Mon carnet manuscrit de péniblement s’arrêter au 4 août 2009 après une course contre la montre oscillant entre le mois et 2 semaines de retard. Ou de fermentation. Je ne rattraperais pas, ça me coûte trop au quotidien. Je changerai bien mon fusil d’épaule. J’ai déjà le plan de bataille et même plusieurs idées qui m’irritent les babines a force de voir ma langue y passer. Mais l’intensité de ma condition de voyageur solitaire grignote le passage a la réalité. Des questions administratives me rattrapent aussi dans cet océan de liberté ou je prends bien plus mon temps que ce que j’avais imagine. Je me retrouve confronte a des limites qui m’obligent a penser a mon retour. Un compte a rebours est lance dans mon dos. J’ai la désagréable sensation d’être une cible en sursis, de ne plus maîtriser le cours des choses. Je dois bien le faire rire cet esprit malin qui me voit tourner tel un fauve dans une cage. A moins que sur de l’issue, il ne soit en train de se prélasser en attendant que la fin indéniable ne survienne. Il y a de temps a autre un goût amer de fin qui s’insinue dans mon voyage. Je me sens bridé, presque résigné a accepter ce retour de force avant de faire un sursaut et de penser a tout ce que le temps qui me reste peut contenir. Je n’ai pas envie de faire a moitie et voir mourir mon voyage a petit feu parce que je le fais a contre cœur. Je ne me sens pas oblige de voyager. Je préférai résolument l’achever plutôt que de l’écorner, le sabrer. Mais je ne peut accepter de me résigner, de m’incliner sans aller au combat. Il me reste tellement de choses a faire, d’espoir a faire briller, d’idées folles a tenter.
Mon carnet et mon blog prennent la poussière. Les dernières lignes ne forment qu’un flou et mince horizon au loin dans cette vaste étendue de papier vide. Les jours chauds, je croirai a un mirage. Dans toute l’histoire de mon voyage au Japon, a Taïwan et au Vietnam, ce qui manque, c’est l’histoire. Je me dis toujours que je vais le faire, la cet aprem, après le repas et puis voila que mes plans sont chamboules par une rencontre, la météo, … mes compagnons temporaires de voyage. S’arrêter pour écrire. Passer d’acteur a observateur. Une véritable punition, une retraite, un renoncement dans ces pays ou tout grouille et ou jamais rien ne s’arrête. Ce serait nager a contre courant dans des pays qui me mobilisent pour tout, tout le temps : traverser la rue, manger, éviter les arnaques, éviter les touristes.
Mais ce qui me manque le plus, c’est un lieu de création, un laboratoire, un incubateur. Une collocation, une famille d’expat, … ouais, c’est ça qu’il me faudrait. Parce que la société du loisir n’a pas encore vraiment atteint l’Asie que je visite. A peine l’effleure-t-elle le soir lorsque l’on joue au volley ou que l’on fait une partie de billard français. Elle vivote, balbutie. Il n’y a pas de place ici pour ce temps. Ou peut être il n’y en a pas le goût. Ce n’est en tout cas pas socialement ancré. Cet absence d’espace et de temps, je crois, m’a contamine. Le temps de l’écriture est un temps lent, et je suis ici, au Vietnam, dans une fourmilière (ou les pieds dans la poussière).
Écrire ici est un défit périlleux. Dans ce pays en développement, au potentiel encore largement inexploité, le bruit est partout. Même dans la culture. Dehors, les motos rugissent dans un flux continu de 5h du matin a 22h. Sans répit. Les klaxons, substituts au code de la route, viennent ajouter des cris stridents a ce bruit de fond. Réfugiez-vous a l’intérieur et vous serrez au cœur de la caisse de résonance d’un gigantesque instrument de musique. A moins que vous ne puissiez profiter, ou que ce soit, de l’équivalent des feux de l’amour, que l’on regarde le volume a fond, certainement pour compenser la médiocrité du jeu et du scénario afin que le pouvoir distrayant puisse se révéler. Un coin calme ne le reste jamais longtemps. Les anomalies, ça ne peut perdurer. Si ce n’est pas la télé que l’on allume a fond a 2 m de vous, alors ce sera un curieux qui vous attrapera la main sans le temps de vous laisser finir votre phrase. Que faites-vous, d’ou venez-vous ? Allons boire un verre ! Ah ! non, vous n’allez pas m’offenser et refuser…
Nul ne tiens compte que vous étiez peut-être occupe, concentre. Il vous faut être disponible, satisfaire a cette curiosité, cette intrusion sans manières.
Mais au delà des conditions avec lesquelles il me faudrait composer et bien que le moral soit bon, je commence a ressentir une usure : voyager seul me lasse, alors souvent, je pars a la recherche de compagnons. Ma famille et mes amis aussi me manquent, et je replonge dans mon passé. En ce moment, c’est Crevo, mon petit chalet de montagne savoyard, qui me revient en rêves. Les haut plateaux centraux le jour, les sommet alpins la nuit, décidément, quelque chose m’a piqué ! Écrire requiert de s’isoler et je me sens déjà assez isolé. Précaire aussi, dans ce monde que je méconnais. Il faut aller chercher au fond de soi, dans ses entrailles les plus profondes, les plus sensibles aussi pour écrire. Il faut s’ouvrir, se révéler et pour arriver a libérer avec le plus d’authenticité ses émotions, ses sentiments. Il faut enlever toutes les protections, les barrières, se mettre a vif, s’exposer et prendre le risque de s’écorcher. Si j’ai du mal a écrire, c’est aussi parce que je me protège dans ce milieu hostile. Certainement parce que je connais ma sensibilité, un réflexe venu d’expériences passées. A contre courant, en lutte, il est loin le temps de l’écriture simplement libératrice. Mais je n’abandonne pas mes mots.
Meta visa vie
vendredi, septembre 25 2009
Et la trotteuse qui s'en allait éperdument
Par Nicolas MANDIL le vendredi, septembre 25 2009, 08:15
mardi, septembre 22 2009
Un conseiller va prendre votre appel, merci de patienter...
Par Nicolas MANDIL le mardi, septembre 22 2009, 15:25
De l’abus ! Oui, voila, il n’y a pas d’autre mot si je ne veux entendre parler d’infidélité, d’irrespect. Mais, oui, je ne suis pas sage, je le reconnais volontiers. Vous laisser comme ça le bec dans l’eau sans la moindre petite prose sur mon voyage…
J’entends déjà depuis de longs mois les petits démons qui crient au scandale dans le fond de ma boite e-mail. Les raleries et les attaques viennent de toutes parts dans ces petits messages de détresse littéraire que je reçois. Savamment distillées dans un petit message d’encouragement ou sous une pointe de curiosité. Quand ce n’est pas de l’inquiétude. Souvent j’y palpe une touche de déception. J’y perçoit même des fois cette petite botte secrète qui vient frapper mon derrière et qui devraient aisément faire basculer mes mains en direction du clavier. Des messages empoisonnes, des leurres ? Non, rien de tout cela. Tant de ruses déployées pourtant pour quérir quelques mots, piquer une brindille encore rougeoyante du feu qui a animé ma journée.
J’ai bien souris de ces astuces et de toute l’amicalite dont elles pouvaient transpirer. On ne peut pas commander, certes, mais qu’il est bon de demander ! Et dire que j’allais oublier de vous remercier…
Je ne suis pas sage, non. Je n’ai pas appelé ma famille depuis des lustres. A bien me souvenir, c’était il y a des mois. Trois exactement, au Japon. Ils n’ont eu droit qu’a ces courts messages qui forment tout juste un fil de vie. Celui qui rassure par son existence, mais laisse tant de question sur l’objet qui est en train d’être tissé.
Je ne suis pas sage, non. Ma grand mère me dirait que si je continue, le patarou descendu de la montagne viendra me chercher. Mais je l’aime bien moi ce père fouettard qui se cache dans les montagnes cevenoles. Il m’a toujours fasciné et je suis sur qu’il n’est pas si terrible que ça. Je l’ai toujours imaginé comme un loup au poil ténébreux, au regard puissant et a la justesse profonde. Bien loin d’un démon, plutôt un sage. Peut être un reste de ma fascination pour Mooglie… (et une raison supplémentaire de voyage ?)
Je ne suis pas sage donc et pourtant il ne se passe pas un jour ou je ne regrette pas de pouvoir vous donner des nouvelles, vous faire partager mes aventures. Certaines fois, ces bouteilles lancées a la mer qui naviguent dans ma tête et ne chutent jamais sur du papier me rendent malade. Ça me donne l’impression de passer a coté de quelque chose, d’être handicape. L’idée est la, le titre me vient, les phrases foisonnent et se déroulent sur un papier de sable. Il suffit d’un souffle pour venir tout effacer. Et le sable abrasif de m’irriter. C’est frustrant. Mais c’est aussi usant de parler a un sourd sans autre solution que de persévérer. Voyez l’embouteillage qui s’installe dans ma matière grise. L’orage n’est pas loin, je risque fort de prendre l’eau. Un comble lorsque je me plains de bouchons ! Ne pas vous écrire me donne plus que mauvaise conscience, dépasse la flemme et l’égoïsme : certains jours, j’ai l’impression de faire fausse route. Lorsque je n’écris pas, j’ai l’impression de ne pas m’écouter moi même. Ce n ‘est qu’un syndrome et je m’interroge : le grand écart entre le l’idée de voyage qui trotte dans ma tête et celui que je fais tous les jours est-il encore tenable ? Ah ! l’utopie de la jeunesse ! Certaines fois, je me demande même s’il n’y a pas un zeste de négation structurelle, de rejet de ce battement qui fait invariablement s’enlacer les dents du rouage du temps et avancer la vie. Je voudrais que les moulins tournent a contre-sens juste pour défier la rationalité, juste parce que l’opposition crée plus d’espace ? Le voyage pose la question de l’identité et les réponses varient au fur et a mesure que les jours s’enchaînent. La question semble aussi prendre un autre goût. De l’idée au concret, je commence a me poser la question de mes capacités qui peut a peu se mue en une introspection aux relents névrotiques tant je trouve a redire, tant je ressens une insatisfaction saper ce songe. Ne pas écrire et le signe que j’ai certainement trop divergé. C’est ne pas prendre soin de soi, ne pas se respecter, ne plus se considérer tout a fait : et il me faudrait communiquer !? Si je devais croire en dieu, je croirai en celui des mots. Peut-on, de l’intérieur, être hanté par sa propre histoire en étant le bourreau et la victime ? Et puis reviens la légèreté folle d’un projet qui ne peut s’extraire entièrement d’un rêve. Même réalisé, mon voyage reste un fantasme. Il ne peut coller a la réalité parce que je le vis intérieurement et que les distorsions fantastiques qui nourrissent mon usine a adrénaline sont un ingrédient sans lequel je ne peut compter. Voila tout, la question est juste mal posée.
Je ne suis pas sage, mais j’y travaille. La longueur de ma barbe en témoigne.
lundi, février 2 2009
Comment utiliser ce blog ?
Par Nicolas MANDIL le lundi, février 2 2009, 20:49
Le voici, le voilà, il est LA !
Bien, mais heu… ça marche comment ?
Il n’y a rien de sorcier ni de compliqué. Concernant le blog lui-même :
- Un blog ??? : Un blog est un type spécifique de site web, un espace personnel où l’on publie des billets. Visa Vie est dédié à mon périple au doux nom de tour du monde. C’est un peu le carrefour des copains, des collègues, de la famille, … pour savoir où en est mon entreprise. Les connaisseurs se douteront que Dotclear, le moteur de blog que j’utilise, est un logiciel libre ;-)
- Les commentaires : A la fin de chaque article, chacun peut laisser un commentaire qui sera visible par tous. Pour les communications privées croustillantes, il y a le mail (qu’il est possible de retrouver dans la colonne de droite dans “me contacter”).
- Les flux RSS : Sous ce nom à vous écorcher les yeux ou les oreilles, se cache en fait une petite astuce pour être
toujours à la page. Le flux RSS permet d’être prévenu de la publication d’un nouveau billet sans visiter le site, ce qui est énorme
selon l’expression Faustinniene appropriée. Du côté technique, il y a deux façons différentes de les utiliser :
- Dans un navigateur moderne, type Firefox : Pour utiliser cette solution (cumulable avec la suivante, et
inversement ;-) il vous faut cliquer sur l’icône
se trouvant à la toute fin de la barre d’adresse, et valider en créant un marques-page dynamique, que je vous conseille de créer dans
la “Barre personnelle”. En cliquant sur le nouveau dossier dynamique, vous retrouverez les article de “Visa Vie” selon leurs titres du
plus récent au plus ancien. - Dans un courrielleur, type Thunderbird :Si votre logiciel de messagerie pro permet de gérer les flux RSS,
considérez-vous comme gatés ! Dans le cas de Thunderbird, il faut ajouter un compte “Nouvelles et Blogs” à partir du menu
Fichier/Nouveau/Compte. Cliquer ensuite sur “Nouvelles et Blogs” tout en bas de l’arborescence des dossiers du panneau de gauche, pour
ajouter un abonnement. Pour entrer l’URL, il faut la copier depuis Firefox après avoir cliqué sur l’icône

se trouvant à la toute fin de la barre d’adresse. Tout ça, parce que cette solution vous
permet de “recevoir” mes billets, ceux-ci étant comptabilisés comme “non-lus” tant que vous n’avez pas fait vos devoirs… Pratique donc
pour s’organiser et être alerté d’un nouveau billet. - J’y arrive pas… : Vous pouvez m’envoyer un petit mail afin que j’améliore l’aide décrite au dessus, et consulter “à l’ancienne” le blog.
- Dans un navigateur moderne, type Firefox : Pour utiliser cette solution (cumulable avec la suivante, et
inversement ;-) il vous faut cliquer sur l’icône