Visa Vie

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mardi, juillet 7 2009

Deplumé pour voler quelques pensées ou comment recreer la schizophrénie

Du regard et de la perception : Vladivostok par les yeux de Jenya, rencontrée par hasard dans la rue pour mon premier matin au bout du bout de la Russie.

Dans le bus pour l’aéroport, tu m’as dis être curieux de ce que pouvait être la même période de ton voyage vue par une de tes rencontres. Tu m’as demandé ce que ces gens avec qui tu fais connaissance ressentent au moment de ce dire au revoir, ce que cette expérience pouvait changer dans leur vie. Toi, tu voyages, tu es dans l’extraordinaire. Tu y est préparé, tu le cherche. Eux, sont dans l’ordinaire, le quotidien. Tu les bouscule, tu fais irruption dans leur vie tel un ouragan et pars ensuite en toute hâte vers d’autres pays.
Nous ressentons, je pense, la même chose que toi et tous les autres gens, qui se séparent d’une personne devenue partie leurs vies, leurs sentiments, leurs pensées, leur esprit.

Il est une autre question de savoir pourquoi toi, tu es apparu dans leur vie …
Tu connais la vie – une chose très intéressante qui parfois fait des surprises au destin. Le destin n’est pas un ennemi, une fatalité, mais notre ami. Cela dépend de si nous savons entendre, écouter et reconnaître ses signes. Et après tout, il nous les donne en grande quantité. Tu étais le signe que le destin avait décidé de m’envoyer. Cette rencontre m’était nécessaire.
À cette époque-là j’étais tourmentée par une question et cela durait depuis assez longtemps… Globalement, l’année passée a été critique dans ma vie. Comme si quelqu’un ou quelque chose me dirigeait dans une autre voie, sans me permettre d’aller (vivre) comme je l’envisageais.

Parfois il me semble que le destin est déjà décidé, que nous vivons non parce que nous avons voulu ainsi ou décidé ainsi, mais parce que tout est déjà prévu et décidé pour nous par une force inconnue…
Les événements de cette année m’ont rappelé ma fantaisie d’enfant, mais ils m’ont aussi indiqué le chemin a suivre pour garder cette direction. En analysant les événements passés, j’arrive à la conclusion que tout est organisé de manière a ce que mon rêve se réalise. Je n’ai pourtant fais aucun effort pour que ce soit ainsi puisque je ne le trouvais pas nécessaire. À cette époque-là j’étais à la croisée des chemins.
Mais, par une journée ensoleillée je suis allée avec une amie acheter des billets pour le spectacle du collectif de danse «Каури» (À propos, ils utilisent la musique du compositeur français Rene Obri – la très bonne musique, tu aimeras) accompagné du batteur Marko Minnemanna. Ayant acheté les billets, nous avons décidé de casser la croûte dans la rue. Et soudain j’ai vu une personne avec un grand sac à dos sur les épaules.
D’habitude, je ne parle jamais aux étrangers en raison de ma connaissance de l’anglais, mais cette fois quelque chose m’a obligé à me mettre à lui parler. Je lui ai demandé : «Куда собрались?» («Où vas-tu avec un si gros sac ?»)…
Tout est allé vite, les éléments se sont mis à tourner … les événements de ces deux semaines couraient à une vitesse folle. Il fallait avoir le temps, avoir le temps de se rencontrer avec tous les amis et avoir le temps de faire connaissance, parler de ceci et de cela … tout ca s’est passé en un coup de vent, en un instant.
Cette rencontre m’était nécessaire. Dans ma vie il y a une régularité, un invariant … c’est l’aide qui m’est envoyée. Quand je me trouve dans une situation trop embrouillée, comme dans un labyrinthe, où je ne peux aucunement trouver la sortie, il y a une personne, une relation avec qui je trouve la réponse à la question qui me déchire depuis longtemps.
Une telle personne, la première a été Janas. Il est apparu dans ma vie et a disparu brusquement. Si brusquement qu’il m’a laissé les souvenirs vifs. Il est apparu au moment nécessaire, a un moment critique de ma vie. Et je lui suis reconnaissante de cela. La deuxième personne c’est Nico. Il m’a semble que ces jours-là nous étions inséparables, tellement nos énergies s’étaient entrelacées.
L’homme est une créature libre. Mais les gens eux-mêmes se coincent dans les cadres qu’ils ont créés eux-même. Dans la vie il y a peu de gens qui les savent casser. Et je suis très contente de connaitre l’un d’eux.
Tu m’as rappelé qu’il faut vivre avec les sentiments, les désirs, et non les obligations. Je commençais déjà à oublier… Tu me disais constamment que j’étais folle, que je me comportais comme un enfant. Mais c’était la liberté, la liberté véritable, parce que seulement les enfants sont libres à la vie – ils sont naturels et directs. De nos jours, les adultes trouvent «qu’être comme un enfant» est mauvais, que ce n’est pas souhaitable. Ils ont tort. Simplement ils craignent d’être heureux et c’est pour cela qu’ils cachent l’enfant qui est en eux au plus profond, de crainte que quelqu’un les vois … d’etre soudainement ridiculisé… de quelle honte seront-ils habilles ?
Ces jours-là j’étais heureuse, parce que j’étais comme un enfant.

Ce que j’ai ressenti quand on s’est dit au revoir ? Quelle impression les gens peuvent donner d’eux même a une autre ?… Ainsi il faut remplir le vide créé par le départ avec l’énergie de cette personne. Ce vide qui serait fait de bonheur, de joie, de haine, de bonté, d’offense, de tendresse, d’espoir, de chagrin, d’affection, d’euphorie, d’amour. La vie est un jeu, et parfois nous devons jouer selon ses règles.

Certainement trouveras-tu cette lettre très étrange. Peut-etre ne la lira-tu jamais. Mais si tu lis, je ne sais pas si tu comprendras, tant elle est empreint pas «d’Esprit Russe». Je ne sais pas quelle sera ta réponse et s’il l’y en aura une.

Le temps de notre rencontre passera et semblera être un rêve. Je m’étonnerai en regardant les photos de me poser la question «qui est cette personne avec les yeux lumineux et le sourire radieux qui est assis à côté de moi … ?»

lundi, juillet 6 2009

Morse-ure

Vladivostok, le 12 mai 2009

Aller bien n’est qu’une vaste plaisanterie. Non, il m’est impossible d’aller bien. J’ai résisté, résisté, … puis dégringolé jusqu’à m’oublier. Ou presque. Je n’ai pas vraiment réalisé ce qui se passait une fois sur le quai. Il me fallait partir, je suis parti. Ce n’était plus que des faits, un enchainement de secondes. Un court instant, les deux pieds sur la petite passerelle métallique de la porte du train, j’ai réalisé et me suis effondré. Et puis la vie a repris son cours parce qu’elle le devait. Mais petit a petit, insidieusement, la tristesse grandissait. Je me suis recroquevillé, je ne voulais plus vraiment parler. Mes compagnons de wagon m’ont cru timide, mais j’étais seulement perdu. Ou en train de me perdre… La provodnitsa a été plus que gentille, elle m’a chérie et grondé comme un enfant. Mes voisins, obèses, eux m’ont écrasés et étouffé. Je crois que j’aurais voulu crier, en faire des rondelles ou de la chair a pâté. J’ai passé la tête par la fenêtre cassée, a l’entrée du wagon. L’air frais me fouettait, j’accusais le vent de me faire pleurer. Mon inconscient déraillait alors que ma tête et mon corps se laissaient bercer par le rythme du train, envoutés.
Je suis arrivé a Kabarovsk, une très belle ville. Toute ondulée, jeune, vivante, sportive, vibrante. Joyeuse aussi, mais l’argent aide a faire le bonheur dit-on… Cette audacieuse est venue a moi pour me distraire de ce mal que j’avais déjà oublié. Hector, mon fidèle compagnon a bretelles, dans cette entreprise m’a certainement aidé, mais les gens la-bas ont pour sur des règles de société bien changées. L’eau de ce bain russe est bien différente. Je n’ai fais qu’errer dans la ville et les gens, avec mon gros sac a dos, sont venu me pêcher.
J’ai sauté dans mon 2eme train a la nuit tombée. Un wagon tout remplit d’étudiants : une rencontre a fêter… Trop de bêtises racontées et puis une discussion jusqu’au bout de la nuit avec Valéria, elle aussi, comme Lena, jeune prof. D’histoire de l’art, pas de français. A 4h du mat ma petite troupe m’abandonne. Je vais me coucher. Je me réveille le matin avec la force d’un sentiment colérique. De nouveau je ne veux plus parler. Je voudrais pouvoir crier et taper des pieds.
J’arrive nu et invisible a Vladivostok. Avec mes yeux, je l’imagine a feu et a sang. Un instant. Et puis je m’efforce de faire une brèche dans mon humeur, pour que la lumière puisse entrer. Je me sens un peu mieux, mais pas vraiment réchauffé. J’abandonne mon coeur et commande a ma tête de me guider : je serais joyeux et content, c’est décidé !
Ça ne dure qu’un temps parce que je suis tout chamboulé. Une nuit, de ce mensonge, vient tout effacer. Doucement, je glisse. De jour en jour… Mais c’est avec un filet de sécurité, tendu par mes rencontres, mes amis, dans cette ville que la mer vient affronter.
A Vladivostok, je me sens fébrile. Je n’ai plus envie de parler. Je suis toujours curieux, mais c’est une curiosité vide. Je ressent de la nostalgie, une certaine amertume. Je sens en moi des tensions intérieures qui m’empêchent d’être apaisé. Elles me tiraillent silencieusement. Moi qui suis gourmand, je n’ai plus d’appétit. Mon âme de voyageur voudrait s’accrocher a des rêves qui ne viennent pas. Mon espoir est voilé. Pourtant, je reste joyeux, j’ai de l’entrain pour faire le con. Entre ces deux humeurs, dans ce contraste, c’est souvent la musique qui fait tampon. Je crois bien ressentir de la mélancolie. C’est un peu comme le miel que l’on avale avec un gros mal de gorge. C’est lent et puissant. Visqueux et entièrement présent. Mais ca n’assomme pas, c’est legé. Voyons voir… comme si vous remettiez une partie du contrôle de vous même au grès du vent.
Ce n’est pas une douleur, c’est un autre état du conscient. Une altération des capteurs de sentiments. Le monde se distend et vous finissez par laisser porter votre esprit par des choses simples et douces. Les formes ondulées des gâteaux vous réjouissent.
Ce n’est pas de la tristesse, c’est une vision terne du monde. Comme si je ne parvenais plus a en capter la moindre onde positive, tout en les voyant défiler sous mes yeux. Impossible de faire pousser en moi cette plénitude. Je me sens vide de tout amour. Celui-la même qui me permet d’apprécier les cadeaux du présent. Je n’aime plus, je suis comme amputé. Il m’est même impossible d’être réceptif au bonheur des autres. Je ne suis qu’un miroir qui sans lumière ne brille pas. Le bonheur s’évapore avant de me toucher, mais c’est plus un rejet qu’une insensibilité, comme si mon moi profond ne trouvait plus d’énergie dans ce bonheur reçu et le rejetait, comme un simple déchet. C’est ainsi que la mélancolie me fait tomber dans la monotonie. Sans gout, sans variation, je trouve la vie bien morose. Tant de changement, tant incompréhension que je me sens oppressé. Une foudre s’abat sur moi. Je ne suis pas mort, non, c’est juste qu’elle me tient en tension, en lévitation. Mais d’où vient-elle ? Heureusement, les mots viennent a ma rescousse et je commence a comprendre que je me sens déraciné, arraché. Mais de quoi au juste ? Qu’est-ce qui est si fort pour autant me perturber ?

Depuis hier, avec un message de Lena et celui d’une ami qui m’a compris, je recommence a vivre, a m’autoriser. Je vais mieux, et c’est déjà une victoire ! En forme de mirage, ou pour l’éternité ?… Je suis fort, mais pas invincible, je le sais. De tristesse, moi aussi je peux chavirer. Mais pour l’instant, tel un insubmersible, dans la tempête je me suis retourné. Je n’ai pas contacté Sasha, le copain de Kostya (mon coloc d’Irkoutsk), j’avais besoin d’être libre pour tout ce mal évacuer.
La vie est dure, mais rien ne vaut la vie. Que ce soit avec son gout amer ou au chant des sirènes, la tête face au vent, j’avancerai.

Une fois la houle calmée, il sera temps de faire le point, le tri. Le futur est trop incertain pour se laisser emprisonner. Laisser passer un peu de temps et puis taper dans ce mur que l’on construit au jour le jour et qui nous sert a capitaliser des briques de vie, pour n’en garder que les bonnes briques et en reconstruire un, plus petit certes, mais plus solide. Laisser la vie se sédimenter. Suivre son intuition et apprendre du passé. Redécouvrir la magie des mots, leur pouvoir, leur envoutement et voir déjà leurs effets, comme des reflets dans son courrier. Prendre ce qu’il y a de bon, de bien et tracer son chemin. Le faire pour soi, pour un autre, partager. Ca me rend heureux, simplement heureux. Je vie pour ces moments la, c’est pourquoi je passe et je disparais…

dimanche, juillet 5 2009

Caprice, dispute ou toussotement ?

Ce n’est jamais le 21 mars, jamais exactement. Jamais pour de bon. Ce 16 avril, le printemps arrive. Il fait beau, la neige et la glace se sont retirées. Les gens sortent le soir. La ville s’anime d’une pulsation qui s’agite dans tous les sens le jour, que seule la nuit est capable de calmer, de débrouiller. Dedans comme dehors, on s’active. Des vieilleries et des produits de la consommation n’ayant pas résisté a l’hiver s’entassent devant les montées d’escalier. Le balai des camion rend a la terre son droit a respirer. Calmement, les feuilles mortes sont balayées et ensachées. Les balançoires et les tourniquets reprennent de l’activité. Les fenêtres des marchrutka s’ouvrent. Dans les rues, les balayeuses de toutes tailles ont finies leur hibernation pour que, pour le printemps encore, l’urbain ne s’efface pas sous les petits monticules de terre laissés par le vent et ne fige peu a peu la vie.
Et puis l’Histoire fait un sursaut, le ciel change d’avis. L’hiver, insidieux, reprend ses droits. Ce printemps impétueux n’était qu’une tempête. Annonciatrice. Un avertissement a l’hiver : Ton temps est passé, mon tour est venu. Je n’ai pas gagné cette fois, mais au détour d’un couché de soleil, je te vaincrai. Dans un dernier souffle, la tête baissée, tu ferra ton baluchon et passera ton chemin, résigné. Ce n’est qu’une question de temps.
Un printemps en Russie, c’est le 1er mars, soit disant…

mardi, juin 9 2009

Retour dans le monde de l'argent et de l'eau thermale : tic-tac, tic-tac, tique-paf

Le demi-tour d’hier m’a fait raccourcir mon escapade d’un jour, celui que j’aurais du passer en haut d’un sommet… Me voila donc pour mon dernier jour de marche solitaire. Enfin, de moins en moins…
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lundi, juin 8 2009

Quand la douleur s'installe et que le mode secours est enclanche, le soleil brille toujours

Deuxieme course contre le soleil, dans le lit d’une riviere avant de planter le camp apres 12h de marche : heureux !
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dimanche, juin 7 2009

Chemin par bribes pour une partie de cache-cache

Course contre le soleil, premiere du nom pour ce deuxieme jour d’autonomie complete.
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samedi, juin 6 2009

Au milieu des geants, la chance ne se convoque pas

Parti pour l’expedition…
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vendredi, juin 5 2009

De Nicolas a Nicolas, transmettre le gout du voyage, plutot que celui du tourisme

Quand des voyageurs se rencontrent.
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jeudi, juin 4 2009

De la Lune a la jungle urbaine

Je viens de publier le billet Vous Ser-ge ? du 15/05/2009 qui ne l’avait pas ete suite a une erreur technique de ma part… Voici le lien

Les voix commencent a s’elever. Je les entends de plus en plus distinctement. Nico, tu as trop de retard sur ton blog, saute donc des etapes et raconte nous ta vie actuelle, au Japon. Mais je suis une tete de mule… Ou plutot, il y a vraiment des moments que je voudrais partager avec vous. Alors changement de strategie et bien venue au coeur de mon carnet de voyage… En esperant que vos arriviez a decripter ;-) Voici tout de meme quelques qbreviations que j’utilise regulierement : ms pour mais, c/ pour contre, un c surmonte d’un trait pour comme et c? pour comment. Alle, pour le reste, a vous de deviner…
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vendredi, mai 29 2009

Un bain de tradition entre shamanisme et cinema

Nouvelle tentative de visite d’un shaman pour ce dimanche 22 mars 2009. Coup de fil de Marjo : finalement, on part aujourd’hui, samedi 21. Branle bas le combat, rdv est donne a 17h45 a la gare routiere. Je fais mon sac d’expe en me disant que c’est la bonne occaz de dormir dehors. A peine la porte de l’appart passe, Marjo m’appelle pour me dire que les autres ne viennent pas : vaille que vaille, on decide d’y aller quand meme, tous les deux, vu que tout est organise ! On a chacun 5 places dans le marchrutka qui devient en moins de 100 m un bar roulant. Et vas-y qu’on papote : 3h30.
On arrive chez Valentin, le shaman, a 21h30. Son village, Elantsy, est sur la cote est du Baikal, presque au milieu puisque a 1h du petit Baikal (golfe entre la terre et l’ile d’Olkhon). Maujolaine est ma traductrice attitree. L’apero dans le marchrutka comptait bien pour 2 repas : on est invites a prendre le troisieme… La soupe maison est vraiment tres goutue. Les gouts et les textures se succedent sur le palais. Seulement, voila, il faut la digerer ! Une nuit entiere de gargouillements intensifs pourraient vous faire croirent que nos intestins ont fait du body-building !
La sortie avec Valentin pour aller acheter du pain lui sert moins a me sonder qu’ a nous mettre face a nos difficultes de communication. Retour a la maison bredouille… Maison qui mele archaisme, tradition et modernite : vaiselle a la basine, toilettes au fond du jardin, telephone, telephone portable,… C’est un peu du grand-ecart, comme si vous metiez du charbon dans votre telephone portable pour le recharger ;-). Mais tout ca ne perturbe en rien notre representant spirituel qui, 30 minutes apres notre arrivee a chausse un jogging en remplacement de l’habit traditionnel bourriate.
On file tous dormir dans une autre barraque (etait-ce son cabinet ?) a un peu plus de minuit avec un reveil programme a 7h. Pas d’eau courante, c’est pas de douche. Pas de douche, c’est un reveil programme border line : 6h45. Mais Valentin en decide autrement : 6h15, c’est beaucoup mieux ! ;-) Au petit dej’, l’equipage s’agrandi de la femme de Valentin (une femme au coeur grand comme CA !) et d’une equipe de TV du ministere de la culture bouriate qui suit Valentin et doit faire un film sur le potentiel de developpement touristique de la region. Ca y est, on est parti ! Enfin presque, puisque le chauffeur me pique mes pompes par etourderie et puis trouve le moyen de se faire conytroler par la police alors que sa soiree a ete bien arrosee. 100 dollars plus tard et un tour en tshirt dehors pour ma pomme, les 4 roues du marchrutka sont sur la glace du Baikal. Un panneau stop, pose en plein milieu de nullepart a 100 m de la rive nous fait bien rire jusqu’a ce qu’on nous dise que c’est parce que la glace n’est pas assez epaisse par endroit. Rien qu’hier, 3 voitures sont passees a la baille. Avec Marjo et les autres, on mise tout sur Valentin. Mais moins pour ses pouvoirs magique que pour ses 20 ans d’experience.
La discussion de la soiree precedente nous fait penser que nous allons a une fete annuelle de rassemblement de shamans pour feter la fin de l’hiver. Mais non, c’est un concours de peche sur glace… L’aprem n’en est pas moins bonne. On se deplacera 3 par 3 pour se soutenir quand un de nous a les pieds qui valsent, ce qui arrive tous les 30 m ! Les nevets formes par le vent sont du pain beni.
Comme je sens bien qu’on va prendre un the un de ces 4 puisque les russes boivent des litres et des litres de the, je file aux toilettes. Elles sont un peu a l’ecart, seules sur la glace. Un petit cube de bois perdu dasn cette imensite. On pourrait croire a uen porte secrete, magique… Pour une fois que je trouve des toilettes jolies, j’en profite, je les prends en photo. Ca fait bien rire le gars a cote de moi qui me tape sur l’epaule en me disant ” Tu sais que ce sotn des toilettes !?. On rigole bien avec les quelques mots de russe que je connais… Je le retrouve 5 min plus tard avec marjo et le chef du protocole (personalite importante de la region d’Irkoutsk). Comme presenti, on boit un the ensemble. Enfin, il tente de l’echanger contre de la vodka en nous avouant qu’il n’est que 15h et qu’il est rond comme un ballon.
De retour chez Valentin, j’ai droit a ma sceance shamanique. J’en fais la demande sans etre sur que ce sois bien correct, mais il faut bien tenter. Il me fait serrer le poing et lit dans ma main, sur l’exterieur. Puis il me fait mettre la main en plateau et la regarde en rase-motte. Les mots qu’il utilise sont assez flou pour englober differentes situations et sont amplement empleints de tradition : marriage, chef, famille, commerce, … Ce qu’il me dit sur moi est vrai, mais pour plus de la moitie, je me dis que je lui ai donne nombre d’indices… Je ne saias trop que penser de la valeur, de la signification des ses propos. Un bon francais et objectif et cartesien… Ce n’est pas aujourd’hui que je balancerai plus du cote de la science ou de la croyance. J’ai par contre bien envie de confronter ses dires avec ceux d’un autre shaman… pour lever un peu plus le voile sur ce mystere.
Tout au long de la journee la discussion sur le shamanisme a ete interessante. Valentin nous raconte un conte bouriate puis nous chante une petite chanson. Petite photo de famille avant le depart : Valentin met sa main droite dans son dos pour cacher son double pouce. Tous les shamans ont quelque chose en double nous a-t-on dit. Mais dans son geste, je ne sais pas si je dois y voir de la pudeur ou de la superstition.
Le lendemain, je raconte tout ca a Lena alors qu’elle me parle de son week-end chez ses parents, le tout en se baladant sur l’Angara gelee. Elle commence a savoir que j’ai toujours chaud et fait mine de me piquer ma veste. Je lui explique qu’il ne faut jamais faire les choses a moitie et cours torse nu…
Allez savoir si c’est pour ca, mais on decide d’aller au cinema, en russe, sans sous-titres. La programmation n’est pas terrible (Lena la consulte en faisant de requettes sur son mobile. Ah! que ferraient les russes sans leur portables…) alors on se rabat sur Monstres. En achetant les billets, je constate qu’ici, meme au cinema, on est places. Pendant le sceance, heureusement que Lena me fait souvent la traduction parce que je fais un bon tas de contre-sens avec les quelques mots que j’attrape au vol. L’experience me fait bien marrer, bien que je ne pourrai vous raconter que l’histoire que j’ai vu, pas celle que j’ai entendu…

mercredi, mai 27 2009

Jouer la montre

On ne part pas vadrouiller en pleine nature tout seul comme ca. Oh non monsieur ! Alors Lena me donne un coup de main pour aller acheter du materiel complementaire. Et cette aide n’est pas superflue ! Malheureusement pour rentrer chez moi, la demoiselle n’est pas avec moi et il commence a se faire tard. Je saute dans le marchrutka 16. Zut, il ne prend pas le pont-barrage ! Mon chez moi s’eloigne… Et puis comme a son habitude, le marchrutka change d’itineraire. Je finis par me retrouver 20 min plus tard a mon point de depart. Pas de chance au tirage, je passe au grattage. Marchrutka 45 pour la deuxieme tentative. Pas mieux ! Ah, si je pouvais avoir une carte du reseau a l’arret, ce serait bien utile… Le peu d’anglais que parlent mes voisins fait se suivre les quiproquos. Il est temps de sortir la carte taxi…
Rdv avec Masha, Katya et une de leur copine : interdiction d’arriver en retard ! J’arrive a l’heure, le premier ! (acclamations du public). Une fille arrive en me regardant avec un sourire radieu, dans un rayon de soleil. Dignie d’un film… Mais j’ai rdv et je dois etre ponctuel alors pas question de jouer avec l’imprevu. Quel dommage… Katya arrive et me presente la fille en question, Irina. Le hasard fait parfois bien les choses… Masha est par contre grave a la bourre : je l’accuse de devenir de plus en plus francaise… Les cours de russe que Lena m’a donne dans l’apres midi au cafe sont dore et deja utiles : je comprends les grands titres du menu. Alle, bientot Nico, tu pourras manger tout seul, comme un grand garcon :-p.
Coup de fil de Lena, on ne s’est pas encore assez vu aujourd’hui… Sur un coup de tete, je file la rejoindre chez elle avec l’interdiction formelle d’y dormir. Il est 22h. 6h15, reveil. A cette heure la, je suis encore largement dans le pate et il est dur de parler la langue des yeux, mais Lena ne prononce pas un seul mot sonore. Je pars avant que les colocs ne se reveillent, ca fait meilleur genre ! Je saute dans un trolleybus, le premier pourvu d’ annonces sonores indiquant le nom des arrets… C’est mon cadeau du matin.
2 heures de dodo et c’est reparti pour animer un evenement des journees de la francophonie. Avec Marjo, la directrice de l’Alliance Francaise, on prepare des jeux ou l’on case des blagues, mais en direct, ca a moins d’effets. Les participants se la jouent a la russe, c’est a dire peu communiquant au premier abord. Je rame ! Pendant 3h30… 13h30 : je saute dans un marchrutka. 13h57 en montant les escalier de l’ecole privee , je fixe avec Tanya (ma colocs pour les 2 du fond) le sujet de mon cours. 14h : je parle anglais devant une vaintaine de jeunes de 13 ans. Ils sont tout intimides et tentent de me faire croire qu’ils aiment tous la guitare, marcher et les jeux video… Moi, je m’eclate comme un petit fou : leur expliquer mes aventures, me decarcasser pour leur expliquer en anglais seulement quand ils ne comprennent pas. Tout ca met en branle mon ingeniosite. Je leur donne mon email et on se quitte. Tanya m’apprend ensuite que les enfants pensaient que je parlais courament russe puisque j’ai ecris d’une traite Автостоп au tableau pour leur traduire hitch-hiking. Ca me donne le sentiment d’etre adopte par le pays : quoi de plus cher pour un voyageur !?

mercredi, mai 20 2009

SMS life, vie essaimée

A Irkoutsk, j’achète une carte SIM et reprend cette vie moderne ou l’on blablate par le biais d’une prothèse, ce prolongement du moi dans les ondes…

Mots crus pour qui lit* cru. Des messages a lire en creux, avec quelques accros… a-ddictés, sans plume ni crayon.
*Pour les grenoblois l’y

Nico, sois sage !… Lena

15-03-2009 20h29 De Lena

Et si tu viens chez moi demain? Tu viens qd tu veux. Ca te va?

16-03-2009 20h30 De Lena

Si tu veux, tu peux venir vers 11:30 demain, si j’ai qqch d’urgent a faire, ce ne prendra pas beaucoup de temps, juste le temps que tu seras en retard ;-)

16-03-2009 20h49 A Lena

Ok, com ca, ca te laissera le temps de dormir sur ton burO… :-/ Ces profs payé a ri1 foutre

16-03-2009 20h54 De Lena

Encore des gros mots, Nicolas ! ;-(

16-03-2009 21h06 A Lena

Ca fé plézir ke tu voi tou lé éfor ke je fé pr amélioré ton fr… (don ta gramR é ton ortograf) :-p

16-03-2009 21h40 De Lena

;-) et le lexik! Je vais t’apprendre à mon tour des gros mots russes.

17-03-2009 11h32 A Lena

Je suis en train 2 tenT mon record 2 retard, vu ke maintenan tu T faite a mon 1/4h habituL :-p! Chui la ds 20 min, si le chauffeur retrouve la pédale d’accélérateur…

18-03-2009 11h32 A Marjolaine

Ok pa 2 soucis ki pose de pb ;-), on voit ca ce soir! Traduisez, mangez, dormez, pour un BonR PARFAIT! ;-) Attention ce sms comporte un agent de motivation et de courage extremement puissant… A utiliser à vos risques et périls :-p

18-03-2009 15h32 A Lena

Coucou ma pitchounette, ta journée é T L osi radieuse ke le soleil? je fé D course, ms G bi1 envie de te voir, dis moi si T dispo… Bisous

19-03-2009 09h43 A Lena

Je pense venir t’empecher de travailler, fer le débile dans les couloirs, te fer D chatouilles et t’app madame le professeur* d’ici 1h : dis moi si ca te va? (ca peut etre bien plus tard si t’as besoin) :-*

“*Elle m’a repris quelques jours auparavant madame LA professeur. J’avais fais une de ces gaffe…”

19-03-2009 20h50 De Lena

Je voudrais bien t’apelé Nico, ms vu ke tu es ac les filles,je n’ose pas ;-) Je te passe un bisou :-*

21-03-2009 13h09 A Lena

Ah ben je ne sais pas prkoi, ms la nuit derniR G U bcp moins cho ke la précédente… Mon boulot a été dur, ms C bi1 paC. Contente 2 retrouV ta maman qui fé D confitures délicieuses? Pr ma surprise, tu pe me redire T soirs 2 libre 2 la semN prochN. Pl1 D bisous!

23-03-2009 09h33 A Lena

Ah! Ben enfin… ;-) :-p si tu me donne ton h d’arriV, je dois mm pouvoir venir te chercher a la gare… et te fer le + gros bisous du monde, au milieu de la place, juste pour etre bien sage ;-). Sinon, je te le ferrai ds la soirée… (devant T colocs?)

23-03-2009 09h50 De Lena

Ah non! Pas devant mes colocs! Si je continue com ca, elles trouveront une autre plus sage… On pourrait se voir ds la ville…

23-03-2009 09h55 A Lena

Ok, je préviens la tv alors! A qL h? Si t’as besoin de bosser, moi aussi, ms on pourrait le fer ensembl, que je poz ma main sur ton genou tt lé 3 min*…

“*Je me fais gronder régulièrement pour ca. Satane cote tactile ;-)”

23-03-2009 14h47 A Lena

Bien sur ke je bosse! Ne crois pas ke tu va arriV a m’éviter ;-)! On se voit tous les jours de la vie, tant ke le coeur nous en dit…

23-03-2009 22h04 De Lena

Tu me fais savoir si tu arrives chez toi sans histoires douratchok* :-)

“*Andouille. Il faut dire que je l’appelle régulièrement mon andouille… Le suffixe tchok ou tchka au féminin adoucit le sens, c’est un peu notre ette

23-03-2009 22h07 A Masha

I’ve prayed all the day long the sky, the 4 elements, trees, birds, rainbows, the moon … and Shrek for your success in today exam : did it work ? On wednesday I plan to be with you…

23-03-2009 22h18 De Masha

Shrek and his donkey helped us :-) So great! We have the same plan! We will have a party at Kate’s flat.

24-03-2009 11h54 De Lena

Coucou, ca va ? Tu bosses ? Je peux venir chez toi pour te déranger ?

“Il faut bien que je garde des preuves…”

24-03-2009 23h07 A Lena

Alors, le siege t’as devorée, le chauffeur a tenté 2 t’assassiner, ou de t’ouvrir T colocs ont refusées? Tu C, il y a tjs mon canaP…

24-03-2009 23h46 De Lena

Je prefere passer la nuit dehors ou ds le bus ac un chauffeur maniac* ;-) Faut ke tu trouv une autr copine ds ce cas…

“*Les russes emploient maniaque pour dire obsédé

25-03-2009 00h21 A Lena

J’SpR kil y a D soldes en ce moment… Pcq ma dourtchka m’aV couT cher! J’en choisirai 1 ki ne me vol pas mon chocola, ki na pa pl1 2 regles bidon, ms ki soit osi malicieuse ke toi! ;-) Si tu dors dehors, tu ve ma polaire?* ;-) (la prochN foi, je te ligotte et creve lé pneus du bus) Profite bi1 de notre lit :-p

“*Question d’une récurrente récurrence, la demoiselle ayant toujours froid…”

26-03-2009 00h08 De Lena

Tu ne m’as pas fait de bisous en partant…

26-03-2009 00h23 A Lena

Tu C bi1 kil ne fo pa kil se passe qqch entre 1 garcon é 1 fille pdt la nuit…

26-03-2009 00h26 De Lena

Et si j’ai envie ? …d’avoir un tt petit bisous…

26-03-2009 00h31 A Lena

Tu C bi1 kon a pa ce kon demande… Et pui je ne fé pa 2 bisous par téléphone…

26-03-2009 00h36 De Lena

Nico, j’aimerais bien d’avoir ton bisous réel… Merci de la soirée.

26-03-2009 00h54 A Lena

Pa ce soir… Si je saute ds 1 taxi pr te le fer, T “colocs” ne vont pas apprécier*… Il te fo dormir pr tenir debout 2m1. GT vraim1 conten ke tu viN ce soir, ma douratchka!

“*Je ne peut jamais aller chez Lena. Mon pied passé la porte pourrait déranger ses colocs. Et elle, elle pourrait prendre un coup de pied au derrière. Enfin, c’est ce qu’elle suppose…”

26-03-2009 10h04 A Lena

G retrouvé le soulier d’une très jolie fille que j’ai rencontré IR soir et ki é parti un peu trop vite a mon gout… Je voudrais la retrouver et qu’elle me fasse encor D baisers…

26-03-2009 10h12 De Lena

Vous devez vous mettre en 4 pr la retrouver et avoir ce ke vous voulez.

26-03-2009 10h20 A Lena

Heureusement ke je sui 1 hom averti, com ca j’en vaut déjà 2! Et pui bon j’m bi1 l’origami… 11h ca te va? On fé D courses pui on pe regarD 1 film fr ;-) par ex

26-03-2009 01h52 De Marjolaine

Hello! Je pense que tu dors mais nous, on bosse pour toi et on t’a récupéré un joli souvenir! Sur ce, bonne nuit!

26-03-2009 14h33 A Katya

Yes I’ve seen that this morning. Do you have it with you or can we meet tomorrow, Mermade?

26-03-2009 14h39 De Katya

Ostin I think tomorrow will be better. Write and I will try to meet you :-)

26-03-2009 23h24 De Lena

Les fleurs sont tres jolies :-) Merci Nico.

26-03-2009 23h58 A Lena

C pcq L poussent O soleil kel réchauffent le coeur. C pcq L st parfumées kel peuvent t’enivrer. C pcq leur coeur te sens ke C 1 peu le mien…

26-03-2009 11h26 De Marjolaine

Non, ca peut attendre! Bon voyage officiel/cieux!*

*L’officiel c’est a Olkhon, ou la traversée sur le lac gelé commence a être dangereux, l’officieux a Oulan-Oudé. Lena ne le sais pas encore…

27-03-2009 14h43 A Marjolaine

Finalement, on va mourir ds 1 bus… on en a tt le 2 envie. Tu peux me filer le num et le nom du village 2 Valentin* stp, on va pe etre y fer étape ;-)

*Shaman

27-03-2009 14h46 De Marjolaine

Valentin 8-914-… village de Elantsy. Appelle le avant de débarquer !

27-03-2009 14h53 A Marjolaine

Oh ben il devrait bien pouvoir lire ds qqch kon arrive… :-p au pire, je lui donnerai 1 cou 2 main* : :-p

*Valentin lit ds les mains…

30-03-2009 22h39 A Lena

Ok, ms interdiction 2 me toucher alors*.. :-p Ca ne m’arrange pas av 14h (mm si C possibl). Pr le reste (=sinon), dis moi, je m’adapte ;-)

“*Se souvenir que je n’ai même pas le droit de poser une main sur son épaule, son genoux, …”

30-03-2009 23h02 A Lena

Vendu ! On pianote 2m1 sur nos bidules sans fil pr organiser 7 instant 2 bonEr… Douce nuit, rêves sucrés

01-04-2009 15h54 A Katya Blond

Hi! How are you ? My feet wish to bring me out of Irkutsk for a few days. I should be back on wed next week, so lets meet after this short trip, except if you’re in the G20 with Obama ;-)

01-04-2009 15h57 De Katya Blond

Hi, ok, it will be fine. Where are your feet now taking to go ? :-) and what is G20 ? :-)

01-04-2009 16h02 A Katya Blond

My shoes are going to Arshan, but my feet… ? G20 is a big meeting with 20 most influent countries in the world : they can decide things for all the earth, and maybe the moon ;-)

01-04-2009 17h14 De Katya Blond

Ha-ha, I see :-) hope you’ll like Arshan, you should visit waterfalls there, have fun and I hope to heard from you soon! ;-)

07-04-2009 00h08 De Lena

Je sui ds le taxi moskvitch ac 2 hommes turkmens ou tadjik*… Si je dors chez moi cette nuit, je suis bien chanceuse ;-) Bisous mon chéri

*Ces hommes sont réputés pour leur sang chaud en Russie

07-04-2009 01h12 A Lena

Soit chanceuse alors, C 1 ordre! ;-) Bonne nuit ma chérie…

07-04-2009 13h24 A Lena

Je te retrouve a l’univ vers 3h, com ca, on pourra aller chercher ton cousin ensembl… Ca fé lgts ke je suis pa allé a l’école :-p

07-04-2009 15h34 A Lena

Je prends juste le marchrutka, dsl, fo ke je m’entraine pr fer la lessive* plu vit… ;-)

“*A la main…”

10-04-2009 11h44 De Katya Blond

Hi Nicolas! How are you doing ? Have you come back from Arshan ?

10-04-2009 12h23 A Katya Blond

Yuhu! Yes, after some fresh bath for my feet, I’ve now them on the city ground. However I don’t know where is my head ? ;-) Maybe I’ll abandonn the rest of my body to anything you’ll propose, at any time, any place, just for the fun ;-)

10-04-2009 12h28 De Katya Blond

Ok, how about going to a night club tomorrow or the day after tomorow ? ;-)

10-04-2009 12h40 A Katya Blond

Only 1 ? :-p pfff. Ok! it will be a new challenge for my feet ;-). I’ll stay tuned with you to know witch night will be the more vibrant for ours bodies ;-)

10-04-2009 12h51 De Katya Blond

Ha-ha :-| you’re funny : yeah, usually we go to 1 night club, so I’ll tell you time and place soon, ok ?

10-04-2009 13h00 A Katya Blond

Ok! In the waiting I’ll try to get some freedom from my slave status with my feet ;-)

10-04-2009 13h15 De Katya Blond

How long are you gonna stay in ours city ?

10-04-2009 13h40 A Katya Blond

I don’t know exactly, 2 weeks or a little bit more. But once a morning my shoes will perfectly fet to my feet, and my bag will be as light as clouds that I’ll have to leave. Let’s have a coffe, share an afternoon, visit the city, discover the moon, speak about your dark side or anything that make sens to you. No rules, everything spontaneous, unbelievables wishes. Everyday life. True life.

11-04-2009 16h51 A Lena

Samedi, le jour D chérie! Sa-me-dis kon se retrouve en 7 fin d’apm. Si je m’écoute, j’accours car G 1 faim de loup. Ms je ne voudrais pas te fer louP la fin de ton cours. ;-) Sa-te-dis ? :-p

14-04-2009 21h54 A Tanya

I won’t sleep at home tonight ;-). Have a good night* :-)

“*C’est que réveiller les colocs a 2h du mat quand je rentre parce qu’il ont mis la sécu, ca le fait moyen…”

14-04-2009 21h58 De Tanya

Ok. :-) тебе тоже спокойной нотчи! :-) can you read it ?

14-04-2009 23h01 A Tanya

I can even feel it ;-). See you tomorrow 8-)

16-04-2009 08h37 De Lena

Je profite… Je fais le menage. C’est “Jeudi propre” avant Paques… On se voit apres midi si tu ve ;-)

16-04-2009 10h25 A Lena

Oh non, j’en ai marre de te voir… ]-) :-/ ;-) :-p Je ne C pas encore qd, je ve écrire encore 1 peu. Ta cours de kL eur a kel Er finalement ?

16-04-2009 09h37 De Lena

Ok, tu me previens alors quand tu pars. Le jour de ton depart je t’enverrai un message pr te dire au revoir. Je suis gentille :-)

17-04-2009 17h18 A Lena

J’écris, j’écris… Ms je ferrai bi1 autre ch ce soir ;-). Et toi ma chérie, comment se passe ton marathon ? Il se termine tard ?

17-04-2009 17h59 De Lena

Je suis contente que tu ais bien remplis ton temps;-) Moi, je pense que jamais mon marathon ne finira…

17-04-2009 18h09 A Lena

Ma pauvre B-)! Je V fer 1 peu de cuisine, com ca t’Ora qqch a te métr ss la dent O stand 2 ravitaillement ;-), pr tenir jusK la fin de la course 8-). A - ke tu prefeR ke je viN te soV av ? :-p

17-04-2009 17h16 De Lena

Comme ton coeur te dit…

17-04-2009 18h23 A Lena

Il me dit de fer 1 petit truc pdt 1 bonne heure et 2 te rejoindr… La ou tu sera ;-)

17-04-2009 17h31 De Lena

On se voit sur la lune alors, dans ton bonne-heure*? :-*

“*La, je suis jaloux de ce jeu de mot ! ; Vu que j’ai toujours une heure de retard…”

20-04-2009 14h29 A Lena

Ouai! Je suis en train 2 cuisiner. J’en ai bi1 pr 1h30…

21-04-2009 21h49 De Lena

Toi fais des reves avec des belles filles japonaises ;-)))) Bisous sur ton nez :-*

21-04-2009 21h56 De Lena

Non, en fait, je change d’avis. Tu auras D reves ke ac Lena et peut etre aussi un éléphant rose :-*

21-04-2009 22h59 A Lena

Japonnais l’éléphant rose ? :-p

22-04-2009 22h45 A Lena

D bisous tout doux pcq je suis fou. D reves tout sucré pcq ca me plai. D calins 1 peu cokin juste pr attendre 2m1…

22-04-2009 22h51 De Lena

Nico, t’es vraiment fou… Je viens de me coucher et je pensais a toi en t’imaginant ds mes bras… Merci mon chéri, dors bien… Je t’embrasse fort :-*

23-04-2009 08h34 A Lena

Coucou ma chérie! Tu viens qd ce matin (horaire russe, pas FR* :-p)? Tu pourrai m’apporter 1 boite de thon, stp. ;-) Bisous

“*retard compris donc…”

23-04-2009 08h38 De Lena

Coucou Nico, je serai chez toi ds 40min envir. Meme plutot :-) Bisous…

23-04-2009 09h43 A Lena

Tu veux ke je viN te chercher a l’arret, ma douratchka ?

23-04-2009 10h08 De Lena

J’ai pris le 10, si tu veux pas que je me trompe de direction… viens me chercher :-)

23-04-2009 10h20 A Lena

Je t’attends a l’arret. Incroyable, je suis largement en avance… ;-)

23-04-2009 10h26 De Lena

Ho-ho, c’est moi ki sui en retard… J’arrive :-*

23-04-2009 12h54 A Tanya

Hi Tanya! Did you dream about linux* :-p ? Please, remember my 15-20 min phone card ;-). See you very late to night B-)

“*J’ai installe Linux sur les ordi de mes colocs, en leur expliquant que sous Linux, il n’y avait pas de virus…”

23-04-2009 13h00 A Tanya

There are many kinds of cards. For exemple, сивирь телеком. Also, you have to ask a shop assistant. Linux is mine ! ;-)

23-04-2009 17h27 De +790866…

Hi Nicolas! This is Kate. What are you doing?

23-04-2009 17h46 A +790866…

I’m buying a phone card to call in fr and go to university bus stop. Ours meeting is planned at 18 : don’t say me I’m wrong… :-z

23-04-2009 17h47 De +790866…

meeting with whom ?

23-04-2009 17h50 A +790866…

With you… Are you playing with me ? ;-)

23-04-2009 17h52 De +790866…

No, I’m not. But we didn’t plan to meet today, I was just going to offer it!*

*La, je n’y crois pas, je sais que Katya est tres joueuse…

23-04-2009 17h55 A +790866…

So, I’ll be in university bus stop in 5 min ;-)

23-04-2009 17h57 De +790866…

It’s great, but I’m at home now and I think I’ll be at the center in 45 min. How about going to the embankment ?

23-04-2009 18h12* A +790866…

Hum, I’ve understood, there is a ‘KATE’ missunderstood, sorry. I’ll be busy now. Lets meet later ;-)

*Le temps de retrouver les filles et de s’expliquer…

23-04-2009 18h14 De +790866…

ok, let me know when you’re not busy :-)

26-04-2009 00h41 De Lena

Vous avez volé mon bisou, vous devez etre puni!*

“*Mon quota est soit-disant épuise”…

26-04-2009 00h46 A Lena

Moi, G rien fé! Vous m’en avez juste donné 1 de plus : celui qui débordait de votre coeur ? ;-)

27-04-2009 00h34 A Lena

Je ne trouve pa 2 petit bonhomme ki serre fort ds lé bras ;-), alors a défaut : :-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*:-*

27-04-2009 14h15 A Tanya

Tanya, could you buy a big new internet card to update your antivirus ? ;-)

27-04-2009 14h20 De Tanya

I have another card because kostya’s modem doesn’t work on my computer

27-04-2009 14h20 A Tanya

Now it does ;-)

27-04-2009 14h22 De Tanya

Do you mean that it works on my computer ?

27-04-2009 14h24 A Tanya

Yes with a new OS…

27-04-2009 14h24 De Tanya

Ok. I will buy a card :-)

27-04-2009 14h13 De Lena

Ok. Dans 1 heure a la gare. Les retards ne sont pas pardonnés :-p

27-04-2009 23h40 De Lena

Merci d’avoir appelé, Nico… A demain, mon chéri… Dors bien :-*

27-04-2009 23h47 A Lena*

Ca m’a fait bcp bcp bcp 2 bi1 ma chérie! Ke ta nuit soit si douce ke tu es l’impression 2 dormir sur un nuage… :-*

*Apres s’etre mis d’accord sur la suite/fin de notre relation. J’ai besoin de temps et d’éloignement pour mieux comprendre ce que je ressent. Et puis je veux continuer mon voyage, c’est important pour moi… Partir n’est pas simple.

28-04-2009 21h22 De Lena assistante culturelle All

Salut! demain si tu as le tems entre midi et 1h pour passer au bureau pour prendre du cafe/the/vodka/cognac ce serait cool :-)

30-04-2009 06h03 De Tanya

We so like to sleep! :-( we will see at the station!

30-04-2009 06h05 A Tanya

Don’t worry, stay in bed! ;-) see you

30-04-2009 06h59 De Tanya

We spent so funny and happy time! I hope we will do it again next year, don’t we? ;-) Good luck and have a nice travalling ! :-)

30-04-2009 06h30 De Lena

Nico, sache bien choisir ton chemin, sois heureux. Tu restes dans mon coeur, je te garde… Je t’embrasse fort…

30-04-2009 07h47 A Lena

Lena, merci ma douratchka ;-). Je reste dc 1 peu en russie, avec toi :-). Soit forte, présente a toi mm, libre et profit 2 la vie. L te le rendra… Pleins 2 souvenirs, pleins 2 moments forts, pleins 2 bisous, plein 2 tendresse. Tout plein.

vendredi, mai 15 2009

Vous Ser-ge ?

Ce 8 mars 2009, je prends donc le train pour la 4eme fois, dont la 3eme en transsibérien. Je constate rapidement que la qualité des trains varie bel et bien, ce qui ne fait que confirmer la partie humaine… Ici pas d’aspirateur rafistolé au sotch, non, un bon vieux balais de paille ferra largement l’affaire. Dans le couloir, au sol, point de tapis mangeur de poussières qui évite de se sentir a la plage une fois assis sur la banquette. Celle-ci justement, est bien plus rustique. Pas question de multiplier les coutures. Pas non plus de petits moulages pour esquisser un semblant d’appui-tête. Non, un bon rectangle de mousse, fine et fatiguée, recouverte d’un cuir marron un peu terne. Fini aussi les rayures sur les draps…
Pour les rencontres par contre, ca marche toujours ! Sergey, 50 ans, en face de moi m’offre un verre de bière. Ce n’est pas la meilleure, mais tant qu’elle a le gout de l’hospitalité ! Je finis tout de même péniblement mon verre, quand Sergey vient a mon secours pour remettre a niveau mon verre… C’est passé une fois, ca devrait bien passer deux, mais il ne faudra pas compter voir la dernière goute descendre par mon gosier !
Ça y est, je suis tout neuf de l’intérieur, mais Sergey inquiet de ne plus voir évoluer le niveau de liquide de mon verre en déduit que j’ai ma dose de bière et dégaine une bouteille de vodka. Pas besoin de lire le russe pour comprendre a l’étiquette le mal de crane qui m’attends. Même un aveugle aurait l’aurait vu ! La joute verbale est serrée. Mon adversaire est au moins autant têtu qu’il ne se souvent pas de son anglais… Il saisi le bouchon, je kidnappe mon verre. Il remplit son grand verre (a sirop) a raz bord : j’attends de voir a quoi j’ai échappé ! Il vide son verre comme si c’était de la grenadine, tout juste s’il ne sirote pas sa vodka !
Après ca, Sergey n’est plus avec nous, il est dans le vague. Comme un pantin qu’un marionnettiste aurait posé sur la banquette le temps de prendre un café. Il s’abandonne, je vois la vie le quitter… Ce spectacle dramatique est d’un silence désolant. Je dis nous, parce que mes deux autres voisins assistent avec moi a l’administration de ce poison apaisant. Ils ne savent plus ou se mettre tant ils ont honte de l’image des russes que j’ai sous les yeux. Désolés, ils naviguent d’excuses en dénigrement et bâtissent a l’emportée des artifices pour combler ma plaie supposée. Moi, je ne sais plus si je vois sa détresse ou son apaisement. Comment en vouloir a un homme ? Pourquoi devrais-je le juger sur le champ ? Pourquoi appuyer sur sa tête déjà immergée ? En de brefs instants, il reprend le dessus et pose une question étrangère au sujet de conversation. Je m’interromps, lance une réponse comme une ligne de vie, mais la lueur s’est déjà dissipée.
La nuit, impossible de fermer l’œil car ma couchette est a l’entrée du wagon, près des cabines des provodnitsa qui se sont retrouvées a 3 et fait du barrouf pour 15. Rien d’anormal, juste très russe et très contraste avec la froideur et la rigueur de cette culture. D’autres règles sociales.
Dans mon éveil nocturne, j’entends le chuintement d’un bouchon métallique sur le goulot de verre. Suit le chant du liquide que l’on verse dans le verre. Une gorgée. Le verre claque sur la table… Mon étonnement ne peut s’échapper. La violence de ce geste qui sort mon voisin d’un profond sommeil est bien plus forte.

mercredi, mai 13 2009

Un ticket pour le paradis svp

-3°C par une journée ensoleillée. J’ai l’impression qu’il fait +10°C… Un peu plus et je devient gourou solaire et demande le titre de météorologue honoraire vu qu’hier il faisait pourri ! Heureusement que je n’ai pas oublié mes bagages… (Chris, elle est pour toi celle la) Je sais tout de même que le froid on ne le sens pas venir, alors je met pour la première fois mon pantalon doublé. Jusque la, j’ai fais du T-shirt, jean et coupe vent. Jusqu’à -10°C ca passe. Un petit degré de moins ou un petit coup de vent et je commence a rêver de la polaire qui est dans mon sac…
Je découvre une ville qui vit et dont le pouls est rapide. Krasnoyarsk s’agite. Rien ne traine ici. C’est vraiment impressionnant, ca envoie du bois ! Quelqu’un a du appuyer sur la touche 2x… Je me demande si c’est je dois mettre ce dynamisme sur le compte de l’économie dans cette ville qui était fermée aux étrangers pendant l’époque communiste ? Pour se rendre compte du rythme effréné de cette ville, le mieux est encore d’aller attendre un bus a l’arrêt, a la sortie du pont principal : un bus y arrive toutes les 15 secondes et il n’est pas rare d’en voir 4 en même temps ! Vu le défilé que c’est , je les déguiserai bien moi ces bus, ce serait marrant…
J’en prends un pour filer faire un tour au zoo, histoire de faire connaissance avec les bestioles que je pourrais rencontrer pendant mes petites expés… Mais avant les grandes émotions, faut-il encore le trouver le zoo ! Je baragouine quelques mots a ma voisine, sans grand succès, alors je vais demander a la vendeuse de ticket qui est dans mon bus, le 50. J’ai de la chance : un, parce qu’elle est mignonne et deux parce qu’elle parle entre 3 et 4 mots d’anglais. Tiens, cette ville se serait-elle laissée aller pendant quelques minutes pour ne pas me faire de salle coup ?
D’habitude, je ne suis pas bien fan de zoo, et la, ca se confirme. Les animaux semblent complètement fous et apeurés. Les ours polaires marchent inlassablement d’un coin a un autre en balançant leur tête. Ils ne sont pas les seuls, les tigres ne font pas mieux. Je suis pour le moins mal-a-l’aise… Cet Homme qui croit dominer le monde… Je fini par aller au musée régional, a deux pas de mon hôtel tant il est conseille par mon Lonely. J’entre et me fait hurler dessus par une grand mère qui prend des airs exaspérée. Décidément, ici, lorsque on passe une porte d’entrée et qu’on se présente au guichet, l’accueil est très particulier ! Certainement une coutume locale… Je vais donc a la caisse qui est dehors et bien que ce soit dans les horaires d’ouverture, il n’y a personne. 5 minutes passent et toujours pas le moindre signe de vie. Une nuée de voitures arrive devant le musée. Les portières s’ouvrent et libèrent des jeunes gens qui sautillent de plaisir. L’une d’entre eux porte une belle robe crème. Aller au musée pour un mariage, tiens, en voila une idée !? J’explique a un petit groupe de 4 personne qui s’est agglutiné dans un coin mon soucis. Le jeune gars qui m’aide n’est pas plus chanceux que moi a la caisse : on retourne s’expliquer avec l’orage a l’intérieur. Alors qu’elle nous dit qu’elle ne veut rien entendre, que la caisse c’est la caisse, le marié qui voit la situation lui fait un pied de nez en me tendant un billet qui lui reste… L’orage tente de résister, mais son monologue est déjà obsolète. Elle perd tout pouvoir lorsque je lui tends mon ticket et exécute la seule tache a sa charge : déchirer mon ticket. La règle, c’est la règle ! Mais ca n’empêche pas les petits tours de passe-passe pour la respecter… ;-) Enfin, alors que je visite le musée depuis quelques temps, une dame qui me voit en passant me pose une question pour laquelle je ne comprends que l’intonation. Elle me demande de venir avec elle, et, en moins d’une minute on me fait passer une porte de sortie dérobée. Je suis surpris, mais amusé. Ça me fais tellement rire que je n’oppose aucune résistance, ni verbale ni physique. Je rigole juste de l’étrangeté de la situation. Il est 17h30 et le panneau a l’entrée indique bien que le musée ferme a 18h. C’est aussi bien, si ce n’est mieux que de visiter le musée. C’est un peu comme si toute une troupe de théâtre s’était cassée la tête pour trouver comment me faire une bonne blague, une imposture, juste pour moi. Tant d’attention, c’est touchant !
Le lendemain, alors que je reprends le bus 50 pour aller me balader, je retrouve par hasard ma ticketeuse préférée. Les sourires pleuvent et l’amusement est de la partie. Je lui explique ou je vais et elle m’arrête pile poil au bon endroit, ce qui est une chance vu qu’ici les arrêts sont matérialisés par un reste de poteau…
Le contraste entre la ville et ce petit bout de nature est tel qu’il est un peu envoutant bien que ce soit le lieu de balade du dimanche de toute la ville. C’est un vrai bol d’air frais, une vraie coupure, une bonne respiration. On croirait avoir passé la porte magique d’un autre monde. Je me laisse guider par la petite vallée et fini par trouver un panneau avec la carte des столбы (stolby) : tant mieux, parce que je n’en ais pas ! Enfin, ce n’est qu’un schéma, sans échelle, sans nord, … J’ai décidé de me mettre a l’épreuve, alors je marche en Tshirt et coupe vent. A la fois pour me tester et tester mon matériel. Dans mon coupe vent en goretex, je sens ma transpiration saisie par le froid me glacer la peau. En haut du sommet, je quitte le chemin principal. Plus j’avance et plus le chemin se rétrécie pour n’être plus qu’un sillon dans la neige. Et puis les sillons se multiplient partant chacun dans autant de directions qu’il en faut pour faire un bon labyrinthe. J’active ma mémoire visuelle et me laisse guider par mon instinct (C’est vraiment stupide d’avoir oublie la boussole. Je ne la rangerais plus a part, dans la poche de sécurité…). La lumière est magnifique : a la fois perçante et douce. Certainement un peu maléfique. Je passe un premier stolby que je ne peux pas escalader et arrive a un deuxième qui se conquière en passant dans un petit tunnel. Au sommet, j’ai une belle vue panoramique sur les environs et je vois pointer les autres stolby comme des géants dont la tête dépasserait de la foret. Me voila dans leur monde. C’est un peu ventu, mais bien ensoleillé alors je décide d’y faire ma pause repas. D’habitude, je ne fais qu’un repas par jour avec de petits extras pour le plaisir. La, je compte sur lui pour me donner un coup de pouce pour les galères du retour. J’enlève ma veste et me retrouve en Tshirt manches courtes par -10 C. J’en profite pour faire une photo. Juste pour la provoc’. C’est un peu la galère pour manger parce que tous mes aliments sont durcis par le froid. Et puis, peu a peu, les mouvements de mes mains deviennent difficiles et lents. Couper du pain est dur parce que je ne sens pas ma force. Étaler du fromage a l’ail revient a déposer de petits amas sur une tranche de pain. Je file, il est temps, car en ayant mangé j’ai coupé l’effort de la machine qui me tenait au chaud. J’ai d’ailleurs beaucoup de mal a me réchauffer. Même en marchant. Même en buvant du thé. Même en mettant ma polaire. Elle suffit juste a ce que mon corps maintienne cette température glaciale. Première hypothermie : j’ai atteins ma limite. Expérience réussie. Jalonné au froid sibérien, je me sens maintenant bien plus apte a juger du risque, plus tard, pour mes expés de plusieurs jours. Je préfère être en danger par choix qu’être surpris par le danger. Je passe devant les premières isbas de toute ma vie et rentre en mettant le turbo pour éviter de rester dehors par une nuit glaciale. Ce n’est que la chaleur du lit qui me ferra retrouver le bout de mes doigts.

mercredi, avril 29 2009

Vous parlez anglais ? ... Bienvenue aux autres !

Arrivé a Krasnoyarsk, j’ai droit au célèbre “Taxi ?” sur la place devant la gare. Qu’ils sont serviables… Je me sens libre, je respire a pleins poumons. Je suis prêt a me jetter à l’aventure dans cette ville. Je me demande quand va m’arriver ma première galère, celle qui change le cours des choses. Je l’attends, impatient. Les rues sont mon terrain de jeu où se déroule la partie de cache-cache. Un petit détour par ici, un petit détour par là, juste parce que “je le sens bien”. Juste pour appater le destin.
Me voilà dans des quartiers assez délabrés. C’est comme si j’étais dans une zone industrielle avec des immeubles de 15 étages. Un peu comme dans les films de fantaisie, lorsque l’on retourne dans la vieille ville, dans cette partie abandonnee parce que trop obsolete. Ces restes urbain d’un autre temps ou on a l’impression que la ville tiend encore debout alors qu’elle a subit une douche d’acide. Tout est corrodé et effrité. Pourtant la ville parait solide, forte. La prochaine tempete venue du ciel, le prochain souffle n’en viendront pas a bout. Les bourasques de vent repartiront bredouille.
Je me dis que c’est une bonne situation pour que quelque chose se passe. J’avance, j’avance, mais rien d’extraordinnaire ne se passe. Au centre ville, place Lenine, je passe devant la premiere manifestation russe de mon sejour. Ils sont 20, mais ils ont du courage me semble-t-il. A l’hotel sympa et pas trop cher que le Lonely Planet me conseille, il n’y a plus de place, alors je demande conseil au receptioniste. Un petit tour dans le botin pour avoir une carte de la ville plus precise et j’apprends que l’autre que j’avais reperé n’est pas ouvert. Et puis l’homme me conseille mon 3eme choix. Mais c’est loin en arriere - vers la gare - et un peu cher. Je me lance donc a la recherche de l’hotel pouilleux qui figure en bonne place sur mon guide. Je suis en plein centre et un petit coup d’oeil a ma montre me fait dire que j’en ai pour une plombe. Mais comme ma petite balade urbaine m’a donné une bonne idée du plan de circulation de la ville qui me semble simple, je decide de sauter dans le premier bus qui voudra bien de moi. Il demarre et je me questionne “Alors, raison ou pas raison de penser que tout est organisé sur les deux arteres principales ?”. Il accelere, ralenti, s’arrete et redemarre. Les portes s’ouvrent. Tout s’est passe selon mon plan. Ou plutot celui de la ville… Jusque la tout roule (si j’ose dire)… “La meme pour le prochain arret svp ;-)”. Et puis, quand la voie commence a prendre un caractere un peu trop routier et que je vois, face a moi les montagnes, je me dis que j’ai pousse la chance un peu trop loin … et qu’elle aussi. Je saute du bus avant que je ne perde autant de temps que ce qu’il m’en a fait gagné. Je retombe sur mes pates et en un brin de temps je suis la ou mon lonely me propose de dormir. Mais pas la moindre trace d’un hotel. Je consulte de nouveau ma bible et retourne vers le centre. Non loin des berges de la riviere, je trouve la cantine etudiante que j’ai repréré. Il est temps de recharger les bateries. J’avale un premier plateau et bien que ce ne soit pas fameux, un deuxieme trouve de la place sans probleme dans mon estomac. A 60 roubles le repas, je ne suis pas trop regardant sur la gastronomie ! Le ventre plein, je me sens bien plus vaillant pour aller a l’assaut d’un lieu pour dormir. Je profite d’avoir des jeunes sous la main pour demander conseil. Pour l’anglais, je repasserai. Pour l’hotel, c’est de la ou je viens… Je fais pivoter mes talons et mets mes jambes en mouvement. 5 min plus tard, le garcon me retrappe et m’explique que ca y est, il a compris, je cherche un hotel pas cher : alors, il faut que je fasse demi-tour… Ils se sont donnés le mot ou quoi ? Ou est la caméra, hein ?… Je ne sentais pas bien son premier plan, alors je m’execute. Mais j’irai a un hotel repere sur le lonely.
Si j’en crois mon plan, je suis arrivé. Si j’en crois mes yeux, je suis paumé. Heureusement pour moi, un homme de passage dans la rue comprend la mésentente que j’ai avec mon tas de papier imprimé. Un coup de fil plus tard, il me guide jusqu’a mon nieme hotel. C’est une péniche, ca devrait etre sympa ! Je rentre. Au premier mot d’anglais que je prononce, le visage de la réceptionniste se ferme et je subit une salve de mots russes. Je patiente avec un sourire. L’attaque ne cesse pas, je continue d’etre assailli. C’est quasiment le grand défoulloir. J’évite quelques mots aux lettres un peu trop saillantes. Ca se termine par “angliski nyet” et l’on me montre la porte de sortie. Radical. Un son n’a meme pas le temps de sortir de ma bouche que l’ogresse devant moi me repete “англисски нет”. Quel accueil ! Quel sens du commerce… Je n’ai pas la moindre envie de laisser un kopec ici, je me tire et me dis que décidément, trouver une piaule ici, c’est du sport ! J’hésite a y retourner et lui faire un monologue. J’ai moi aussi pas mal de choses a lui/re dire ;-) : c’est peut-etre son mode de communication ? Et puis je me dis que je ne suis meme pas sur d’en rire alors je remet mes pieds en marche… Par hasard, je retrouve l’homme qui m’a guidé jusqu’au bateau de malheur. Etonné il me demande pourquoi je ne suis pas resté a la péniche. Je lui explique et il m’embarque, quasiment en me prenant sous le bras, vers un autre hotel qui se trouve etre celui que le garcon m’avait conseillé en dessinant un plan sur mon carnet de voyage. A l’interieur, il s’occupe de tout et sa femme me traduit en anglais. Je les remercie milles fois… La gérante arrive et dans un anglais parfait me dit “Voici vos clés, il y a une piece de service a tous les etages, … et, ah oui, la douche n’est pas gratuite, vous devez payer un supplément”… Tiens ben voila, apres avoir payé et fait mon enregistrement aupres des autorites russes… Je me console en me disant que 2 personnes m’ont conseillées ce lieu et que vu mes déboires, j’ai déja un lit pour ce soir !
Le soir justement, comme il y a des jeunes a la reception, j’en profite pour leur demander de me conseiller un endroit sympa. Mais leur anglais est une catastrophe ! De l’ordre de 2 mots a la minute… Je ne lache pas pour autant le morceau parce que la galere met une bonne ambiance. Avant de sortir, et apres avoir demandé si je pouvais, je vais faire un petit tour sur internet qui se transforme en une bonne heure. La faute a Yannick ;-). Le lendemain, la gérante me dit qu’il faut que je paye pour internet, que l’acces n’est pas compris dans le prix de la chambre ! Je la fusille des yeux et me demande a quelle sauce je vais me la faire. C’est mal me connaitre que croire que l’on peut m’arnaquer si simplement. C’est mal me connaitre que de jouer a ce jeu. Vraiment. Dans une joute verbale je lui explique que le moindre des respects c’est de prevenir et que je suis sur qu’ici tout le monde connait parfaitement le mot “money”. Elle n’a pas d’excuses et, pourtant, elle m’en fait a demi-mot. 4h30 pour trouver un lit pouilleux et inconfortable dans un hotel ou si je pose un peid au sol, je ne peux effacer la trace qu’avec un petit billet. Je sors voir ce que le reste de la ville me réserve… Que va-elle m’inventer maintenant ?

mardi, mars 31 2009

Briser la glace ne dure qu'un temps

En achetant mes billets de train, j’ai toujours calculé pour y passer la nuit et arriver tôt le matin : ma journée n’est pas perdue. Je file faire le tour des quelques rues que je n’ai pas encore visité… il y a une rayon de soleil, ce n’est pas le moment d’aller faire un tour au musée de l’oppression.
Arrivé au bord du fleuve, je vois des pêcheurs sur la glace : il est temps d’en savoir un peu plus sur cet art. Je squatte avec un pêcheur, la conversation s’engage en russe. Je fais toujours subir a mes papoteurs de multiples répétitions, mais cette fois lorsqu’il me demande mon nom, je comprends de suite ! Le bain russe commencerait-il a porter ses fruits ? Une changement d’emplacement, 10 secondes et hop ! une prise. Je n’en crois pas mes yeux.. L’équipement n’est pourtant pas très sophistique, voyez donc : un bon siège en polystyrène, un bâton pour récupérer les cristaux de glace en suspension ainsi qu’une canne a pêche - qu’un playmobil ayant mange trop de soupe (j’y crois encore…) trouverait toute a sa taille - formée d’un fil qui, après être passé dans 2 anneaux fixés sur une languette souple, vient s’enrouler sur un bloc de polystyrène. Pas la moindre trace plomb sur le fil. Le tout tiendrait dans la plus petite poche de la plus fashion des filles russes. Ah si ! J’oubliais… pensez a prendre de bons gants, avec de la fourrure… c’est très pratique pour ajuster l’équilibre de tout ce petit équipement ! De toutes façons, des doigts on en a 10 ou 20 en fonction de comment on compte, alors bon… Ceci dit, cet équipement sommaire marche du tonnerre : mon pêcheur me montre un panier avec une cinquantaine de poissons.
Je poursuit mes visites et la nuit me rattrape : le soir tombe très vite ici me semble-t-il.
Un bon dodo me permet de découvrir le lendemain le premier arrêt de bus de toute la Russie qui soit plus que des traces de roues au sol, un poteau ou un panneau ! J’ai aussi droit au premier accident russe en live : les russes ne sont pas très disciplines pour la conduite, c’est un peu Tu y vas ? Ah bon tant pis parce que moi aussi. La voiture, ici, c’est vraiment l’émancipation. Pas question de laisser quiconque grignoter ce gâteau. J’imagine les conducteurs en train de s’autopersuader dans leur bolides, sur la ligne de départ de ce jeu de joutes, le regard fixe, l’humeur féroce, l’esprit déterminé…
En pleine ville, je trouve un parc transformé en piste de ski de fond. La Sibérie n’a vraiment rien a envier a Grenoble… ou inversement ;-) En arrivant, Olga me répète un conseil que l’on m’avait déjà donné a St Petersbourg : ne pas marcher trop près des maisons au risque de prendre une douche de neige et de glace venue des toitures. Ma visite n’aurait pas été complète si j’avais manqué ca : il faut donc que ca m’arrive au moment ou je passe devant une maison, ce qui me donne l’occasion de battre le record de la ville de saut sans élan… Un kangourou (peu frileux) en aurait été jaloux ;-) Deuxième effet kiss cool, je marche maintenant la tête dans les nuages, le menton haut et les yeux rivés dans les étoiles…
Je profite tout de même de la propagande pour l’armée russe aux symboles paternalistes. Ce langage fait pour moi référence a Vichy… Après un petit tour sur les hauteurs pour avoir un meilleur aperçu de la ville (que je ne trouve pas aussi bien que mon ami Lonely le dit, même s’il y a peu de grands immeubles, de grandes barres) je retourner manger dans le même café qu’hier tellement cela avait été cocasse : 1,2 puis 3 serveuses se sont mises a m’aider pour briser la barrière de la langue et que tout fonctionne. De la bonne volonté a l’état pur. Les mimes acquièrent le grade de phrase et les sourires ou froncements de sourcils dépassent celui de simple ponctuation. Les plats défilent devant mes yeux, un véritable manège, presque une danse… de comptoir ;-). L’ambiance est a la rigolade, a la bonne humeur et a l’autodérision tant il est comique de ne pas se comprendre. Alors, pour ma deuxième, je suis tout de suite grillé ! Même pas le temps de poser un pied de l’autre cote du seuil de la porte que Natacha me regarde d’un œil complice et amusé : les mots sont souvent d’un grand secours, mais certaines fois aussi la plus lourde des tares. Tout le monde est en place, il ne reste plus qu’a claquer des doigts pour que les acteurs sortent de leur état figé et que le balais commence… Libérez donc ces tendres attentions, ces privilèges qui font décocher des sourires pincés a la personne qui vous suit dans la queue. Ce café est le seul endroit ou je sens une ambiance étudiante. Tres bizarre pour une ville ou un habitant sur trois est étudiant.
Je file prendre mon train pour Krasnoyarsk le ventre plein, saute dans un tram pour gagner quelques minutes et arrive avec 20 min d’avance. Tant mieux, parce que pour le coup, la provodnitsa est bien moins cool : comme elle n’a pas ses repères habituels sur mon passeport français, elle pousse un grognement et refile le petit livret a son collègue de gauche. Tiens, le voyage risque d’avoir une autre couleur…
Finalement, de Tomsk, je retiendrais que c’est la ville ou habite super-Olga, mais que c’est une ville sale ou peu de gens parlent anglais. D’ailleurs, curieusement, je les trouve moins chaleureux qu’a Moscou ou St Petersbourg qui sont pourtant de très grandes villes.
Coté urbanisme, Tomsk m’a en tout cas révélé une de ses particularités : en première frange d’une rue, il y a toujours, toujours des maisons a 2 étages, puis, assez en retrait, les immeubles. Enfin, il me reste une question sur le bout de la langue : pourquoi plus de 50% des voitures ont le volant a droite alors que tout le monde roule a droite ?

mardi, mars 17 2009

Place a la magie du Transsibérien, completement Dourak !

Je fais ensuite mes emplettes de secours pour mes 3 jours de train : un paquet de bonbons, 1,5 L d’eau, une soupe en sachet, une tablette de chocolat, 2 paquets de biscuits, … et une petite bouteille de vodka … pour l’auto-défense ! Si si, je vous jure, ça fait plusieurs fois qu’on me dit qu’en cas d’embrouille, la petite phrase la vodka d’abord pourrait me sauver… J’y crois moyen, mais admettons : ce n’est pas ma culture, alors…
J’ai 30 min d’avance a la gare et heureusement parce que je me plante de bâtiment : il y a deux gare cote a cote. Je monte dans le train 20 min avant le départ. En entrant, mon regard croise celui d’Olga (prononcer Olia) qui me fait un large sourire. Je lui expliquerai plus tard que lorsque je rentre dans un lieu ou je veux rencontrer des gens ou dans un lieu ou je veux évaluer le niveau de sécurité, je chausse mon costume de comédien : mieux vaut passer pour un paume quand on ne l’est pas. En l’occurrence, peut m’importe ou est ma place, même s’il semble que je la cherche : je sonde les gens, l’ambiance et tente d’estimer la confiance que je peux leur accorder, les atomes crochus que nous pourrions avoir, avec mon instinct, mon empathie.
Je suis en Plantzcart, c’es ta dire en 3eme, avec wagon lit. Dans mon boxe de 6 places sans porte : une petite fille qui apprends a lire (quelle aubaine pour moi !) et sa mamie ainsi qu’un gars. La discussion s’engage : le gars n’articule pas trop, ce qui rend ma compréhension d’autant plus difficile. Mamie, habituée a articuler avec sa petite fille traduit. La compréhension est difficile : je leur dis que je vais rendre visite a une amie a иркутск (Irkoutsk) mais eux comprennent que c’est ma copine… Démêler un quiproquo prends rapidement une bonne heure… Le coupable est finalement mon guide de conversation, qui ne distingue pas copine et copine, ou tout du moins la gymnastique qu’il faut faire pour faire la différence. Tous ces échanges sont très naturels bien que très saccadés. Mamie n’a pas beaucoup envie de parler et mon “coloc” se fait royalement ch… : je lui propose de tuer une partie des 3 jours de temps qu’il a devant lui avec de la musique française.
Après le repas, je regarde avec Olga, Chistina et … (oups j’ai oublie) le Walt Disney des animaux qui s’échappent du zoo de NYC en russe, en guise d’apprentissage. Olga est ma traductrice attitrée. Elle est vraiment très très sympa et fais attention a ce que je me sente bien a tout moment. La magie du transsibérien est en train (si j’ose dire) d’opérer. Il me semble que tout ce beau monde forme une famille, mais non, c’est juste que les russes sont très chaleureux, même quand ils ne se connaissent pas. A cela, il faut ajouter que Olga est une fille de 31 ans (elle ne les fait pas, je lui donne 26-27, a tout casser !) très naturelle et communicative : il est absolument impossible de ne pas être a l’aise avec elle !
Je consulte la table des arrêts du train (que je déchiffre grâce aux horaires sur mes billets, merci mon Lonely ;-). Le train va s’arrêter 15 min : c’est la bonne occaz pour aller acheter un peu de bouffe sur le quai, puisque telle est la tradition … ou le défit. Pour la première fois, i y a des charriot-stands. J’y vais a tâtons, bien que j’ai spécialement préparé mon guide de conversation avec des marques-pages pour les nombres, les prix, … Il faut d’ailleurs que j’apprenne les chiffres jusqu’à 10 dans un premier temps, ce sera plus facile. C’est chose faite pour l’arrêt du repas du soir ou mon voisin me donne un coup de main. Le train est un peu une bulle hors temps qui se déplace dans les grands espaces de la Sibérie : je me fais d’ailleurs avoir a une des pause ou je m’habille (a l’intérieur, je suis en pyjama, détendu comme un vrai russe), je pose un pied dehors, me dirige vers le kiosque de bouffe … les filles me cirent николя (Nicolyia), je saute dans le train ! J’achèterai mon repas a la provodnitsa… Le temps est tellement étranger, étiré dans ce voyage que j’en oublie même d’aller voir le wagon restaurant : mais le bon temps que je passe avec cette ribambelle de nanas le vaut bien ! Cette parenthèse temporelle n’est pourtant pas tout de suite évidente pour moi lorsque j’entre dans le train (bien que prendre le train pour 3 Jours soit un vrai choix). Je suis habitué a le prendre pour 5h au pire, pour me rendre a Paris. Je ne réalise ma liberté que lorsque je tends mon carnet et mon Lonely pour qu’Olga m’indique les bons plans de Tomsk et qu’elle me réponds du plus naturellement on a le temps. Ça lui semble évident et pourtant, c’est un tel changement pour moi. Ça ne m’empêche pas d’oublier rapidement que je suis dans le train. Certainement plus que mes amis qui ne font que se déplacer a leurs dires, alors que moi je voyage. Lorsque je réalise cet oubli, je me dis que j’ai fais le bon choix quand, en planifiant mes arrêts je m’étais questionne sur la supportabilite (mettre ce terme sur le dos de mon apprentissage de nouvelles langues) d’un enfermement si long dans un espace si restreint avec si peu de ma culture, si peu de choses connues… Je suis un peu comme en colo’, un peu comme dans une auberge sur roulette, avec une famille d’adoption : je me sens très libre. Déjà qu’en France je suis un adepte du train pour les discussions, les regards, les jeux qu’il autorise, ainsi que pour les espaces spatial et temporel qu’il dégage, mais la, c’est tout comme une apogée ! Je m’y sens tellement bien que les conseils du Lonely de mettre mon sac dans le compartiment sous la couchette du bas me semble superflus. Vraiment.
Ce long fil temporel qui s’étire sans jamais mincir est une bonne occasion pour plonger un peu plus dans la culture russe : je propose aux filles de m’apprendre un jeu de carte russe : elles sont étonnées qu’un voyageur au long cours comme moi se surcharge de ce poids non vital. Mais pour moi, c’est un outil simple et universel de rencontre, de partage et d’échange qui me semble bien valoir ces 200g… L’apprentissage est un véritable calvaire (mais un des plus agréable dans ce moment en suspends) tellement la logique du jeu est éloignée de tout ce que je connais : nous avons en tout et pour tout en commun la victoire individuelle et la rotation dans le sens des aiguilles d’une montre. Et encore… Je me sens un peu comme le nom du jeu дурак (dourak), qui signifie quelque chose de très proche de trou du cul ou de couillon a ce que je pige. Pour me l’expliquer, les filles emploient le mot débile, qui n’est qu’une classification clinique en russe. Finalement, ce mot nous suivra tout au long de cette interminable partie et nous provoquera nombre fou-rires (débile-rires ?) Après cet épisode, il y a une vrai harmonie dans le groupe. Olga et moi avons même développé une complicité taquine ! On se chambre a tout va en anglais (en toute sérénité, puisque nous avons mis les choses au clair des le début ; Nonold, celle la, elle est pour toi, espèce de mauvaise langue ! ;-).
Je ne jette que rarement un œil dehors de manière volontaire, mais lorsque c’est le cas c’est souvent très beau et apaisant avec cette neige qui s’étend a perte de vue. C’est magique, un peu comme quand gamin, on visite du dessous un aquarium et que l’on voit évoluer les poissons a travers les vitres. A quelques centimètres de notre petite bouille…
Dans le train, de temps en temps, un marchand ambulant passe : corbeille a fruits, châle, gants, … L’aventure prends fin trop rapidement a mon gout : je me dis que faire le trajet de 6,5 jours d’une traite doit être magique. quitte a faire des arrêts au retour. Enfin, je suis tout de même content d’arriver a Tomsk, ville etudiante me dit mon Lonely. Christina est en tongues sur le quai enneige, quoi de plus banal ?
En sortant du train ce lundi 2 mars 2009, je ne réalise pas tout de suite que je change d’univers. Tout du moins, je ne le comprends pas et ressent un mélange de malaise et de joie : cela vient-il du fait que je sois maintenant en Asie ? En Sibérie ? Peut-être est-ce tout simplement le décalage horaire de +3h par rapport a Moscou, soit +5h avec la France. A mon habitude, pendant ces premières semaines de voyage, je n’ai pas été des plus actif le matin et n’ai pas vraiment ressenti le décalage horaire. Mais la, je crois que je le prends en pleine poire : je suis un peu désorienté. Enfin un peu … Je tourne quand même 3h en rond dans la ville pour trouver mon hôtel ! A ma décharge tout de même, cette habitude qu’ont les russes d’indiquer l’adresse de la façade principale sur toutes les façades (ce qui me fait d’abord penser que les rues peuvent être courbes, avoir des angles droits, … je suis prêts a toutes les excentricités avec le décalage culturel). Ajoutez a cela que certains bâtiment très en retrait (paraissant appartenir a une autre rue, entrée de cours intérieure) portent la plaque de la rue alors qu’en France nous leurs aurions attribue un nom de rue spécifique… Cerise sur le gâteau, le peu de panneaux et plaques d’indication, quand celles-ci ne sont pas a moitié effacées ou qu’elle mélangent le les alphabet majuscule et minuscule pour le a (А) et le d (Д), ce qui n’arrange pas mes affaires ! Bref, je fini par arriver a l’hôtel ou je m’écroule et dors une heure. Mon corps ne sait plus ou il en est avec tout ces fuseaux horaires. Je viens d’ailleurs d’ajouter une heure supplémentaire a mon compteur : FR+5h. J’aurais tout de même bien profite du soleil et des jolies maisons en bois de Tomsk, ce qui est toujours ça de pris.

lundi, mars 16 2009

Bataille pour des cartes de Moscou...

La suite de mes aventures moscovites est moins chanceuse : les musées se sont apparemment donnes le mot pour être exceptionnellement fermes, je tente des cafés au pied levé qui se révèlent plus que chers (un gâteau plus un café pour le prix d’un repas pas cher), … Ma chance tourne quand je tombe (enfin) sur de magnifiques stations de métro. Pourtant, je ne sais pas pourquoi, mais je ne leur trouve pas d’âme. Je les trouve froides, bien que ce soit l’endroit le plus chaud de Moscou… Celui ou l’on se refugie instinctivement lorsque les frissons se font trop nombreux. La différence est telle, que garder mon bonnet et mes gants est impossible !
Au musée de l’histoire de la ville de Moscou, il y a un gros autocollant avec un icône signifiant “photos interdites”. Moi qui voudrait bien mettre de cote quelques représentations historiques et actuelles des villes que je visite, c’est pas de chance ! Je décide donc de la forcer un peu cette chance… Armé de mon guide de conversation et d’un sourire qui fait 3 fois le tour de ma tête, je sur-joue l’étranger qui met toute sa bonne volonté pour baragouiner quelques mots de russe, comprendre et se faire comprendre. Mon petit jeu de séduction marche du tonnerre : j’ai un laisser-passer photos. Enfin, je dois le renégocier a chaque salle, avec chaque surveillante… Au RdC, pas un brin de résistance a mes pouvoirs charmeurs, mais au 1er, c’est un нет ferme ! La, je continue mon baratin et m’efforce de ne pas comprendre les réponses (je crois bien avoir inauguré le QI négatif ;-), pour jouer la montre. C’est que c’est les 4 cartes de planif de Moscou, les seules ! Juste ce qui m’intéresse le plus… Finalement, la surveillante, épuisée, décide d’aller chercher du renfort. 10 secondes le dos tourne et je vole 4 photos ! Ah ! ces français… Je fini tout de même par acheter 2 livres russe-only avec toutes les cartes sauf les 4 dernières : je suis bien content de mon petit coup, D’autant que l’épisode du haut est oublié avec mes sourires et approximations russes qui amadouent ma mamie vendeuse. Le téléphone russe marche a plein régime et en un éclair tout le monde sais que je suis français et urbaniste. Dans ma paparazziade, j’ai pris en photo de vieux permis de conduire et une vieille carte du réseau de tram que je ne retrouve nulle part…
Je retrouve mes pots du studio, pour la soirée. Elle se finie chez Sam (l’Anglais), après un petit tour de taxi russe. Cette bande de gugus est vraiment trop sympa ! Moscou, ce sera eux pour moi !!
Réveil matinal pour ce samedi 28 février pour aller visiter a l’ouverture le musée Andrei Sakharov. Il y a des plaquettes en anglais, du coup, j’y passe la matinée ! Je suis assis sur une chaise, ce qui fait penser a certains visiteurs que je suis le surveillant : on me demande de garder et surveiller des sac, ce que je fais, on chuchote du plus doucement possible quand on est proche de moi, … Je garde la façade, mais je j’éclate de rire intérieurement ! J’hésite même a croiser les mains dans mon dos et aller faire un petit tour du propriétaire, d’un pas lent…
Dehors, je croise le premier bus russe accessible aux handicapes : c’est collector ! Cette ville est truffée de passages souterrains, d’escaliers dans le métro, de trottoirs encombres par des voitures ou recouverts de glace (les mamies ont une petite pointe au bout de leur canne qu’elles plantent dans la glace a chacun de leurs pas, lents), … et puis les traversées se font au pas de course : si l’on ne démarre pas des que le piéton est vert, il vaut mieux attendre le suivant, parce que les bolides qui ronronnent derrière cette méprisante loupiote rouge seront sans pitié. Je n’ose pas imaginer la vie avec des béquilles ou en fauteuil, par contre, celle avec une armure, je ne dis pas…
Le hasard veut que je passe devant l’église St Georges au moment ou elle se met a sonner : 5 minutes d’une mélodie vraiment créative et toute en finesse pour des cloches, ou rythmes, sons et intensité varient dans une harmonie surprenante. Un véritable morceau (joyau ?) de musique (Mamé, je t’ai fais un petit film de tout ça, il ne reste plus qu’a pouvoir te l’envoyer ;-).

dimanche, mars 15 2009

Moscou² : L'homme qui parlait au papier relié

Mon très cher Lonely,
Merci pour tes précieuses explications qui m’ont permis décrypter le charabia écrit sur mon billet de train, mais encore plus pour la chambre que tu m’as indiqué dans un appartement privé, au cœur de Moscou pour 400R (9 euros, 1 patate et 2 bananes) la nuit dans la ville la plus chère du monde ! Je prévois de n’y rester tout de même que 4 jours, juste le temps d’acheter mes billets de train, d’y picorer un peu de vie puis de partir…
Tu ne m’as pas dit que j’y serais tout seul, malgré les 5 lits, mais comment t’en vouloir avec les cafés, restos et bars que tu m’a dégotte : du non-commercial, de l’anti-conformisme, du vrai underground ! Quasiment de l’anti-touriste primaire… Tes indications étaient un peu floues, mais je me suis laissé guider par les pas de 4 jeunes de la rue que tu m’avais murmuré, dans une cours intérieure, au fond, derrière une nième porte métallique style cave.
Tu ne m’avais pas non plus dit que, parce que le club (bar dansant, bar musical en Russie, bien que certaines fois, ça dérape en discothèque et me fasse prendre mes jambes a mon coup) serait bondé, je passerai pour un andouille planté au milieu de la salle pendant une bonne minute. Mais tu n’aurais certainement pas pu prévoir que cela ferrait tellement rire Dmitny – a qui je demande s’il parle anglais – que ce garçon allait m’adopter, avec Sergey, des mon premier mot…
Les verres de bière défilent, le concert live d’un groupe vieux de 20 ans a la sonorité résolument pop et aux danses embarrassées est une piètre prestation, mais, mon cher Lonely, je suis le plus heureux des hommes dans ce bain qu’on ne peut plus russe. Même lorsque la prestation artistique se termine par le (trop !) célèbre Tum dum dum de Windows (vive le pingouin de Linux et longue vie au logiciel libre ; ça vient du cœur… ; j’ai l’habitude de dire Windaube ;-)), ce qui confirme nos impressions de playback. Quelle bande de farceurs ces pseudo-artistes dont la prestation a au moins le mérite de pouvoir remplir leurs assiettes.
Je ne t’ai pas abandonné une seconde les jours suivants : tes frères (Dmitny et Sergey) pourvus de jambes et de bras ne t’ont pas éclipsé. Avec eux, pendant 2 jours, je fais le tour du Kremlin, de la place Rouge, du km 0 de toute la Russie, … Ils m’ont même proposé de faire le mur d’un des 7 joyaux architecturaux Staliniens : l’Université de l’État de Moscou, fermée a ceux qui ne peuvent présenter un carte d’étudiant de la dite université. Pas de risque pour mon visa, il n’y a pas de police, juste un service de sécurité m’assurent mes 2 futurs complices… On ne tentera finalement pas l’escalade des grilles d’au moins 5 mètres de haut le lendemain, mais amis n’étant plus très chauds une fois sur place, mais le détour en valait la chandelle ! Le bâtiment est imposant, monumental et magnifique : une vraie réussite de l’Art nouveau. De loin, on ne mesure pas son ampleur, mais une fois a son pied les mètres deviennent une unité de mesure a reléguer aux oubliettes. D’un coté, l’horloge, de l’autre un thermomètre a aiguilles. Au sommet, des laboratoires secrets… Tout comme cette butte grillagée ou des soldats armés tiennent la garde : c’est une des entrées du réseau du métro secret de Moscou, réalisé pendant la guerre froide. Ni toi ni eux ne pourront m’en dire plus sur le sujet… A croire que le secret est vraiment bien gardé ! Je remercie mes amis et plonge dans tes entrailles pour trouver un nouveau lieu anti-touristes a explorer pour ma fin de soirée : j’ai un appétit de rencontre insatiable ces derniers jours !
J’atterris au « Bilingua » avec une envie de tester un gâteau russe. Je choisi ma table en suivant mon intuition après avoir sondé d’un coup d’œil les gens présents dans la salle. Je sais déjà que je vais choisir la stratégie du voyageur qui a besoin d’un coup de main pour ma prochaine rencontre. Je vais jusqu’à choisir ma chaise… puis demande conseil aux deux filles de la table d’a coté, un gars de la table d’après arrive : on fini tous a la même table en moins de 3 minutes. Moi, avec une bière plutôt qu’un gâteau… Le houblon, ça nourrit bien, c’est ça ? La tablée de 10 personnes est une vrai version internationale : russes, ukrainiens, américains, anglais, … tous devenus moscovites pour un temps. Les discussions s’enchainent, se croisent, s’entremêlent. Les rires ponctuent ce brouhaha, patchwork sonore de langues bricolées, mélangées, réinventées. Un détour par un magasin, une main tendue vers le bas pour sauter dans un taxi improvisé (ici, tout le monde vous prend en taxi pour quelques roubles de plus… ; ;-) aux cinéphiles) et me voilà dans un studio de photo et d’enregistrement de musique ! Je décide de prolonger mon séjour a Moscou pour le porter a une semaine… Convaincu depuis que l’idée de ce voyage a germé dans ma tête qu’il ne pouvait qu’être basé sur l’adaptabilité en fonction des opportunités, au jour le jour, a la minute, … je sens que je vais finir complètement accroc !
Je chausse pour la 1ere fois une шапка (chapka), ce qui me donne l’envie de m’en acheter une quand je serai en Sibérie. Le lendemain, j’ai juste le temps de repasser a l’hôtel avant d’aller retrouver Sonya, la fille du Bilingua d’hier soir, pour se joindre, comme convenu, a sa fête d’anniversaire : nous avons pile poil 2 ans d’écart, quelle coïncidence ! Elle est pas belle la vie ? Au programme de notre fête d’anniversaire commune, le concert par le grand frère. Malheureusement pour moi, c’est du métal… Ceux qui connaissent mon amour pour le métal doivent se douter de mon état a la fin du concert. La soirée se termine dans un café (l’équivalent d’un bar brasserie) ou je mange des sortes de raviolis a la confiture de mure (et pas a la compote de POIRE ; ;-) a tata gnégnégné Faby). C’est vraiment très bon ! Mais ça ne me fait pas oublier qu’a l’entrée les filles ont du prouver qu’elles étaient majeures, car, si ce n’est pas le cas et qu’il leur arrive quelque chose sur le retour, ce sera le café qui sera responsable (dans mon carnet manuscrit, je trouve ici mon 1er lapsus d’anglicisme “reponsible”. A force de changer de langue toutes les 10 minutes, j’écris dans une et pense dans l’autre pendant que je bredouille la 3eme. Forcément, il faillait que ça fasse des désastres a un moment…).
Le lendemain matin, impossible de visiter le moindre musée : ils sont tous exceptionnellement fermes. Le métro est joli, mais bon… Je retrouve Dasha, l’autre fille du Bilingua, comme prévu pour aller manger des sushi (сушы en russe, ce qui est pour mes petits yeux une écriture encore contre-intuitive), puis aller visiter une galerie d’art. Mais Sonya n’arrive qu’a 15h30 et veut manger… A 17h, toujours au sushi, je leur propose d’aller faire du patin a glace. Après 30 minutes de papotage décisionnel intensif, elles me disent qu’elles vont finalement rentrer, elles ont du travail… Entre les musées fermes et ma visite on ne peut plus complète du suhi, quelle journée ! Je me dis qu’elles ont fait comme d’habitude et n’ont pas réalisées que ça ne pouvait pas être satisfaisant pour moi. Ça ne peut pas toujours tourner rond mon gars ! Il faut bien quelques cafouillages, surtout quand ils sont sans conséquence ! Je passe donc 1 heure avec une de leur copain, indien ! Je prends un peu d’avance sur mon parcours et lui pose tout un tas de questions. Il finit par m’offrir… halala, voila quelque chose qui me dépayse : j’ai refusé plusieurs fois qu’il paye, mais devant sa tête que je voyais virer a la vexation, j’ai cédé. Ici, c’est comme ça qu’on accueille bien un étranger. Il faut que je me laisse porter, abreuver et nourrir m’a-t-on expliqué… Il finit donc par m’offrir une patate avec du gruyère et 4 sauces dessus plus une boisson au gout de bière sans en être une, dans un snack d’une chaine russe. C’est typique me dit-on. Et c’est aussi très bon ! Ça a vraiment beaucoup de gout ! Mon cher Lonely, tu aurais du me le conseiller !

vendredi, mars 6 2009

Anniversaire a St Pertersbourg : mes 24 ans russes

Pour pouvoir profiter de la journée de mes 24 ans, je me repose et épluche le Lonely Planet. Il faut bien qu’il y ait des inconvénients au voyage base sur les opportunités… J’aimerai passer cette soirée avec des gens sympa, mais l’hôtel dans lequel je suis est totalement mort bien que présentant des prix étudiants : je ne peux donc que compter sur les cafés et les bars que je vais dégotter. La carte de la ville sur le Lonely est en 6 ou 7 pages : je décide d’améliorer ma bible du voyageur par un code de signe que je reporte sur la double page centrale. J’ai maintenant un tout en un qui va me permettre d’adapter mes choix en fonction du cours des évènements. Je file manger dans une chaine de restauration rapide nommée тегемок (Tyegyemok) que m’a conseillé la réceptionniste et visite la ville.
J’ai droit a un beau rayon de soleil. Avec le plan du Lonely et mon apprentissage de l’alphabet russe, je me repère assez facilement dans la ville. Dans la rue, il y a beaucoup de vie. Dans les petites rues, on dirait des fourmis passant la serpillère. Tout le monde traine des pieds, y va a tâtons sur les trottoirs gelés. Les gens ne sont pas vraiment plus habilles que nous : les chaussures vont des ballerines aux bottes avec fourrure. J’hallucine quand je vois pour la première fois des filles en jupe ! Moi qui veut m’immerger dans les cultures des pays ou je voyage, heureusement que par ce froid je suis en Russie et pas en Écosse !
En ville, il n’y a pas d’horodateur, mais une personne tout les 200 m avec un chasuble. Quelle que soit l’heure ou la température de la journée… J’en ai froid pour eux, même si cela présente l’avantage du travail et du salaire. Une dame sympathique me conseille d’aller voir une très belle église : je ne rentre pas dedans, il fait bien trop beau ;-). Comme a mon habitude par la suite, ma visite ce termine vers minuit. Lors de ma traversée de la Pologne a l’Estonie, on m’a conseillé de ne pas marcher seul la nuit en Russie. Mais ces personnes m’ont paru bien trop prudentes pour que l’imprévu soient une vague sur laquelle ils surfent et construisent leur voyage. Et puis, je me sens en sécurité, même si je reste sur mes gardes en permanence.
Je ne trouve pas d’endroit aux ondes positives pour ma soirée d’anniversaire. Je file manger Grec malgré moi : dans le froid, j’ai fais trop vite pour regarder les bonnes adresses du Lonely… Le lendemain, je décide de rattraper cette boulette en allant au café Izmir. En effet, c’est très joli et je mange une bonne soupe de betteraves (ьорш), puis une sorte de macédoine au poisson (салат оливье с лососем).
Je suis moins chanceux par la suite : tous les endroits que je veux visiter sont exceptionnellement fermes. J’y perds mon après midi, dans les transports en commun. Alors que je galère avec le plan de métro surchargé (les deux alphabets) et les différents niveaux des stations, je suis agréablement surpris qu’un papy m’aide a trouver le bon quai. Et en anglais s’il vous plais ! Malheureusement la station ou je veux m’arrêter est en travaux, bien que ce ne soit indique sur aucun plan ou panneau. Le métro ralenti, mais ne s’arrête pas, c’est tout. Je suis surpris, pour une grande ville ! Je retourne d’où je viens et fais le trajet a pied.
Pendant ma visite nocturne de la ville, je tombe par hasard sur un café (ce sont des cafés ou des cafétérias en Russie) étudiant. Rahhh, c’est le top ça ! Petit budget et rencontres possibles. Comme dans tous les pays de l’Est que j’ai visité, il faut faufiler a l’intérieur de l’ilot dont on dirait une arrière cours, passer quelques portes, monter quelques étages et puis tout roule ! La, je rencontre des étudiants en management, mais ces petits jeunes ;-) ne parlent pas assez bien anglais pour que la discussion soit fluide et devienne intéressante. Je continue ma visite nocturne avant de me rendre a 22h a la place des décembristes ou je dois retrouver Tatiana. J’attends 30 min, mais elle ne vient pas. Tant pis ! Je vais aller au café jazz que j’ai repéré : ferme dans 30 min me dit-on… Comme il fait tout de même -10 C dehors, je décide de entrer. Demain, je ne compterai que sur moi…
J’ai un programme d’enfer pour ce samedi 21 février 2009. Je commence par le musée de l’arctique et de l’antarctique (J’ai d’ailleurs lu des trucs intéressants a propos de son directeur dans le dernier livre de Mike Horn), juste pour me donner un avant gout de ce qui pourrait m’attendre lors de mes trecks en Sibérie. Je fais passer ma carte d’assuré a la MAIF pour ma carte d’étudiant. Pour le sérieux et en gage de ma bonne fois, je sors mon passeport pour permettre de comparer les noms… Ça marche a merveille ;-). Le musée est tenu par des mamies, ça donne une ambiance de culture tricot. Une d’entre-elle remarque mon intérêt soutenu pour ces choses exotiques et me fait une visite guidée personalisée en russe ! Avec les gestes, les quelques mots de français que la langue russe a adoptée et le contexte, je me surprends a presque tout comprendre du sens général de ces explications. Il faut dire qu’elle est patiente et qu’elle répète au mois 10 fois quand je lui fais signe que je ne comprends pas… L’ambiance est très chaleureuse.
Je regarde les vêtements et me dit que je devrai faire quelques emplettes, si je décide de mener a bout ce projet de treck. Ma super mamie me montre une photo et les instruments d’un chirurgien qui s’est opéré lui même de l’appendicite au pôle nord ! J’ai bien fais de demander a ma sœur qu’elle m’apprenne a faire des points de suture, je vois qu’il en a d’autres a qui ça a servi… Plus loin, je trouve une machine solaire servant a faire fondre la glace en eau, 2 biscuits d’une expédition de 1910…
Je file vers le musée de l’histoire politique de la Russie : je suis curieux de savoir comment ils se voient de l’intérieur, comment nos médias nous transmettent l’info. Je le trouve en lisant pour la première fois le mot музеи. A l’intérieur, quasiment rien n’est en anglais, mais je profite des illustrations. Ma lecture du russe en est encore trop a ses balbutiements : lire une page A4 me prend bien 20 minutes… Je trouve un tract de Poutine, le bureau de Lénine reconstitue, le lien entre la mode et la politique (Il semblerait que les russes y soient très sensibles ; ce fut un levier important pour illustrer et afficher les idéologies).
Après un festin pour une bouchée de pain au café étudiant (que je rajoute sur mon Lonely Planet), je vais vers le sud quand je passe devant un bloc très glauque. On dirait des décors de western abandonnes. Pourtant, il y a de la lumière et de la vie, furtive…
Je rentre a l’auberge pour attendre mon train pour Moscou qui part a 1h10, soit le 22 février 2009. Je profite de l’accès internet, pour votre plaisir (et le mien ! ;-)

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