Tanya

I have another card because kostya’s modem doesn’t work on my computer

27-04-2009 14h20 A Tanya

Now it does ;-)

27-04-2009 14h22 De Tanya

Do you mean that it works on my computer ?

27-04-2009 14h24 A Tanya

Yes with a new OS…

27-04-2009 14h24 De Tanya

Ok. I will buy a card :-)

27-04-2009 14h13 De Lena

Ok. Dans 1 heure a la gare. Les retards ne sont pas pardonnés :-p

27-04-2009 23h40 De Lena

Merci d’avoir appelé, Nico… A demain, mon chéri… Dors bien :-*

27-04-2009 23h47 A Lena*

Ca m’a fait bcp bcp bcp 2 bi1 ma chérie! Ke ta nuit soit si douce ke tu es l’impression 2 dormir sur un nuage… :-*

*Apres s’etre mis d’accord sur la suite/fin de notre relation. J’ai besoin de temps et d’éloignement pour mieux comprendre ce que je ressent. Et puis je veux continuer mon voyage, c’est important pour moi… Partir n’est pas simple.

28-04-2009 21h22 De Lena assistante culturelle All

Salut! demain si tu as le tems entre midi et 1h pour passer au bureau pour prendre du cafe/the/vodka/cognac ce serait cool :-)

30-04-2009 06h03 De Tanya

We so like to sleep! :-( we will see at the station!

30-04-2009 06h05 A Tanya

Don’t worry, stay in bed! ;-) see you

30-04-2009 06h59 De Tanya

We spent so funny and happy time! I hope we will do it again next year, don’t we? ;-) Good luck and have a nice travalling ! :-)

30-04-2009 06h30 De Lena

Nico, sache bien choisir ton chemin, sois heureux. Tu restes dans mon coeur, je te garde… Je t’embrasse fort…

30-04-2009 07h47 A Lena

Lena, merci ma douratchka ;-). Je reste dc 1 peu en russie, avec toi :-). Soit forte, présente a toi mm, libre et profit 2 la vie. L te le rendra… Pleins 2 souvenirs, pleins 2 moments forts, pleins 2 bisous, plein 2 tendresse. Tout plein.