Visa Vie

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mardi, septembre 22 2009

Un conseiller va prendre votre appel, merci de patienter...

De l’abus ! Oui, voila, il n’y a pas d’autre mot si je ne veux enten­dre par­ler d’infi­dé­lité, d’irres­pect. Mais, oui, je ne suis pas sage, je le recon­nais volon­tiers. Vous lais­ser comme ça le bec dans l’eau sans la moin­dre petite prose sur mon voyage…
J’entends déjà depuis de longs mois les petits démons qui crient au scan­dale dans le fond de ma boite e-mail. Les rale­ries et les atta­ques vien­nent de tou­tes parts dans ces petits mes­sa­ges de détresse lit­té­raire que je reçois. Savam­ment dis­til­lées dans un petit mes­sage d’encou­ra­ge­ment ou sous une pointe de curio­sité. Quand ce n’est pas de l’inquié­tude. Sou­vent j’y palpe une tou­che de décep­tion. J’y per­çoit même des fois cette petite botte secrète qui vient frap­per mon der­rière et qui devraient aisé­ment faire bas­cu­ler mes mains en direc­tion du cla­vier. Des mes­sa­ges empoi­son­nes, des leur­res ? Non, rien de tout cela. Tant de ruses déployées pour­tant pour qué­rir quel­ques mots, piquer une brin­dille encore rou­geoyante du feu qui a animé ma jour­née.
J’ai bien sou­ris de ces astu­ces et de toute l’ami­ca­lite dont elles pou­vaient trans­pi­rer. On ne peut pas com­man­der, cer­tes, mais qu’il est bon de deman­der ! Et dire que j’allais oublier de vous remer­cier…
Je ne suis pas sage, non. Je n’ai pas appelé ma famille depuis des lus­tres. A bien me sou­ve­nir, c’était il y a des mois. Trois exac­te­ment, au Japon. Ils n’ont eu droit qu’a ces courts mes­sa­ges qui for­ment tout juste un fil de vie. Celui qui ras­sure par son exis­tence, mais laisse tant de ques­tion sur l’objet qui est en train d’être tissé.
Je ne suis pas sage, non. Ma grand mère me dirait que si je con­ti­nue, le pata­rou des­cendu de la mon­ta­gne vien­dra me cher­cher. Mais je l’aime bien moi ce père fouet­tard qui se cache dans les mon­ta­gnes ceve­no­les. Il m’a tou­jours fas­ciné et je suis sur qu’il n’est pas si ter­ri­ble que ça. Je l’ai tou­jours ima­giné comme un loup au poil téné­breux, au regard puis­sant et a la jus­tesse pro­fonde. Bien loin d’un démon, plu­tôt un sage. Peut être un reste de ma fas­ci­na­tion pour Moo­glie… (et une rai­son sup­plé­men­taire de voyage ?)
Je ne suis pas sage donc et pour­tant il ne se passe pas un jour ou je ne regrette pas de pou­voir vous don­ner des nou­vel­les, vous faire par­ta­ger mes aven­tu­res. Cer­tai­nes fois, ces bou­teilles lan­cées a la mer qui navi­guent dans ma tête et ne chu­tent jamais sur du papier me ren­dent malade. Ça me donne l’impres­sion de pas­ser a coté de quel­que chose, d’être han­di­cape. L’idée est la, le titre me vient, les phra­ses foi­son­nent et se dérou­lent sur un papier de sable. Il suf­fit d’un souf­fle pour venir tout effa­cer. Et le sable abra­sif de m’irri­ter. C’est frus­trant. Mais c’est aussi usant de par­ler a un sourd sans autre solu­tion que de per­sé­vé­rer. Voyez l’embou­teillage qui s’ins­talle dans ma matière grise. L’orage n’est pas loin, je ris­que fort de pren­dre l’eau. Un com­ble lors­que je me plains de bou­chons ! Ne pas vous écrire me donne plus que mau­vaise cons­cience, dépasse la flemme et l’égoïsme : cer­tains jours, j’ai l’impres­sion de faire fausse route. Lors­que je n’écris pas, j’ai l’impres­sion de ne pas m’écou­ter moi même. Ce n ‘est qu’un syn­drome et je m’inter­roge : le grand écart entre le l’idée de voyage qui trotte dans ma tête et celui que je fais tous les jours est-il encore tena­ble ? Ah ! l’uto­pie de la jeu­nesse ! Cer­tai­nes fois, je me demande même s’il n’y a pas un zeste de néga­tion struc­tu­relle, de rejet de ce bat­te­ment qui fait inva­ria­ble­ment s’enla­cer les dents du rouage du temps et avan­cer la vie. Je vou­drais que les mou­lins tour­nent a con­tre-sens juste pour défier la ratio­na­lité, juste parce que l’oppo­si­tion crée plus d’espace ? Le voyage pose la ques­tion de l’iden­tité et les répon­ses varient au fur et a mesure que les jours s’enchaî­nent. La ques­tion sem­ble aussi pren­dre un autre goût. De l’idée au con­cret, je com­mence a me poser la ques­tion de mes capa­ci­tés qui peut a peu se mue en une intros­pec­tion aux relents névro­ti­ques tant je trouve a redire, tant je res­sens une insa­tis­fac­tion saper ce songe. Ne pas écrire et le signe que j’ai cer­tai­ne­ment trop divergé. C’est ne pas pren­dre soin de soi, ne pas se res­pec­ter, ne plus se con­si­dé­rer tout a fait : et il me fau­drait com­mu­ni­quer !? Si je devais croire en dieu, je croi­rai en celui des mots. Peut-on, de l’inté­rieur, être hanté par sa pro­pre his­toire en étant le bour­reau et la vic­time ? Et puis reviens la légè­reté folle d’un pro­jet qui ne peut s’extraire entiè­re­ment d’un rêve. Même réa­lisé, mon voyage reste un fan­tasme. Il ne peut col­ler a la réa­lité parce que je le vis inté­rieu­re­ment et que les dis­tor­sions fan­tas­ti­ques qui nour­ris­sent mon usine a adré­na­line sont un ingré­dient sans lequel je ne peut comp­ter. Voila tout, la ques­tion est juste mal posée.
Je ne suis pas sage, mais j’y tra­vaille. La lon­gueur de ma barbe en témoi­gne.

mercredi, mai 27 2009

Jouer la montre

On ne part pas vadrouiller en pleine nature tout seul comme ca. Oh non monsieur ! Alors Lena me donne un coup de main pour aller acheter du materiel complementaire. Et cette aide n’est pas superflue ! Malheureusement pour rentrer chez moi, la demoiselle n’est pas avec moi et il commence a se faire tard. Je saute dans le marchrutka 16. Zut, il ne prend pas le pont-barrage ! Mon chez moi s’eloigne… Et puis comme a son habitude, le marchrutka change d’itineraire. Je finis par me retrouver 20 min plus tard a mon point de depart. Pas de chance au tirage, je passe au grattage. Marchrutka 45 pour la deuxieme tentative. Pas mieux ! Ah, si je pouvais avoir une carte du reseau a l’arret, ce serait bien utile… Le peu d’anglais que parlent mes voisins fait se suivre les quiproquos. Il est temps de sortir la carte taxi…
Rdv avec Masha, Katya et une de leur copine : interdiction d’arriver en retard ! J’arrive a l’heure, le premier ! (acclamations du public). Une fille arrive en me regardant avec un sourire radieu, dans un rayon de soleil. Dignie d’un film… Mais j’ai rdv et je dois etre ponctuel alors pas question de jouer avec l’imprevu. Quel dommage… Katya arrive et me presente la fille en question, Irina. Le hasard fait parfois bien les choses… Masha est par contre grave a la bourre : je l’accuse de devenir de plus en plus francaise… Les cours de russe que Lena m’a donne dans l’apres midi au cafe sont dore et deja utiles : je comprends les grands titres du menu. Alle, bientot Nico, tu pourras manger tout seul, comme un grand garcon :-p.
Coup de fil de Lena, on ne s’est pas encore assez vu aujourd’hui… Sur un coup de tete, je file la rejoindre chez elle avec l’interdiction formelle d’y dormir. Il est 22h. 6h15, reveil. A cette heure la, je suis encore largement dans le pate et il est dur de parler la langue des yeux, mais Lena ne prononce pas un seul mot sonore. Je pars avant que les colocs ne se reveillent, ca fait meilleur genre ! Je saute dans un trolleybus, le premier pourvu d’ annonces sonores indiquant le nom des arrets… C’est mon cadeau du matin.
2 heures de dodo et c’est reparti pour animer un evenement des journees de la francophonie. Avec Marjo, la directrice de l’Alliance Francaise, on prepare des jeux ou l’on case des blagues, mais en direct, ca a moins d’effets. Les participants se la jouent a la russe, c’est a dire peu communiquant au premier abord. Je rame ! Pendant 3h30… 13h30 : je saute dans un marchrutka. 13h57 en montant les escalier de l’ecole privee , je fixe avec Tanya (ma colocs pour les 2 du fond) le sujet de mon cours. 14h : je parle anglais devant une vaintaine de jeunes de 13 ans. Ils sont tout intimides et tentent de me faire croire qu’ils aiment tous la guitare, marcher et les jeux video… Moi, je m’eclate comme un petit fou : leur expliquer mes aventures, me decarcasser pour leur expliquer en anglais seulement quand ils ne comprennent pas. Tout ca met en branle mon ingeniosite. Je leur donne mon email et on se quitte. Tanya m’apprend ensuite que les enfants pensaient que je parlais courament russe puisque j’ai ecris d’une traite Автостоп au tableau pour leur traduire hitch-hiking. Ca me donne le sentiment d’etre adopte par le pays : quoi de plus cher pour un voyageur !?

vendredi, février 6 2009

J0 : C'est parti ... ou pas ?

Pour mon départ de Grenoble, je me tape un petit coup de speed levé à 7h30 (dédiasse pour Pierre) pour finir la petite paperasse que la soirée na pas permise de faire. Ce n’est pas pour autant le stress, j’avance alors… Le compte à rebours se lance : 12h00 : Je fini de taper ma fiche récapitulative de sécu. 12h02 : Je saute à la douche. 12h04 : Départ de la maison, Papa au volant. 12h21 : Je viens de louper mon train de 12h22… (dédiasse pour Soan et Annick). Pas moyen de me démonter : javais pris plus d’un train d’avance. 12h40 : Après avoir change mes billets, je tape une bise une bise au padré qui m’a accompagne. C’est parti pour l’inconnu … Dijonnais ;-) Après des fiestas dignes de leur nom (toujours dans mon entrainement vodka), ce lundi 9 février est le grand jour ! Enfin, si mon visa veut bien arriver ! Ça me vaut un petit soufflage dans le bronches de mes amis de chronopost… Le lendemain, comme il n’y a toujours rien, j’envisage de prendre des cours de zen par anticipation… quand Raphaël, le concierge, débarque dans la piaule avec le sachet plastique que j’ai certainement le plus aime de ma vie. Il est midi et nous sommes le mardi 12/02/2009. Le temps de faire passer une petite brandade de morue dans le gosier (origines nimoises obligent) et je me fait la malle direction/à la bretelle d’autoroute. Et là, je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas le temps de tendre le pouce qu’une tempête de grêlons s’abat sur moi. Trempe, avec un carton mou comme de la guimauve et un feutre qui n’a pas son brevet de nage, je me dit que moi qui voulait de l’aventure dès le début je suis servi. Au moins, c’est sur, le départ ne sera pas trop facile… Heureusement, un voiture s’arrête 5 minutes après et l’état d’humidité de mon fut me fait monter avec ce gars qui ne me propose pas d’aller bien loin et que je trouve bien vague. Dix minutes après, à 100 m du péage, la proposition se précise tellement que je fais les 100 derniers mètres le sac sur le dos… Je n’en suis qu’au début et pourtant, je me demande si je ne suis pas déjà très près de l’apogée. C’est à ce moment que Reinhard propose de me prendre jusqu’à Karlsruhe. Moi qui avait dit que si j’étais en Allemagne ce soir j’aurais tout gagné ! Le bonhomme est vraiment sympa et du coup trop pris dans nos discussions, on loupe la dernière aire d’autoroute avec le restau et le tralalala. Lui devant changer d’autoroute, je finis sur une pauvre bretelle, avec une pointe d’éclairage urbain, mais au détriment d’une chouille de place pour qu’un pot de yaourt puisse s’arrêter. On ne peut pas tout avoir… Il est 20h. Après 1h30 de galère dans le froid, Yousef me propose de me poser pas trop loin de Berlin, c’est a dire de traverser presque toute l’Allemagne d’un coup. Je n’ai toujours pas dégainé un seul mot d’anglais et ne le ferrais pas avant 2h30 du matin… C’est trop fort ! Apres un bon embouteillage avec la voiture à l’arrêt pendant 40 min, j’arrive à Chemnitz ou je trouve pas mal de camions polonais comme me l’a dit Yousef, ce qui me laisse à peine le temps de la pause pipi avant de repartir avec un jeune routier. Le lendemain matin à 8h05 je passe la frontière de la Pologne et me fait déposer juste après. Je me sens tellement en avance que je décide d’en profiter pour faire un détour et un dodo dans un lit. J’ouvre donc mon Lonely Planet et l’épluche. Dans le resto, une dame qui a l’air de se faire chier comme 5 ou 6 rats morts m’intrigue et je décide d’aller lui donner un coup de main. Cinq minutes après que je lui ai pose 3 questions sur les incontournables polonais, elle revient et me propose de me transporter jusqu’à Katowice, soit a une broutille de Cracovie. Un petit relais final plus tard, je suis déposé direct en plein cœur de la ville et file trouver la petite auberge que j’ai repéré. Je fais le point pour la suite : 1454 Km de parcourus avec une vitesse moyenne, 56 km/h. Pas mal pour un début ! Une bataille plus tard avec mon blog, il ne me reste plus qu’à manger… Demain, une petite visite et puis je file vers le nord à fond, vu que je me suis offert un détour vers le sud de la Pologne.