Nouvelle tentative de visite d’un shaman pour ce dimanche 22 mars 2009. Coup de fil de Marjo : finalement, on part aujourd’hui, samedi 21. Branle bas le combat, rdv est donne a 17h45 a la gare routiere. Je fais mon sac d’expe en me disant que c’est la bonne occaz de dormir dehors. A peine la porte de l’appart passe, Marjo m’appelle pour me dire que les autres ne viennent pas : vaille que vaille, on decide d’y aller quand meme, tous les deux, vu que tout est organise ! On a chacun 5 places dans le marchrutka qui devient en moins de 100 m un bar roulant. Et vas-y qu’on papote : 3h30.
On arrive chez Valentin, le shaman, a 21h30. Son village, Elantsy, est sur la cote est du Baikal, presque au milieu puisque a 1h du petit Baikal (golfe entre la terre et l’ile d’Olkhon). Maujolaine est ma traductrice attitree. L’apero dans le marchrutka comptait bien pour 2 repas : on est invites a prendre le troisieme… La soupe maison est vraiment tres goutue. Les gouts et les textures se succedent sur le palais. Seulement, voila, il faut la digerer ! Une nuit entiere de gargouillements intensifs pourraient vous faire croirent que nos intestins ont fait du body-building !
La sortie avec Valentin pour aller acheter du pain lui sert moins a me sonder qu’ a nous mettre face a nos difficultes de communication. Retour a la maison bredouille… Maison qui mele archaisme, tradition et modernite : vaiselle a la basine, toilettes au fond du jardin, telephone, telephone portable,… C’est un peu du grand-ecart, comme si vous metiez du charbon dans votre telephone portable pour le recharger ;-). Mais tout ca ne perturbe en rien notre representant spirituel qui, 30 minutes apres notre arrivee a chausse un jogging en remplacement de l’habit traditionnel bourriate.
On file tous dormir dans une autre barraque (etait-ce son cabinet ?) a un peu plus de minuit avec un reveil programme a 7h. Pas d’eau courante, c’est pas de douche. Pas de douche, c’est un reveil programme border line : 6h45. Mais Valentin en decide autrement : 6h15, c’est beaucoup mieux ! ;-) Au petit dej’, l’equipage s’agrandi de la femme de Valentin (une femme au coeur grand comme CA !) et d’une equipe de TV du ministere de la culture bouriate qui suit Valentin et doit faire un film sur le potentiel de developpement touristique de la region. Ca y est, on est parti ! Enfin presque, puisque le chauffeur me pique mes pompes par etourderie et puis trouve le moyen de se faire conytroler par la police alors que sa soiree a ete bien arrosee. 100 dollars plus tard et un tour en tshirt dehors pour ma pomme, les 4 roues du marchrutka sont sur la glace du Baikal. Un panneau stop, pose en plein milieu de nullepart a 100 m de la rive nous fait bien rire jusqu’a ce qu’on nous dise que c’est parce que la glace n’est pas assez epaisse par endroit. Rien qu’hier, 3 voitures sont passees a la baille. Avec Marjo et les autres, on mise tout sur Valentin. Mais moins pour ses pouvoirs magique que pour ses 20 ans d’experience.
La discussion de la soiree precedente nous fait penser que nous allons a une fete annuelle de rassemblement de shamans pour feter la fin de l’hiver. Mais non, c’est un concours de peche sur glace… L’aprem n’en est pas moins bonne. On se deplacera 3 par 3 pour se soutenir quand un de nous a les pieds qui valsent, ce qui arrive tous les 30 m ! Les nevets formes par le vent sont du pain beni.
Comme je sens bien qu’on va prendre un the un de ces 4 puisque les russes boivent des litres et des litres de the, je file aux toilettes. Elles sont un peu a l’ecart, seules sur la glace. Un petit cube de bois perdu dasn cette imensite. On pourrait croire a uen porte secrete, magique… Pour une fois que je trouve des toilettes jolies, j’en profite, je les prends en photo. Ca fait bien rire le gars a cote de moi qui me tape sur l’epaule en me disant ” Tu sais que ce sotn des toilettes !?. On rigole bien avec les quelques mots de russe que je connais… Je le retrouve 5 min plus tard avec marjo et le chef du protocole (personalite importante de la region d’Irkoutsk). Comme presenti, on boit un the ensemble. Enfin, il tente de l’echanger contre de la vodka en nous avouant qu’il n’est que 15h et qu’il est rond comme un ballon.
De retour chez Valentin, j’ai droit a ma sceance shamanique. J’en fais la demande sans etre sur que ce sois bien correct, mais il faut bien tenter. Il me fait serrer le poing et lit dans ma main, sur l’exterieur. Puis il me fait mettre la main en plateau et la regarde en rase-motte. Les mots qu’il utilise sont assez flou pour englober differentes situations et sont amplement empleints de tradition : marriage, chef, famille, commerce, … Ce qu’il me dit sur moi est vrai, mais pour plus de la moitie, je me dis que je lui ai donne nombre d’indices… Je ne saias trop que penser de la valeur, de la signification des ses propos. Un bon francais et objectif et cartesien… Ce n’est pas aujourd’hui que je balancerai plus du cote de la science ou de la croyance. J’ai par contre bien envie de confronter ses dires avec ceux d’un autre shaman… pour lever un peu plus le voile sur ce mystere.
Tout au long de la journee la discussion sur le shamanisme a ete interessante. Valentin nous raconte un conte bouriate puis nous chante une petite chanson. Petite photo de famille avant le depart : Valentin met sa main droite dans son dos pour cacher son double pouce. Tous les shamans ont quelque chose en double nous a-t-on dit. Mais dans son geste, je ne sais pas si je dois y voir de la pudeur ou de la superstition.
Le lendemain, je raconte tout ca a Lena alors qu’elle me parle de son week-end chez ses parents, le tout en se baladant sur l’Angara gelee. Elle commence a savoir que j’ai toujours chaud et fait mine de me piquer ma veste. Je lui explique qu’il ne faut jamais faire les choses a moitie et cours torse nu…
Allez savoir si c’est pour ca, mais on decide d’aller au cinema, en russe, sans sous-titres. La programmation n’est pas terrible (Lena la consulte en faisant de requettes sur son mobile. Ah! que ferraient les russes sans leur portables…) alors on se rabat sur Monstres. En achetant les billets, je constate qu’ici, meme au cinema, on est places. Pendant le sceance, heureusement que Lena me fait souvent la traduction parce que je fais un bon tas de contre-sens avec les quelques mots que j’attrape au vol. L’experience me fait bien marrer, bien que je ne pourrai vous raconter que l’histoire que j’ai vu, pas celle que j’ai entendu…