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Tag - Transsibérien

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lundi, juillet 6 2009

Morse-ure

Vladivostok, le 12 mai 2009

Aller bien n’est qu’une vaste plaisanterie. Non, il m’est impossible d’aller bien. J’ai résisté, résisté, … puis dégringolé jusqu’à m’oublier. Ou presque. Je n’ai pas vraiment réalisé ce qui se passait une fois sur le quai. Il me fallait partir, je suis parti. Ce n’était plus que des faits, un enchainement de secondes. Un court instant, les deux pieds sur la petite passerelle métallique de la porte du train, j’ai réalisé et me suis effondré. Et puis la vie a repris son cours parce qu’elle le devait. Mais petit a petit, insidieusement, la tristesse grandissait. Je me suis recroquevillé, je ne voulais plus vraiment parler. Mes compagnons de wagon m’ont cru timide, mais j’étais seulement perdu. Ou en train de me perdre… La provodnitsa a été plus que gentille, elle m’a chérie et grondé comme un enfant. Mes voisins, obèses, eux m’ont écrasés et étouffé. Je crois que j’aurais voulu crier, en faire des rondelles ou de la chair a pâté. J’ai passé la tête par la fenêtre cassée, a l’entrée du wagon. L’air frais me fouettait, j’accusais le vent de me faire pleurer. Mon inconscient déraillait alors que ma tête et mon corps se laissaient bercer par le rythme du train, envoutés.
Je suis arrivé a Kabarovsk, une très belle ville. Toute ondulée, jeune, vivante, sportive, vibrante. Joyeuse aussi, mais l’argent aide a faire le bonheur dit-on… Cette audacieuse est venue a moi pour me distraire de ce mal que j’avais déjà oublié. Hector, mon fidèle compagnon a bretelles, dans cette entreprise m’a certainement aidé, mais les gens la-bas ont pour sur des règles de société bien changées. L’eau de ce bain russe est bien différente. Je n’ai fais qu’errer dans la ville et les gens, avec mon gros sac a dos, sont venu me pêcher.
J’ai sauté dans mon 2eme train a la nuit tombée. Un wagon tout remplit d’étudiants : une rencontre a fêter… Trop de bêtises racontées et puis une discussion jusqu’au bout de la nuit avec Valéria, elle aussi, comme Lena, jeune prof. D’histoire de l’art, pas de français. A 4h du mat ma petite troupe m’abandonne. Je vais me coucher. Je me réveille le matin avec la force d’un sentiment colérique. De nouveau je ne veux plus parler. Je voudrais pouvoir crier et taper des pieds.
J’arrive nu et invisible a Vladivostok. Avec mes yeux, je l’imagine a feu et a sang. Un instant. Et puis je m’efforce de faire une brèche dans mon humeur, pour que la lumière puisse entrer. Je me sens un peu mieux, mais pas vraiment réchauffé. J’abandonne mon coeur et commande a ma tête de me guider : je serais joyeux et content, c’est décidé !
Ça ne dure qu’un temps parce que je suis tout chamboulé. Une nuit, de ce mensonge, vient tout effacer. Doucement, je glisse. De jour en jour… Mais c’est avec un filet de sécurité, tendu par mes rencontres, mes amis, dans cette ville que la mer vient affronter.
A Vladivostok, je me sens fébrile. Je n’ai plus envie de parler. Je suis toujours curieux, mais c’est une curiosité vide. Je ressent de la nostalgie, une certaine amertume. Je sens en moi des tensions intérieures qui m’empêchent d’être apaisé. Elles me tiraillent silencieusement. Moi qui suis gourmand, je n’ai plus d’appétit. Mon âme de voyageur voudrait s’accrocher a des rêves qui ne viennent pas. Mon espoir est voilé. Pourtant, je reste joyeux, j’ai de l’entrain pour faire le con. Entre ces deux humeurs, dans ce contraste, c’est souvent la musique qui fait tampon. Je crois bien ressentir de la mélancolie. C’est un peu comme le miel que l’on avale avec un gros mal de gorge. C’est lent et puissant. Visqueux et entièrement présent. Mais ca n’assomme pas, c’est legé. Voyons voir… comme si vous remettiez une partie du contrôle de vous même au grès du vent.
Ce n’est pas une douleur, c’est un autre état du conscient. Une altération des capteurs de sentiments. Le monde se distend et vous finissez par laisser porter votre esprit par des choses simples et douces. Les formes ondulées des gâteaux vous réjouissent.
Ce n’est pas de la tristesse, c’est une vision terne du monde. Comme si je ne parvenais plus a en capter la moindre onde positive, tout en les voyant défiler sous mes yeux. Impossible de faire pousser en moi cette plénitude. Je me sens vide de tout amour. Celui-la même qui me permet d’apprécier les cadeaux du présent. Je n’aime plus, je suis comme amputé. Il m’est même impossible d’être réceptif au bonheur des autres. Je ne suis qu’un miroir qui sans lumière ne brille pas. Le bonheur s’évapore avant de me toucher, mais c’est plus un rejet qu’une insensibilité, comme si mon moi profond ne trouvait plus d’énergie dans ce bonheur reçu et le rejetait, comme un simple déchet. C’est ainsi que la mélancolie me fait tomber dans la monotonie. Sans gout, sans variation, je trouve la vie bien morose. Tant de changement, tant incompréhension que je me sens oppressé. Une foudre s’abat sur moi. Je ne suis pas mort, non, c’est juste qu’elle me tient en tension, en lévitation. Mais d’où vient-elle ? Heureusement, les mots viennent a ma rescousse et je commence a comprendre que je me sens déraciné, arraché. Mais de quoi au juste ? Qu’est-ce qui est si fort pour autant me perturber ?

Depuis hier, avec un message de Lena et celui d’une ami qui m’a compris, je recommence a vivre, a m’autoriser. Je vais mieux, et c’est déjà une victoire ! En forme de mirage, ou pour l’éternité ?… Je suis fort, mais pas invincible, je le sais. De tristesse, moi aussi je peux chavirer. Mais pour l’instant, tel un insubmersible, dans la tempête je me suis retourné. Je n’ai pas contacté Sasha, le copain de Kostya (mon coloc d’Irkoutsk), j’avais besoin d’être libre pour tout ce mal évacuer.
La vie est dure, mais rien ne vaut la vie. Que ce soit avec son gout amer ou au chant des sirènes, la tête face au vent, j’avancerai.

Une fois la houle calmée, il sera temps de faire le point, le tri. Le futur est trop incertain pour se laisser emprisonner. Laisser passer un peu de temps et puis taper dans ce mur que l’on construit au jour le jour et qui nous sert a capitaliser des briques de vie, pour n’en garder que les bonnes briques et en reconstruire un, plus petit certes, mais plus solide. Laisser la vie se sédimenter. Suivre son intuition et apprendre du passé. Redécouvrir la magie des mots, leur pouvoir, leur envoutement et voir déjà leurs effets, comme des reflets dans son courrier. Prendre ce qu’il y a de bon, de bien et tracer son chemin. Le faire pour soi, pour un autre, partager. Ca me rend heureux, simplement heureux. Je vie pour ces moments la, c’est pourquoi je passe et je disparais…

vendredi, mai 15 2009

Vous Ser-ge ?

Ce 8 mars 2009, je prends donc le train pour la 4eme fois, dont la 3eme en transsibérien. Je constate rapidement que la qualité des trains varie bel et bien, ce qui ne fait que confirmer la partie humaine… Ici pas d’aspirateur rafistolé au sotch, non, un bon vieux balais de paille ferra largement l’affaire. Dans le couloir, au sol, point de tapis mangeur de poussières qui évite de se sentir a la plage une fois assis sur la banquette. Celle-ci justement, est bien plus rustique. Pas question de multiplier les coutures. Pas non plus de petits moulages pour esquisser un semblant d’appui-tête. Non, un bon rectangle de mousse, fine et fatiguée, recouverte d’un cuir marron un peu terne. Fini aussi les rayures sur les draps…
Pour les rencontres par contre, ca marche toujours ! Sergey, 50 ans, en face de moi m’offre un verre de bière. Ce n’est pas la meilleure, mais tant qu’elle a le gout de l’hospitalité ! Je finis tout de même péniblement mon verre, quand Sergey vient a mon secours pour remettre a niveau mon verre… C’est passé une fois, ca devrait bien passer deux, mais il ne faudra pas compter voir la dernière goute descendre par mon gosier !
Ça y est, je suis tout neuf de l’intérieur, mais Sergey inquiet de ne plus voir évoluer le niveau de liquide de mon verre en déduit que j’ai ma dose de bière et dégaine une bouteille de vodka. Pas besoin de lire le russe pour comprendre a l’étiquette le mal de crane qui m’attends. Même un aveugle aurait l’aurait vu ! La joute verbale est serrée. Mon adversaire est au moins autant têtu qu’il ne se souvent pas de son anglais… Il saisi le bouchon, je kidnappe mon verre. Il remplit son grand verre (a sirop) a raz bord : j’attends de voir a quoi j’ai échappé ! Il vide son verre comme si c’était de la grenadine, tout juste s’il ne sirote pas sa vodka !
Après ca, Sergey n’est plus avec nous, il est dans le vague. Comme un pantin qu’un marionnettiste aurait posé sur la banquette le temps de prendre un café. Il s’abandonne, je vois la vie le quitter… Ce spectacle dramatique est d’un silence désolant. Je dis nous, parce que mes deux autres voisins assistent avec moi a l’administration de ce poison apaisant. Ils ne savent plus ou se mettre tant ils ont honte de l’image des russes que j’ai sous les yeux. Désolés, ils naviguent d’excuses en dénigrement et bâtissent a l’emportée des artifices pour combler ma plaie supposée. Moi, je ne sais plus si je vois sa détresse ou son apaisement. Comment en vouloir a un homme ? Pourquoi devrais-je le juger sur le champ ? Pourquoi appuyer sur sa tête déjà immergée ? En de brefs instants, il reprend le dessus et pose une question étrangère au sujet de conversation. Je m’interromps, lance une réponse comme une ligne de vie, mais la lueur s’est déjà dissipée.
La nuit, impossible de fermer l’œil car ma couchette est a l’entrée du wagon, près des cabines des provodnitsa qui se sont retrouvées a 3 et fait du barrouf pour 15. Rien d’anormal, juste très russe et très contraste avec la froideur et la rigueur de cette culture. D’autres règles sociales.
Dans mon éveil nocturne, j’entends le chuintement d’un bouchon métallique sur le goulot de verre. Suit le chant du liquide que l’on verse dans le verre. Une gorgée. Le verre claque sur la table… Mon étonnement ne peut s’échapper. La violence de ce geste qui sort mon voisin d’un profond sommeil est bien plus forte.

mardi, mars 17 2009

Place a la magie du Transsibérien, completement Dourak !

Je fais ensuite mes emplettes de secours pour mes 3 jours de train : un paquet de bonbons, 1,5 L d’eau, une soupe en sachet, une tablette de chocolat, 2 paquets de biscuits, … et une petite bouteille de vodka … pour l’auto-défense ! Si si, je vous jure, ça fait plusieurs fois qu’on me dit qu’en cas d’embrouille, la petite phrase la vodka d’abord pourrait me sauver… J’y crois moyen, mais admettons : ce n’est pas ma culture, alors…
J’ai 30 min d’avance a la gare et heureusement parce que je me plante de bâtiment : il y a deux gare cote a cote. Je monte dans le train 20 min avant le départ. En entrant, mon regard croise celui d’Olga (prononcer Olia) qui me fait un large sourire. Je lui expliquerai plus tard que lorsque je rentre dans un lieu ou je veux rencontrer des gens ou dans un lieu ou je veux évaluer le niveau de sécurité, je chausse mon costume de comédien : mieux vaut passer pour un paume quand on ne l’est pas. En l’occurrence, peut m’importe ou est ma place, même s’il semble que je la cherche : je sonde les gens, l’ambiance et tente d’estimer la confiance que je peux leur accorder, les atomes crochus que nous pourrions avoir, avec mon instinct, mon empathie.
Je suis en Plantzcart, c’es ta dire en 3eme, avec wagon lit. Dans mon boxe de 6 places sans porte : une petite fille qui apprends a lire (quelle aubaine pour moi !) et sa mamie ainsi qu’un gars. La discussion s’engage : le gars n’articule pas trop, ce qui rend ma compréhension d’autant plus difficile. Mamie, habituée a articuler avec sa petite fille traduit. La compréhension est difficile : je leur dis que je vais rendre visite a une amie a иркутск (Irkoutsk) mais eux comprennent que c’est ma copine… Démêler un quiproquo prends rapidement une bonne heure… Le coupable est finalement mon guide de conversation, qui ne distingue pas copine et copine, ou tout du moins la gymnastique qu’il faut faire pour faire la différence. Tous ces échanges sont très naturels bien que très saccadés. Mamie n’a pas beaucoup envie de parler et mon “coloc” se fait royalement ch… : je lui propose de tuer une partie des 3 jours de temps qu’il a devant lui avec de la musique française.
Après le repas, je regarde avec Olga, Chistina et … (oups j’ai oublie) le Walt Disney des animaux qui s’échappent du zoo de NYC en russe, en guise d’apprentissage. Olga est ma traductrice attitrée. Elle est vraiment très très sympa et fais attention a ce que je me sente bien a tout moment. La magie du transsibérien est en train (si j’ose dire) d’opérer. Il me semble que tout ce beau monde forme une famille, mais non, c’est juste que les russes sont très chaleureux, même quand ils ne se connaissent pas. A cela, il faut ajouter que Olga est une fille de 31 ans (elle ne les fait pas, je lui donne 26-27, a tout casser !) très naturelle et communicative : il est absolument impossible de ne pas être a l’aise avec elle !
Je consulte la table des arrêts du train (que je déchiffre grâce aux horaires sur mes billets, merci mon Lonely ;-). Le train va s’arrêter 15 min : c’est la bonne occaz pour aller acheter un peu de bouffe sur le quai, puisque telle est la tradition … ou le défit. Pour la première fois, i y a des charriot-stands. J’y vais a tâtons, bien que j’ai spécialement préparé mon guide de conversation avec des marques-pages pour les nombres, les prix, … Il faut d’ailleurs que j’apprenne les chiffres jusqu’à 10 dans un premier temps, ce sera plus facile. C’est chose faite pour l’arrêt du repas du soir ou mon voisin me donne un coup de main. Le train est un peu une bulle hors temps qui se déplace dans les grands espaces de la Sibérie : je me fais d’ailleurs avoir a une des pause ou je m’habille (a l’intérieur, je suis en pyjama, détendu comme un vrai russe), je pose un pied dehors, me dirige vers le kiosque de bouffe … les filles me cirent николя (Nicolyia), je saute dans le train ! J’achèterai mon repas a la provodnitsa… Le temps est tellement étranger, étiré dans ce voyage que j’en oublie même d’aller voir le wagon restaurant : mais le bon temps que je passe avec cette ribambelle de nanas le vaut bien ! Cette parenthèse temporelle n’est pourtant pas tout de suite évidente pour moi lorsque j’entre dans le train (bien que prendre le train pour 3 Jours soit un vrai choix). Je suis habitué a le prendre pour 5h au pire, pour me rendre a Paris. Je ne réalise ma liberté que lorsque je tends mon carnet et mon Lonely pour qu’Olga m’indique les bons plans de Tomsk et qu’elle me réponds du plus naturellement on a le temps. Ça lui semble évident et pourtant, c’est un tel changement pour moi. Ça ne m’empêche pas d’oublier rapidement que je suis dans le train. Certainement plus que mes amis qui ne font que se déplacer a leurs dires, alors que moi je voyage. Lorsque je réalise cet oubli, je me dis que j’ai fais le bon choix quand, en planifiant mes arrêts je m’étais questionne sur la supportabilite (mettre ce terme sur le dos de mon apprentissage de nouvelles langues) d’un enfermement si long dans un espace si restreint avec si peu de ma culture, si peu de choses connues… Je suis un peu comme en colo’, un peu comme dans une auberge sur roulette, avec une famille d’adoption : je me sens très libre. Déjà qu’en France je suis un adepte du train pour les discussions, les regards, les jeux qu’il autorise, ainsi que pour les espaces spatial et temporel qu’il dégage, mais la, c’est tout comme une apogée ! Je m’y sens tellement bien que les conseils du Lonely de mettre mon sac dans le compartiment sous la couchette du bas me semble superflus. Vraiment.
Ce long fil temporel qui s’étire sans jamais mincir est une bonne occasion pour plonger un peu plus dans la culture russe : je propose aux filles de m’apprendre un jeu de carte russe : elles sont étonnées qu’un voyageur au long cours comme moi se surcharge de ce poids non vital. Mais pour moi, c’est un outil simple et universel de rencontre, de partage et d’échange qui me semble bien valoir ces 200g… L’apprentissage est un véritable calvaire (mais un des plus agréable dans ce moment en suspends) tellement la logique du jeu est éloignée de tout ce que je connais : nous avons en tout et pour tout en commun la victoire individuelle et la rotation dans le sens des aiguilles d’une montre. Et encore… Je me sens un peu comme le nom du jeu дурак (dourak), qui signifie quelque chose de très proche de trou du cul ou de couillon a ce que je pige. Pour me l’expliquer, les filles emploient le mot débile, qui n’est qu’une classification clinique en russe. Finalement, ce mot nous suivra tout au long de cette interminable partie et nous provoquera nombre fou-rires (débile-rires ?) Après cet épisode, il y a une vrai harmonie dans le groupe. Olga et moi avons même développé une complicité taquine ! On se chambre a tout va en anglais (en toute sérénité, puisque nous avons mis les choses au clair des le début ; Nonold, celle la, elle est pour toi, espèce de mauvaise langue ! ;-).
Je ne jette que rarement un œil dehors de manière volontaire, mais lorsque c’est le cas c’est souvent très beau et apaisant avec cette neige qui s’étend a perte de vue. C’est magique, un peu comme quand gamin, on visite du dessous un aquarium et que l’on voit évoluer les poissons a travers les vitres. A quelques centimètres de notre petite bouille…
Dans le train, de temps en temps, un marchand ambulant passe : corbeille a fruits, châle, gants, … L’aventure prends fin trop rapidement a mon gout : je me dis que faire le trajet de 6,5 jours d’une traite doit être magique. quitte a faire des arrêts au retour. Enfin, je suis tout de même content d’arriver a Tomsk, ville etudiante me dit mon Lonely. Christina est en tongues sur le quai enneige, quoi de plus banal ?
En sortant du train ce lundi 2 mars 2009, je ne réalise pas tout de suite que je change d’univers. Tout du moins, je ne le comprends pas et ressent un mélange de malaise et de joie : cela vient-il du fait que je sois maintenant en Asie ? En Sibérie ? Peut-être est-ce tout simplement le décalage horaire de +3h par rapport a Moscou, soit +5h avec la France. A mon habitude, pendant ces premières semaines de voyage, je n’ai pas été des plus actif le matin et n’ai pas vraiment ressenti le décalage horaire. Mais la, je crois que je le prends en pleine poire : je suis un peu désorienté. Enfin un peu … Je tourne quand même 3h en rond dans la ville pour trouver mon hôtel ! A ma décharge tout de même, cette habitude qu’ont les russes d’indiquer l’adresse de la façade principale sur toutes les façades (ce qui me fait d’abord penser que les rues peuvent être courbes, avoir des angles droits, … je suis prêts a toutes les excentricités avec le décalage culturel). Ajoutez a cela que certains bâtiment très en retrait (paraissant appartenir a une autre rue, entrée de cours intérieure) portent la plaque de la rue alors qu’en France nous leurs aurions attribue un nom de rue spécifique… Cerise sur le gâteau, le peu de panneaux et plaques d’indication, quand celles-ci ne sont pas a moitié effacées ou qu’elle mélangent le les alphabet majuscule et minuscule pour le a (А) et le d (Д), ce qui n’arrange pas mes affaires ! Bref, je fini par arriver a l’hôtel ou je m’écroule et dors une heure. Mon corps ne sait plus ou il en est avec tout ces fuseaux horaires. Je viens d’ailleurs d’ajouter une heure supplémentaire a mon compteur : FR+5h. J’aurais tout de même bien profite du soleil et des jolies maisons en bois de Tomsk, ce qui est toujours ça de pris.