Wouah ! Ça fait longtemps que je n’ai pas mis a jour mon carnet de bord… Ma vie est trop remplie !
Le lendemain matin, le mercredi 18 février 2009, jour ou mon visa russe commence, je me lève tard pour récupérer au cas ou de l’autre coté de la frontière la terre soit plus hostile. Après une séance de papotage, je voudrais bien y aller, mais Ludo et Kate sont occupés. Je commence a être un peu tendu parce que je ne voudrais pas faire du stop la nuit en Russie, qu’il est 15h30 et qu’a 17h30 il ferra nuit noire…
17h30 : j’offre a mes hôtes mon reste de monnaie estonienne en gardant de quoi échanger quelques EEK contres 100 roubles. 5 minutes plus tard la douanière estonienne épluche mon passeport. C’est plus long que prévu, mais je passe sans encombre.
Beaucoup de gens vont en sens inverse du mien. Ils rentrent du boulot m’a-t-on dit. Lors de la soirée précédente, j’ai appris que certains résidents estoniens avaient un passeport gris : suite a l’indépendance de l’Estonie, ils ne sont reconnus ni par celle-ci ni par la Russie. Ce sont des citoyens de nulle part. Je pense a la chance que j’ai avec mon passeport marron aux lettres RF
. Seule la Russie accepte de les faire travailler, ce qui explique le flux de personne en sens inverse du mien.
Je passe le pont totalement grillagé. Quelques flocons me tombent sur le bout du nez. Au poste frontière, une douanière parle anglais. Je rempli ma carte d’émigration, sorte de laisser-passer permettant de scruter mes moindres déplacements dans le pays. Dans le stress, je trouve le moyen d’oublier mes sous-gants et mon guide de conversation russe sur la table, de l’autre cote du tourniquet frontière… Très fort pour un début !
Dehors, je ne retrouve pas toutes les voitures qui faisaient la queue. Je marche jusqu’au premier croisement. Je ne me risque pas tout de suite aux phrases en russe, bien que les premières personnes que je rencontre, elle n’en soient pas du tout avares. S’il y a un truc que je comprend bien dans ce qu’il me racontent, c’est leur visage qui me dit que je suis fou de vouloir faire du stop et que je devrai prendre un bus, pour 100 roubles, soit environ 2,10 euros. Mais je suis têtu, puisque je ne me sens pas en insécurité. A la station de bus, je trouve une fille qui parle très bien anglais, Lyna : elle me confirme que je suis fou… Elle essaye de comprendre mes motivations, d’où je viens, … Comme elle tremble de froid, je la gronde et lui propose de faire les 20 pas qui nous séparent de la station de bus. Seul, je ne serais jamais rentré la : le bâtiment me parait abandonne, mort pour l’européen que je suis. Au chaud, elle écrit un petit mot dans mon carnet expliquant en russe que je veux faire du stop jusqu’à St Petersbourg. Elle m’indique la route, puis on se quitte. J’ai quelques regrets de ne pas avoir 2 ou 3 heures a lui consacrer parce qu’elle est vraiment sympa !
A la station essence suivante, tout le monde se met en branle pour m’aider. Cette générosité me touche. Le pompiste fais le tour des clients avec moi pour en trouver un qui parle anglais. Je suis dans une voiture prêt a faire 20 km pour sortir de la ville quand un camion arrive. Je flaire le bon coup : il va directement a St Petersbourg ! mais dans 15 minutes. Mon futur ex-chauffeur insiste pour attendre avec moi. Sur mon guide, je n’ai pas de ville entre la frontière et mon point d’arrivée : la Russie est bien trop vaste et l’échelle de ma carte ne le permet pas, ce qui n’est pas le plus facile pour faire du stop dans un pays ou je ne parle pas la langue et ou je découvre l’alphabet… Ce gars a la quarantaine passée me montre la région sur une carte de la station service et fini par l’acheter pour me l’offrir : ma première expérience avec un policier (en civil, puisqu’il ne bosse pas) est plutôt encourageante…
Je saute dans le camion et profite du fait que nous ne parlions aucune langue commune pour apprendre l’alphabet et les sonorités cyrilliques correspondantes. En 2 heures, c’est fait : j’arrive a lire comme un enfant de CP ;-). La situation est drôle. L’ambiance particulière : ça me re-projette dans mon enfance. Je repense à mes pitreries, mon tampon de papillon qui valait signature lorsque je ne savais pas encore écrire… Mais toutes ces rêveries sont secouées par une route faite plus de trous que de bitume. Pire qu’en Albanie : la route est un patchwork cabosse de pièces de 40 cm ! J’apprécie l’amorti du siège du camion en pensant qu’une fois de plus je loupe un superbe paysage : ce que je peux en voir correspond a mon imaginaire de la Norvège avec des sapins a perte de vue, de la neige en abondance, l’humilité présumée de l’homme qui tente tout de même d’aménager l’espace. Une sorte de négociation que la nature gagne chaque jour…
Pas de maisons dispersées sur la route cette fois, mais lorsque on arrive en ville, on en a pas l’impression. Il semble juste que c’est une grande aire de repos : tout est très espace, il y a peu d’harmonie et encore moins de mobilier urbain. Il ne faut pas non plus compter sur la signalisation et donc sur les passages piétons…
Ce 18 février 2009, a 21h35, je suis sur la bande d’arrêt d’urgence de la rocade de St Petersbourg. Un coup d’œil rapide sur le plan du chauffeur (la police arrive, mon chauffeur est contraint de repartir rapido) et je conduit avec prudence tout mon barda sur la bretelle d’autoroute. Je me rouille de trouver un trottoir : je ne la sens pas cette bretelle ! Chose faite, je croise une jeune femme de très bonne humeur qui me fait un grand sourire quand elle voit mon matos harnaché sur mon dos. Heureux de cet accueil, je lui rend son sourire et continue mon chemin, puis me retourne. Elle aussi. Je peux presque voir passer dans l’air ce mélange de complicité, de simplicité et de joie. Mais je suis dans une grande ville, il est tard, et je dois trouver ou se situe l’appart de Tatiana dont j’ai eu le contact a Narva. Je savoure l’instant et file. C’est le début de la galère…
Après quelques arrêts pour vérifier mon chemin, je comprend que la ville est vraiment gigantesque. Je devais en avoir pour 5 minutes a pied selon Tatiana, mais en 1 heure de marche a pied, je n’ai a peine fait que la moitié du trajet… et encore faut-il que ce soit le bon ! Les quartiers ou je suis, complètement a la périphérie de la ville, ne me semblent pas sécurs : je mets les bouchées doubles. Je fais un détour pour éviter une bande de gars qui a visiblement envie de cogner (après un caillassage, le chauffeur de bus n’y passe pas loin). On m’a prévenu de na pas me mêler des affaires qui ne sont pas les miennes ici : cet anti-civisme me pince le cœur, mais je tiens a ma peau !
Je redemande mon chemin a 3 jeunes gars , mais visiblement je sais mieux ou je vais qu’eux. Il est 0h30, j’en ai marre de ce calvaire dont je ne vois pas la fin ! Je suis pourtant presque arrive, mais je ne le sais pas… Je grimpe dans une caisse sur le parking d’un supermarché 24h/24h. Le gars me dépose devant l’entrée mais ni a l’interphone ni au téléphone Tatiana ne répond. Je demande a mon chauffeur s’il peut me déposer en plein centre dans l’hôtel que Vicinus (le brésilien de Tallinn) m’a conseillé. Il me demande 500 roubles pour la course, vu ma tronche d’européen. Je tente le coup de la french touch, mais rien. Je lui explique que je n’ai que 50R, pas de CB et insiste par mon silence pour qu’il ne me laisse pas la a pareille heure. Il fini par accepter et me demande de mettre mon sac dans le coffre. Je ne suis pas en totale confiance et refuse. Mon chauffeur insiste, mais gentiment. Ne voulant pas rester sur le carreau, j’applique. Il me rassure ensuite, tout en me demandant de rester méfiant comme ça a l’avenir en Russie. La traversée de la ville me familiarise avec la conduite toute en glissade contrôlée dans les rues enneigées et le sport automobile urbain façon russe. Ces bougres conduisent vraiment bien et ont surtout une capacité d’adaptation impressionnante a la qualité de la chausse. Finalement le trajet est gratos et je suis a l’hôtel a 1h du matin : MISSION ACCOMPLISHED
je suis pour mon anniversaire en Russie, a St Petersbourg, en auto-stop. Je dors heureux…
Road un p'tit pneu
jeudi, mars 5 2009
St Pertersbourg : sprint... heu, marathon final
Par Nicolas MANDIL le jeudi, mars 5 2009, 18:46
De la cafouillade a l'imprévu, il n'y a que du bon pour mon arrivée a la frontière Russe
Par Nicolas MANDIL le jeudi, mars 5 2009, 09:46
La suite du précèdent, bien que sur un blog, cela précède la suite ;-)
A Tallinn donc, nous nous levons vraiment a 8h30 et allons tenter le petit dej’ a l’estonienne propose en bas : sucré et sale sont proposés, fromage blanc aux fruits rouges, corn flakes, charcuterie, pain blanc, pain noir, fromage (genre Hollandais), sirop de fruits rouges (dans le genre a l’anglaise), thé, café, … On se fait un véritable festin ! J’envoie ensuite un petit mail a un hébergeur pas cher du tout de Moscou et décide que je partirai après le repas. Après la visite du centre ancien de cette ville aux allures de village médiéval, on va manger au Eesti Maja
, resto repéré par mes soins sur le lonely planet : il y a un buffet ;-)
Rassasies, on se dit au revoir (il est bien 17h), j’achète un ticket de tram et saute dans le n 2 jusqu’au terminus. 100 m plus loin je trouve une station essence. La première personne a qui je demande me dit que c’est ok et me dépose près de Viitna, dans un endroit désert, mais réputé selon lui pour le stop. Je n’ai que d’autre choix que de le croire… 20 secondes plus tard, je suis en train de mettre mon sac a dos dans la voiture d’un russe vivant a Narva, la ville frontière, qui fait d’ailleurs face a Novgorog en Russie.
La voiture est au top : GPS, téléphone bluetooth, néon de lumière rouge pour les CD, … et même des sièges chauffants ! Je tente de prendre un paysage routier quand mon chauffeur qui ne parle que russe s’arrête. Je me dis que j’ai fais une connerie et qu’il va me mettre a la porte… Non, il veut juste que ma photo soit réussie ! Pendant le trajet, je vois pour la deuxième fois depuis mon départ des éoliennes.
Arrives a Narva, il me fait un tour spécial pour moi pour que je prenne en photo toutes les églises illuminées, les monuments, … Puis, il entre l’adresse de l’hôtel pas cher que j’ai repéré sur le lonely planet : il est a 13 km plus au nord, au bord de la mer, a Narva Joesuu. Nous y filons, je me trouve bien chanceux ! Pourtant, impossible de le trouver ce fichu hôtel. Et puis si, mais il a fait faillite… Un petit dessin me permet de proposer a mon chauffeur de retourner a Narva, ou il habite, et de me laisser dans un bar. Je vois que mon chauffeur commence a s’échauffer : je suis tout désolé, et bien embarrassé.
De retour dans cette ville, il me laisse au premier bar, soit pas du tout celui sympa qui ne coute pas cher et disparais en un instant. Une voiture est garée juste a coté, je leur demande de me donner un coup de pouce : j’ai l’adresse de 2 bars, mais pas de plan de Narva dans le Lonely… Ils ne parlent pas anglais et vont chercher le gérant du premier bar. Lui comprend et tente de me faire payer un taxi en me pressant. Je m’en moque, je sais ou est la frontière au pire, et vu qu’il doit être environ 22h… Je fais donc la moue, la femme (de la voiture) insiste et le gérant cède : il leur donne les indications et eux me conduisent devant le premier bar de ma liste.
Le Modern bar, c’est une porte métallique rouge style cave, avec de longs escaliers abruptes, le tout dans une cité a l’architecture “Art Nouveau”. J’entre, pose mon sac dans un coin, près des toilettes. Une dame a la cinquantaine ou un peu plus me regarde, j’ai tout de suite confiance et lui demande de jeter un œil sur mon sac 1 minute. Quand je reviens, nous tentons de discuter en anglais, a propos de la taille de mon sac, de mon pays d’origine… Nous sommes tout de suite complices, et comme son anglais est assez limité, elle me propose de me conduire a un autre bar ou des amis boivent une bière. Il y aurait même un français dans le tas… J’accepte et me dit que tout ce goupille pas mal.
Arrives sur place, elle m’introduit puis repars. Je fais le tour des prénoms de cette tablée de jeunes, je leur explique comment j’ai atterri a Narva, puis l’un d’eux me dit cash que je suis invite a dormir. Comme ça ! On se connait depuis 2 minutes… Je me sens tout de suite a l’aise et fait le pitre face a ces 3 garçons et 2 filles. Je décide d’utiliser l’argent prévu pour le dodo pour leur payer un coup a boire. Je sors mon carnet et joue le serveur. On se marre bien tous ensemble. Les filles semblent intéressées. L’une d’elle me demande d’ailleurs si j’aime les filles estoniennes… Je lui explique mon point de vu sur le sujet en étant taquin. Elle me demande de lui apprendre une phrase en français. Je vois bien qu’elle est intéressée et décide d’honorer ma réputation de français… Je lui apprends une phrase qu’elle pourra réutiliser une fois que je serais parti et qui pourra servir son entreprise je vous trouve très beau
. Arrives a l’appart ou est le français, Ludo, je dois absolument m’asseoir entre elles deux. Elles me demandent si je suis timide, ce qui me fait bien rire. Mais il est temps de mettre un terme a tout ca !
Je raconte a mes convives mes aventures du départ, puis on me propose un plan dodo gratos pour St Petersbourg. Puis pour Moscou. Pour les suivant, je dois juste demander a Tatiana… En 2h de temps, tout ce que j’attends de l’imprévisible s’est produit. Mes histoires de voyageur partant a l’aventure sont un gage que mes amis prennent pour estimer ma valeur humaine : suis-je au paradis ?
Il est 2h du mat’ quand j’apprends par Kate (la copine de Ludo, le français) que les russes sont a fond dans l’élevage et le commerce de poulet et de porcs. Dans ce pays froid et neigeux, cela me semble improbable…
Mes logeurs étant dans une situation financière difficile, nous trouvons une idée juteuse pour les remettre a flot : vendre a Mcdo - qui possède un réseau formidable - une franchise de sandwich au dinosaure, ce qui nous permettra d’avoir peu de bêtes, mais une bonne quantité de viande… Notre préférence ce tourne vers le brachiosaure, dont la meilleure pièce est importante, puisque c’est son long cou. Juste de quoi en faire une centaine de parts pour faire fortune… L’Estonie est un pays créatif
puis-je lire dans les premières lignes du Lonely Planet…
samedi, février 21 2009
Quand tu vas a Rigaaaaa, ... ça te fais agiR ;-)
Par Nicolas MANDIL le samedi, février 21 2009, 17:34
Oula la, ça fait looooooooooongtemps que je n’ai pas donne de mes nouvelles ! Mais je suis bien en vie…
Il s’est passé pleins de trucs dans ma petite vie de baroudeur depuis mon dernier billet : voici de quoi rattraper le retard, mais certainement pas de quoi vous mettre totalement a jour…
Je me suis donc arrêté a Riga, sur un coup de tête, ce matin du Dimanche 15 février 2009. Je me pointe au old house hostel, ou je trouve le réceptionniste sur le bar… ça promet ! J’en profite pour filer faire un petit tour en ville, et découvrir les petites rues du centre ancien. Riga est un véritable labyrinthe : les rues sont agencées de telles manière que l’on doit toujours faire des détours, puis des détours au détours… Je tombe finalement sur un parc marquant la limite entre la vieille ville est celle de l’art nouveau. La nuit tombe très rapidement, juste a temps pour que je trouve des maisons abandonnées, aux façades d’un autre temps. Je suis un peu épuisé.
Après un gros dodo, je réponds a quelques e-mails et quitte Riga par le tram n 6. J’ai tellement bien calculé l’argent qu’il me fallait, qu’il ne me reste plus que 0,75 EEK (soit 5 centimes d’euros…). Je ne pense pas qu’un billet de tram peut être moins cher et je ne suis pas fier de frauder alors que je viens d’un pays plus riche. Vraiment pas fier. Pas de chance, je me fais contrôler au bout de 3 arrêts, du coup, je ne sais alors que parler français… Je gagne un arrêt, puis un coup de pied au cul ! Je suis encore loin de la sortie de la ville pour faire du stop. Je repense enfin aux broutilles que j’ai en poche et demande le prix d’un billet : 0,40 EEK. Je me moque bien de moi, puis remonte dans le tram suivant… bien plus détendu. La je vois en moins de 3 minutes 2 coursiers a vélo, sans avoir le temps de dégainer mon appareil photo. Baaaah, il ne fait que -6 C !
A la station essence ou le tram me dépose, je sens qu’il va n’y avoir que des locaux. Un jeune couple s’arrête sans que j’ai a tendre le pouce, mais ils vont en ville. Je rencontre un russe avec qui je commence mes leçons d’Allemand, moi qui n’en parle pas un mot. Finalement, je décide me faire prendre sur les 4 km qui me séparent du croisement d’autoroute. Mon chauffeur sort, me dépose, puis re rentre. Je marche derrière la barrière de sécurité, dans les 30 cm laisses libres. A un arrêt de bus, je retrouve un autre auto-stoppeur, pas très sympa. Lui a un panneau et tends le pouce en pleine ligne droite. Moi j’y vais a ma méthode : je vais voir les gens, leur explique en anglais même s’ils me disent ne pas le parler, puis leur demande si je peux monter dans leur voiture. Un gars accepte de me déposer a la prochaine station service. Par le fenêtre, je crie ‘good luck
a mon camarade de hitch hiking, qui tire une tête de 3 mètres de long. La station est toute petite, je décide d’aller au croisement que je vois a 100 m. La place n’est vraiment pas idéale : j’hésite toutes les 10 minutes entre la route et la “bretelle” d’accès depuis le village.
Une dame a la quarantaine me prend : on ne parle aucune langue commune. Je dessine pour la première fois dans mon carnet pour lui expliquer de m’arrêter a une station service. Raté ! Elle me dépose au croisement d’une si petite route qu’elle n’est pas déneigée. Je suis au beau milieu d’une ligne droite d’au moins 5-6 km. Parfait ! Pas moyen de marcher : d’un coté la barrière de sécurité, de l’autre, les rails… Je tends le pouce en me disant que je vais devoir planter ma tente dans la foret. 20 secondes plus tard, un camion lituanien s’arrête a l’arrache ! Je me refait un 100 m sac a dos…
Le chauffeur parle couramment le lit-allemand, langues dans laquelle nous avons de longues discussions puisque je parle maintenant couramment allemand ! Non, vraiment, on papote comme des pipelettes ! Par la fenêtre, je vois pendant une minute et pour la première fois la mer gelée. Le chauffeur me dépose a Salacgrivà, soit 15 km de la frontière Estonienne. La, je prospecte. Je pense bien trouver quelqu’un pour aller jusqu’à la frontière. Je me fais finalement embarquer par Roberto, avec qui je parle français au bout de 5 min ! En plus il va directement a Tallinn (pour une mission pour l’UE) et plein centre s’il vous plait ! Pendant la route, j’apprends que mon chauffeur est consul honoraire de Suisse en Lituanie, rien que ça ! Il n’y a pas a dire, ce genre de trucs ne peut arriver qu’en stop… Ah ! que je ne regrette pas de m’être lancé ce défit ! C’est vraiment quelqu’un qui ne se prends pas la tête. D’ailleurs, nous sommes tous les deux ok pour s’arrêter voir la mer gelée. Nous pensons d’abord nous être plantes, que c’est un lac, mais non, c’est bien elle. Pendant la suite du trajet, je questionne Roberto pour savoir comment il est devenu consul honoraire. Tout cela m’intrigue… Le poste était vacant, je me suis tout simplement proposé.
Je suis a Tallinn a 20h. Enfin, c’est ce que je crois… Je pose mes sacs a l’auberge et file pour trouver un resto. Tous me refusent en me disant que la cuisine est fermée… Je réalise alors en passant devant une église que j’ai passé un fuseau horaire : il est donc 21h30 ! Après avoir demandé conseil pour manger a cette heure tardive (dans ces pays, on mange entre 17h et 19h, 20h au pire), je fini par manger une soupe de crevettes a la crème au top ! (suivant l’expression de mon pays cévenol ;-). Le temps de bouquiner un peu et je suis raide mort.
Direction la chambre et le lit ou je retrouve Vinicius, mon colocataire brésilien : il revient de 2 mois en Russie et me donne pleins de conseils. Il est 3h du mat’ quand on se couche avec un levé prévu pour 8h30 : visite de la vieille ville a deux.
dimanche, février 15 2009
Bon, ben finalement, la Siberie c'est fait !
Par Nicolas MANDIL le dimanche, février 15 2009, 20:19
Mon périple a une suite et quelle suite !
Au menu, ma journée de dimanche, soit la suite de ma partie de stop ;-)
Je décolle de l’auberge a pile poil 11h. D’après le réceptionniste, je dois prendre le bus 173 et sortir au 11eme arrêt pour me rapprocher de la banlieue et faire du stop. Je sors en trombe du bus après en avoir compte 5… Mettons ça sur le compte de la neige, puisqu’elle ne m’a pas quittée depuis le début.
A la station essence, je monte une dream team avec un anglophone qui va en ville et un conducteur qui va dans ma direction. Il me dépose 3 km plus loin a une meilleure place, un arrêt de bus, et m’indique avec le pouce vers le bas que je peux y faire du stop. Je m’exécute en trouvant qu’on tétanise plus vite le pouce vers le bas… 30 minutes plus tard, un jeune soldat me propose de me conduire a Varsovie et me dit que pour le pouce, c’est comme en France, vers le haut ;-) Je tente d’apprendre une recette de cuisine polonaise, mais traduire les ingrédient est un peu dur, alors pour les gestes… Nous discutons de la période communiste pour en conclure que le plein emploi et les bar mleczney (sorte de resto-cantines) sont tout ce qu’il y avait de bon a cette époque. Mon chauffeur allant au boulot, il n’est pas très presse, il fait donc un détour pour me déposer sur la bonne route, dans la bonne direction.
La, je croise une femme seule qui est désolée de ne pas aller dans la même direction que moi, soit vers Bialystok. Une jeune famille me propose finalement de me poser 5 km plus loin parce que je suis juste avant un embranchement que je n’ai pas sur ma carte. Finalement, la station essence suivante est fermée… ils décident donc en polonais de faire 30 km pour me poser a la suivante ou ils tentent de me négocier un billet direct pour la Lituanie, mais en vain.
J’attrape assez rapidement une autre voiture pour Bialystok. Pas le temps de me demander mon prénom une fois a l’intérieur, que la voiture qui parle coupe la parole a mon interlocutrice : le téléphone est tout bonnement intègre a la caisse. Mes chauffeurs téléphonent comme si je n’étais pas la, du coup, je me demande s’il ne sont pas friqués au point de m’ignorer… Friqués, oui, mais super sympa, ce qui me laisse 3 heures pour réviser mon humour anglais… Je m’éclate comme un petit fou ! On est entre amis. 100 m avant un resto, ils me disent qu’il vont prendre un repas. N’ayant pas de faim invincible et de beaucoup d’argent avec moi, je propose de les attendre. Mon œil ! Ils m’offrent le repas complet ; soupe de tripes, omelette aux champignons, gâteau au fromage blanc, le tout avec un petit verre. Seule la femme parle. Je réalise alors que les hommes qui aiment faire les durs ne sont pas une légende… Ils me déposent comme prévu a une station service ou il n’y a pas un chat, sauf 2 ivrognes qui ne tardent pas a arriver.
Je me pose au croisement avec ma frontale alors qu’il est 21h30. Quand deux gars a la cinquantaine arrivent, je me dit que je vais avoir mon barjo du jour. Finalement, un part de suite et l’autre veut m’aider, mais vraiment il y tiens ! Il me fait une pancarte “LT” avec de la peinture rouge sur un morceau de bois, puis recule sa voiture au bord de la route et met ses warnings. Il me regarde d’un air complice et me dit de faire du cinéma aux camions. Il m’apporte aussi a manger et a boire. On rigole bien sans se comprendre…
Finalement, son fils et sa fille arrivent de la ville et nous papotons. Le père dit a la fille de rester seule avec moi pour faire du stop, ce qui n’est pas pour me déplaire… 5 minutes plus tard, une voiture me propose en polonais de me déposer a 30 km de la frontière, a Sumalki. L’anglais de ce couple est chaotique, mais avec beaucoup d’efforts, nous nous comprenons. Nous passons devant la porte de l’Europe puis a Sumalki a 0h30. La station essence est vide et personne ne répond aux appels passes a la cibie. Nous allons a la suivante, mais personne ne va en Lithuanie. Vu qu’il fait un froid de canard (j’aurai tendance a dire d’autruche étant donne que ça fait plusieurs canards), ils décident de faire 30 km (maintenant, vous savez quel chiffre jouer au loto ;-) pour me déposer a la frontière. Sur place, je leur offre mon reste d’argent polonais pour participer au financement de leur futur appart puis demande a des routiers s’ils peuvent me prendre. J’essuie une tripotée de “Ne, Nei, …” peux amicaux, ce qui me donne le privilège d’être bloque a une frontière ouverte…
Les -10°C de cet endroit surnomme “la petite Siberie” m’obligent a me réfugier dans la banque du poste frontière depuis lequel je cours sur la route pour tendre le pouce. En attrapant mon appareil photo, je vois mon billet de tram de Cracovie voler. Il n’y aura pas de jaloux entre Mireille et Gaël…
Après 2h de galère, je trouve un papy routier Lituanien. Il est 3h du mat. Nous ne parlons aucune langue commune, mais je fini par lui faire comprendre que je vais en direction de Kaunas et non pas a Kaunas même. Finalement, nos itinéraires sont même identiques sur un itinéraire plus long, jusqu’à Panevèzys, ce qui fait 100 km de gagnes. Je profite de l’absence de langue commune pour me faire un petit roupillon de 3h, car a 6h il me réveille en éclairant la cabine et mimant un bâillement et des étirements. La il me dit que je suis arrive a Panevèzys. Le camion est arrête sur la bande d’arrêt d’urgence et en fqce de moi, se trouve un panneau indiquant Riga sur la droite. Lui va tout droit… Il m’explique que ce n’est pas complique, il suffi qu’a pied je prenne la bretelle d’échangeur descendante et je serai sur la bonne … autoroute !
L’autoroute en question est vide, mais je vois ne aire de repos avec un grand bâtiment. Je me marre bien et file a l’aventure a la frontale : heureusement que j’ai mon code de la route ;-) La situation est tellement inattendue que je décide d’en profiter pour marcher un peu histoire de tester mon sac a dos et ses 20+9 kg actuels. Ca pourrait bien leur faire faire un régime… Vu qu’il n’y a quasiment pas un chat et que je veux être a Riga a 11h, je commence rapidement a faire du stop. 2 heures plus tard et 8 km a pied plus 2 en voiture, un chauffeur Leton s’arrête ; je tente et réussi un 100m sac a dos, départ dos a l’arrivée. Meilleur que la SNCF, il me dépose pile poil a 11h a Riga, avec les bonnes infos en prime pour aller a Tallin. En marchant dans la vielle ville, je la trouve charmante et enivrante : Tallin sera pour demain…
vendredi, février 6 2009
J0 : C'est parti ... ou pas ?
Par Nicolas MANDIL le vendredi, février 6 2009, 22:26