Il y a tant a dire, que je vous donne des bribes, des broutilles de ce qui s’est passe dans ma vie de voyageur pendant ce long moment de silence. Juste de quoi vous mettre au jus (un p’tit jaune ? :-p). Vous étiez encore avec moi en Russie…
Après la Russie, j’ai passe 2 mois a tournicoter au Japon et puis un mois a valdinguer a Taïwan avant de sauter dans un avion pour le Vietnam ou je suis depuis un peu plus d’un mois. J’ai commence par le sud et suis en train de remonter vers le nord. Je ne vois toujours pas le temps passer, mais il faut dire qu’avec toutes mes idées farfelues pour sortir des entiers battus, des aventures, il m’en arrive ! Tiens la dernière, je me suis acheté une moto, comme ça je suis bien plus indépendant, sauf des soucis mécaniques. Tellement indépendant que je suis a 2 doigts de planter la tente et d’ouvrir mes rations de survie a 9h du soir sur un chemin forestier défoncé par les pluies torrentielles des derniers jours, en pleine jungle. La suite devrait être un teck dans la jungle, mais je galère a organiser ça ici a cause du contrôle de l’armée que j’ai déjà un peu trop croisée au goût de mes parents… Vous voyez bien que je tente de m’assagir, je vous l’avais dit !
Tag - Galere
samedi, septembre 26 2009
Pour l'apéro, de quoi picorer dans 4 mois de voyage
Par Nicolas MANDIL le samedi, septembre 26 2009, 11:02 - Fast Food
mercredi, avril 29 2009
Vous parlez anglais ? ... Bienvenue aux autres !
Par Nicolas MANDIL le mercredi, avril 29 2009, 17:45 - Conte
Arrivé a Krasnoyarsk, j’ai droit au célèbre “Taxi ?” sur la place devant la gare. Qu’ils sont serviables… Je me sens libre, je respire a pleins poumons. Je suis prêt a me jetter à l’aventure dans cette ville. Je me demande quand va m’arriver ma première galère, celle qui change le cours des choses. Je l’attends, impatient. Les rues sont mon terrain de jeu où se déroule la partie de cache-cache. Un petit détour par ici, un petit détour par là, juste parce que “je le sens bien”. Juste pour appater le destin.
Me voilà dans des quartiers assez délabrés. C’est comme si j’étais dans une zone industrielle avec des immeubles de 15 étages. Un peu comme dans les films de fantaisie, lorsque l’on retourne dans la vieille ville, dans cette partie abandonnee parce que trop obsolete. Ces restes urbain d’un autre temps ou on a l’impression que la ville tiend encore debout alors qu’elle a subit une douche d’acide. Tout est corrodé et effrité. Pourtant la ville parait solide, forte. La prochaine tempete venue du ciel, le prochain souffle n’en viendront pas a bout. Les bourasques de vent repartiront bredouille.
Je me dis que c’est une bonne situation pour que quelque chose se passe. J’avance, j’avance, mais rien d’extraordinnaire ne se passe. Au centre ville, place Lenine, je passe devant la premiere manifestation russe de mon sejour. Ils sont 20, mais ils ont du courage me semble-t-il. A l’hotel sympa et pas trop cher que le Lonely Planet me conseille, il n’y a plus de place, alors je demande conseil au receptioniste. Un petit tour dans le botin pour avoir une carte de la ville plus precise et j’apprends que l’autre que j’avais reperé n’est pas ouvert. Et puis l’homme me conseille mon 3eme choix. Mais c’est loin en arriere - vers la gare - et un peu cher. Je me lance donc a la recherche de l’hotel pouilleux qui figure en bonne place sur mon guide. Je suis en plein centre et un petit coup d’oeil a ma montre me fait dire que j’en ai pour une plombe. Mais comme ma petite balade urbaine m’a donné une bonne idée du plan de circulation de la ville qui me semble simple, je decide de sauter dans le premier bus qui voudra bien de moi. Il demarre et je me questionne “Alors, raison ou pas raison de penser que tout est organisé sur les deux arteres principales ?”. Il accelere, ralenti, s’arrete et redemarre. Les portes s’ouvrent. Tout s’est passe selon mon plan. Ou plutot celui de la ville… Jusque la tout roule (si j’ose dire)… “La meme pour le prochain arret svp ;-)”. Et puis, quand la voie commence a prendre un caractere un peu trop routier et que je vois, face a moi les montagnes, je me dis que j’ai pousse la chance un peu trop loin … et qu’elle aussi. Je saute du bus avant que je ne perde autant de temps que ce qu’il m’en a fait gagné. Je retombe sur mes pates et en un brin de temps je suis la ou mon lonely me propose de dormir. Mais pas la moindre trace d’un hotel. Je consulte de nouveau ma bible et retourne vers le centre. Non loin des berges de la riviere, je trouve la cantine etudiante que j’ai repréré. Il est temps de recharger les bateries. J’avale un premier plateau et bien que ce ne soit pas fameux, un deuxieme trouve de la place sans probleme dans mon estomac. A 60 roubles le repas, je ne suis pas trop regardant sur la gastronomie ! Le ventre plein, je me sens bien plus vaillant pour aller a l’assaut d’un lieu pour dormir. Je profite d’avoir des jeunes sous la main pour demander conseil. Pour l’anglais, je repasserai. Pour l’hotel, c’est de la ou je viens… Je fais pivoter mes talons et mets mes jambes en mouvement. 5 min plus tard, le garcon me retrappe et m’explique que ca y est, il a compris, je cherche un hotel pas cher : alors, il faut que je fasse demi-tour… Ils se sont donnés le mot ou quoi ? Ou est la caméra, hein ?… Je ne sentais pas bien son premier plan, alors je m’execute. Mais j’irai a un hotel repere sur le lonely.
Si j’en crois mon plan, je suis arrivé. Si j’en crois mes yeux, je suis paumé. Heureusement pour moi, un homme de passage dans la rue comprend la mésentente que j’ai avec mon tas de papier imprimé. Un coup de fil plus tard, il me guide jusqu’a mon nieme hotel. C’est une péniche, ca devrait etre sympa ! Je rentre. Au premier mot d’anglais que je prononce, le visage de la réceptionniste se ferme et je subit une salve de mots russes. Je patiente avec un sourire. L’attaque ne cesse pas, je continue d’etre assailli. C’est quasiment le grand défoulloir. J’évite quelques mots aux lettres un peu trop saillantes. Ca se termine par “angliski nyet” et l’on me montre la porte de sortie. Radical. Un son n’a meme pas le temps de sortir de ma bouche que l’ogresse devant moi me repete “англисски нет”. Quel accueil ! Quel sens du commerce… Je n’ai pas la moindre envie de laisser un kopec ici, je me tire et me dis que décidément, trouver une piaule ici, c’est du sport ! J’hésite a y retourner et lui faire un monologue. J’ai moi aussi pas mal de choses a lui/re dire ;-) : c’est peut-etre son mode de communication ? Et puis je me dis que je ne suis meme pas sur d’en rire alors je remet mes pieds en marche… Par hasard, je retrouve l’homme qui m’a guidé jusqu’au bateau de malheur. Etonné il me demande pourquoi je ne suis pas resté a la péniche. Je lui explique et il m’embarque, quasiment en me prenant sous le bras, vers un autre hotel qui se trouve etre celui que le garcon m’avait conseillé en dessinant un plan sur mon carnet de voyage. A l’interieur, il s’occupe de tout et sa femme me traduit en anglais. Je les remercie milles fois… La gérante arrive et dans un anglais parfait me dit “Voici vos clés, il y a une piece de service a tous les etages, … et, ah oui, la douche n’est pas gratuite, vous devez payer un supplément”… Tiens ben voila, apres avoir payé et fait mon enregistrement aupres des autorites russes… Je me console en me disant que 2 personnes m’ont conseillées ce lieu et que vu mes déboires, j’ai déja un lit pour ce soir !
Le soir justement, comme il y a des jeunes a la reception, j’en profite pour leur demander de me conseiller un endroit sympa. Mais leur anglais est une catastrophe ! De l’ordre de 2 mots a la minute… Je ne lache pas pour autant le morceau parce que la galere met une bonne ambiance. Avant de sortir, et apres avoir demandé si je pouvais, je vais faire un petit tour sur internet qui se transforme en une bonne heure. La faute a Yannick ;-). Le lendemain, la gérante me dit qu’il faut que je paye pour internet, que l’acces n’est pas compris dans le prix de la chambre ! Je la fusille des yeux et me demande a quelle sauce je vais me la faire. C’est mal me connaitre que croire que l’on peut m’arnaquer si simplement. C’est mal me connaitre que de jouer a ce jeu. Vraiment. Dans une joute verbale je lui explique que le moindre des respects c’est de prevenir et que je suis sur qu’ici tout le monde connait parfaitement le mot “money”. Elle n’a pas d’excuses et, pourtant, elle m’en fait a demi-mot. 4h30 pour trouver un lit pouilleux et inconfortable dans un hotel ou si je pose un peid au sol, je ne peux effacer la trace qu’avec un petit billet. Je sors voir ce que le reste de la ville me réserve… Que va-elle m’inventer maintenant ?
jeudi, mars 5 2009
St Pertersbourg : sprint... heu, marathon final
Par Nicolas MANDIL le jeudi, mars 5 2009, 18:46 - Road un p'tit pneu
Wouah ! Ça fait longtemps que je n’ai pas mis a jour mon carnet de bord… Ma vie est trop remplie !
Le lendemain matin, le mercredi 18 février 2009, jour ou mon visa russe commence, je me lève tard pour récupérer au cas ou de l’autre coté de la frontière la terre soit plus hostile. Après une séance de papotage, je voudrais bien y aller, mais Ludo et Kate sont occupés. Je commence a être un peu tendu parce que je ne voudrais pas faire du stop la nuit en Russie, qu’il est 15h30 et qu’a 17h30 il ferra nuit noire…
17h30 : j’offre a mes hôtes mon reste de monnaie estonienne en gardant de quoi échanger quelques EEK contres 100 roubles. 5 minutes plus tard la douanière estonienne épluche mon passeport. C’est plus long que prévu, mais je passe sans encombre.
Beaucoup de gens vont en sens inverse du mien. Ils rentrent du boulot m’a-t-on dit. Lors de la soirée précédente, j’ai appris que certains résidents estoniens avaient un passeport gris : suite a l’indépendance de l’Estonie, ils ne sont reconnus ni par celle-ci ni par la Russie. Ce sont des citoyens de nulle part. Je pense a la chance que j’ai avec mon passeport marron aux lettres RF
. Seule la Russie accepte de les faire travailler, ce qui explique le flux de personne en sens inverse du mien.
Je passe le pont totalement grillagé. Quelques flocons me tombent sur le bout du nez. Au poste frontière, une douanière parle anglais. Je rempli ma carte d’émigration, sorte de laisser-passer permettant de scruter mes moindres déplacements dans le pays. Dans le stress, je trouve le moyen d’oublier mes sous-gants et mon guide de conversation russe sur la table, de l’autre cote du tourniquet frontière… Très fort pour un début !
Dehors, je ne retrouve pas toutes les voitures qui faisaient la queue. Je marche jusqu’au premier croisement. Je ne me risque pas tout de suite aux phrases en russe, bien que les premières personnes que je rencontre, elle n’en soient pas du tout avares. S’il y a un truc que je comprend bien dans ce qu’il me racontent, c’est leur visage qui me dit que je suis fou de vouloir faire du stop et que je devrai prendre un bus, pour 100 roubles, soit environ 2,10 euros. Mais je suis têtu, puisque je ne me sens pas en insécurité. A la station de bus, je trouve une fille qui parle très bien anglais, Lyna : elle me confirme que je suis fou… Elle essaye de comprendre mes motivations, d’où je viens, … Comme elle tremble de froid, je la gronde et lui propose de faire les 20 pas qui nous séparent de la station de bus. Seul, je ne serais jamais rentré la : le bâtiment me parait abandonne, mort pour l’européen que je suis. Au chaud, elle écrit un petit mot dans mon carnet expliquant en russe que je veux faire du stop jusqu’à St Petersbourg. Elle m’indique la route, puis on se quitte. J’ai quelques regrets de ne pas avoir 2 ou 3 heures a lui consacrer parce qu’elle est vraiment sympa !
A la station essence suivante, tout le monde se met en branle pour m’aider. Cette générosité me touche. Le pompiste fais le tour des clients avec moi pour en trouver un qui parle anglais. Je suis dans une voiture prêt a faire 20 km pour sortir de la ville quand un camion arrive. Je flaire le bon coup : il va directement a St Petersbourg ! mais dans 15 minutes. Mon futur ex-chauffeur insiste pour attendre avec moi. Sur mon guide, je n’ai pas de ville entre la frontière et mon point d’arrivée : la Russie est bien trop vaste et l’échelle de ma carte ne le permet pas, ce qui n’est pas le plus facile pour faire du stop dans un pays ou je ne parle pas la langue et ou je découvre l’alphabet… Ce gars a la quarantaine passée me montre la région sur une carte de la station service et fini par l’acheter pour me l’offrir : ma première expérience avec un policier (en civil, puisqu’il ne bosse pas) est plutôt encourageante…
Je saute dans le camion et profite du fait que nous ne parlions aucune langue commune pour apprendre l’alphabet et les sonorités cyrilliques correspondantes. En 2 heures, c’est fait : j’arrive a lire comme un enfant de CP ;-). La situation est drôle. L’ambiance particulière : ça me re-projette dans mon enfance. Je repense à mes pitreries, mon tampon de papillon qui valait signature lorsque je ne savais pas encore écrire… Mais toutes ces rêveries sont secouées par une route faite plus de trous que de bitume. Pire qu’en Albanie : la route est un patchwork cabosse de pièces de 40 cm ! J’apprécie l’amorti du siège du camion en pensant qu’une fois de plus je loupe un superbe paysage : ce que je peux en voir correspond a mon imaginaire de la Norvège avec des sapins a perte de vue, de la neige en abondance, l’humilité présumée de l’homme qui tente tout de même d’aménager l’espace. Une sorte de négociation que la nature gagne chaque jour…
Pas de maisons dispersées sur la route cette fois, mais lorsque on arrive en ville, on en a pas l’impression. Il semble juste que c’est une grande aire de repos : tout est très espace, il y a peu d’harmonie et encore moins de mobilier urbain. Il ne faut pas non plus compter sur la signalisation et donc sur les passages piétons…
Ce 18 février 2009, a 21h35, je suis sur la bande d’arrêt d’urgence de la rocade de St Petersbourg. Un coup d’œil rapide sur le plan du chauffeur (la police arrive, mon chauffeur est contraint de repartir rapido) et je conduit avec prudence tout mon barda sur la bretelle d’autoroute. Je me rouille de trouver un trottoir : je ne la sens pas cette bretelle ! Chose faite, je croise une jeune femme de très bonne humeur qui me fait un grand sourire quand elle voit mon matos harnaché sur mon dos. Heureux de cet accueil, je lui rend son sourire et continue mon chemin, puis me retourne. Elle aussi. Je peux presque voir passer dans l’air ce mélange de complicité, de simplicité et de joie. Mais je suis dans une grande ville, il est tard, et je dois trouver ou se situe l’appart de Tatiana dont j’ai eu le contact a Narva. Je savoure l’instant et file. C’est le début de la galère…
Après quelques arrêts pour vérifier mon chemin, je comprend que la ville est vraiment gigantesque. Je devais en avoir pour 5 minutes a pied selon Tatiana, mais en 1 heure de marche a pied, je n’ai a peine fait que la moitié du trajet… et encore faut-il que ce soit le bon ! Les quartiers ou je suis, complètement a la périphérie de la ville, ne me semblent pas sécurs : je mets les bouchées doubles. Je fais un détour pour éviter une bande de gars qui a visiblement envie de cogner (après un caillassage, le chauffeur de bus n’y passe pas loin). On m’a prévenu de na pas me mêler des affaires qui ne sont pas les miennes ici : cet anti-civisme me pince le cœur, mais je tiens a ma peau !
Je redemande mon chemin a 3 jeunes gars , mais visiblement je sais mieux ou je vais qu’eux. Il est 0h30, j’en ai marre de ce calvaire dont je ne vois pas la fin ! Je suis pourtant presque arrive, mais je ne le sais pas… Je grimpe dans une caisse sur le parking d’un supermarché 24h/24h. Le gars me dépose devant l’entrée mais ni a l’interphone ni au téléphone Tatiana ne répond. Je demande a mon chauffeur s’il peut me déposer en plein centre dans l’hôtel que Vicinus (le brésilien de Tallinn) m’a conseillé. Il me demande 500 roubles pour la course, vu ma tronche d’européen. Je tente le coup de la french touch, mais rien. Je lui explique que je n’ai que 50R, pas de CB et insiste par mon silence pour qu’il ne me laisse pas la a pareille heure. Il fini par accepter et me demande de mettre mon sac dans le coffre. Je ne suis pas en totale confiance et refuse. Mon chauffeur insiste, mais gentiment. Ne voulant pas rester sur le carreau, j’applique. Il me rassure ensuite, tout en me demandant de rester méfiant comme ça a l’avenir en Russie. La traversée de la ville me familiarise avec la conduite toute en glissade contrôlée dans les rues enneigées et le sport automobile urbain façon russe. Ces bougres conduisent vraiment bien et ont surtout une capacité d’adaptation impressionnante a la qualité de la chausse. Finalement le trajet est gratos et je suis a l’hôtel a 1h du matin : MISSION ACCOMPLISHED
je suis pour mon anniversaire en Russie, a St Petersbourg, en auto-stop. Je dors heureux…