Visa Vie

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - Seul dans l aventure

Fil des billets - Fil des commentaires

samedi, septembre 26 2009

Pour l'apéro, de quoi picorer dans 4 mois de voyage

Il y a tant a dire, que je vous donne des bri­bes, des brou­tilles de ce qui s’est passe dans ma vie de voya­geur pen­dant ce long moment de silence. Juste de quoi vous met­tre au jus (un p’tit jaune ? :-p). Vous étiez encore avec moi en Rus­sie…

Après la Rus­sie, j’ai passe 2 mois a tour­ni­co­ter au Japon et puis un mois a val­din­guer a Taï­wan avant de sau­ter dans un avion pour le Viet­nam ou je suis depuis un peu plus d’un mois. J’ai com­mence par le sud et suis en train de remon­ter vers le nord. Je ne vois tou­jours pas le temps pas­ser, mais il faut dire qu’avec tou­tes mes idées far­fe­lues pour sor­tir des entiers bat­tus, des aven­tu­res, il m’en arrive ! Tiens la der­nière, je me suis acheté une moto, comme ça je suis bien plus indé­pen­dant, sauf des sou­cis méca­ni­ques. Tel­le­ment indé­pen­dant que je suis a 2 doigts de plan­ter la tente et d’ouvrir mes rations de sur­vie a 9h du soir sur un che­min fores­tier défoncé par les pluies tor­ren­tiel­les des der­niers jours, en pleine jun­gle. La suite devrait être un teck dans la jun­gle, mais je galère a orga­ni­ser ça ici a cause du con­trôle de l’armée que j’ai déjà un peu trop croi­sée au goût de mes parents… Vous voyez bien que je tente de m’assa­gir, je vous l’avais dit !

vendredi, septembre 25 2009

Et la trotteuse qui s'en allait éperdument

Mon car­net manus­crit de péni­ble­ment s’arrê­ter au 4 août 2009 après une course con­tre la mon­tre oscil­lant entre le mois et 2 semai­nes de retard. Ou de fer­men­ta­tion. Je ne rat­tra­pe­rais pas, ça me coûte trop au quo­ti­dien. Je chan­ge­rai bien mon fusil d’épaule. J’ai déjà le plan de bataille et même plu­sieurs idées qui m’irri­tent les babi­nes a force de voir ma lan­gue y pas­ser. Mais l’inten­sité de ma con­di­tion de voya­geur soli­taire gri­gnote le pas­sage a la réa­lité. Des ques­tions admi­nis­tra­ti­ves me rat­tra­pent aussi dans cet océan de liberté ou je prends bien plus mon temps que ce que j’avais ima­gine. Je me retrouve con­fronte a des limi­tes qui m’obli­gent a pen­ser a mon retour. Un compte a rebours est lance dans mon dos. J’ai la désa­gréa­ble sen­sa­tion d’être une cible en sur­sis, de ne plus maî­tri­ser le cours des cho­ses. Je dois bien le faire rire cet esprit malin qui me voit tour­ner tel un fauve dans une cage. A moins que sur de l’issue, il ne soit en train de se pré­las­ser en atten­dant que la fin indé­nia­ble ne sur­vienne. Il y a de temps a autre un goût amer de fin qui s’insi­nue dans mon voyage. Je me sens bridé, pres­que rési­gné a accep­ter ce retour de force avant de faire un sur­saut et de pen­ser a tout ce que le temps qui me reste peut con­te­nir. Je n’ai pas envie de faire a moi­tie et voir mou­rir mon voyage a petit feu parce que je le fais a con­tre cœur. Je ne me sens pas oblige de voya­ger. Je pré­fé­rai réso­lu­ment l’ache­ver plu­tôt que de l’écor­ner, le sabrer. Mais je ne peut accep­ter de me rési­gner, de m’incli­ner sans aller au com­bat. Il me reste tel­le­ment de cho­ses a faire, d’espoir a faire briller, d’idées fol­les a ten­ter.
Mon car­net et mon blog pren­nent la pous­sière. Les der­niè­res lignes ne for­ment qu’un flou et mince hori­zon au loin dans cette vaste éten­due de papier vide. Les jours chauds, je croi­rai a un mirage. Dans toute l’his­toire de mon voyage au Japon, a Taï­wan et au Viet­nam, ce qui man­que, c’est l’his­toire. Je me dis tou­jours que je vais le faire, la cet aprem, après le repas et puis voila que mes plans sont cham­bou­les par une ren­con­tre, la météo, … mes com­pa­gnons tem­po­rai­res de voyage. S’arrê­ter pour écrire. Pas­ser d’acteur a obser­va­teur. Une véri­ta­ble puni­tion, une retraite, un renon­ce­ment dans ces pays ou tout grouille et ou jamais rien ne s’arrête. Ce serait nager a con­tre cou­rant dans des pays qui me mobi­li­sent pour tout, tout le temps : tra­ver­ser la rue, man­ger, évi­ter les arna­ques, évi­ter les tou­ris­tes.
Mais ce qui me man­que le plus, c’est un lieu de créa­tion, un labo­ra­toire, un incu­ba­teur. Une col­lo­ca­tion, une famille d’expat, … ouais, c’est ça qu’il me fau­drait. Parce que la société du loi­sir n’a pas encore vrai­ment atteint l’Asie que je visite. A peine l’effleure-t-elle le soir lors­que l’on joue au vol­ley ou que l’on fait une par­tie de billard fran­çais. Elle vivote, bal­bu­tie. Il n’y a pas de place ici pour ce temps. Ou peut être il n’y en a pas le goût. Ce n’est en tout cas pas socia­le­ment ancré. Cet absence d’espace et de temps, je crois, m’a con­ta­mine. Le temps de l’écri­ture est un temps lent, et je suis ici, au Viet­nam, dans une four­mi­lière (ou les pieds dans la pous­sière).
Écrire ici est un défit périlleux. Dans ce pays en déve­lop­pe­ment, au poten­tiel encore lar­ge­ment inex­ploité, le bruit est par­tout. Même dans la cul­ture. Dehors, les motos rugis­sent dans un flux con­tinu de 5h du matin a 22h. Sans répit. Les klaxons, sub­sti­tuts au code de la route, vien­nent ajou­ter des cris stri­dents a ce bruit de fond. Réfu­giez-vous a l’inté­rieur et vous ser­rez au cœur de la caisse de réso­nance d’un gigan­tes­que ins­tru­ment de musi­que. A moins que vous ne puis­siez pro­fi­ter, ou que ce soit, de l’équi­va­lent des feux de l’amour, que l’on regarde le volume a fond, cer­tai­ne­ment pour com­pen­ser la médio­crité du jeu et du scé­na­rio afin que le pou­voir dis­trayant puisse se révé­ler. Un coin calme ne le reste jamais long­temps. Les ano­ma­lies, ça ne peut per­du­rer. Si ce n’est pas la télé que l’on allume a fond a 2 m de vous, alors ce sera un curieux qui vous attra­pera la main sans le temps de vous lais­ser finir votre phrase. Que fai­tes-vous, d’ou venez-vous ? Allons boire un verre ! Ah ! non, vous n’allez pas m’offen­ser et refu­ser… Nul ne tiens compte que vous étiez peut-être occupe, con­cen­tre. Il vous faut être dis­po­ni­ble, satis­faire a cette curio­sité, cette intru­sion sans maniè­res.
Mais au delà des con­di­tions avec les­quel­les il me fau­drait com­po­ser et bien que le moral soit bon, je com­mence a res­sen­tir une usure : voya­ger seul me lasse, alors sou­vent, je pars a la recher­che de com­pa­gnons. Ma famille et mes amis aussi me man­quent, et je replonge dans mon passé. En ce moment, c’est Crevo, mon petit cha­let de mon­ta­gne savoyard, qui me revient en rêves. Les haut pla­teaux cen­traux le jour, les som­met alpins la nuit, déci­dé­ment, quel­que chose m’a piqué ! Écrire requiert de s’iso­ler et je me sens déjà assez isolé. Pré­caire aussi, dans ce monde que je mécon­nais. Il faut aller cher­cher au fond de soi, dans ses entrailles les plus pro­fon­des, les plus sen­si­bles aussi pour écrire. Il faut s’ouvrir, se révé­ler et pour arri­ver a libé­rer avec le plus d’authen­ti­cité ses émo­tions, ses sen­ti­ments. Il faut enle­ver tou­tes les pro­tec­tions, les bar­riè­res, se met­tre a vif, s’expo­ser et pren­dre le ris­que de s’écor­cher. Si j’ai du mal a écrire, c’est aussi parce que je me pro­tège dans ce milieu hos­tile. Cer­tai­ne­ment parce que je con­nais ma sen­si­bi­lité, un réflexe venu d’expé­rien­ces pas­sées. A con­tre cou­rant, en lutte, il est loin le temps de l’écri­ture sim­ple­ment libé­ra­trice. Mais je n’aban­donne pas mes mots.

jeudi, juin 11 2009

De la peur du voyage solitaire

Souvent on me demande si je n’ai pas peur de voyager seul, si ce n’est pas trop dur, si ce n’est pas trop risqué. Non, tout va bien ! Et même mieux, je me sens bien plus présent à moi même et disponible pour les autres dans ce mode de voyage solitaire. La seule chose qui me fait vraiment peur dans la vie, c’est de ne pas la vivre pleinement.
La mort de mon cousin a été ma plus grande leçon de vie. Certainement la plus belle. Le plus grand encouragement à la vie que l’on ne m’ait jamais donné jusqu’à aujourd’hui. Une éclosion, une révélation, et peut-être même une deuxième naissance. Je ne peux avoir peur d’elle tant elle apporte si on arrive a bien la regarder. Comme une bouffée de chaleur qui parcours toutes les veines de votre corps à une vitesse fulgurante, jusqu’à la plus infime et que vous sentez se propager. Je trouve beaucoup d’energie dans ce moment, qui, loin d’être une extinction, est une présence au monde la plus complète que je connaisse, la plus universelle, la plus immuable, peut-être le saint Graal. Que ce soit pour mon cousin ou pour mon grand-père, je la reçois comme un hymne à la vie, comme le présent le plus précieux que l’on puisse me faire. Une braise éternellement chaude que l’on me confie, dont je dois prendre soin et que je dois utiliser pour insufler la prochaine flamme. Pour être, il faut frictionner, entre-choquer ces bois rougeoyants et rebutants car c’est de l’étincelle que nait la lumière et la vie.
La mort est apaisante mais pas de tout repos. Elle consiste à sublimer la vie et produit un ether qu’il faut savoir capter. Certainement ce que cherche a faire Grenouille dans ce livre, Le Parfum, que je n’ai jamais lu. C’est avec la mort dans le coeur que l’on rayonne à la vie.

mardi, juin 9 2009

Retour dans le monde de l'argent et de l'eau thermale : tic-tac, tic-tac, tique-paf

Le demi-tour d’hier m’a fait raccourcir mon escapade d’un jour, celui que j’aurais du passer en haut d’un sommet… Me voila donc pour mon dernier jour de marche solitaire. Enfin, de moins en moins…
P1030505-2.JPG

lundi, juin 8 2009

Quand la douleur s'installe et que le mode secours est enclanche, le soleil brille toujours

Deuxieme course contre le soleil, dans le lit d’une riviere avant de planter le camp apres 12h de marche : heureux !
P1030503-2.JPG
P1030504.JPG
P1030505.JPG

dimanche, juin 7 2009

Chemin par bribes pour une partie de cache-cache

Course contre le soleil, premiere du nom pour ce deuxieme jour d’autonomie complete.
P1030501-2.JPG
P1030502.JPG
P1030503.JPG