Quand la réalité nécessite d'etre déformée pour etre contée sans mensonges
Par Nicolas MANDIL le samedi, juin 27 2009, 08:15 - Coups de Maître - Lien permanent
Après ces aventures qui m’ont un petit peu poussé dans mes retranchements, je prends le temps de faire le point, de réfléchir, le temps de l’introspection.
En feuilletant mon carnet, je me dis que ca calligraphie est un peu la marque des contraintes qui sont les miennes lorsque j’écris : large et gros lorsque je n’ai pas encore réalise la rareté de mon support ; écorché lorsque je le fais dans les transports, sur des routes plus ou moins accordées au rythme de ma plume ; de plus en plus serre lorsque je complète un blanc dans une page avec une idée qui se développe, développe … ; tout tordu ou avec des sursauts lorsque j’évite l’existant ; tout en contraste, en liés et déliés lorsque la bille de mon stylo s’enrage ; avec un peu plus de ratures lorsque je suis fatigué et, quelques fois, des astérisques qui prolifèrent a foison…
Je suis vraiment très attaché a mon carnet parce qu’il est une partie de moi, de ce voyage qui me fait. Je préfèrerais perdre ou me faire voler mon passeport, pour sur ! Que ferrai-je sans mon confident ? Ce fidèle compagnon toujours a l’écoute et qui des fois me répond en faisant émerger une idée dans ma petite tête. Écrire n’est pas pour moi un simple récit des faits, c’est un moment de complicité avec mon projet. Et lorsque l’inspiration vient, c’est un moment décisif. C’est comme développer une photo : il s’agit de révéler, de mettre en mouvement, de faire vibrer. Ça ne marche pas toujours, mais le jeu en vaut la chandelle. Comment peut-on couper une fleur sans en reveler son parfum !?
Le voyage c’est aussi celui des idées, des sentiments, des humeurs. L’écriture du voyage, comme le mouvement et l’attitude de voyage requiert la patience, ce moment ou le temps continue a défiler alors que la trotteuse de l’horloge est arrêtée. Mon carnet me sert moins a graver mes aventures dans l’histoire qu’a vivre la part cachée du voyage, de la vie, invisible au présent. Écrire c’est créer et recréer pour révéler le fantastique dans l’ordinaire. Raconter n’est pas suffisant, pas satisfaisant. Il faut défaire la réalité pour pouvoir la conter et que s’immisce en elle des poussières d’insouscience, que le temps et la raison se mettent a flotter. Il ne s’agit pas de mentir ou d’enjoliver car dans des faits défaits, des faux doivent faire défaut. C’est une question d’œil, de point de vue qui permet de redonner ses dimensions au temps et son gout a l’atmosphère. Sa distorsion a l’objectivité.
Commentaires
comme je suis content de sentir que tu t'éclates que tes "sens" sont en éveil perpétuellement et que tu prends soins de noter des bribes de cette aventure. tu nous fais partager ce qui est possible, et tu nous fais ressentir des émotions peut être tes émotions....bon voyage
pour le vol du carnet tu peux trouver quelque chose de l'ordre de photos (mais nettes cette fois!) que tu t'adresserai sur une boite mail que tu n'ouvrirai qu' a ton arrivée ou bien envoie sous double enveloppe ce cahier et recommence s'en un autre qu'a son tour plein tu renverras il serait vraiment dommage que tu perdes à jamais ce document
gros bisous
pap's
Salut mon grand.
Un régal, et en plus maintenant, j'arrive à accéder aux photos. Saisissant.
Le voyage de Nico, c'est pas le tour du monde en 80 jours, et bien heureusement. Tu nous tiens bien, gredin...
On attend, en tache de fond de nos routines, le prochain chapitre avec cette impatience qui rend les jours pleins et importants. Merci, mon grand.
Et nos tout petits déplacement (Tel Aviv aller-retour...) nous semblent bien dérisoires, mais nous poussent à tout donner, à chercher sans répit les quelque uns croisés et reconnus dont on se souvienbdra.
Merci.
Je t'embrasse bien fort, et les 3 filles aussi.
Le globule itinérant.