Visa Vie

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vendredi, septembre 25 2009

Et la trotteuse qui s'en allait éperdument

Mon car­net manus­crit de péni­ble­ment s’arrê­ter au 4 août 2009 après une course con­tre la mon­tre oscil­lant entre le mois et 2 semai­nes de retard. Ou de fer­men­ta­tion. Je ne rat­tra­pe­rais pas, ça me coûte trop au quo­ti­dien. Je chan­ge­rai bien mon fusil d’épaule. J’ai déjà le plan de bataille et même plu­sieurs idées qui m’irri­tent les babi­nes a force de voir ma lan­gue y pas­ser. Mais l’inten­sité de ma con­di­tion de voya­geur soli­taire gri­gnote le pas­sage a la réa­lité. Des ques­tions admi­nis­tra­ti­ves me rat­tra­pent aussi dans cet océan de liberté ou je prends bien plus mon temps que ce que j’avais ima­gine. Je me retrouve con­fronte a des limi­tes qui m’obli­gent a pen­ser a mon retour. Un compte a rebours est lance dans mon dos. J’ai la désa­gréa­ble sen­sa­tion d’être une cible en sur­sis, de ne plus maî­tri­ser le cours des cho­ses. Je dois bien le faire rire cet esprit malin qui me voit tour­ner tel un fauve dans une cage. A moins que sur de l’issue, il ne soit en train de se pré­las­ser en atten­dant que la fin indé­nia­ble ne sur­vienne. Il y a de temps a autre un goût amer de fin qui s’insi­nue dans mon voyage. Je me sens bridé, pres­que rési­gné a accep­ter ce retour de force avant de faire un sur­saut et de pen­ser a tout ce que le temps qui me reste peut con­te­nir. Je n’ai pas envie de faire a moi­tie et voir mou­rir mon voyage a petit feu parce que je le fais a con­tre cœur. Je ne me sens pas oblige de voya­ger. Je pré­fé­rai réso­lu­ment l’ache­ver plu­tôt que de l’écor­ner, le sabrer. Mais je ne peut accep­ter de me rési­gner, de m’incli­ner sans aller au com­bat. Il me reste tel­le­ment de cho­ses a faire, d’espoir a faire briller, d’idées fol­les a ten­ter.
Mon car­net et mon blog pren­nent la pous­sière. Les der­niè­res lignes ne for­ment qu’un flou et mince hori­zon au loin dans cette vaste éten­due de papier vide. Les jours chauds, je croi­rai a un mirage. Dans toute l’his­toire de mon voyage au Japon, a Taï­wan et au Viet­nam, ce qui man­que, c’est l’his­toire. Je me dis tou­jours que je vais le faire, la cet aprem, après le repas et puis voila que mes plans sont cham­bou­les par une ren­con­tre, la météo, … mes com­pa­gnons tem­po­rai­res de voyage. S’arrê­ter pour écrire. Pas­ser d’acteur a obser­va­teur. Une véri­ta­ble puni­tion, une retraite, un renon­ce­ment dans ces pays ou tout grouille et ou jamais rien ne s’arrête. Ce serait nager a con­tre cou­rant dans des pays qui me mobi­li­sent pour tout, tout le temps : tra­ver­ser la rue, man­ger, évi­ter les arna­ques, évi­ter les tou­ris­tes.
Mais ce qui me man­que le plus, c’est un lieu de créa­tion, un labo­ra­toire, un incu­ba­teur. Une col­lo­ca­tion, une famille d’expat, … ouais, c’est ça qu’il me fau­drait. Parce que la société du loi­sir n’a pas encore vrai­ment atteint l’Asie que je visite. A peine l’effleure-t-elle le soir lors­que l’on joue au vol­ley ou que l’on fait une par­tie de billard fran­çais. Elle vivote, bal­bu­tie. Il n’y a pas de place ici pour ce temps. Ou peut être il n’y en a pas le goût. Ce n’est en tout cas pas socia­le­ment ancré. Cet absence d’espace et de temps, je crois, m’a con­ta­mine. Le temps de l’écri­ture est un temps lent, et je suis ici, au Viet­nam, dans une four­mi­lière (ou les pieds dans la pous­sière).
Écrire ici est un défit périlleux. Dans ce pays en déve­lop­pe­ment, au poten­tiel encore lar­ge­ment inex­ploité, le bruit est par­tout. Même dans la cul­ture. Dehors, les motos rugis­sent dans un flux con­tinu de 5h du matin a 22h. Sans répit. Les klaxons, sub­sti­tuts au code de la route, vien­nent ajou­ter des cris stri­dents a ce bruit de fond. Réfu­giez-vous a l’inté­rieur et vous ser­rez au cœur de la caisse de réso­nance d’un gigan­tes­que ins­tru­ment de musi­que. A moins que vous ne puis­siez pro­fi­ter, ou que ce soit, de l’équi­va­lent des feux de l’amour, que l’on regarde le volume a fond, cer­tai­ne­ment pour com­pen­ser la médio­crité du jeu et du scé­na­rio afin que le pou­voir dis­trayant puisse se révé­ler. Un coin calme ne le reste jamais long­temps. Les ano­ma­lies, ça ne peut per­du­rer. Si ce n’est pas la télé que l’on allume a fond a 2 m de vous, alors ce sera un curieux qui vous attra­pera la main sans le temps de vous lais­ser finir votre phrase. Que fai­tes-vous, d’ou venez-vous ? Allons boire un verre ! Ah ! non, vous n’allez pas m’offen­ser et refu­ser… Nul ne tiens compte que vous étiez peut-être occupe, con­cen­tre. Il vous faut être dis­po­ni­ble, satis­faire a cette curio­sité, cette intru­sion sans maniè­res.
Mais au delà des con­di­tions avec les­quel­les il me fau­drait com­po­ser et bien que le moral soit bon, je com­mence a res­sen­tir une usure : voya­ger seul me lasse, alors sou­vent, je pars a la recher­che de com­pa­gnons. Ma famille et mes amis aussi me man­quent, et je replonge dans mon passé. En ce moment, c’est Crevo, mon petit cha­let de mon­ta­gne savoyard, qui me revient en rêves. Les haut pla­teaux cen­traux le jour, les som­met alpins la nuit, déci­dé­ment, quel­que chose m’a piqué ! Écrire requiert de s’iso­ler et je me sens déjà assez isolé. Pré­caire aussi, dans ce monde que je mécon­nais. Il faut aller cher­cher au fond de soi, dans ses entrailles les plus pro­fon­des, les plus sen­si­bles aussi pour écrire. Il faut s’ouvrir, se révé­ler et pour arri­ver a libé­rer avec le plus d’authen­ti­cité ses émo­tions, ses sen­ti­ments. Il faut enle­ver tou­tes les pro­tec­tions, les bar­riè­res, se met­tre a vif, s’expo­ser et pren­dre le ris­que de s’écor­cher. Si j’ai du mal a écrire, c’est aussi parce que je me pro­tège dans ce milieu hos­tile. Cer­tai­ne­ment parce que je con­nais ma sen­si­bi­lité, un réflexe venu d’expé­rien­ces pas­sées. A con­tre cou­rant, en lutte, il est loin le temps de l’écri­ture sim­ple­ment libé­ra­trice. Mais je n’aban­donne pas mes mots.

mardi, septembre 22 2009

Un conseiller va prendre votre appel, merci de patienter...

De l’abus ! Oui, voila, il n’y a pas d’autre mot si je ne veux enten­dre par­ler d’infi­dé­lité, d’irres­pect. Mais, oui, je ne suis pas sage, je le recon­nais volon­tiers. Vous lais­ser comme ça le bec dans l’eau sans la moin­dre petite prose sur mon voyage…
J’entends déjà depuis de longs mois les petits démons qui crient au scan­dale dans le fond de ma boite e-mail. Les rale­ries et les atta­ques vien­nent de tou­tes parts dans ces petits mes­sa­ges de détresse lit­té­raire que je reçois. Savam­ment dis­til­lées dans un petit mes­sage d’encou­ra­ge­ment ou sous une pointe de curio­sité. Quand ce n’est pas de l’inquié­tude. Sou­vent j’y palpe une tou­che de décep­tion. J’y per­çoit même des fois cette petite botte secrète qui vient frap­per mon der­rière et qui devraient aisé­ment faire bas­cu­ler mes mains en direc­tion du cla­vier. Des mes­sa­ges empoi­son­nes, des leur­res ? Non, rien de tout cela. Tant de ruses déployées pour­tant pour qué­rir quel­ques mots, piquer une brin­dille encore rou­geoyante du feu qui a animé ma jour­née.
J’ai bien sou­ris de ces astu­ces et de toute l’ami­ca­lite dont elles pou­vaient trans­pi­rer. On ne peut pas com­man­der, cer­tes, mais qu’il est bon de deman­der ! Et dire que j’allais oublier de vous remer­cier…
Je ne suis pas sage, non. Je n’ai pas appelé ma famille depuis des lus­tres. A bien me sou­ve­nir, c’était il y a des mois. Trois exac­te­ment, au Japon. Ils n’ont eu droit qu’a ces courts mes­sa­ges qui for­ment tout juste un fil de vie. Celui qui ras­sure par son exis­tence, mais laisse tant de ques­tion sur l’objet qui est en train d’être tissé.
Je ne suis pas sage, non. Ma grand mère me dirait que si je con­ti­nue, le pata­rou des­cendu de la mon­ta­gne vien­dra me cher­cher. Mais je l’aime bien moi ce père fouet­tard qui se cache dans les mon­ta­gnes ceve­no­les. Il m’a tou­jours fas­ciné et je suis sur qu’il n’est pas si ter­ri­ble que ça. Je l’ai tou­jours ima­giné comme un loup au poil téné­breux, au regard puis­sant et a la jus­tesse pro­fonde. Bien loin d’un démon, plu­tôt un sage. Peut être un reste de ma fas­ci­na­tion pour Moo­glie… (et une rai­son sup­plé­men­taire de voyage ?)
Je ne suis pas sage donc et pour­tant il ne se passe pas un jour ou je ne regrette pas de pou­voir vous don­ner des nou­vel­les, vous faire par­ta­ger mes aven­tu­res. Cer­tai­nes fois, ces bou­teilles lan­cées a la mer qui navi­guent dans ma tête et ne chu­tent jamais sur du papier me ren­dent malade. Ça me donne l’impres­sion de pas­ser a coté de quel­que chose, d’être han­di­cape. L’idée est la, le titre me vient, les phra­ses foi­son­nent et se dérou­lent sur un papier de sable. Il suf­fit d’un souf­fle pour venir tout effa­cer. Et le sable abra­sif de m’irri­ter. C’est frus­trant. Mais c’est aussi usant de par­ler a un sourd sans autre solu­tion que de per­sé­vé­rer. Voyez l’embou­teillage qui s’ins­talle dans ma matière grise. L’orage n’est pas loin, je ris­que fort de pren­dre l’eau. Un com­ble lors­que je me plains de bou­chons ! Ne pas vous écrire me donne plus que mau­vaise cons­cience, dépasse la flemme et l’égoïsme : cer­tains jours, j’ai l’impres­sion de faire fausse route. Lors­que je n’écris pas, j’ai l’impres­sion de ne pas m’écou­ter moi même. Ce n ‘est qu’un syn­drome et je m’inter­roge : le grand écart entre le l’idée de voyage qui trotte dans ma tête et celui que je fais tous les jours est-il encore tena­ble ? Ah ! l’uto­pie de la jeu­nesse ! Cer­tai­nes fois, je me demande même s’il n’y a pas un zeste de néga­tion struc­tu­relle, de rejet de ce bat­te­ment qui fait inva­ria­ble­ment s’enla­cer les dents du rouage du temps et avan­cer la vie. Je vou­drais que les mou­lins tour­nent a con­tre-sens juste pour défier la ratio­na­lité, juste parce que l’oppo­si­tion crée plus d’espace ? Le voyage pose la ques­tion de l’iden­tité et les répon­ses varient au fur et a mesure que les jours s’enchaî­nent. La ques­tion sem­ble aussi pren­dre un autre goût. De l’idée au con­cret, je com­mence a me poser la ques­tion de mes capa­ci­tés qui peut a peu se mue en une intros­pec­tion aux relents névro­ti­ques tant je trouve a redire, tant je res­sens une insa­tis­fac­tion saper ce songe. Ne pas écrire et le signe que j’ai cer­tai­ne­ment trop divergé. C’est ne pas pren­dre soin de soi, ne pas se res­pec­ter, ne plus se con­si­dé­rer tout a fait : et il me fau­drait com­mu­ni­quer !? Si je devais croire en dieu, je croi­rai en celui des mots. Peut-on, de l’inté­rieur, être hanté par sa pro­pre his­toire en étant le bour­reau et la vic­time ? Et puis reviens la légè­reté folle d’un pro­jet qui ne peut s’extraire entiè­re­ment d’un rêve. Même réa­lisé, mon voyage reste un fan­tasme. Il ne peut col­ler a la réa­lité parce que je le vis inté­rieu­re­ment et que les dis­tor­sions fan­tas­ti­ques qui nour­ris­sent mon usine a adré­na­line sont un ingré­dient sans lequel je ne peut comp­ter. Voila tout, la ques­tion est juste mal posée.
Je ne suis pas sage, mais j’y tra­vaille. La lon­gueur de ma barbe en témoi­gne.

lundi, février 2 2009

Comment utiliser ce blog ?

Le voici, le voilà, il est LA !
Bien, mais heu… ça marche comment ?

Il n’y a rien de sorcier ni de compliqué. Concernant le blog lui-même :

  1. Un blog ??? : Un blog est un type spécifique de site web, un espace personnel où l’on publie des billets. Visa Vie est dédié à mon périple au doux nom de tour du monde. C’est un peu le carrefour des copains, des collègues, de la famille, … pour savoir où en est mon entreprise. Les connaisseurs se douteront que Dotclear, le moteur de blog que j’utilise, est un logiciel libre ;-)
  2. Les commentaires : A la fin de chaque article, chacun peut laisser un commentaire qui sera visible par tous. Pour les communications privées croustillantes, il y a le mail (qu’il est possible de retrouver dans la colonne de droite dans “me contacter”).
  3. Les flux RSS : Sous ce nom à vous écorcher les yeux ou les oreilles, se cache en fait une petite astuce pour être toujours à la page. Le flux RSS permet d’être prévenu de la publication d’un nouveau billet sans visiter le site, ce qui est énorme selon l’expression Faustinniene appropriée. Du côté technique, il y a deux façons différentes de les utiliser :
    • Dans un navigateur moderne, type Firefox : Pour utiliser cette solution (cumulable avec la suivante, et inversement ;-) il vous faut cliquer sur l’icône  se trouvant à la toute fin de la barre d’adresse, et valider en créant un marques-page dynamique, que je vous conseille de créer dans la “Barre personnelle”. En cliquant sur le nouveau dossier dynamique, vous retrouverez les article de “Visa Vie” selon leurs titres du plus récent au plus ancien.
    • Dans un courrielleur, type Thunderbird :Si votre logiciel de messagerie pro permet de gérer les flux RSS, considérez-vous comme gatés ! Dans le cas de Thunderbird, il faut ajouter un compte “Nouvelles et Blogs” à partir du menu Fichier/Nouveau/Compte. Cliquer ensuite sur “Nouvelles et Blogs” tout en bas de l’arborescence des dossiers du panneau de gauche, pour ajouter un abonnement. Pour entrer l’URL, il faut la copier depuis Firefox après avoir cliqué sur l’icône  se trouvant à la toute fin de la barre d’adresse. Tout ça, parce que cette solution vous permet de “recevoir” mes billets, ceux-ci étant comptabilisés comme “non-lus” tant que vous n’avez pas fait vos devoirs… Pratique donc pour s’organiser et être alerté d’un nouveau billet.
    • J’y arrive pas… : Vous pouvez m’envoyer un petit mail afin que j’améliore l’aide décrite au dessus, et consulter “à l’ancienne” le blog.
Ensuite, visible dans le blog mais hébergé à l’extérieur, il y a les photos et les vidéos et dans les deux cas, vous n’avez qu’à cliquer sur la miniature. Ah ! Si, il vous faudra certainement le plug in flash.

Voilà, à vos souris ;-)