Ce n’est jamais le 21 mars, jamais exactement. Jamais pour de bon. Ce 16 avril, le printemps arrive. Il fait beau, la neige et la glace se sont retirées. Les gens sortent le soir. La ville s’anime d’une pulsation qui s’agite dans tous les sens le jour, que seule la nuit est capable de calmer, de débrouiller. Dedans comme dehors, on s’active. Des vieilleries et des produits de la consommation n’ayant pas résisté a l’hiver s’entassent devant les montées d’escalier. Le balai des camion rend a la terre son droit a respirer. Calmement, les feuilles mortes sont balayées et ensachées. Les balançoires et les tourniquets reprennent de l’activité. Les fenêtres des marchrutka s’ouvrent. Dans les rues, les balayeuses de toutes tailles ont finies leur hibernation pour que, pour le printemps encore, l’urbain ne s’efface pas sous les petits monticules de terre laissés par le vent et ne fige peu a peu la vie.
Et puis l’Histoire fait un sursaut, le ciel change d’avis. L’hiver, insidieux, reprend ses droits. Ce printemps impétueux n’était qu’une tempête. Annonciatrice. Un avertissement a l’hiver : Ton temps est passé, mon tour est venu. Je n’ai pas gagné cette fois, mais au détour d’un couché de soleil, je te vaincrai. Dans un dernier souffle, la tête baissée, tu ferra ton baluchon et passera ton chemin, résigné. Ce n’est qu’une question de temps.
Un printemps en Russie, c’est le 1er mars, soit disant…